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2 avril 2005
par Jean-Louis
Swiners jlswiners@wanadoo.fr,
avec l'aide éditoriale de Christophe Jacquemin
La sérendipité ou l'exploitation créative
de l'imprévu
Jean-Louis
Swiners dirige WWWarketing Consultants, une équipe de consultants
qui organisent et animent au sein des entreprises des wargamings
créatifs stratégiques, une méthodologie dont
il est l'inventeur*.
Rédacteur en chef de L'Encyclopédie de l'Innovation,
de la Créativité et de la Stratégie, il est
l'auteur de plusieurs articles sur la sémiotique de la photographie,
la créativité publicitaire, la pratique de la décision
en univers concurrentiel, le marketing de combat et la stratégie.
Pratiquant (en le sachant) la sérendipité depuis plus
de quarante ans, Jean-Louis Swiners est notamment l'auteur avec
Jean-Michel Briet de l'ouvrage "L'Intelligence créative
au-delà du brainstorming. Pour innover en équipe",
Editions Maxima, 2004, dans lequel ils défendent l'idée
que le refus de la sérendipité (le mot et la chose)
est une des causes du retard de la France en matière d'innovation.
*
Celle-ci consiste à impliquer les équipes dirigeantes
dans l'imagination et la mise en uvre de la meilleure stratégie
possible face aux stratégies potentielles des concurrents.
Chaque équipe est scindée en plusieurs mini-équipes
se mettant chacune dans la peau d'un des concurrents de l'entreprise.
L'objectif est d'imaginer des scénarios et stratégies
que ceux-ci ne peuvent pas imaginer que l'on imaginera.
http://www.wwwarketing.com/300_wargaming_attitude.htm
Pour
en savoir plus sur la sérendipité
http://wwww.intelligence-creative.com/350_serendipite.html
Automates
Intelligents
En
1996, le prix Nobel de chimie était décerné
à Robert Curl, Harold Kroto et Richard Smalley pour
leur découverte, par hasard et par chance, des plus
belles molécules du monde, les fullerènes, découverte
à l'origine des nanotechnologies. En 2000, le prix
Nobel de chimie récompensait une autre équipe
de trois chercheurs pour leur découverte "par
sérendipité" des polymères conducteurs
de l'électricité. En 2003, le prix Nobel de
chimie récompensait Peter Agre et Roderick MacKinnon
pour leur découverte des canaux dans les membranes
des cellules : à l'origine, la sérendipité.
Plus près de nous, trois produits miracles, des "blockbusters"
: le Viagra : la sérendipité ; le Botox : encore
la sérendipité ; le Zyban : toujours la sérendipité.

Découverte par sérendipité,
des plus belles molécules du monde, les fullerènes
© photo : Chris Ewels
Connaissiez-vous ce concept polymorphe caché derrière
un mot "qui n'est pas français" - et qui n'est
même pas dans le dictionnaire (bien qu'il soit sur Internet
dans l'encyclopédie en ligne Wikipedia(1),
dans un million et demi de pages de langue anglaise et dans 7 000
pages de langue française) : la "sérendipité"
("serendipity" en anglais), à laquelle Automates
Intelligents vient de consacrer un article
sous la plume de Pek van Andel, prix IG Nobel(2)
2000 de médecine ? Non ? La sérendipité est
pourtant, d'après l'analyse du consultant en stratégie
et professeur à la business school de Jamshedpur : Madhukar
Shukla, à l'origine de 20 % des inventions(3).
Elle est, d'après l'analyse de Peter Drucker le pape du management,
la source principale d'innovation(4).
Elle constitue, d'après l'enquête menée pendant
cinq ans par deux consultants américains Alan Robinson et
Sam Stern, l'une des six grandes sources de créativité
au sein de l'entreprise(5).
Pek van Andel a réussi à le faire admettre dans
un dictionnaire en Hollande, et milite pour son introduction
dans le dictionnaire français en proposant en prime
"sérendipiteux" pour traduire "serendipitous"
et "sérendipitiste" pour qualifier la personne
douée de sérendipité. Il définit
celle-ci comme don de faire des trouvailles, c'est-à-dire
de trouver ce que l'on n'a pas cherché, entendant par
"trouvaille" la combinaison originale, aux yeux
de l'investigateur, de deux ou plusieurs éléments
connus en quelque chose de neuf et vrai (en science), de neuf
et utile (dans le domaine technique), ou de neuf et fascinant
(en art).
De façon générale, la sérendipité
est le processus cognitif qui amène à trouver
quelque chose par chance ou par hasard alors qu'on ne le cherchait
pas. Pour nous (qui avons conclu à la nécessité
de ce néologisme), une sérendipité sera
le résultat de ce processus (comme une perception est
le résultat de la perception).
Nous traduirons serendipitous par "sérendipitant"
plutôt que "sérendipiteux" (peu élégant),
ou "sérendipitien" comme Wikipedia le propose.
LES AVATARS DE LA SÉRENDIPITÉ
Nous l'avons dit, la sérendipité est un concept
polymorphe. Horace Walpole (1750), son inventeur, Robert King
Merton (1945), Jean Jacques (1980), le premier à en
tirer une vraie réflexion philosophique en même
temps que sur l'imprévu, lui donnent des sens quelque
peu différents. Entre-temps, le mot était passé
dans l'anglais courant avec une quatrième acception,
et Alain Peyrefitte avait essayé d'en imposer une cinquième.
Origine
et étymologie d'un mot "pas français"
C'est un politicien, écrivain et grand (le plus grand
peut-être) épistolier anglais, Horace Walpole
(1717-1797), qui a créé le mot en s'inspirant
d'un "silly fairy tale" (un conte de fées
idiot), écrit-il lui-même, Les Princes de
Serendip, lesdits princes passant leur temps à
faire des découvertes inattendues. L'histoire est reprise
par Voltaire dans Zadig. Le mot est repris en 1945 par un
scientifique américain, Walter Cannon, et à
la même époque par Merton, un des grands sociologues
américains- inventeur notamment des focus groups
- qui, curieusement, ne s'en servira pas ensuite.
Sens
et contresens
Les deux sens les plus usuels
Pour opérationnaliser le concept, nous serons conduits
à distinguer 4 sens du mot. Mais voici dès maintenant
les deux pôles autour desquels tournent les autres acceptions.
Langage
courant
En anglais et en américain courant, la "serendipity"
est le don de faire par hasard des rencontres ou des découvertes
heureuses. Ainsi du film Serendipity, au titre emprunté
au fameux salon de thé de New York du même
nom, des magasins portant l'enseigne éponyme, des
Serendipity Shop où l'on est censé
trouver le cadeau auquel on ne pensait pas, du logiciel
pour téléphone mobile, Serendipity,
sur lequel travaille une équipe du MIT, qui permet
des rencontres avec des gens partageant vos centres d'intérêt,
etc.
Langage technique
Techniquement, la sérendipité est le fait
de comprendre que l'on a trouvé ou découvert
par hasard, par chance ou par accident, quelque chose d'important
que l'on ne cherchait pas.
C'est le sens que lui donne l'encyclopédie en ligne
Wikipedia, donnant comme exemple de sérendipité
la découverte de la pénicilline, celle des
polyéthylènes (cette matière plastique
dont on fait les sacs en plastique)...
Un contresens : l'effet serendip
Il arrive qu'on trouve ou qu'on obtienne le contraire de ce
que l'on cherchait. C'est l'effet serendip d'Alain
Peyrefitte dans Le Mal Français (1980) : on
cherche à faire le bien et on fait le mal. "Trouver
par hasard ce que l'on ne cherche pas. Ne jamais trouver ce
que l'on cherche. Commettre une erreur qui tourne à
votre l'avantage. Vouloir du mal à quelqu'un et assurer
sa prospérité. Fort de l'expérience,
manuvrer en sens opposé et aboutir à plus
inattendu encore. Walpole appela ce curieux phénomène
serendipity. Nommons-le effet serendip"(6).
Dans The March of Folly(7),
Barbara Tuchman analyse des effets serendip anglais et américains.
La sérendipité serait alors la faculté
de trouver systématiquement le contraire de ce que
l'on cherche. C'est un contresens(8)
facilité par l'ambiguïté du mot "trouver".
Dans la sérendipité on découvre
quelque chose, dans l'effet serendip on obtient un résultat
contraire à celui que l'on cherchait à obtenir,
c'est très courant en sciences sociales et politiques(9).
Son contraire : la zemblanité
Notons ici qu'on doit au romancier anglais William Boyd l'invention
de l'antithèse de la sérendipité : la
zemblanité. Il imagine, dans son roman Armadillo,
une île imaginaire, Zembla, aux antipodes de Serendip
(c'est la Nouvelle-Zemble, au nord de la Sibérie),
où règne "the faculty of making unhappy,
unlucky and expected discoveries by design" : la faculté
de faire de façon systématique des découvertes
malheureuses, malchanceuses, attendues et n'apportant
rien de nouveau
(10).
Hasard,
chance, inattendu, imprévu et circonstances
Notons qu' une découverte ou une invention peut être
faite par hasard ou par chance sans être sérendipitante.
Par exemple, l'invention des roller-skates. En 1980, Olson
Scott, un hockeyeur sur glace cherchait à s'entraîner
l'été. Il tombe par hasard dans un vieux grenier
sur une veille paire de patins à roulette en ligne.
Bingo. Cas classique de bissociation.
De même l'invention du VTT, qu'elle ait eu lieu en 1948
dans la banlieue de Paris alors truffée de carrières
ou en 1974 dans les montagnes toutes proches de San Francisco,
n'a pas été due au hasard mais, dans les deux
cas, à un concours de circonstances. Comme l'invention
du bicross dans la banlieue plate de Los Angeles
Ces
concours de circonstances peuvent être fortuits : Friedrich
von Kekulé invente la formule hexagonale du benzène
en rêvant, endormi devant un feu de bois, d'un serpent
de feu qui se mord la queue. Belle inspiration (du type ah
! ah !)
De même, l'invention des chaussures de
sport à semelle gaufrée faite par Bill Bowerman
en regardant sa femme mouler des gaufres, ou celle du procédé
du verre flottant faite par Alistair Pilkington observant
comment la graisse surnage à la surface de l'eau dans
une casserole, s'étale et se fige ; ou celle de la
planche à voile par Newman Darby faite pour aller à
pied sec sur la petite île en face de chez lui, ne sont
pas des traits de sérendipité.
QUELQUES
GRANDES SÉRENDIPITÉS
Pour opérationaliser le concept de sérendipité,
il nous faut bien analyser le processus cognitif et pour cela,
partir du réel, d'exemples avérés de
sérendipité. Au moins trois listes toutes faites
s'offrent à nous.
Royston Roberts
Royston Roberts - chimiste de talent (Merck, inventeur d'un
procédé de synthèse de la chloroquine)
puis professeur d'université - dans son Serendipity.
Accidental Discoveries in Science(11),
qui se veut un grand inventaire des sérendipités,
donne au fil des chapitres les découvertes suivantes
comme résultant de la sérendipité : celle
du principe d'Archimède, de l'Amérique, de la
quinine, de la loi de la gravitation universelle, de l'électromagnétisme,
de la vaccination, de l'oxygène, de l'hélium,
des vertus anesthésiantes de l'éther, de l'urée,
du daguerréotype, de la vulcanisation, du caoutchouc
synthétique, du mauve, de l'indigo, du bleu monastral,
de la formule du benzène, de la dynamite, du celluloïd,
de la rayonne, du pétrole, de la confirmation expérimentale
du big bang, des pulsars, de la lune de Pluton, de l'insuline,
de la pilule anticonceptionnelle, du LSD, des rayons X, de
la radioactivité, des édulcorants de synthèse,
du verre de sécurité, de la pénicilline,
du nylon, du polyéthylène, du teflon, de l'essence,
de l'aspirine, du minoxidil, de l'interferon, de la caphalosporine,
de la cyclosporine, des polycarbonates, du Velcro, de l'Ivory
Soap, des Corn Flakes, des Post-its, du Scotchgard, de l'ADN
Jean Jacques
Jean Jacques - chimiste lui aussi et professeur au Collège
de France - à la fin de son ouvrage L'Imprévu
ou la science des objet, consacre un chapitre à
"Des extraits d'un catalogue de découvertes imprévues",
dans lequel, d'Adrédaline à Ypérite,
il donne 56 découvertes en chimie dues à la
sérendipité.
À
considérer ces deux listes, si l'on admet que, la moitié
environ, d'après l'estimation de Martin Harwit, des
découvertes astronomiques récentes, que la plupart
des grandes découvertes archéologiques, et que
pratiquement toutes les découvertes géographiques
sont dues à la chance ou au hasard, on peut penser
que la liste des découvertes qui ne relèvent
pas de la sérendipité serait nettement moins
longue que celle qui en relève !
Madhula Shuklar : la sérendipité
un des quatre grands processus créatifs
Madhula Shuklar, cherchant à analyser le processus
créatif de 80 grandes découvertes, en retient
16 sur 80 qui sont d'après lui dues à la sérendipité
: le phonographe, le champ électromagnétique,
la découverte du processus par lequel la rubéole
entraîne des malformations congénitales, la non-découverte
de la fission nucléaire par absence de sérendipité
(Enrico Fermi passant à côté), le courant
électrique, la guérison du diabète, les
rayons X, le verre de sécurité, la fondation
de 3M, le Téflon, le processus de transmission du typhus,
la confirmation expérimentale de la théorie
du Big Bang, le processus de vulcanisation du caoutchouc,
la structure des cristaux, les Post-It, le principe de la
vaccination...
Les autres inventions ou découvertes qu'il a choisi
d'analyser sont dues, pour lui, à l'inspiration (x
11), à l'inconscient (x 23), à la bissociation
(x 13), voire simplement au processus académique exploration-expérimentation
(x 23). La conclusion inattendue à laquelle il arrive
est que la sérendipité est pour lui un des quatre
grands processus créatifs.
Les domaines de la sérendipité
On voit que la sérendipité s'exerce dans les
domaines et les disciplines les plus diverses
Si on la prend au sens large, c'est un phénomène
général et universel du domaine de l'imprévu,
un concept polymorphe qui apparaît chaque fois que l'on
a affaire à la chance et au hasard. Le problème
est que tout devient alors sérendipité.
Au sens étroit, dans l'univers de la recherche, on
la trouve, de fait, un peu partout :
Les
domaines classiques
- La chimie générale (le mauve, le Lexan,
le Kelvar, la kératinase, les fullerènes,...),
- La chimie pharmaceutique et agroalimentaire (les édulcorants
de synthèse, Aspartam, ...),
- La médecine (la pénicilline, la chloropromazine
et les antidépresseurs, le Viagra, le Botox, le Zyban,
),
- La physique (les rayons X, l'hologramme, ...)
Les nouveaux domaines
- Internet
- La
recherche de l'information,
- L'intelligence économique,
- L'innovation exogène (Procter & Gamble),
- L'innovation technique (le Velcro, le micro-ondes, la
Superglue, l'imprimante à jet d'encre, le pacemaker,
le Post-It
),
- Les business-models (le modèle OODA : Observe,
Oriente, Decide, Act).
Autres domaines
- les produits grands public (Ivory Soap de Procter &
Gamble, Kleenex de Kimberly Clark, Corn Flakes de Kellogs,
...)
- L'archéologie (la Vénus de Milo, la pierre
de Rosette, les manuscrits de la Mer Morte, Pompéi,
Machu Picchu, Xian
),
- L'art culinaire (la champagnisation, les Bêtises
de Cambrai, le Fontainebleau, la tarte Tatin, le Caprice
des Dieux; le madère, le Sauternes
),
- L'astronomie (les Pulsars, le Big Bang, ) ,
- La géographie (l'Amérique, le Brésil,
les Galapagos
),
- La criminologie (Sherlock Holmes
).
Catalogue
de quelques sérendipités célèbres
ou exemplaires
Voici quelques histoires de sérendipités célèbres
ou exemplaires donnés par ordre alphabétique.
Ils passent d'un degré de sérendipité
à un autre et d'un domaine à un autre. Nous
chercherons à en dresser une classification en conclusion.
Deux
cas historiques
Commençons par deux cas historiques.
Notons
que si, pour nous, ce sont des cas de pure sérendipité,
pour Royston Roberts l'" Euréka ! " d'Archimède
est un cas de pseudo-sérendipité.
L'"
Eurêka ! " d'Archimède
Archimède s'était fait fort de dire au roi Hiéron
II de Syracuse combien d'argent son orfèvre avait mis
dans la couronne soi-disant en or pur qu'il lui avait fabriquée.
Cherchant plus ou moins à résoudre ce problème,
il se fait couler un bain, rentre précipitamment dans
la baignoire remplie à ras bord, la fait déborder
et inonde la salle de bain.
Tout le monde aurait vu là une catastrophe et la perspective
d'un dégâts des eaux. Et en aurait tiré
les conclusions ou prescriptions suivantes : il ne faut jamais
remplir complètement une baignoire et y rentrer avec
précaution pour éviter de la faire déborder.
Archimède en tire une toute autre "abduction"
: un corps plongé dans un liquide déplace un
volume d'eau égal à son volume. C'est le principe
d'Archimède.
Il croit avoir trouvé la solution au problème
de la couronne. Nous avons montré - et même démontré
- par ailleurs(12)
que ce principe ne lui permettra pas de résoudre le
problème d'Hiéron.
Reste un bel exemple de sérendipité par la récupération
d'un incident malheureux. Non è vero, è bene
trovato. Ce n'est pas vrai, mais c'est bien trouvé.
C'est ce que nous appelons le syndrome de Vitruve, l'inventeur
de l'histoire.
L'hélice de bateau
Dans les années 1830, un Anglais, Francis Petit Smith,
cherchait à adapter la vis d'Archimède à
un bateau (comme Léonard de Vinci avait proposé
de le faire pour l'hélice aérienne). Il l'avait
beaucoup raccourcie mais il avait laissé encore deux
tours de vis complets car sans cela, pour lui, cela ne pouvait
pas marcher. Il faisait un essai sur le canal Paddington (qui
relie la Tamise près de Londres à Birmingham).
Le bateau ne parvenant pas remonter le faible courant provoqué
par une écluse, est drossé contre le quai, casse
la moitié de la vis - et repart en avant. L'hélice
de bateau était inventée ! Il suffira à
Smith d'augmenter le nombre de pales et de diminuer leur largeur
pour mettre très vite au point des hélices comme
on les voit aujourd'hui.
Continuons
par ordre alphabétique.
Aspartam (le Canderel) (Jim Slatter, Searle)
En décembre 1965, Jim Slatter de chez Searle, cherchant
un produit pour lutter contre les ulcères gastriques,
synthétise un intermédiaire, l'ester aspartyl-phenylalanine
methyl, nécessaire à une expérience.
Par inadvertance, il s'en met un peu sur le bout des doigts.
Humectant plus tard son index pour séparer des feuilles
de papier, il s'aperçoit qu'il est sucré. Il
fait l'hypothèse que c'est l'ester et, au mépris
de tous les principes de précaution, le teste aussitôt
sur lui-même et son assistant.
Searle comprendra tout de suite l'importance de la découverte
et passera du médical à l'agroalimentaire.
Racheté
par Monsanto. Aujourd'hui Canderel.
Botox (Jean Carruthers, Allergan)
La toxine botulique est une neurotoxine très puissante
(et, même, une arme bactériologique). Elle était
employée avec précaution pour paralyser certains
muscles du visage et guérir en particulier les spasmes
des paupières.
En 1987, Jean Carruthers s'aperçoit qu'elle atténue
les rides autour des yeux. Son mari est chirurgien esthétique.
Le Botox est lancé comme produit antirides.
Chloropramazine et antidépresseurs
Henri Laborit était chirurgien et utilisait la chloropromazine
comme anesthésique. Un jour il s'aperçoit que
cette substance chimique avait des effets intéressants
sur des malades dépressifs et en fait part à
des confrères psychiatres. La révolution des
neuroleptiques (Largactil, Thorazine, etc.) était déclenchée.
Édulcorants de synthèse
Tous les édulcorants de synthèse (saccharine,
aspartame, acesulfame-K, cyclamate de sodium, sucralose) ont
été obtenus jusqu'à présent par
sérendipité. On ne sait pas inventer une substance
chimique qui ait un goût sucré. On ne sait que
découvrir qu'une substance l'a.
L'erreur de base va d'un manque absolu de respect d'un protocole
expérimental à une erreur de lecture d'un assistant
de recherche indou qui, au lieu de lire "test",
"faites un essai", lit "taste",
goûter, et donc, obéissant, goûte, et découvre
que les dérivés chlorinatés de saccharose
sont plusieurs centaines de fois plus sucrés que le
sucre.
Fullerènes (Nobel 1996)
De l'infiniment grand à l'infiniment petit. Jusque
là le carbone n'existait que sous deux formes : le
graphite et le diamant Harold Kroto, un chimiste, pensait
que l'on trouvait de longues molécules de carbone dans
les étoiles géantes . Un ami Robert Curl le
met en contact avec Richard Smalley qui a construit un appareil
qui peut vaporiser n'importe quoi et l'analyser. Il vaporise
du graphite et obtienne bien une troisième forme mais,
surprise ! non pas sous forme de longue chaîne mais
de sous forme de molécules regroupant 60 à 70
atomes de carbone dans une structure ressemblant à
celle d'un ballon de football ou de façon plus précises
aux fameuses structures de Buckminster Fuller. Les fullerènes
(que d'autres appellent Buckballs et qui sont pour certains
les plus belles molécules du monde) étaient
découverts. Ils ouvraient la voie aux nanotechnologies
(le nanomètre mesure un millionième de millimètre).
Voir : http://www.ornl.gov/ORNLReview/rev26-2/text/rndmain1.html
Helicobacter pylori (Barry Marhall)
La découverte de cette bactérie, cause des ulcères
gastriques, est due au même genre d'accident que celui
qui a conduit à la découverte de la pénicilline.
Le chercheur Barry Marshall, australien et nobelisable, part
en vacances et trouve la solution de son problème en
rentrant. Ce sont des bactéries qui provoquent les
ulcères d'estomac !
Incrédulité du monde scientifique. Les ulcères
d'estomac sont dus à une hyper-acidité de la
paroi gastrique due au stress et sûrement pas à
des bactéries ! Barry Marshall mettra dix ans à
faire prévaloir sa vérité scientifique
se prenant lui-même comme cobaye pour en prouver le
bien fondé.
Imprimante à jet d'encre (Ichiro Endo, Canon vs.
HP)
Un chercheur de chez Canon, Ichiro Endo, fait un faux mouvement.
Son fer à souder chaud tombe sur un seringue d'encre
et sa pointe chaude entre en contact avec le col de la seringue,
faisant s'en échapper une petite éclaboussure
d'encre. Intrigué, Endo reproduit le phénomène
en le photographiant avec une caméra ultrarapide. Par
hasard et par chance, il comprend et invente le principe de
l'imprimante à jet d'encre (Bubble Jet), peu
avant Hewlett-Packard qui l'inventait de son côté
par des voies différentes mais tout aussi peu conventionnelles(13).
Java (SunMicrosystems)
Le langage Java avait été développé
chez SunMicrosystems pour une application spécifique.
Commercialisé sous le nom de Oak pour la télévision
interactive et les consoles de jeux vidéo, c'est un
échec. Le président et fondateur, Bill Joy,
s'aperçoit alors que, sans le faire exprès,
ils ont développé une application qui convient
à merveille aux navigateurs Internet. Rebaptisé
Java, il est devenu indispensable.
Kevlar (DuPont)
Stephanie Kwolek, chercheur chez DuPont, obtient un résidu
noirâtre tout juste bon à jeter. La dureté
de cette matière plastique, qu'elle ne parvient pas
à décoller du récipient ayant servi à
l'expérience, l'étonne. Elle vient de synthétiser
par hasard et de découvrir une matière plastique
cinq fois plus résistante que l'acier : le Kevlar.
Lockheed F-16 Fighting Falcon
En 1972, à la suite des énormes dépassements
de crédit entraînés par le programme F
15 Eagle de McDonnell, l'Armée de l'air des États-Unis
décide d'explorer les possibilités de concevoir
un avion de chasse plus petit et moins cher. Elle charge deux
constructeurs, dont General Dynamics, de se livrer à
ce qui n'était pour elle qu'un exercice de style. Elle
n'avait aucune intention de mettre un tel avion en service.
General Dynamics reprend les théories de John Boyd
(voir plus bas le cycle OODA) et présente le GD 401,
construit à un exemplaire, qui vole pour la première
fois début 1974. C'est un gadget, un avion monoréacteur,
qui n'a aucune stabilité naturelle, dans lequel le
pilote est allongé - ce qui lui permet d'encaisser
jusqu'à 9 G en virage prolongé - sous un immense
canopy. Le pilotage se fait par joystick à main droite.
Rien n'a été fait pour que l'avion soit très
rapide : vitesse maxi Mach 2.
Toujours aucune intention de le produire en série.
Ce n'était qu'un concept-plane destiné à
rejoindre le grand cimetières des avions morts-nés(14).
Des observateurs de petits pays étrangers s'intéressant
malgré tout par hasard à ce prototype pas cher,
agile, bien armé, General Dynamics le développe
un peu et présente en 1975 une version opérationnelle.
Bingo ! Cinq mois plus tard, la Belgique, le Danemark, la
Hollande et la Norvège passent commande.
Aujourd'hui General Dynamics a été repris par
Lockheed Martin et le F-18 Fighting Falcon s'est vendu à
plus de 4 000 exemplaires (dans des versions constamment améliorées)
alors que son concurrent direct, le Mirage 1000 de Dassault
n'a été vendu qu'à 100 exemplaires (et
à la France seule).
McDonald's
En 1957, Ray Kroc, représentant en appareils destinés
à fabriquer des hot-dogs, s'étonne de l'importance
des commandes que lui passe un de ses clients, les frères
McDonald. Il va les voir et découvre que leur fast-food
ne désemplit pas : leurs hamburgers sont délicieux.
Ils les convainc de lui vendre leur nom, change de métier
(à 64 ans) et fonde McDonald's.
Du pur Peter Drucker. Et du pur Merton. L'exploitation d'une
réussite anormale.
Micro-ondes (Perry Spencer, Raytheon)
Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, Perry
Spencer, un inventeur talentueux, 150 brevets, quelque peu
désuvré, se promenait dans les bureaux
d'études de Raytheon, le fabricant de magnétrons,
cette pièce centrale émettant des micro-ondes
qui est au cur des radars. Il a des bonbons chocolatés
dans la poche de sa chemisette. Il ne fait pas particulièrement
chaud ce jour là, aussi est-il surpris, voulant en
croquer un, de voir qu'ils ont fondu dans sa poche alors que
la publicité affirmait " ils fondent dans la bouche
et pas dans la main ". Mais bien sûr ! pas d'autre
explication que celle voulant qu'ils aient été
réchauffés par les ondes du magnétron
en marche en face duquel il venait de s'arrêter.
On doit donc pouvoir griller du pop-corn en le présentant
devant un magnétron. Et ça marche! Le principe
du micro-ondes était découvert.
Nylon (Carothers et Hill, DuPont)
Wallace Carothers cherchait à synthétiser une
fibre textile pour remplacer la laine et la soie. Il parvient
à en fabriquer une, mais elle est trop fragile pour
être utilisée. L'invention est mise de côté.
Un jour, en son absence, un de ses assistants, Julian Hill,
joue comme un gosse avec une boule de cette substance
au bout d'une baguette de verre - comme on pourrait jouer
avec une Chupa Chups de liquide visqueux ou jouer à
faire des fils en tournant une mouillette de fondue savoyarde
- et découvre que si on trempe le fil qui se déroule
- comme on trempe de l'acier - le problème est résolu.
Son invention étant attribuée par certains à
la chance et non à son pur mérite personnel,
lui, Carothers, l'inventeur de la molécule , par ailleurs
dépressif, se suicida.
Lien : http://www.wfu.edu/users/schusc4/
OODA (La boucle stratégique -)
1954. La guerre de Corée se termine en apothéose
pour l'Armée de l'air américaine. 700 victoires
en combat aériens pour seulement 70 Sabre abattus par
les MiG-15 soviétiques utilisés par les forces
nord-coréennes. Un ratio de 10 à 1.
Un jeune pilote de l'air, le capitaine John Boyd(15),
est interpellé par le côté anormal, stratégique,
de cette statistique. Le Mig-15 soviétique est plus
rapide et mieux armé que le F 15 Sabre de North American
(le constructeur du célèbre Mustang, un temps
filiale de General Motors et absorbé ensuite par Boeing).
Il abduit(16)
que le Sabre est supérieur au Mig-15 parce qu'il est
plus agile et permet à son pilote, par la vision plus
large et la douceur des commandes, d'anticiper les anticipations
du pilote ennemi. Simple capitaine de trente ans, il développe
la théorie de la boucle stratégique OODA (Observe-Oriente-Decide-Act)
comme devant présider à la refonte de la stratégie
de l'armée américaine et à la conception
de ses intercepteurs.
Il s'agit d'être non pas plus rapide, mais plus agile
(not faster, but quicker).
Il lui faudra 20 ans pour voir triompher ses théories
avec le F-16 Flying Falcon (voir ci-dessus)(17).
Le corps des US Marines reprendra son concept d'agilité
en 1990 dans son règlement de manuvre.
Voir : http://www.belisarius.com/
Pénicilline
(Alexander Fleming, Howard Florey, Ernst Chain, Pfizer)
Un jour de 1928, Alexandre Fleming, chercheur quelque peu
désordonné, entreprend de nettoyer enfin, avant
de les réutiliser, une pile de boîtes de Pétri
dans lesquelles il cultivait des colonies de staphylocoques,
et qu'il avait entassées en vrac sur la paillasse du
laboratoire quelques semaines auparavant en partant en vacances.
Dans une des boîtes, la colonie s'était bien
développée, mais, dans un coin, les bactéries
du staphylocoque avait été tuées par
quelque chose arrivé là par hasard ou par accident
- peut-être parce qu'il avait laissé la fenêtre
ouverte. Bizarre. Anormal. Il note que l'agent est de la famille
des penicillium, bouleverse son plan de recherche, prouve
l'efficacité théorique de la pénicilline,
publie ses résultats. Devant le peu d'intérêt
qu'ils soulèvent, il abandonne.
La guerre. Les Britanniques vont découvrir une seconde
fois la pénicilline, mais sont incapables de la produire
industriellement à grande échelle et demandent
l'aide de l'industrie pharmaceutique américaine. En
1942, Pfizer, à la suite d'un débat dramatique
au sein de son conseil d'administration, accepte les risques
financiers et bactériologiques et devient en 1944 le
plus grand fabricant mondial de pénicilline et un acteur
majeur de l'industrie pharmaceutique
Prix Nobel de médecine et de physiologie en 1945 partagé
avec Ernst Chain et Howard Florey(18).
Polymères conducteurs de l'électricité
(Nobel 2000)
Les polymères, c'est ce que nous appelons " matières
plastiques ". Par définition, à l'inverse
des métaux, ils ne sont pas conducteurs de l'électricité,
ce sont des isolants. Et puis un beau jour, la magistrale
erreur d'un sans-grade remet en cause cette loi et permet
à une équipe de savants de recevoir le Prix
Nobel de chimie 2000.
Ils confient une manipulation à un chercheur visitant.
Celui-ci se trompe dans les proportions d'un composant et
met 1000 (mille !) fois la dose prescrite. Au-lieu du précipité
noirâtre attendu, il obtient un précipité
à reflets métalliques. Les polymères
(les matières plastiques) conducteurs de l'électricité
sont découverts.
Première reconnaissance officielle de la sérendipité
dans le discours de réception des trois récipiendaires.
Voir : http://www.nobel.se/chemistry/laureates/2000/presentation-speech.html
Post-It (3M)
Récupération d'une colle qui ne colle pas (mais
qui poisse).
En 1964, Spencer Silver, chimiste au laboratoire central de
recherche et de développement de 3M obtient par hasard
un nouvel adhésif poisseux auquel ni lui ni 3M ne trouvent
la moindre application. Le nouveau produit est enterré
et c'est tout juste si, cinq ans plus tard, Spencer Silver,
qui n'abandonne pas, parvient à obtenir l'argent nécessaire
pour breveter son idée, mais pour les États-Unis
seulement.
1974. Arthur Fry, un de ses collègues, a une autre
idée. À l'école du dimanche (il est protestant),
des papillons enduits de cet adhésif qui ne colle pas
sont très pratiques pour marquer les pages des psaumes
du jour dans sa Bible.
Deux savants, Henry Courtney et Roger Merrill, parviennent
à résoudre le problème de savoir comment
coucher industriellement l'adhésif sur du papier.
1978. Lancement
et échec commercial des Post-it.
Deux hommes de marketing, Geoffrey Nicholson et Joseph Ramey,
y croient quand même et relancent. Le succès
arrive seulement au début des années quatre-vingts.
Total : les efforts conjugués de huit hommes sur quinze
ans.
Simulateur
cardiaque (Medtronics)
En 1958, Wilson Greatbatch travaillait comme professeur assistant
à l'Université de Buffalo, et pour le Chronic
Disease Research Institute voisin. En 1956, le prix des transistors
avait baissé à un niveau qui permettait d'envisager
de les utiliser pour des applications médicales. Ayant
une bonne expérience de la question sur des animaux
de ferme, il cherchait à concevoir un circuit bon marché
qui enregistre les pulsations cardiaques.
Par erreur, il connecte un transistor d'un autre circuit que
celui sur lequel il travaillait et bingo ! constate que ce
circuit stimule le coeur de l'animal. Dans un premier temps
il n'y croit pas lui-même : "I stared at the thing
in disbelief".
Cinq ans plus tard, la plupart des simulateurs cardiaques
vendus dans le monde utilisaient son circuit.
Voir : http://invention.smithsonian.org/centerpieces/ilives/lecture09.html
Scotchgard (3-M)
En 1952, une jeune chercheuse de chez 3-M, Patsy Sherman,
travaille sur des composées fluorés destinés
à augmenter la résistance des pièces
en caoutchouc au kérosène des avions à
réaction. Un des assistants du labo fait tomber par
accident un peu de solution fluorée sur une de ses
tennis. Impossible d'enlever la tâche. Impossible, quel
que soit le solvant utilisé. L'idée - jugée
folle par ses supérieurs - lui vient d'un polymère
fluoré qui aurait la capacité de repousser l'huile
et l'eau des tissus, de les rendre intachables. En 1956, ce
sera le Scotchgard, puis toute la gamme des Scotchgard. Un
succès phénoménal.
Suspecté de favoriser le cancer, il sera retiré
du marché en 2002, mais c'est une autre histoire.
Superglue
(Eastman-Kodak, Loctite)
Un exemple où la sérendipité doit frapper
deux fois pour se faire entendre. Harry Coover travaillait
pendant la deuxième guerre mondiale sur les cyanoacrylates.
Comment obtenir des pièces de viseur en matière
plastique claire comme du cristal ? Il en trouve une qui présente
la fâcheuse tendance à coller partout. Il la
rejette, ce n'est pas son projet. La fin de la guerre interrompt
ses recherches dans ce domaine. Quelques années plus
tard, il travaille de nouveau sur le problème et, aux
mêmes causes les mêmes effets, colle ensemble
par inadvertance deux pièces d'optique très
coûteuses avec une tête d'épingle de quelque
chose qui, bon sang, mais c'est bien sûr !, se révèle
une colle-miracle. Ce sera l'Eastman 610, une révolution,
qui deviendra la Super-Glue de Loctite.
Téflon
Le Téflon a été découvert accidentellement
par un chimiste de DuPont nommé Roy Plunkett.
Il était en train d'essayer de produire du fréon,
le gaz utilisé dans les réfrigérateurs..
Il pensait que la réaction du tetrafluoroethylène
(TFE) sur de l'acide chlorhydrique ferait l'affaire. Mais
pour cela il devait d'abord liquéfier le TFE. Sans
le faire exprès, il le refroidit à une température
qui crée par chance les conditions de la réaction
dans laquelle il se transforme en flocon blanc. Le premier
Téflon venait d'être créé(19).
http://www.dupont.com/teflon/history.html
http://www.teflon.com/NASApp/Teflon/....teflon_history.html
Viagra (Pfizer)
Deux chercheurs de chez Pfizer travaillaient sur un médicament
destiné à guérir l'angine de poitrine.
Ils en trouvent un très prometteur, mais celui-ci a
des effets secondaires fâcheux. Il déclenche
chez les patients des érections intempestives, un véritable
priapisme. Comprenant qu'ils venaient par accident de trouver
autre chose que ce qu'ils cherchaient, une chose qui leur
paraissait un rêve impossible à réaliser,
la vigueur sexuelle éternelle, ils changent d'objet
de recherche et développent le Viagra(20).
Un nouveau "blockbuster" [médicament dont
le chiffre d'affaires annuel dépasse un milliard de
dollars], fruit de la sérendipité.
Velcro
Georges de Mestral, ingénieur suisse adepte de randonnées
en montagne avec son chien, avait toujours trouvé très
désagréables ces fruits de bardane qui s'accrochaient
à ses chaussettes et aux poils de son chien. Qui s'agrippaient
si bien qu'il décide un jour d'en avoir le coeur net
et de les examiner au microscope pour en comprendre la raison.
Les minuscules crochets lui donnent l'idée de la fermeture
Velcro. Il s'agit aujourd'hui d'une multinationale.
Royston Roberts donne ce cas comme exemple de serendipité
pure : notre homme ne cherchait pas à inventer quelque
chose, il cherchait seulement à comprendre.
Zyban (GlaxoSmithKline)
Le buproprion était au départ un antidépresseur
et l'est d'ailleurs toujours sous la marque Wellbutrin. Ses
propriétés anti-tabagiques ont été
découvertes fortuitement et ont conduit GSK à
le commercialiser sous une forme faiblement dosée.
Nom de marque : Zyban.
LES
QUATRE SORTES DE SÉRENDIPITÉ
On sent bien que ces découvertes ou inventions sont
des manifestations de sérendipité. Il y a bien
chance, hasard et sagacité, mais il ne s'agit pas de
la même sérendipité.
Royston Roberts distinguait deux sortes de sérendipité
: la vraie, dans laquelle l'inventeur n'a aucune intention
d'inventer quelque chose (exemple : Georges de Mestral observant
les fruits de la bardane qui se sont accrochés à
ses chaussettes) et la pseudo-serendipité, par laquelle
un inventeur invente ce qu'il cherchait par un moyen imprévu
(exemple : Archimède et le problème de la couronne
du roi Hiéron II).
Paul Thagard en distingue trois :
- trouver quelque chose que l'on ne cherche pas ;
- trouver quelque chose que l'on cherchait mais par un moyen
imprévu ;
- bien trouver quelque chose mais qui sert à tout autre
chose que ce à quoi on pensait au départ (Java,
Post-It).
Si l'on reprend les exemples donnés précédemment,
on doit distinguer d'après nous, suivant le degré
de sérendipité, c'est-à-dire la complexité
du processus cognitif, quatre types de sérendipité,
allant de la sérendipité au sens le plus banal
ou le plus large, une trouvaille inattendue, à la sérendipité
au sens le plus technique, une découverte scientifique
faite à la suite d'une erreur récupérée
et/ou exploitée (qui peut aller jusqu'à valoir
le prix Nobel à l'auteur de cette récupération),
en passant par la trouvaille sur un moteur de recherche d'une
information intéressante qu'on ne cherchait pas ou,
pour Procter & Gamble, le fait de trouver à l'extérieur
de l'entreprise, dans le cadre d'une open innovation,
une innovation qu'elle ne cherchait pas.
1.
Trouvaille ou rencontre heureuse (La sérendipité
1)
Trouvaille
Etre sérendipitant est alors synonyme d'avoir de la
chance. Il est souvent arrivé à l'auteur de
ces lignes de trouver très vite, dans une bibliothèque
de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de livres, par
chance et par hasard, le livre et dans le livre la page et
le passage qui répondaient à une question qu'il
se posait, mais dont il ne cherchait pas explicitement la
réponse à ce moment là.
Il ne s'agit plus aujourd'hui de milliers de livres mais des
milliards de pages Internet. La sérendipité
est alors l'art de trouver par hasard et par chance l'information
intéressante - comme l'ont très bien analysé
Bruno Martinet et Yves-Michel Marti d'Egideria dans leur ouvrage
Intelligence économique.
Prenons un exemple. < Serendipity > sur Google, c'est
1 500 000 pages. Quelles sont les bonnes ? La recherche méthodique,
en explorant laborieusement les combinaisons de " sérendipité
" avec d'autres champs, ou au petit bonheur la chance
? Google vous y invite avec son bouton "J'ai de la chance"
"I'am feeling lucky". Comme le chemin qui
y mène est aussi changeant et la démarche qui
y a conduit aussi fugitive que le passage du Nord-Ouest cher
à Michel Serres, le problème est de gérer
en continu cette sérendipité (le processus)
en bookmarkant, téléchargeant, etc., les sérendipités
(les pages trouvées).
Rencontre
La sérendipité est aussi, on l'a vu, l'art de
faire une rencontre heureuse
Des consultants et auteurs à succès nous apprennent
à la développer, telle Susan RoAne avec son
livre et ses séminaires sur le thème How
to create Your Own Luck et le networking.
Des chercheurs cherchent à la maximiser, comme José
Campos avec son logiciel Max, ou à la planifier comme
Alex Pentland et Nathan Eagle du Human Dynamics Group du Media
Lab du Massachusetts Institute of Technology avec leur logiciel
Serendipity pour téléphones mobiles.
Etre doué de sérendipité veut ici dire
"avoir de la chance". Le mot est amusant mais, au
fond, n'apporte pas grand-chose - sinon quant au problème
de l'exploitation de cette chance.
2. Faculté de trouver autre chose que ce que l'on cherchait
(La sérendipité 2)
La sérendipité, c'est aussi la faculté
de trouver par hasard autre chose que ce que l'on cherchait
(alors que l'on était à la recherche de quelque
chose).
C'est la définition qu'en donne Horace Walpole : le
fait de découvrir quelque chose par accident et sagacité
alors que l'on est à la recherche de quelque chose
d'autre (accident and sagacity while in pursuit of something
else).
Christophe Colomb cherchait une route pour aller aux Indes
et il découvre, plus simplement il trouve, l'île
de Cuba (remarquons au passage que toutes les îles ont
été découvertes par hasard).
La recherche d'information sur Internet
En recherche d'information, la sérendipité sera
donc non pas trouver par chance ce que l'on cherchait mais
trouver par hasard tout autre chose. Un exemple : recherchant
des précisions sur les boîtes de Pétri
dans le cadre de la rédaction de cet article, nous
trouvons par hasard et/ou par chance sur < Google Image
> l'image d'un exemple de "swarming" de bactéries,
le swarming (de swarm, essaimer, grouiller, pulluler)
étant par ailleurs un processus de management(21)
sur lequel nous n'avions encore il y a peu pas beaucoup d'informations
et qui relance notre compréhension du sujet.
3.
Trouver quelque chose que l'on ne cherchait pas (La sérendipîté
3)
La sérendipité, c'est aussi trouver quelque
chose - alors qu''on ne le cherchait pas.
Un fait anormal qui met sur la piste de quelque chose de nouveau.
C'est le sens que lui donnait Robert Merton, à l'origine
de la redécouverte du mot et de son emploi. : la découverte
par chance ou sagacité de résultats pertinents
que l'on ne cherchait pas. On observe une donnée inattendue,
aberrante et peut-être capitale (strategic), qui donne
l'occasion de développer une nouvelle théorie
ou d'étendre une théorie existante.
Il donne dans son Social Theory and Social Structure
un unique exemple, d'ailleurs assez obscur.
L'abduction
ll s'agit d'une induction faite sur un cas isolé, autrement
dit d'une abduction, cette troisième façon
de raisonner (à côté de la déduction
et de l'induction), mise en évidence par Charles Pierce
et que Pek van Andel dénomme méthode anomalie
abductive.
Cette conception de la sérendipité est très
proche de la conception que se fait Peter Drucker de l'innovation,
exploitation pour lui de l'imprévu (réussite
ou échec), ou événement extérieur(22).
Les exemples qu'il en donne sont d'un autre âge ou peu
parlants, d'où le peu d'intérêt qu'a soulevé
ce point de vue.
4. Capacité à faire
une découverte ou une invention par la récupération
et l'exploitation des conséquences (malheureuses ?)
d'un accident malheureux (La sérendipité 4)
Au sens le plus étroit, le plus strict, la sérendipité
la plus pure, la plus forte, la plus vraie est la capacité
à découvrir ou inventer par la récupération
et l'exploitation créative des conséquences
(malheureuses ?) d'un accident a priori malheureux
(erreur de manipulation, maladresse, non-respect d'un protocole
ou d'une recette).
C'est la conception de Charles Darwin (le petit-fils de Darwin)
: qualité qui consiste à chercher quelque chose
et, ayant trouvé autre chose, à reconnaître
que ce qu'on a trouvé a plus d'importance que ce qu'on
cherchait.
L'erreur ouvre alors l'idée d'une nouvelle piste.
Les découvertes faites par un trait de sérendipité
de cette espèce demandent au chercheur - comme l'a
fort bien écrit Jean Jacques, ce philosophe de la sérendipité,
déjà cité -
l'aptitude à
ne pas rester aveugle devant l'imprévu ; elles lui
demandent d'avoir l'honnêteté d'accepter la contradiction
qu'apporte un espoir déçu, de surmonter l'affront
de voir réduite à rien une hypothèse
sur laquelle il peut avoir tout misé ; plus encore,
elles mettent à l'épreuve la faculté
de reconnaître que la trouvaille inattendue est peut-être
plus importante que ce qu'il cherchait. C'est dire que, dans
presque tous les cas, elles obligent le scientifique a perdre
plus ou moins la face qu'il montre le plus volontiers".
À
LA POURSUITE DE LA SÉRENDIPITÉ EN ENTREPRISE
Un des chapitres de Liberation Management de Tom Peters
a pour titre : "The Vigourous Pursuit of Serendipity"(23).
Tom Peters y développe l'idée que beaucoup d'entreprise
doivent leur succès à la chance et qu'il faut
donc la forcer. Il donne comme principale recette la destruction
créatrice chère à Aloïs Schumpeter
: Détruire pour reconstruire. En fait, la poursuite
de la sérendipité dans l'entreprise passe par
la reconnaissance du facteur chance.
Comment avoir de la chance ? On cite toujours l'aphorisme
de Pasteur à propos de la découverte fortuite
de l'électromagnétisme par Hans Christian Oersted
: "Dans les sciences de l'observation, le hasard ne sourit
qu'à l'esprit préparé". Pasteur
voulait dire "la chance" mais la remarque est juste.
Elle est insuffisante. Nous lui préférons cette
réflexion peu connue d'Henri-Cartier Bresson, sûrement
le plus grand photographe de reportage de tous les temps :
"Avoir de la chance, c'est savoir se mettre sur la trajectoire
du hasard."(24).
Il y a là plus que la préparation de l'esprit,
il y a l'anticipation physique, dynamique. Savoir se placer
sur la trajectoire du hasard, c'est voir les possibilités
d'occurrence d'un événement et se déplacer
être au bon endroit au bon moment.
C'est d'abord une attitude d'esprit mais aussi une attitude
physique.
Le
développement de la sérendipité dans
l'entreprise
Dans le processus d'innovation, la sérendipité
suit les mêmes règles que l'imagination. Dans
l'équation de l'innovation que nous avons donnée
par ailleurs(25)
:
Innovation
= Imagination x Organisation x Action
remplaçons
"imagination" par "sérendipité"
et nous avons l'équation d'une innovation sérendipitante
:
Innovation
= Sérendipité x Organisation x Action
Alexander
Fleming ne pouvait à lui tout seul inventer pratiquement
la pénicilline. Il a fallu Florey pour l'action et
Pfizer pour l'organisation.
Sur le développement individuel de la sérendipité,
nous avons déjà évoqué les logiciels
Serendipity et Max. Susan RoAne a écrit un livre
sur le sujet : Comment développer sa propre chance.
Sur le développement organisationnel de la sétendipté,
citons deux exemples : Procter & Gamble et Danone.
Procter
& Gamble est face, comme toutes les entreprises, au dilemme
classique de l'innovateur : la plupart des innovations échouent,
mais les entreprises qui n'innovent pas meurent. Sa solution:
l'"innovation innovante" (sic). Pour " faciliter
la sérendipité ", comme le dit Gil Cloyd,
son Chief Technnology Officer, cette entreprise à déployé
un busines-model : Connect + Develop (C + D), qui connecte
le recherche interne avec les possibilités imprévues
offertes par l'extérieur grâce à un réseau
de 50 experts et avec l'assistance d'une entreprise spécialisée
: NineSigma(26).
Pour Larry Huston, vice-président de l'Innovation de
Procter & Gamble : " Procter & Gamble, ce sont
7 500 chercheurs travaillant dans 150 domaines. Nous estimons
qu'il y a 1 million et demi de chercheurs dans ces domaines
dans le monde, ce qui signifie que pour chaque chercheur de
P & G, il y a 200 chercheurs au moins aussi bons. Et comme
200 cerveaux peuvent inventer plus de choses qu'un seul, Procter
& Gamble a mis en place une stratégie pour essayer
de s'appuyer sur ces gisements extérieurs d'innovation.
C'est de la sérendipité planifiée
qui nous permet de trouver des innovations surprenantes aux
quelles nous ne pensions pas.
Nous avons un réseau mondial de plus de 50 spécialistes
qui sont très entraînés à reconnaître
une nouvelle bonne idée susceptible de développer
notre chiffre d'affaires, même si nous ne la cherchions
pas. "
Même attitude chez Vitadanone, le pôle recherche
de Danone. Pour Gérard Denariaz, directeur de l'innovation,
celle-ci est le fruit d'un mélange de méthode,
de sérendipité et d'alliance.
Danone développe par ailleurs une networking attitude.
Trouver au sein de l'entreprise la réponse à
sa question en mettant sur Intranet les ressources de 8000
cadres et un moteur de recherche.
Un
mélange équilibré
Pek van Andel a donné dans son article le profil du
"sérendipiste" : "Les sérendipitistes
sont souvent des observateurs, curieux, facilement distraits,
intuitifs, judicieux, flexibles, ayant le sens de l'humour,
mais difficilement gérables car ils ont un esprit indépendant
et un comportement imprévisible". Ce qui correspond
strictement à la description des ENTP du MBTI (le Myers-Briggs
Type Indicator, un inventaire de personnalité). Les
ENTP (pour Extraverti, iNtuitif, Logique, oPportuniste), dont
nous avons dit dans notre livre(27).
combien ils étaient utiles à l'innovation
dans l'entreprise et comment ils en étaient systématiquement
exclus car difficiles à gérer.
Le développement de la sérendipité passe
donc par un rééquilibrage des profils psychologiques
et des méthodes :
- 50 % de méthode rigoureuse (domaine de prédilection
des ISTJ, c'est-à-dire des tempéraments introvertis,
se fiant à l'expérience, ayant des critères
logiques et ne revenant pas sur leurs décisions)
- 50 % de sérendipité (domaine des ENTP)
Si ce n'est pas possible à réaliser à
l'intérieur de l'entreprise, il faudra le faire avec
un concours l'extérieur - comme P&G et Danone.
Faire
face à la sérendipité : l'exploitation
créative de l'imprévu
Face à tant d'innovations imprévues mais (c'est
là le paradoxe) prévisibles, l'entreprise doit
faire face. Et pour cela elle doit d'abord être flexible.
L'inflexibilité, c'est-à-dire le refus d'accepter
les erreurs, le refus de changer d'axe de développement,
etc., est l'ennemie mortelle de la sérendipité.
L'inflexibilité est encouragée par tous les
facteurs de résistance au changement. Ils sont bien
connus. Nous n'y reviendrons pas ici.
Bean et Radford(28)
voient six solutions alternatives pour exploiter les opportunités
sérendipitantes qui se présentent :
1. Essayer de les mettre en uvre à l'intérieur
de l'entreprise,
2. Faire l'acquisition d'une structure pouvant le faire,
3. Créer une entreprise en parallèle,
4. Contracter une alliance,
5. Monter une joint-venture,
6. Vendre l'idée.
Les
conditions de la sérendipité
Les conditions de la sérendipité sont l'activité,
la curiosité, la flexibilité.
L'activité. La chance favorise certainement les esprits
préparés. Mais nous l'avons dit, elle favorise
ceux qui vont se mettre sur son chemin. Ce n'est pas en restant
derrière son bureau que l'on trouve des idées.
C'est en cherchant qu'on trouve, si même on trouve autre
chose que ce que l'on cherchait. La curiosité : devant
un fait aberrant, la sérendipité commande de
se demander pourquoi ? La flexibilité. La réponse
va le plus souvent être surprenante, autre que ce à
quoi on s'attendait. Savoir passer d'un sujet à un
autre est une des conditions sine qua non d'exploitation
d'une sérendipité.
CONCLUSION
Avez-vous la Serendip attitude ?
Quand on considère le taux d'échec des innovations,
on peut se demander si ce processus n'est pas régi
par la zemblanité, rappelez-vous : la faculté
d'aboutir de façon systématique à des
innovations malheureuses, malchanceuses et sans surprise
Son contraire, la sérendipité, n'a qu'un défaut
: celui de l'imprévu.
Par ailleurs, il est frappant de voir combien il faut d'efforts,
de temps et d'hommes à une sérendipité
pour s'imposer.
La pénicilline, (re)découverte en 1927 par Alexander
Flemming, re-découverte de nouveau en 1939 par Ernest
Chaim et Walter Florey (rappelons que le Prix Nobel qu'a obtenu
Fleming est un prix qu'il a partagé avec Chaim et Florey,
1/3 de prix Nobel en quelque sorte), avec sa première
application concrète en 1942(29).
Le Post-it, dont la colle est découverte en 1964, le
papillon en 1974 pour ne devenir un succès commercial
qu'au début des années quatre-vingts.
Le micro-ondes, dont le principe est découvert en 1946,
qui sera un échec retentissant en 1953 quand il est
lancé par Raytheon, pour ne devenir un succès
commercial qu'en 1965 après que Keishi Ogura de Toshiba
eut revu entièrement le cahier des charges.
C'est, chaque fois, le fruit d'une sérendipité,
d'un travail d'équipe, de la pugnacité et de
la résilience.
Dans les années vingt, Thomas Edison, Irving Langmuir,
prix Nobel de chimie en 1932, et Willis Whitney avaient développé
au sein de la General Electric une atmosphère de recherche
que l'on appellerait aujourd'hui une serendip attitude.
Langmuir définissait la sérendipité comme
: l'art de profiter des événements imprévus
(the art of profiting from unexpected occurrences)
et la serendipity attitude consistait pour Whitney à
offrir le maximum de liberté à ses chercheurs
tout en résolvant pour eux tout ce qui était
charges administratives. L'age d'or n'est pas derrière
nous. C'est la culture de cette serendip attitude,
au sein d'une structure profondément innovante, qui
fait que Gore Associates(30)
s'est vu décerner l'année dernière le
titre d'entreprise la plus créative et la plus innovante
du monde par Fast Company(31).
Une entreprise dont la vision, provoquée par un hasard
heureux(32),
consiste à exploiter une sérendipité,
la découverte sérendipitante du téflon.
Notes
(1)Cette
encyclopédie, http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
en propose une définition en français, en anglais,
en allemand, en italien et en néerlandais. 
(2) Il s'agit d'un
prix prestigieux décerné chaque année sur le
modèle du prix Nobel (avec à peu près les mêmes
catégories) à quelqu'un qui a réalisé
quelque chose qui dans un premier temps fait RIRE puis fait RÉFLECHIR.
Pek Van Andel faisait partie de l'équipe qui a réussi
à effectuer une coupe sagittale en IRM d'un coït humain
remettant en cause la conception populaire que nous en avions depuis
Leonard de Vinci. Voir : http://www.improbable.com/ig/ig-top.html

(3) www.madhukarshukla.com
(4) Les Entrepreneurs,
Pluriel, 1985. 
(5) L'Entreprise
créative. Comment les innovations surgissent vraiment, Alan
Robinson et Sam Stern, Éditions d'Organisation, 2000.

(6)
Chapitre 44, "L'effet serendip". 
(7) La Marche Folle
de l'Histoire, Robert Laffont, 1984. 
(8) G. Walter, "La
truffe ou le bec", dans : Le Monde, 17-18 avril 1977. 
(9) Robert Merton
avait dès 1936, à 26 ans, écrit un article
sur le sujet : "The Unanticipated Consequences of Purposive
Social". 
(10) Colette Guillemard,
"Sérendipité", dans Le Figaro, 26 août
2003. 
(11) John Wiley
& Sons, 1989. 
(12) "Eurêka
!. Mais qu'est-ce qu'il a trouvé au juste, Archimède
?", dans : L'Intelligence créative au-delà du
brainstorming, Maxima, 2004, p. 37-38. 
(13) Voir "Quand
l'encre explose" dans : Robinson & Stern, op. cit., p.
200-208. 
(14) On parle souvent
du dilemme de l'innovateur : pour survivre, il faut innover et la
plupart des innovations sont des échecs. 
(15)Voir
: http://en.wikipedia.org/wiki/John_Boyd_%28military_strategist%29
(16)Tentons ce
néologisme : si faire une déduction c'est déduire,
faire une abduction c'est abduire. On pourrait aussi dire que si
avoir une intuition c'est intuiter, avoir une sérendipité
c'est sérendiper. 
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