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Présentation
Texte
de 4ème de couverture
La modélisation du vivant à des fins thérapeutiques
est aujourd'hui un secteur de pointe de la recherche médicale.
Les travaux de Gilbert Chauvet sont au cur de ces
innovations où l'étude de la pensée
et du vivant s'appuie sur les ressources de l'informatique.
Spécialiste des neurosciences, il a ainsi construit
une théorie mathématique du vivant servant
notamment à découvrir et à tester de
nouveaux médicaments.
Partisan de l'idée cartésienne selon laquelle
les mathématiques nous donnent accès à
la connaissance des lois de la nature, il en tire des conséquences
sur l'ensemble des processus du vivant, en particulier sur
la compréhension de la conscience de soi telle qu'elle
a pu surgir dans le cadre de l'évolution des espèces.
À l'heure où l'offensive contre Darwin reste
vivace et alors que, dans certains mouvements comme le "
dessein intelligent " (Intelligent Design),
on prétend encore que "le vivant est si complexe
qu'il ne pourrait provenir que d'un esprit supérieur,
Dieu ou toute autre force surnaturelle", ce livre
offrira de précieux arguments pour réfuter
le créationnisme.
En
effet, l'un des problèmes essentiels de la biologie
étant de comprendre comment la matière vivante
est organisée, comment les mécanismes se sont
graduellement formés au cours du développement
d'une espèce et comment ils ont permis le passage
d'une espèce à l'autre, le principe de la
sélection naturelle suffit-il à expliquer
la construction des organismes ?
En partant de cette hypothèse, le modèle de
Gilbert Chauvet permet d'expliquer les phénomènes
à l'uvre dans le vivant. Il complète
ainsi la théorie de l'évolution qui établit
l'origine commune et unique de tous les êtres vivants.
Dans
ce livre clair et concis où chaque chapitre est suivi
d'un résumé et d'un glossaire tandis que les
données scientifiques sont regroupées en annexe,
l'auteur illustre sa théorie de nombreux exemples.
Fondateur
et rédacteur en chef du Journal of Integrative
Neurosciences, auteur de nombreux articles de recherche
et de plusieurs livres dont La vie dans la matière
(Flammarion, collection " Champs ") ainsi
que du Traité de physiologie théorique (Masson)
traduit en anglais chez Elsevier, Gilbert Chauvet, mathématicien
et physicien de formation, est devenu médecin pour
modéliser le vivant.
Table
des
matières
Préface
par
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin (directeurs de
la collection)
Ce livre fera certainement l'effet d'une bombe dans le monde
de la biologie. Ce n'est d'ailleurs pas simplement cet ouvrage
mais l'ensemble des travaux de l'auteur qui mérite
d'être qualifié de révolution conceptuelle,
de la même manière que l'a été
à son époque l'invention de la physiologie
et de la médecine expérimentale par Claude
Bernard. Cette dernière, parce qu'elle conciliait
épistémologie et physiologie, expérimentation
et observation clinique, a marqué le démarrage
de l'art de la médecine comme pratique scientifique.
Les recherches proposées aujourd'hui par Gilbert
Chauvet en sont le prolongement et le complément,
apportant un autre chapitre fondateur à cette longue
histoire. L'apport de principes théoriques généraux
mathématiques et intégratifs adaptés
au vivant - gage de la naissance d'une véritable
biologie et physiologie intégratives - fait désormais
entrer la médecine, les sciences de la vie et leurs
nombreuses applications dans le champ des sciences théoriques
dites "dures". Dans cette perspective, la pratique
de l'art médical et de la biologie devient ingénierie
de la vie.
L'organisme
vivant est une sorte d'usine de type unique qui, malgré
les vicissitudes des interactions entretenues avec le milieu
extérieur, présente l'incroyable pouvoir de
maintenir tout au long de sa vie l'intégrité
de sa substance et des mécanismes complexes qui l'habitent.
Pour l'auteur, il est fondamental d'expliciter la logique
qui sous-tend ce phénomène unique si on veut
comprendre ce qui différencie le vivant de l'inerte
et si, en conséquence, on veut savoir comment intervenir
de façon rigoureuse pour remédier aux dysfonctionnements
des êtres vivants, qu'il s'agisse de la cellule, du
cerveau ou de l'organisme dans son entier. Mais pour cela,
il faut disposer d'une "théorie de la vie".
Dans
son ouvrage Prédire n'est pas expliquer [Eshel,
1991- réédition Flammarion, 1993], René
Thom regrettait que les chercheurs se dispersent aujourd'hui
dans des manipulations multiples et ne prennent pas le recul
nécessaire pour proposer des théories nouvelles
face à l'inflation expérimentale. Et si des
théories de la vie ont été énoncées
à travers les âges, depuis le vitalisme jusqu'au
néo-darwinisme, ce ne sont finalement là pour
Gilbert Chauvet que des hypothèses de nature philosophique.
Selon lui, une véritable théorie de la vie
doit reposer sur une modélisation mathématique
explicative. Pour les biologistes, qui ne sont ni physiciens
ni mécaniciens, ceci pourrait passer pour de l'hérésie
réductionniste : le vivant, ce n'est pas des mathématiques
! Mais, pense Gilbert Chauvet, c'est parce qu'ils n'ont
pas encore trouvé le bon type de modèle permettant
de rendre compte du phénomène vital. Et c'est
ce modèle, cette "bombe conceptuelle",
qui est présenté dans cet ouvrage.
Ainsi,
après un travail de plus de vingt années,
l'auteur a dégagé des lois permettant de modéliser
utilement l'organisme. Elles expriment le fait que la vie
est un miracle permanent résultant d'une intégration
incessamment renouvelée d'une grande quantité
de mécanismes physiologiques. Le professeur Chauvet
en propose les grands principes. Les interactions fonctionnelles,
dans un système vivant, sont non symétriques,
c'est-à-dire qu'elles ne sont pas réversibles.
Ceci se traduit par le fait que le vivant ne peut jamais
remonter son histoire. Ces interactions sont également
non-locales. Le stimulus chimique ou électrique produit
par un organe agit à distance sur sa cible, en traversant
de nombreux niveaux hiérarchiques qu'il n'affecte
pas. Contrairement à un ordre donné directement
par un supérieur hiérarchique à son
adjoint situé près de lui, il s'agit d'un
ordre qui ressemblerait à celui porté par
un messager à un destinataire situé dans un
autre organisme et dans un autre pays que celui de l'émetteur
de l'ordre, et lui arrivant selon la procédure bien
connue de l'administration, c'est-à-dire en respectant
la voie hiérarchique. On conçoit alors que
si l'on veut comprendre pourquoi le destinataire se comporte
comme il le fait, il faut que l'on ait identifié
la nature du message et les filières complexes par
lesquelles ce dernier atteint sa cible.
Enfin,
les différents messages, dans la théorie de
Gilbert Chauvet, loin de déstabiliser le système
en s'accumulant et s'entrecroisant sans cesse, ont pour
effet de lui permettre ce que l'auteur appelle une auto-association
stabilisatrice. Plus le système devient complexe,
plus il devient "dur", c'est-à-dire durable
et capable de résister aux changements et agressions
du milieu - ceci dans certaines limites évidemment,
puisque les êtres vivants finissent bien par mourir,
contrairement à des machines bien entretenues.
Aujourd'hui,
et malgré ce que l'on pourrait penser, les biologistes
continuent de travailler sur un mode artisanal et empirique.
Ils procèdent à de nombreuses observations
de type descriptif et statistique : telle hormone, par exemple
la testostérone, semble agir avec telle probabilité
sur tel organe en provoquant tel symptôme. Mais comment
cette hormone se combine-t-elle à de nombreuses autres
pour agir, d'une part sur cet organe, d'autre part sur d'autres
organes ? Nul ne peut le dire, car nul ne dispose à
ce jour d'un modèle de la physiologie intégrant
l'ensemble des observations faites depuis les origines de
la médecine puis de la biologie moléculaire.
Un tel travail est hors de portée de la description
littéraire puisque, potentiellement, ce sont des
centaines de milliers d'actions et de réactions qu'il
faudrait intégrer pour commencer à approcher
la complexité d'un organisme vivant même simple.
Mais
ceci, le modèle mathématique et informatique
proposé par Gilbert Chauvet permet de le faire. Nous
en aurons bientôt la preuve matérielle puisqu'une
première réalisation en vraie grandeur de
ce modèle est en train d'aboutir, concrétisée
par la création prochaine d'une entreprise innovante
par le chercheur.
A
quoi ceci servira-t-il ? D'abord au diagnostic thérapeutique
puisque sa représentation d'un système biologique
fournit une définition rigoureuse du "terrain",
c'est-à-dire de toutes les interrelations entre les
parties d'un organisme, ce qui fournira les causes des maladies
multifactorielles. De même, on pourra mieux étudier,
en évitant de coûteuses expériences
in vivo, l'effet d'une nouvelle molécule sur l'organisme
tout entier. On voit l'intérêt qu'y trouveront
les industries pharmaceutiques et plus généralement
les soignants.
Mais
ces travaux induisent aussi d'autres avantages fondamentaux.
La pratique clinique et l'expérimentation biologique
et pharmacologique accumulent des quantités considérables
d'observations. Celles-ci aujourd'hui vont s'entasser dans
des bases de données qui, bien qu'informatisées
par les outils de documentation automatique, n'ont guère
d'intérêt pratique. Les éléments
en sont dispersés sur d'innombrables supports, au
lieu d'être rendus disponibles au moment où
le scientifique en a besoin. Leur intégration dans
le système mathématique et informatique proposé
par l'équipe du professeur Chauvet les rendra utilisables.
Et ceci sans limites de taille et de temps de réponse
puisque les performances de l'informatique moderne permettent
aujourd'hui de traiter des quantités considérables
d'informations.
En
poussant encore plus loin notre raisonnement, on peut penser
qu'au bout d'un certain temps le modèle, ayant atteint
une grandeur suffisante, pourra faire apparaître de
l'inconnu, c'est-à-dire suggérer des hypothèses
qui seront testables expérimentalement. Il y aura
là une source inépuisable de sujets de thèses
et d'applications pour les chercheurs, qui devraient révolutionner
la démarche biologique et renouveler l'intérêt
professionnel de ceux qui s'y adonnent. On peut espérer
aussi que la mathématisation du vivant, encore bien
fruste disent les spécialistes au regard de la complexité
de celui-ci, pourra bénéficier des problèmes
théoriques soulevés par le fonctionnement
du modèle.
Soulignons-le
avec force : la démarche du Professeur Chauvet est
novatrice, du moins en France, et ceci pour plusieurs raisons.
Il est un représentant rare, sinon unique (?) de
trois cursus différents : la physique, les mathématiques,
la médecine (c'est-à-dire aussi la biologie),
sans parler de sa grande connaissance de la philosophie
des sciences. Tout cela parce que pour lui "c'était
la seule façon de vraiment comprendre le fond des
choses" et que "observer n'est pas expliquer".
Mais
sa démarche est également exemplaire par le
fait qu'il ne s'est pas contenté de théoriser,
mais cherche aussi aujourd'hui les supports financiers lui
permettant de fonder sa société et de réaliser
ses prototypes. Souhaitons-lui alors toute la réussite
possible, avec un produit industriel breveté et la
création de nombreux emplois.
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