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Présentation
de l'Union paneuropéenne de France (Paneurope) par
Jean-Claude Empereur
Au lendemain de la première
guerre mondiale, Richard de Coudenhove-Kalergi lançait
l'idée de l'Union paneuropéenne, destinée
à prévenir le retour d'une catastrophe telle
que celle dont l'Europe venait d'émerger, exsangue.
Cette idée fut défendue dans un livre intitulé
"Paneurope" publié en 1920 qu'Aristide Briand a considéré
à l'époque comme un livre fondateur.
Le pivot de cette Union devait être,
à ses yeux, le couple formé par la France et
l'Allemagne. L'émergence du national-socialisme empêcha
la réalisation de ce projet, qui eût épargné
à l'Europe les horreurs de la seconde guerre mondiale.
L'Union paneuropéenne de France
fut fondée en 1960 pour défendre cette vision
de l'EUROPE qui, à la lumière des événements
survenus depuis 1989, s'est avérée prophétique.
La construction dans l'Europe d'une
Communauté économique comprenant d'abord six
Etats, puis neuf, puis dix, et enfin quinze, a été
un facteur puissant d'attraction pour les peuples d'au delà
du rideau de fer. Elle est apparue comme une zone de prospérité,
ayant largement développé l'économie
des Etats membres.
D'autre part, la Communauté
a toujours dû lutter contre la tendance de certains
à en faire une vaste zone de libre échange,
ouverte aux vents du large et incapable, de ce fait, de construire,
sur la base des économies des Etats membres, une véritable
économie européenne.
L'évolution de la situation
économique mondiale et la disparition de la dictature
de l'Union soviétique, qui fait émerger des
Etats exsangues, mal préparés à satisfaire
les aspirations de leurs peuples à plus de liberté
et de bien-être, appellent l'Union européenne,
à un nouvel effort d'imagination et d'action pour que
cette Union puisse faire face aux défis de l'ère
nouvelle :
· Défis politiques
- les excès des nationalismes
- l'instabilité de la Communauté des Etats indépendants
(CEI) fondée sur les ruines de l'URSS
- la fragilité de l'Europe centrale et balkanique
- la montée des intégrismes religieux
· Défis militaires
- l'âpreté du conflit dans l'ex-Yougoslavie
- le désengagement américain
- les risques de prolifération nucléaire
- l'impuissance de l'ONU à prévenir ou à
terminer les conflits locaux
· Défis économiques
et sociaux
- l'extension du chômage
- le développement des phénomènes d'exclusion
- la concurrence sauvage des pays en voie de développement
- la maîtrise des technologies nouvelles
- l'obligation de créer de nouveaux moyens de recherche
pour permettre à l'Europe de demeurer dans la course
au progrès.
Face à ces défis, le
cadre géographique actuel de l'Union européenne
apparaît trop étroit. De nouvelles demandes d'adhésion
sont déjà en cours de négociation. D'autres
pays frappent à la porte, sans être encore en
mesure d'assumer toutes les obligations qui sont aujourd'hui
celles des membres.
Il s'agit donc de décider solennellement
de la création de la Grande Europe dotée d'une
politique extérieure et de sécurité commune.
Il s'agit également d'adapter les institutions actuelles
de la Communauté et de l'Union européennes pour
éviter les blocages auxquels leur simple transposition
dans une construction élargie ne manquerait pas de
se heurter. Il faut de ce fait, rééquilibrer
ces institutions pour que le dernier mot reste au pouvoir
politique.
Pour sa part, Paneurope France, membre
de l'Union paneuropéenne internationale, qui regroupe
des représentants de tous les Etats européens,
entend défendre ces idées afin que s'édifie
politiquement une Grande Europe, indépendante, puissante,
généreuse et non hégémonique,
mais capable de peser sur les affaires du monde.
L'Union paneuropéenne internationale,
présidée par Otto de Hasbourg, ancien député
européen, a célébré le 13 avril
dernier, à Bratislava, son quatre-vingtième
anniversaire, en présence de l'ex-Chancelier Helmut
Kohl. Au cours de cette rencontre, la délégation
française, fortement appuyée par la délégation
allemande, a fait adopter à l'unanimité une
déclaration intitulée "L'Europe, puissance généreuse".
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