Automates
Intelligents utilise le logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
17 juin 2004
par Henri Lehn (Fondation Louis de Broglie)
La transmutation à bas niveau d'énergie est-elle
possible?
J'ai
pu lire sur le site d'Automates Intelligents le commentaire
fait du dossier paru en Mai 2004 dans "Science et Vie"
qui titrait sur un mot porteur d'imaginaire : "l'Alchimie". Dans
tout le dossier proposé par Science et Vie le rédacteur de ce commentaire
a été capable de discerner des choses intéressantes sur la relation
entre atomes matériels et particules quantiques. Félicitations!
En fait le dossier proposé par Science et Vie a été publié à la
suite d'une conférence que notre association "Fondation Louis de
Broglie"(siège social 23 quai Conti, http://www.ensmp.fr/aflb/)
a organisé les 27 et 28 Novembre dernier dans les locaux de l'Ecole
des Mines de Paris. Cette conférence avait pour sujet "La transmutation
à bas niveau d'énergie est-elle possible ?". Des invitations ont
été largement envoyées, spécialement par le canal du groupe de discussion
de la Société Française de Physique http://sfp.in2p3.fr/.
Nous avons eu un auditoire attentif d'environ 80 personnes (moyenne
d'âge un peu élevée malheureusement pour un sujet très novateur
et très porteur).
Des journalistes de Science et Vie ainsi qu'un
journaliste de "Sciences et Avenir" étaient présents, ce dernier a
publié un article sur les monopôles magnétiques dans leur numéro
d'Avril 2004.
En ce qui concerne la magnifique photo en
couverture de ce numéro de Science et Vie, il était proposé une
vue rutilante de ce qui se serait voulu être une pépite d'or. Il
faut préciser tout de même que dans les essais qui ont conduit à
la transmutation du plomb vers l'or, il s'agit uniquement de
l'isotope 208 du plomb qui a transmuté, les isotopes 204, 206 et
207 (constituant avec le 208Pb le plomb naturel) refusant de se
soumettre. Cet or qu'il a fallu extraire à l'eau Régale et qui à
la fin s'est présenté comme une petite poudre n'a pas dépassé les
0,45 gramme en masse ; il s'agit donc d'une simple expérience de
laboratoire ne permettant pas d'anticiper une production même
semi-industrielle. Mais il a été transmuté en d'autres occasions
des métaux à valorisation plus importante comme le palladium dont
le cours est autrement plus élevé que celui de l'or. De toutes les
façons, le prix de revient de telles expériences n'augure pas
d'une possible rentabilité dans le futur. Mais l'or est un tel
support d'imaginaire depuis des milliers d'années..
Le
thème principal de la conférence portait sur :
- Les
clusters d'électrons (théories et résultats expérimentaux) ou
comment sortir du substrat sans issue de la Fusion Froide de
Fleishmann Pons. Rappel des travaux de Guennady Messiats (vice
président de l'Académie des Sciences de Russie qui a travaillé 30
ans sur le sujet). - Interaction des noyaux à l'intérieur des
clusters d'électrons, la fractalité d'un tel milieu, les
résonances "Grand Système de Poincaré" suivant Ilya Prigogine.
L'abaissement apparent de la barrière de Coulomb, puits de
potentiels créés. Fission des gros noyaux créés vers des noyaux
stables non radioactifs et émission de monopôles magnétiques.
Résultats expérimentaux de transmutation faits à l'Institut
Kourtchatov et au Canada (AECL) . Rendements de transmutation de
l'ordre de 1 gramme de métal pour 3kWh d'énergie apportée (ordre
de grandeur bien sûr, mais ordre de grandeur sur lequel tout les
participants étaient d'accord). - La théorie des monopôles
magnétiques issue du caractère chiral du modèle de l'électron de
Paul Dirac. La conservation du champ magnétique dans la
transformation de Lorentz.. - Caractérisation expérimentale des
monopôles magnétiques, photos, durée de vie, champ magnétique créé
dans le voisinage proche. - Le champ magnétique créé dans le
voisinage proche est de l'ordre de 100 000 teslas ce qui induit
des perturbations intenses sur les nuages électroniques des
molécules proches les transformant en vortex. Du fait de la
création de ces vortex, nouvelles transmutations par
K-capture..
Au titre des applications globales envisagées
: - transmutation des déchets nucléaires à longue durée de vie,
du type actinides majeurs vers des pôles de stabilité de la
classification de Mendéléev que sont d'une part Si-Al et d'autre
part Ni-Fe. Résultats expérimentaux. - les changements de
structure des nuages d'électrons par mise en vortex conduisent
également à l'augmentation considérable des sections efficaces
jusqu'à des valeurs de l'ordre de 100 barns. ce qui veut dire
qu'un réacteur nucléaire sous-critique avec seulement une dizaine
de kilos d'uranium naturel serait envisageable s'il est bombardé
de monopôles magnétiques. Maintes autres
applications..
Donc les nouvelles assez extraordinaires que
vous pressentez dans votre commentaire ont déjà été annoncées. Le
tout est de trouver ceux qui peuvent les écouter et les entendre
pour continuer les études et développements..
Vous concluez
partiellement au fait qu'il faudrait allouer des budgets de
recherches à l'équipe du CNAM mais vous n'en concluez pas qu'il
faudrait subventionner les applications de la physique quantique
développée. Je suppose que c'était parce que celles-ci ne vous
avaient pas été présentées comme je viens de le faire
rapidement.
Il n'est pas question de compétition entre la
fusion "chaude" des Tokamaks et la fusion par mise en condition
froide, ce serait une compétition entre le microbe et
l'éléphant... D'autant que j'ai un faible pour les tokamaks ayant
travaillé sur TFR600 (Tokamak Fontenay aux Roses 600 mm) et le
JET. Il est simplement question de recherches théoriques ayant
débouché sur des applications expérimentales et dont on espère
(non sans raison) qu'elles aboutiront à des applications
industrielles.
PS : La revue de physique FUSION,
d'Emmanuel Grenier, que l'on trouve dans les kiosques, présente ce
mois-ci (numéro 100) une hypothèse originale, et à mon sens très
convaincante, expliquant l'explosion de l'usine AZF de Toulouse
par l'effet d'un monopôle. Cette hypothèse est actuellement
soumise à la justice.
Merci à Henri Lehn pour ces informations.
Notre rôle n'est pas de juger, il est de faire connaître les hypothèses
nouvelles, quand elles peuvent intéresser nos lecteurs. Nous comptons
sur l'auteur pour nous tenir au courant des suites éventuelles.
Inutile de dire que nous partageons avec lui et ses amis de la Fondation
Louis de Broglie la conviction qu'il faudra dorénavant investir
beaucoup plus qu'aujourd'hui dans l'élucidation des rapports multiples
qui relient le monde quantique et le monde macroscopique, susceptibles
d'éclairer bien des choses que nous ne comprenons pas, bien des
choses que nous ne soupçonnons même pas. Il est temps de sortir,
comme il dit, du cône de lumière rassurant produit par le lampadaire
de la connaissance classique. A.I.
PS:
Henri Lehn a une grande expérience des échanges technologiques avec
la Russie, y compris quand elle était encore l'URSS. On pourra consulter
son site Krolik qui est riche d'enseignements.
http://perso.wanadoo.fr/krolik/