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The wave function

9janvier 2012
Présentation par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

L'oligarchie des incapables

L'oligarchie des incapables

L'oligarchie des incapables

Sophie Coignard et Romain Guibert

Albin Michel

Janvier 2012

 



 


Pour en savoir plus :
Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Coignard
Vidéo : http://www.delire-des-livres.com/article-l-oligarchie-des-incapables-le-livre-a-lire-avant-les-elections-96079352.html

 

Les révélations concernant le poids pris dorénavant par les oligarchies de pouvoir dans les vieilles démocraties politiques se font progressivement mieux entendre aujourd'hui. Elles restent cependant marginales et ne semblent pas influencer le débat politique. Le silence sur cette question est particulièrement anormal en France, où pourtant la collusion entre puissances économiques et financières, administrations d'Etat, entreprises médiatiques et pouvoir politique suprême conditionne étroitement le fonctionnement des institutions.

Aux Etats-Unis, le phénomène a depuis longtemps été dénoncé sous le terme de complexe politico-militaro-industriel. Mais le terme plus récent de corporatocratie va plus loin, puisqu'il désigne les alliances antre le pouvoir économico-financier (corporate power) et le pouvoir politico-administratif. Ces alliances, dont l'essentiel demeure caché des citoyens, ont commencé à susciter des révoltes prenant la forme des mouvements dits "Occupy" (Occupons). Il s'agit de refuser le Système dans son ensemble, y compris les candidats politiques qui prétendraient le réformer mais qui se borneront à le pérenniser sous d'autres formes. Mais rien n'indique que ces mouvements puissent obtenir des changements en profondeur.

En France, les dénonciations du Système des oligarchies ne manquent pas. La plus cohérente, que nous avions signalé en son temps, est le livre de Hervé Kempf, "L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie" janvier 2011 Mais qui en parle encore, un an après sa parution, et à la veille d'échéances électorales importants ?

On peut craindre que le même sort ne frappe le dernier livre de Sophie Coignard "L'oligarchie des incapables". Celle-ci, avec les partenaires qui s'associent à ses enquêtes, est un des rares journalistes d'investigations existant en France. On pourrait la soupçonner, de par son appartenance au Point, de n'être pas totalement libre dans ses mises en cause. Mais rejetons ce soupçon pour le moment, et lisons ses livres.

L'oligarchie des incapables fait actuellement un certain bruit médiatique, mais dans quelques semaines, qu'en sera-t-il ? La chape de silence retombera sans doute sur lui, comme sur "Le pacte immoral", précédent rapport de Sophie Coignard, qui s'en prend au Système de l'Education nationale, ou les autres livres de la même auteur, "L' Omerta française" notamment.

Nous avons beau tendre l'oreille, nous n'entendons pas François Hollande, par exemple, faire des propositions concrètes crédibles permettant d'établir en France une séparation durable et une compétition véritable entre les pouvoirs politiques, économiques, administrativo-judiciaires et médiatiques, sans lesquelles il n'y a pas de démocratie possible.

On dira que le même problème se pose dans les autres Etats européens et au niveau des institutions européennes – sans mentionner les autres puissances mondiales, où le concept de séparation des pouvoirs n'est même pas imaginable. Mais nous sommes en France. Fonctionnaires et magistrats y ont été élevés, pour les plus anciens d'entre eux tout au moins, depuis les formations à l'Ecole nationale d'administration ou à l'Ecole nationale de la magistrature jusqu'à l'organisation des carrières, dans l'idéal de l'impartialité de l'Etat. Qu'en reste-t-il? Pas grand chose. Les rapports de forces et les valeurs ont changé. Avec la prise en mains très récente des institutions par l'actuel président de la République et les oligarchies qui le soutiennent, les choses se sont aggravées. Répétons-le, rien n'indique qu'un changement de majorité aurait un effet autre que cosmétique sur ce lamentable état de choses.

Pour citer Jacques Julliard à propos des élites françaises, le Système français est particulièrement étouffant et solide. "Quiconque a vécu aux Etats-Unis sait qu’y coexistent des lieux de pouvoir autonomes, au sein de la politique, de la finance, des médias, de l’université. Certes, ces milieux ne s’ignorent pas entre eux. Mais ils ne fusionnent pas non plus. Il en va différemment en France. Le Tout-Paris, expression vieillie pour une réalité toujours vivante, désigne un firmament de la célébrité où la politique, la banque, l’aristocratie, la spiritualité, l’art, la littérature, les affaires, la chanson, les médias, le grand banditisme, l’université, le sport se rencontrent, échangent des impressions, des politesses, des idées, des adresses, des services, des femmes, des informations, des positions sociales. (…) Ainsi se constitue un réseau continu de connivences, reliant entre eux les sommets des pyramides contiguës de hiérarchies professionnelles distinctes." Les enfants héritent bien entendu des inégalités dont bénéficient les parents.

Il n'y a qu'un petit point sur lequel nous nous différencierons de Sophie Coignard, celui selon lequel l'oligarchie française actuelle organiserait, en plus d'autres vices, la promotion des Incapables. Disons qu'elle n'est pas seule à le faire. Quand on voit comment les responsables américains de la guerre en Irak ont provoqué, sans être vraiment être sanctionnés, le début de collapse de la super-puissance, on ne peut que se rassurer.

Pour en revenir à la question du poids grandissant des oligarchies de pouvoir, ceux qui étudient l'évolution des institutions sous l'effet de la compétition entre ce que nous nommons ici les systèmes anthropotechniques ne s'en étonneront pas. Les déterminismes sont trop forts. Il faudrait une catastrophe pour que les rapports de forces s'inversent, et encore...Faut-il pour autant en France s'y résigner ? On peut craindre que la réponse soit déjà donnée par des citoyens convaincus de leur impuissance.


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