Plan du site Aide Abonnement Nous Contacter


Actualité
Editorial
Interviews
Démocratie
Visites virtuelles
Art. Imaginaire
Du côté des labos
Le feuilleton
Manifestations
Biblionet
CD Rom
Echanges
Liens Utiles

 

Accueil > Biblionet
Automates Intelligents utilise le logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue.
 
Archives

Consciousness and the Brain

Our mathematical universe

Le monde jusqu'à hier

The wave function

24 mai 2014
Présentation par Jean-Paul Baquiast

Reprendre

Reprendre - Ni sang ni detteReprendre
Ni sang ni dette

par Jean-Michel Truong

Le No Man's Land, 2013, 134 p.


Présentation par Jean-Paul Baquiast
24/04/2014

 

Pour en savoir plus
* Le site du livre
* Dialogue des lecteurs avec l'auteur

* Nous avions précédemment présenté un ouvrage de l'auteur : Totalement inhumaine


Nous voulons recommander ici au plus grand nombre possible de personnes s'intéressant à nos écrits la lecture et la discussion du dernier livre de Jean-Michel Truong Reprendre. Ni sang ni dette. Bien que paru en 2013 et ayant déjà fait l'objet de divers commentaires, ainsi que d'un Prix de l'impertinence (remis par le Cercle des entrepreneurs du futur), ce livre n'a pas selon nous bénéficié de l'attention générale et de la renommée qu'il mériterait dans l'opinion.

Cela ne tient pas seulement au fait que l'auteur, malgré ses références en tant qu'entrepreneur et écrivain, ne fait pas partie du petit nombre d'"économistes distingués" constamment invités par les media. Cela tient à un facteur plus grave et plus inquiétant. Si précisément, il ne fait pas partie des économistes dont on parle, fussent-ils "atterrés" c'est parce que les propositions du livre vont bien au-delà des remèdes envisagés par ceux là même qui ne contestent pas la perte de crédibilité de la France, le rôle démobilisateur joué par l'Union européenne en son état actuel, voire l'intérêt d'une sortie de l'euro.

Pour notre part, nous voyons dans le livre deux traits qui ne manqueront pas de le rendre dangereux, ainsi que son auteur, aux yeux des étroites minorités qui en quelques années ont pris possession d'une grande partie du monde moderne, les 5% constituant ce que l'on peut appeler en simplifiant le lobby politico-économico-médiatique global qui nous gouverne.
- D'une part il s'inscrit, discrètement mais fermement, dans une critique radicale de ce que l'on appelle faute de mieux "le Système".
- D'autre part, au lieu d'encourager à des manifestations de refus qui seront toujours réprimées (comme le mouvement Occupy Wall Street aux Etats-Unis il y a quelques années), il propose des réformes (en forme de révolutions soft) qui auraient certes directement pour effet de casser le Système, mais qui seraient parfaitement réalistes et dont bénéficieraient l'ensemble des citoyens. Encore faudrait-il que les citoyens les imposent, soutenus par les partis politiques censés en démocratie les représenter.

Nous ne reprendrons pas ici les propositions du livre. Pour des raisons de facilité nous mentionnons ci-dessous quelques extraits de textes disponibles sur le site de l'auteur ou sur le web. Ils décrivent mieux que nous ne pourrions le faire les mesures proposées et les réponses aux objections qui pourraient leur être adressées.

Bornons-nous à dire que si le style de l'ouvrage est volontairement familier (un peu trop à notre goût), il fournit en notes de nombreuses références extrêmement solides justifiant le propos. Le seul inconvénient relatif, tant des propositions que des références, est qu'elles exigent du lecteur une grande attention, et beaucoup de réflexion. C'est l'inconvénient de tout discours qui ne se borne pas à reprendre les lieux communs médiatisés. Il s'en suit que, comme tout le monde ne sort pas de Sciences Po, il serait bon que l'auteur écrive une version du livre éventuellement plus longue, mais en contrepartie plus pédagogique.

Une question essentielle

La question essentielle que nous voudrions soulever concerne la façon de diffuser à des millions de citoyens une parole qui répondrait à leurs inquiétudes, relativement au caractère de plus en plus systémique de la crise du Système, sans que cette parole soit immédiatement occultée par les gardiens de ce Système.

Ce sont eux, où qu'ils se trouvent, en France, en Europe, aux Etats-Unis, voire dans le reste du monde qui maîtrisent les canaux d'information et de discussion, comme nous l'avons rappelé ci-dessus. La censure et la répression en découlant seront encore plus fortes et bloquantes, si par aventure des minorités de citoyens activistes reprenaient pour les mener à bien les propositions du livre, ou toutes autres s'inspirant de la même veine. Il n'est pas certain qu'en Chine ou dans les autres pays du BRICS, de telles propositions rencontrent plus de succès que dans les zones soumises au pouvoir atlantiste.

Dans l'immédiat, ce sera plutôt la désillusion, le dégoût et la dépolitisation qui l'emporteront. Il suffit de constater, en ce mois d'avril 2014, la déception qui a saisi la gauche en constatant que ses représentants, au parti socialiste, chez les Verts ou même à l'extrême gauche, appliquent à peu de choses près, en France comme à l'international, les programmes imposés par les 5% de dominants dont le force de frappe demeure Wall Street, la Cité de Londres et un certain nombre de banques européennes sous tutelle.

Joseph Emmanuel SiéyesCependant, avant de nous désespérer définitivement, nous pourrions méditer le rôle joué par Joseph Emmanuel Siéyes. Il fut célèbre dès la publication de sa brochure "Qu'est-ce que le Tiers-État ?" en 1789 et joua un rôle de premier plan au début de la Révolution française.

Pourtant, dans les années précédentes, nul n'accordait parmi ses amis la moindre chance de succès à ses idées. Comme quoi le plus improbable peut se réaliser quand les circonstances le permettent. Nous ne pouvons que souhaiter la même influence aux propositions de Jean-Michel Truong


Commentaires sélectionnés par nous sur le web. Les auteurs se reconnaîtront

* Drôle de parcours que celui de cet auteur qui, après des études de psychologie et de philosophie, s'est retrouvé à enseigner dans une grande école d'ingénieur, puis à fonder la première société européenne dédiée à l'intelligence artificielle, avant de travailler en Chine. C'est de retour de ce pays, où il conseillait des entreprises de haute technologie, qu'il a, dit-il, entrepris l'écriture de ce livre (nous étions alors au début de la campagne présidentielle, dans une France dont l'auteur qualifie l'état de "cataleptique"). Son objectif : ni plus ni moins régler la question de l'endettement du pays, sans impôts ni sacrifices supplémentaires. Vous avez bien lu.
"Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", selon une célèbre réplique d'Audiard (une référence que le lecteur comprendra à la lecture du livre…). Sauf que ce qu'ose ici l'auteur est digne d'intérêt : il rêve de transformer les aides directes et indirectes aux entreprises en… droits de tirages dont le montant serait fonction de leurs effectifs, la dette ainsi contractée étant garantie par les "dots" allouées aux salariés à leur majorité… En plus d'être argumenté, c'est drôle et impertinent.


* L'auteur présente une méthode innovante permettant d'abolir le déficit public et la dette qui en résulte, sans verser de sang ni de larmes - comme tous les dirigeants politiques semblent aujourd'hui s'y résoudre.
Ce dispositif transformerait des libéralités - les aides de l'État aux entreprises - en crédits, puis les administrerait par un réseau alternatif plus diffus, plus direct, mieux informé et plus réactif que le réseau politico-bureaucratico-bancaire actuel : celui des citoyens eux-mêmes.
L'auteur montre comment -en administrant ainsi les deux cents milliards annuels d'aides publiques à l'industrie identifiées et sévèrement critiquées par la Cour des comptes - on pourrait :
- Retrouver un excédent budgétaire dès la première année ;
- Annuler en quinze ans la dette publique ;
- Ouvrir à toutes les entreprises, dans le même laps de temps, jusqu'à deux mille milliards de lignes de crédit à taux réduit ;
- Sécuriser, en diminuant de deux cents jours leur BFR, le développement de ces mêmes entreprises - notamment de ces ETI qui nous font tant défaut, dans la tranche des deux cents à deux mille salariés, si déterminantes pour la réussite de l'Allemagne ;
- Renforcer ce faisant le lien des salariés à leurs employeurs ;
- Et pour finir relancer l'investissement et la consommation en restituant aux contribuables - entreprises comme particuliers - deux cents milliards par an d'impôts et de taxes.
Cette réforme accroîtrait la compétitivité des entreprises en les affranchissant de la tyrannie des cycles économiques comme de la volatilité des marchés et aurait des effets positifs sur la création d'emplois nouveaux et la sauvegarde des emplois existants.
Elle aurait par ailleurs des impacts économiques et sociaux de grande portée, notamment en rééquilibrant le rapport capital-travail, de façon significative, en faveur du travail.
En nous libérant de l'emprise de la finance internationale, enfin, elle rendrait à l'État ses capacités de manoeuvre et à la France sa souveraineté.


* Avec "Reprendre - Ni sang ni dette", Jean-Michel Truong quitte pour la première fois la posture strictement analytique dans laquelle il se cantonnait pour proposer une réforme politique d'ampleur destinée à "reprendre", pour le rendre aux citoyens,  "le premier des droits humains, le plus fondamental, jamais nommé tant il allait de soi, dont dériveraient tous les autres et qui les rendrait tous possibles, tant il est vrai que, sans lui, il n'y aurait même pas eu de droit à la vie : le droit de conserver le croît de son champ, de semer à nouveau ce qu'il n'avait pas consommé, de s'affranchir des flux en accumulant des stocks, des aléas en abondant des greniers, et ainsi de s'immuniser contre les coups du sort les mauvaises années, d'augmenter son fonds les bonnes, bref, de domestiquer le temps avec les fruits du temps".

Cette réforme consisterait à confier à chaque citoyen en âge de travailler - sous forme d'une dot individuelle d'un montant moyen de 56000 euros, une fraction des 201 milliards d'euros d'aides publiques directes et indirectes allouées chaque année, sans contrepartie, à moins de 10% des entreprises - pour l'essentiel celles du CAC40 et leurs filiales20 :

"Cette dot, il ne pourrait pas la consommer. Elle serait juste inscrite à son nom dans les livres d’une Caisse publique ad hoc. Mais quand il signerait un contrat de travail, il ouvrirait à son employeur un droit de tirage (DDT) sur la Caisse à hauteur du solde de son compte. A ce solde pourrait s’ajouter celui des comptes des membres de sa famille qui n’en auraient pas eux-mêmes l’usage. Le salarié-banquier serait bien sûr libre de négocier le taux de ce crédit avec son employeur-client. Ce dernier disposerait ainsi d’une ligne de crédit permanente, à taux inférieur à celui des banques, mobilisable à première demande, sans autre forme de procès, et d’un montant égal à la somme des droits de tirage apportés par ses salariés. Ce montant représenterait le maximum de concours publics auxquels l’entreprise pourrait prétendre".


* Selon Jean-Michel Truong, ce dispositif de répartition des concours publics aux entreprises par le canal exclusif des salariés aurait pour effets :
"d'annuler en quinze ans la dette publique... ouvrir à toutes les entreprises, dans le même laps de temps, jusqu’à deux mille milliards de lignes de crédit à taux réduit... sécuriser, en diminuant de deux cents jours leur BFR (besoin de fonds de roulement), le développement de ces mêmes entreprises, notamment de ces PME qui nous font tant défaut, dans la tranche des deux cents à deux mille salariés, si déterminantes dans la réussite de l’Allemagne... renforcer ce faisant le lien des salariés à leurs entreprises... et pour finir restituer aux contribuables – entreprises comme particuliers – deux cents milliards par an d’impôts et taxes."


Automates Intelligents © 2014

 




 

 

 

Qui sommes nous ? Partenaires Abonnement Nous Contacter

© Association Automates Intelligents
Mention légale CNIL : 1134148