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Retour sur les bases neurologiques du libre arbitre
par Jean-Paul
Baquiast
La
parution récente du livre "The illusion of conscious will"
de DM Wegner, remet en actualité les discussions relatives
à la "réalité neurologique" du libre arbitre
dans le fonctionnement du cerveau conscient.
S'agit-il comme Wegner le pense suite à de nombreux prédécesseurs,
d'une simple illusion qui survit parce qu'elle présente des
avantages certains dans la lutte pour la vie ? Peut-on au contraire,
tout en refusant l'idée commune, aujourd'hui jugée
comme non-scientifique, posant l'autonomie absolue du sujet conscient
dans la prise de décision, mettre à jour un mécanisme
neurologique qui d'une certaine façon légitimerait
le concept de libre arbitre tout en réduisant sa portée
?
Dans la perspective matérialiste, la priorité
consiste à préciser exactement le moment où
le "Je" prends une décision que nous pourrons qualifier de
consciemment volontaire, qu'il conviendra de distinguer de toutes
celles qui sont la conséquence des multiples conditionnements
génétiques et culturels auxquels les hommes comme
les animaux sont soumis. Ces dernières décisions,
ou pseudo-décisions, peuvent être éventuellement
conscientes, mais il ne s'agit pas de décisions impliquant
ici et maintenant le Je. C'est un peu ce que veux sans doute dire
le fumeur invétéré qui explique : "Je sais
bien que je fume. Je voudrais m'en empêcher, mais je ne peux
pas", et qui allume (volontairement) sa énième cigarette
de la journée
Intuitivement, nous considérons que la conscience
volontaire est le propre de l'homme, ceci même lorsque nous
ne nous référons pas à des conceptions dualistes
de l'esprit. Une bonne partie de la culture occidentale fait en
conséquence appel en permanence au volontarisme des individus
et des collectivités. Des scientifiques toujours plus nombreux
estiment au contraire que la conscience volontaire est une illusion.
Selon eux, nous sommes déterminés, comme on vient
de le dire, par de nombreux facteurs, génétiques et
culturels, dont l'imbrication très complexe et loin encore
d'être élucidée peut donner à certains
une impression fausse de liberté.
Benjamin Libet et Robert Kane
Diverses observations semblent confirmer l'hypothèse
du caractère illusoire de la décision volontaire.
On peut citer celle, aujourd'hui très connue et commentée,
des neurobiologistes Benjamin Libet et Bertram Ferstein de l'Université
de Californie. On demande à un sujet de plier un doigt volontairement,
en indiquant précisément à quel moment il prend
la décision d'accomplir ce mouvement. Des appareillages adéquats
enregistrent le temps mis entre l'annonce de la décision
et la réponse du motoneurone et du muscle concerné,
soit environ 200 millisecondes, ce qui est normal. En revanche,
environ une demi-seconde avant l'annonce de cette décision,
des enregistreurs placés sur le crâne du même
sujet notent une activité électrique neuronale dans
l'aire du cerveau en charge de la prise et de l'exécution
de la décision. Ceci peut être interprété
comme le fait que l'action précède la conscience,
d'un temps considérable. Il y a donc quelque facteur en amont
de la décision consciente qui provoque son déclenchement.
Faut-il en déduire que nous sommes des automates, et que
l'impression de libre arbitre n'est qu'une illusion ?
Lorsque nous étudions la décision chez
l'animal, c'est ce que nous inférons systématiquement.
Je m'approche d'un merle installé sur une pelouse. Il me
regarde un certain temps, d'un air que je qualifierais de circonspect.
Puis, si je continue de m'approcher, il prend brutalement la décision
de s'envoler. Beaucoup de non-scientifiques en concluent que le
merle a pris librement la décision de s'envoler. C'est ce
que Daniel Dennett à nommé la "stance intentionnelle"
: on prête à autrui, y compris aux animaux par anthropomorphisme,
la capacité de libre arbitre, pour diverses raisons dont
celle de l'obliger à se comporter de façon rationnelle
et non en simple brute. Peu de scientifiques cependant avanceraient
l'hypothèse que la décision de notre merle résulte
d'un débat conscient entre le pour et le contre, puis du
choix volontaire de s'envoler quand le danger lui paraît se
rapprocher d'un peu trop près. On imagine plutôt que
des programmes de mise en alerte et d'évitement inscrits
dans les gènes et complétés éventuellement
par l'expérience déclenchent l'envol une fois atteint
un certain seuil de risque calculé par ces programmes. De
tels programmes, relevant de la théorie computationnelle
de l'esprit, sont probablement très simples, même si
leurs effets paraissent complexes. Ils peuvent être simulés
sur un robot par la mise en uvre d'algorithmes évolutionnaires.
On n'en parle pas non plus de décisions volontaires
ou libre arbitre quand il s'agit de comportements collectifs apparaissant
au sein d'une foule : par exemple lorsqu'une holla se déclenche
dans un stade. L'initiative vient-elle d'un individu, imité
par les autres, auquel cas nous sommes ramenés à la
situation précédente. Sommes-nous en présence
d'un comportement collectif de type chaotique résultant de
l'interaction d'agents multiples, dont d'ailleurs les modalités
resteraient à étudier. On ne sait.
Or dans la vie courante, nous prenons sur le même
mode d'innombrables décisions qui sont en fait déterminées
en amont par de nombreuses causes auxquelles il nous est pratiquement
impossible d'échapper. Nous sommes parfois conscients de
prendre ces décisions, nous sommes également parfois
conscients des raisons pour lesquelles nous les prenons, mais cette
prise de conscience accompagne la décision et ne la provoque
pas. En ce cas, nous nous comportons effectivement comme des automates
déterministes.
On pourrait assez facilement montrer que toutes nos
décisions relèvent en fait de ce type de déterminisme.
Mais ériger ceci en principe serait à la fois contre-intuitif
et peut-être scientifiquement erroné. Il faut voir
aussi les réalités pratiques : le volontarisme est
au cur des sociétés occidentales (dont il a
sans doute permis les succès). Il nous anime tous à
tous moments. On pourrait imaginer que le volontarisme soit un mème
(au sens défini par Susan Blackmore) qui se serait installé
dans les esprits des Occidentaux, mais cela ne dispenserait pas
d'en rechercher les bases biologiques: d'où serait-il venu
et comment agirait-il ?
Revenons à l'expérience de Libet. On
admettra que le sujet n'est pas libre de lever le doigt ou non,
puisqu'il a accepté de se livrer à l'expérience.
Sur ce point, il est donc déterminé par des facteurs
extérieurs. Par contre, il dispose en propre d'un court instant
de liberté : décider à tel moment et non à
tel autre de faire le mouvement demandé. Le merle évoqué
plus haut dispose d'ailleurs peut-être aussi de cette liberté,
comme quoi le libre arbitre ne serait pas limité à
l'homme.
Mais l'expérience de Libet semble montrer que
quelque chose au sein du sujet décide du choix du moment
avant que sa volonté ne l'a fait. Si nous voulons réintroduire
le libre arbitre, il faut questionner ce qui se passe, dans ce temps
d'une demi seconde où le cerveau semble se préparer
à prendre la décision avant que le moi conscient n'ait
décidé de le faire. Libet a supposé que dans
la demi-seconde séparant la préparation de la décision
consciente (préparation inconsciente) et la prise consciente
de la décision, la volonté consciente intervient pour
interdire ou renforcer le jeu des déterminismes. Mais cela
ne renseigne en rien sur l'origine de cette volonté. D'où
tirerait-elle l'énergie nécessaire à inhiber
ou renforcer des déterminismes certainement très contraignants
? De la synthèse de l'ensemble des informations constituant
la personnalité consciente et inconsciente du sujet ? Mais
quelle forme prendrait cette synthèse ?
Contrairement à Libet qui est généralement
rangé dans les rangs de ceux qui nient le libre arbitre,
Robert Kane a tenté d'en donner une définition qui
réintroduit au moins partiellement la légitimité
du concept de liberté. Plutôt qu'évacuer la
question comme relevant d'une illusion, ou ressusciter les hypothèses
proposées il y a quelques années par Eccles et Penrose
pour sauver le spiritualisme en faisant appel aux mystères
de la mécanique quantique appliquée aux particules
présentes au sein des micro-tubules neuronales, Robert Kane
propose une solution simple que nous résumons ici. Il rappelle
que le libre arbitre paraît aux scientifiques d'aujourd'hui
incompatible aussi bien avec le déterminisme (qui exclut
le choix) qu'avec l'indéterminisme (si les choix se font
au hasard, notre apparente volonté n'est elle-même
qu'une manifestation de ce hasard). Pour lui au contraire, il y
a réellement libre arbitre, mais dans des conditions bien
particulières. L'impression subjective de libre arbitre que
nous ressentons face à deux possibilités dont nous
choisissons l'une aux dépends de l'autre (par exemple se
lever au lieu de rester couché) tient au fait que les deux
branches de l'alternative correspondent à deux versions de
notre histoire quasiment équiprobables, en faveur desquelles
nous sommes près à faire le même choix volontaire
: j'ai autant de raisons valables de me lever que de rester couché.
Sinon d'ailleurs j'aurais choisi l'une de ces possibilités
sans même m'interroger. Il y a donc un petit quelque chose
au niveau du hasard et de l'incertain dans nos neurones, ou plutôt
dans ce que Kane appelle les réseaux neuronaux récurrents
(Churchland 1996, The engine of reason, the seat of the soul, MIT
press ) intervenant dans ce type de décision, qui fait basculer
notre choix en faveur de telle ou telle solution. Un réseau
neuronal l'emporte sur l'autre, pour une raison imprévisible
et indéterminée. A ce moment, comme une moitié
de moi était déjà préparée à
adhérer à ce choix, cette moitié, dans laquelle
je me reconnais tout entier (d'où mon impression de libre
choix) adhère au choix et en assume la responsabilité.
L'hypothèse, on le voit, est dans la droite ligne de la pensée
de Prigogine, selon laquelle une brisure de symétrie liée
au hasard introduit une bifurcation, et provoque l'émergence
d'une structure dissipative nouvelle.
Cette thèse a été développée
dans un ouvrage de Robert Kane, The significance of free will, Oxford
University press, 1996 (voir http://uts.cc.utexas.edu/~rkane/).
Elle est résumée dans un article de l'ouvrage collectif
l'Homme devant l'incertain consacré à la pensée
de Prigogine, publié en 2001 chez Odile Jacob (voir
note de lecture).
Dans le cas du sujet de l'expérience de Libet,
les deux solutions équiprobables ne seraient pas de lever
un doigt ou non (puisque le sujet est convaincu de la nécessité
où il se trouve de faire ce geste) mais du moment précis
où il décide de le faire : dans cette seconde-ci ou
dans la suivante, moment qui n'a pas d'importance précise
pour lui, mais qui marque cependant l'enclenchement de l'action.
Pourtant la question du petit quelque chose qui intervient pour
provoquer la brisure de symétrie reste entier. Robert Kane
ne la traite pas véritablement. La solution qu'il évoque,
les réseaux récurrents, a l'inconvénient de
faire appel à des structures neuronales en réseau
dont on ne voit pas bien à quoi elles correspondent dans
le cerveau, ou en quoi elles diffèrent des réseaux
étudiés par Baars ou Changeux. On ne voit pas davantage
les raisons qui font qu'à un moment ou un autre la symétrie
se brise. Il n'est pas certain non plus que, dans les cas où
un sujet ferait appel à un véritable choix volontaire,
les solutions entre lesquelles il choisirait seraient également
équiprobables ou indifférentes. Si je décide
de lever un doigt (où lorsque le merle de notre exemple décide
de s'envoler pour fuir un danger), l'engagement correspondant peut
être plus impliquant pour moi que celui correspondant au choix
de la minute précise à laquelle je passe à
l'acte.
Le libre arbitre dans la vie
courante
De façon plus fondamentale, il ne semble pas
que le libre arbitre consiste à choisir quasiment au hasard
entre des solutions équiprobables. En général,
il consiste au contraire à s'arracher aux déterminismes
pour adopter des solutions qui, sans l'intervention de la volonté,
seraient restées hautement improbables. Il traduit la mise
en uvre d'un facteur qui conduit, comme l'on dit, la volonté,
parfois celle d'un seul individu, à soulever des montagnes.
Si nous estimons que la volonté consciente ou
conscience volontaire ou libre arbitre (ne faisons pas ici de différence
entre ces 3 expressions) est non pas un épiphénomène
se superposant aux divers déterminismes qui nous commandent
d'agir, mais un caractère essentiel apparu lors de l'évolution
des êtres vivants et s'étant développé
compte-tenu des avantages compétitifs apportés, nous
devrons rechercher les raisons plus fondamentales qui sont à
la base des choix ressentis comme volontaires. On peut supposer
alors que le libre arbitre n'est pas né avec l'espèce
humaine, contrairement à ce que pensent généralement
les philosophes. Il pourrait s'agir d'un phénomène
déjà en uvre aux origines mêmes de la
vie.
Pour approfondir cette voie de recherche, essayons
de définir la conscience volontaire telle qu'elle nous apparaît,
non sous les instruments d'observation des neuropsychiatres, mais
dans notre vie quotidienne. Nous en donnerons une image épurée
et sans doute un peu idéale. Dans les décisions complexes,
les processus de type rationnel et explicite que nous résumons
ici sont souvent, sinon toujours, doublés par des motivations
inconscientes, qui ne relèvent plus de la conscience volontaire,
mais du jeu des déterminismes évoqués en introduction.
La description peut être transposé, avec quelques adaptations,
à ce que serait la conscience volontaire au niveau d'un groupe
de personnes partageant les mêmes intérêts -
par exemple dans le domaine politique.
La conscience volontaire est généralement utilisée
pour préparer et accompagner une prise de décision,
elle-même consistant à faire un choix : faire ceci
ou ne pas le faire, faire ceci ou autre chose. Ce choix est en général
considéré comme très impliquant. Sans cela,
il serait accompli sur le mode automatique. On peut même estimer,
comme nous venons de le dire, que la conscience volontaire n'a d'intérêt
que si elle oblige à prendre des décisions difficiles,
à contre-courant des déterminismes. En ce sens, comme
la vie, elle est créatrice de néguentropie, et demande
donc de prélever de l'énergie. Notons pour la bonne
forme que la décision n'aura d'intérêt que si
elle est suivie d'effets. Le sujet devra engager son corps et les
forces matérielles et morales qu'il peut mobiliser au service
de la réalisation du choix qu'il aura décidé
de faire. Le monde sera donc d'une façon ou d'une autre modifié
par la mise en uvre de la décision, ce qui produira
de nombreux effets en retour.
La conscience volontaire suppose un choix éclairé.
Pour cela, au-delà d'une simple mise en alerte (awareness)
le sujet mobilise toutes les données externes et internes
auxquelles il peut accéder, qui l'aideront dans sa décision.
Il les introduit dans l'espace de travail de sa conscience volontaire,
en les normalisant de façon à les rendre compatibles
en vue des traitements permettant d'en évaluer l'intérêt.
Pour être utilisables, ces données doivent être
immédiatement accessibles. Il ne s'agit pas d'aller constituer
un dossier en bibliothèque, mais de disposer sous le casque,
comme un pilote d'avion de chasse, de l'ensemble des paramètres
en un seul coup d'il. On peut constater que le sujet prenant
la décision n'a pas toujours besoin de consulter explicitement
et individuellement les données rassemblées. Il lui
suffit parfois d'en tirer une impression ou un sentiment général,
un peu comme le pilote qui peut se satisfaire de survoler ses cadrans
pour vérifier que les paramètres du vol restent nominaux.
La conscience volontaire suppose comme référence ultime,
au-delà des données informatives, la prise en considération
du moi tel qu'il s'est construit dans la vie du sujet et tel qu'il
est remémoré au moment de la prise de décision.
Le choix fait engage la personne, avec son histoire et ses propriétés
spécifiques, ancrée dans son corps et les modalités
d'insertion de celui-ci dans le monde physique et sociétal.
Contrairement aux données servant à documenter la
décision, le moi ne constitue pas un système d'informations
clairement analysable par le sujet lui-même, ici et maintenant.
Il est très souvent implicite. Il est très souvent
déformé par des illusions cognitives. Il s'exprime
cependant lors de la prise de décision volontaire par des
informations de type langagier (je ne peux pas prendre telle décision,
avec mon passé de militant ). Mais il n'en pèse
pas moins et très fortement. C'est finalement la pierre de
touche de la décision volontaire consciente. On peut admettre,
dans la mesure où chaque individu représente la synthèse
cohérente d'une série de forces en action, tendues
vers la survie, que le moi ainsi défini est lui-même
la synthèse de l'individu.
La conscience volontaire ainsi définie intéresse les
individus, en premier lieu, mais aussi les collectivités
d'individus rassemblés par des valeurs et intérêts
communs. On pourra donc parler de conscience volontaire collective.
Mais la conscience volontaire collective s'exprime, de façon
explicite, par l'intermédiaire des individus - ce qui n'exclut
pas la possibilité de consciences volontaires collectives
muettes.
Rien enfin ne permet d'éliminer l'hypothèse que les
animaux, y compris appartenant à des espèces très
différentes des nôtres (tels les insectes), puissent
être le siège de proto-conscience volontaires individuelles
ou collectives, qui pour nous seront muettes. Dans le même
esprit, on retrouvera la possibilité de comportements relevant
du libre arbitre dans des automates constitués d'un grand
nombre d'agents interagissant.
Hypothèses récentes
Si nous admettons tout ou partie de ceci, il reste
à trouver les mécanismes neuronaux qui permettent
l'expression, non d'un libre arbitre venu de nulle part à
l'extérieur du sujet, mais d'un ensemble convergents ou coordonnées
d'agents intervenant dans le cadre de l'espace de travail conscient
tel que Baars le définit dans son hypothèse sur l'espace
de travail conscient (cf références ci-dessous).
Nous avions dans cette revue mentionné l'hypothèse,
encore non généralement admise, de JohnJoe Mac Fadden,
selon laquelle l'existence d'une conscience, même rudimentaire,
prenant la forme de circuits neuronaux ou d'un champ électromagnétique
(cem-field), a joué le rôle d'un environnement qui
permet la "décohérence" des particules quantiques
impliquées dans la neurogenèse et dans la synapsogenèse,
dont le cerveau adulte est le résultat.. Ainsi les supports
de la conscience de soi ont pris de plus en plus d'importance dans
les espèces animales complexes, favorisant leur adaptation
par l'augmentation de leurs performances à manipuler l'information
symbolique. Les décisions dites de libre arbitre peuvent
alors être influencées par l'existence d'un arrière-plan
neuronal faisant intervenir tout le passé de l'organisme.
Plus classique sont les projets développés
par le Conscious Software Research Group, notamment le programme
IDA visant, de façon très pratique, à simuler
l'attribution de tâches à bord d'un vaisseau de guerre.
Des agents autonomes en réseau permettent de donner une représentation
convaincante, selon l'article cité de Stan Franklin, des
groupes de neurones entrant en compétition pour l'émergence
d'une volonté consciente. Mais les informaticiens reprocheront
sans doute à ces modèles d'être très
sommaires, et de ne pas donner de représentations explicites
du libre arbitre. On peut penser que la voie est bonne mais doit
encore être approfondie. Nous renvoyons aux sources pour plus
de détail.
Le lecteur aura compris que ces travaux sont proches
de ceux proposés par Alain Cardon en matière de conscience
artificielle.
Pour en savoir plus "The
Illusion of Conscious Will", by DM Wegner, Cambridge MIT Press 2002,
critique par Thomas W. Clark dans Science and Consciousness Review
: http://psych.pomona.edu/scr/book_review_IllusionWill.html Réponse
à Wegner par Stan Franklin, Ida on will. It's no illusion.
L'article, éditorial de la SCR de septembre, comporte
de nombreuses références : http://psych.pomona.edu/scr/ED_Sep02_IDAFreeWill.htm Baars,
B. J. 1988. A Cognitive Theory of Consciousness. Cambridge: Cambridge
University Press. Baars,
B. J. 1997. In the Theater of Consciousness. Oxford: Oxford University
Press. Réédition en 2001 sous le titre In the Theater
of Consciousness: The Workspace of the Mind Baars,
B. J. 2002. The conscious access hypothesis: origins and recent
evidence. Trends in Cognitive Science 6:47-52. Bernard
Baars. Home page http://www.ceptualinstitute.com/genre/baars/homepageBB.htm Conscious
Software Research Group. Selon celui-ci "An
autonomous agent senses and acts upon its environment in the service
of its own agenda. An autonomous agent with human-like cognitive
capabilities is called a cognitive agent. By a "conscious" software
agent we mean one designed within the constraints of Bernard Baars'
global workspace theory of consciousness. This group revolves around
the design and implementation of conscious software
agents" http://csrg.cs.memphis.edu/csrg/index.html Intelligent
Distribution Agent ou IDA model, projet développé
pour la Marine par le Conscious Software Research Group : http://csrg.cs.memphis.edu/csrg/html/projects.html JohnJoe
Mac Fadden Quantum Evolution, a new theory of life. Contient une
hypothèse relative à des mécanismes de biologie
quantique justifiant l'hypothèse d'une version "douce" du
libre arbitre. Voir nos articles http://www.automatesintelligents.com/interviews/2002/mai/mcfadden.html.
Sur l'hypothèse du champ électromagnétique
conscient, voir un article de l'auteur dans le Journal of consciousness
studies http://www.imprint.co.uk/jcs_9_4.html Sur
la conscience, il existe plusieurs revues internationales (où
Bernard Baars joue un rôle important - peut-être un
peu écrasant...) Nous avons cité ici:
- The Journal of Conciousness studies : http://www.imprint.co.uk/jcs/
- The Science and Consciousness Review : http://psych.pomona.edu/scr/ Citons
aussi un ouvrage qui vient de paraître, dont nous ferons prochainement
une analyse: "Rita Carter. Exploring conciousness University of
California Press 2002"