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Caroline
Combe est directeur du département numérique d'un
cabinet d'avocat parisien.. Diplômée
de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, de l'Ecole Pratique
des Hautes Etudes et titulaire d'un DESS en droit et administration
de l'audiovisuel, elle a travaillé pour la Compagnie Française
PHILIPS, TF1 avant de devenir journaliste responsable de rubrique
au journal FAMILI. Depuis
une dizaine d'années, elle s'est spécialisée
dans le domaine du numérique et a notamment développé
une place de marché en ligne d'informations artistiques et
juridiques à destination des professionnels de l'audiovisuel
ou encore des services numériques autour de la preuve électronique
A
côté de ses activités actuelles au sein du cabinet
d'avocat, Caroline Combe intervient auprès de l'Ecole des
Mines de Nancy ou encore dans des séminaires de l'Ecole Nationale
de la Magistrature en tant que spécialiste de la gestion
des risques et des problématiques autour de la preuve et
de la signature électronique.
Elle contribue à plusieurs publications et journaux (les
Echos, la Gazette du Palais...) et travaille actuellement sur un
ouvrage concernant les biotechnologies.
CLes
commémorations de la libération des camps de concentration
et d'extermination nazis on fait ressurgir au travers des nombreux
débats et interventions qu'elles ont suscités un questionnement
qui ne devrait cesser de nous hanter : nos sociétés
occidentales qui se réclament dans leur majorité -
en dehors des Etats-Unis qui constituent un contre-exemple atypique
- d'une profession de foi laïque(1)le sont-elles réellement ?
On
peut de la sorte se demander si la démultiplication - tout
au long de la seconde moitié du vingtième siècle
jusqu'à ce jour - de "sociétés en uniforme"
ne sont pas l'expression d'un attachement à une certaine
religiosité qui se refuse à dire son nom.
En
effet, qu'on l'admette ou non, nos structures sociales sont imprégnées
de valeurs qui se sont construites autour du premier élément
fédérateur réellement supra national : la référence
au divin.
Mais
Dieu ne s'appelle plus Dieu, il avance masqué sous diverses
dénominations : valeur, morale, tradition autant de
visages protéiformes d'une même philosophie, celle
du livre(2).
Et des évolutions récentes de notre droit constituent
la plus parfaite illustration de cet état de fait.
Aussi,
lorsque l'on rédige une loi sur la bioéthique telle
que celle entrée en application en août 2004(3)en France, loi qui institutionnalise la hiérarchie
des espèces telle qu'évoquée dans la Genèse(4),
nous inscrivons dans nos textes des principes qui sont tout sauf
laïques.
A
cet égard, l'étude du Titre IV portant sur la protection
juridique des inventions biotechnologiques est des plus utile. Ainsi
l'article 18, notamment, évoque ce qui peut faire l'objet
d'une protection juridique et ce qui en est exclu, en d'autres termes,
ce qui est du domaine de l'invention et ce qui ne l'est pas ; instaurant
aussitôt un traitement différencié de l'homme
et des autres espèces animales ou végétales.
Une
lecture de ce texte met ainsi en valeur le fait que l'homme bénéficie
d'une protection quasi-divine, alors qu'il s'arroge sous couvert
de respect un droit sur ce qui l'entoure Certes, le texte
modifie le code de la propriété intellectuelle(5)
et inscrit le principe d'une non brevetabilité de tout vivant
obtenu par des procédés biologiques. Mais, il instaure
immédiatement une "réserve" de taille, car
la non brevetabilité ne s'applique pas "aux procédés
microbiologiques et aux produits obtenus par ces procédés
". Quels sont ces procédés, quels sont ces produits ?
Le texte est muet à ce propos. La détermination de
la frontière entre ce qui est invention protégeable
et ce qui ne l'est pas devient alors affaire de spécialistes
reléguant aux oubliettes de l'histoire le principe de "loi,
expression de la volonté générale" lisible
par tous(6)
.
Quoi
qu'il en soit, cette logique établie la domination de l'homme
sur toutes autres espèces. Le voici donc légalement
libre de modifier à sa guise - et en dehors de toute condamnation
morale - la Nature qui l'entoure, le voici libre d'effectuer sur
d'autres êtres vivants les modifications, évolutions
qu'il souhaite, ceux-ci étant par nature ses inférieurs
soumis à sa toute puissance.
Le
voici libre d'accaparer à son seul profit cette Nature dont
il s'institue le maître. N'obéit-il pas de la sorte
à la volonté de celui qu'il a institué son
créateur : "Soyez féconds, multipliez, remplissez
la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les
poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal
qui se meut sur la terre...(7)".
Vu
sous cet angle, l'attitude américaine du tout brevetable
peut sans effort se comprendre. Car un pays ou les autorités
civiles font en permanence référence au divin, qui
a été construit par des exilés religieux(8)
ne peut qu'être le premier zélateur d'une telle pensée.
La
loi sur la bioéthique n'est qu'un épiphénomène,
un exemple parmi d'autres de cette laïcité que chacun
prétend défendre sous couvert d'une pratique juridique
qui la bafoue. Mais cet exemple est significatif d'une évolution
sociologique qui pourrait être fatale - osons le mot - à
l'équilibre précaire de notre démocratie.
Car
cette même loi, drapée dans les principes certes louables
du bienfait sociétal et de la tradition émet un désagréable
fumet de discrimination et pérennise cette incapacité
française à réfléchir au couple et au
désir d'enfant en dehors du mariage ou tout au mieux d'une
vie commune(9).
Prenons ainsi son article 24 sur l'assistance médicale à
la procréation. Il comporte une définition du couple
plus que restrictive(10)
qui ferme de façon drastique les portes de la PMA à
des pans entiers de la population qui - pour une raison ou une autre
- ne répondent pas à ces critères.
Ainsi,
le nouvel article L. 2141-2 du code de la santé publique
réserve cette possibilité à "un homme
et une femme vivants, en âge de procréer, mariés
ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux
ans".
Et
" font obstacle à l'insémination ou au transfert
des embryons le décès d'un des membres du couple,
le dépôt d'une requête en divorce ou en séparation
de corps ou la cessation de la communauté de vie, ainsi que
la révocation par écrit du consentement par l'homme
ou la femme auprès du médecin chargé de mettre
en oeuvre l'assistance médicale à la procréation."
Or,
selon les sociologues, forment un couple "une paire de personnes"(11).
La définition n'est ni sexuée, ni même liée
à une quelconque vie commune. A l'heure de l'eurocommuting,
où les couples vivent de plus en plus dans des lieux différenciés
pour des raisons professionnelles, où il existe d'autres
alliances que le mariage tels les pactes civils, les interdits formels
consacrés par la loi font abstraction de nombreuses réalités
sociologiques et ferment de façon arbitraire l'accès
à la famille à des populations qui pourtant seraient
tout autant que des couples sédentaires à même
de mettre en place une structure stable pour l'enfant - différente
certes - mais stable et surtout aimante, ce qui est l'essentiel.
Cette
loi, dans ses termes, apparaît tout simplement comme une condamnation
de la différence, qu'elle soit choisie ou subie.
A
titre d'exemple, supposons un homme et une femme vivant dans deux
villes distinctes et distantes, et se retrouvant le week-end.
Ils ne sont pas mariés - comme plus de cinq millions de couples
en France - et disposant chacun de leur appartement, n'ont pas aux
yeux du droit de domiciles communs.
Ce
couple souhaite un enfant qu'il ne parvient pas - malgré
de nombreuses tentatives - à obtenir par voie naturelle.
Il essaie donc d'avoir recours à une PMA mais voilà
que selon les termes la loi, parce qu'ils ne sont ni mariés,
ni susceptibles de faire preuve d'une vie commune, cette possibilité
leur est tout simplement refusée.
Or,
cet exemple n'est pas une fiction dans un pays ou selon l'Insee(12)
15,4 % des femmes de 25 à 29 ans et 18% des hommes du même
âge vivent seuls, et qu'ils sont pour la tranche des 30 à
44 ans 8,2% de femmes et 13,5% d'hommes.
Au nom de quoi refuse-t-on l'accès à la PMA à
ces 7 millions de foyers célibataires et monoparentaux de
plus de 35 ans(13),
couples d'un nouveau genre de plus en plus nombreux, si ce n'est
en vertu du principe cher à la Genèse que seuls les
couples formés par un homme et une femme vivant ensemble
et liés quasiment religieusement entre eux sont susceptibles
d'enfanter(14).
Cet
interdit très marqué d'un point de vue religieux respecte-t-il
la laïcité pilier de notre République ? On peut
très raisonnablement en douter. Mais cette schizophrénie
législative n'est pas nouvelle dans notre pays qui traditionnellement
s'est longtemps refusé à considérer le fait
sociologique qu'est la famille recomposée issue de divorces
- elles sont plus de 660 000 selon l'INSEE - comme autre chose que
négative pour l'enfant(15).
En
utilisant le prétexte du traumatisme qu'est la PMA pour en
exclure des pans entiers de la population, le législateur
décide de qui peut procréer et ne pas procréer,
il en oubli le traumatisme que peut être l'absence d'enfants
lorsqu'il est souhaité(16)
et fait donc abstraction des travaux les plus récents dans
le domaine de la réalité du bien être de l'enfant,
notamment sur le fait qu'essentiellement le seul environnement nécessaire
à son développement équilibré est un
environnement affectivement stable et tendre qui n'est pas, loin
s'en faut, le monopole des couples mariés.
Si,
comme le prétend l'exposé des motifs du texte de loi
de 2004, le seul objectif de celui-ci est le bien-être de
l'enfant à venir, pourquoi n'écarte-t-il pas de la
PMA les irresponsables, les personnes violentes, ou encore ceux
qui ne s'aiment pas et qui ont recours à cette pratique pour
sauver leur mariage (20,4% des divorces des 25-35 ans ont lieux
- selon l'INSEE - alors que le couple a connu une naissance, parfois
assistée médicalement moins de 24 mois auparavant)
Or,
le critère choisi n'est pas celui-là mais celui de
la nature de la relation des parents à venir, c'est-à-dire
de l'organisation de leur vie sociale. Et ce choix qui, d'un point
de vue scientifique, n'est pas le bon critère est-il motivé
par autre chose que par un encrage profond - et religieusement marqué
- de l'idée qu'un enfant équilibré est forcément
issu d'un couple marié ou vivant maritalement ?
Les
préceptes judéo-chrétiens se portent bien merci
Cette discrimination qui ne dit pas son nom entache fortement le
texte de 2004 tout en étant porteuse de dangers invisibles.
En
effet, le texte légalise des différences, il
rend ces différences visibles, traçables d'un point
de vue du droit mais surtout il donne une existence juridique à
un certain éclatement social, aux communautarismes et ouvre
de ce fait toute grande la boîte de pandore de nos vieux démons.
Nous
commémorons en ce moment en toute bonne conscience la libération
des camps de concentration et d'extermination. Or, il est utile
de rappeler que ces camps ont été intégralement
nourris de communautés recensées grâce à
la mise en place d'une série de textes de lois tous porteurs
des mêmes germes que ceux votés en France en 2004.
Les
Nationaux-socialistes étaient- en bons germanistes - légalistes
: des juristes dans l'âme. Avant de massacrer comme ils l'ont
fait, des communautés entières, ils ont donné
une base légale à leur "uvre"(17).
Il s'agissait de donner - tout comme nous sommes en train de le
faire - une existence juridique aux différences, afin d'identifier
ces différences, ces communautés donc les membres
de ces communautés. Ce qui, le moment venu, devait en faciliter
l'élimination si le besoin s'en faisait sentir.
Or,
le besoin devait s'en faire sentir car il s'agissait d'offrir à
la vindicte populaire des "victimes émissaires"
- pour reprendre les termes de René Girard(18)
- des responsables pour chaque crise susceptible de voir le jour.
Quoi de plus simple, une fois une communauté identifiée,
que de la jeter en pâture pour s'affranchir de ses propres
errements.
Le
responsable n'est plus le politique mais celui qui porte indifféremment
l'étoile jaune, le triangle rose, noir ou rouge Celui
qui n'a pas le droit de porter l'uniforme autour duquel tous s'assemble,
en un mot : le différent.
Car
l'uniforme est un réel appareil du pouvoir (machtapparat).
A titre d'exemple, la société nationale socialiste
est ainsi une société de corps où chacun est
affublé d'un costume, expression visible de son appartenance
au clan : les adultes non militaires portent les couleurs du Deutsche
Arbeitsfront, les jeunes garçons les shorts bruns des Jungvolk
et Hitler-Jugend(19),
les jeunes femmes, les badges de la Jungmadel et de la B.D.M Sans
parler des S.A ou S.S
Et
qui ne porte pas l'uniforme dans ces sociétés doit
être éliminé car "ennemi de l'état".
L'absence totale d'états d'âmes ou de culpabilité
d'un Rudolf Hoess(20)
se comprend alors, car il n'y a pas de honte à servir l'état
et à en éliminer ses ennemis, il s'agit là
d'une simple action de civisme.
Au
regard de l'Histoire, toute loi qui permet d'identifier les différents
peut alors devenir, en de mauvaises mains, une arme épouvantable
de justification des pires exactions(21),
dont l'Allemagne Nazi n'a malheureusement pas le monopole, et l'on
comprend alors les dangers de la discrimination positive pourtant
encore préconisée par certains(22).
Ce d'autant
plus qu'il existe aujourd'hui des outils - dont les Nazis, comme
le montre le remarquable ouvrage(23)
d'Edwin R.Black furent les premiers utilisateurs - qui rendent les
risques encore plus prégnants.
L'uniforme
aujourd'hui n'est plus réel, il devient petit à petit
virtuel, il se niche dans des fichiers, sous couvert de nos lois,
de textes qui sans en avoir l'air, institutionnalisent des différences
et rendent cet "autre que l'on craint tant"(24)
rapidement localisable, identifiable.
L'histoire
nous montre que la démocratie est bien naïve de croire
qu'elle est à l'abri d'un détournement de ses principes
par des acteurs mal intentionnés et les textes de 2004 sur
la bioéthique, entre autres, mis en de mauvaises mains pourraient
faire renaître de leur cendres les horreurs que nous regardons
peut être pour la première fois depuis 60 ans - à
l'exception de certains - avec honnêteté
Aussi,
plutôt que d'introduire toujours de nouveaux textes, ne serait-il
pas utile de dissoudre les communautés dans le droit commun,
en ouvrant par exemple, le mariage à tous ceux qui le souhaitent
en dehors des ascendants et descendants comme ce fut le cas à
Byzance Ne serait-il pas utile de libérer notre droit
de tous les communautarismes plutôt que de l'y noyer afin
de traquer dans l'existant ce qui pourrait être utilisé
à mauvais escient ? D'être enfin laïques dans
nos textes comme nous le sommes dans nos discours
A
l'heure des fichiers génétiques et des TIC, la tâche
est immense.
Notes : (1) Définir
la laïcité est en soi un débat, mais on pourrait
cependant résumer le concept de la sorte : "la volonté
de construire une société juste, progressiste et fraternelle,
dotée d'institutions publiques impartiales, garante de la
dignité de la personne et des droits humains assurant à
chacun la liberté de pensée et d'expression, ainsi
que l'égalité de tous devant la loi sans distinction
de sexe, d'origine, de culture ou de conviction et considérant
que les options confessionnelles ou non confessionnelles relèvent
exclusivement de la sphère privée des personnes. "
in
http://www.ulb.ac.be/cal/indexlaicite.html (2)Selon le terme
de Saint-Augustin repris plus tard par Descartes in "Méditations
métaphysiques", 1647 (3)
Journal Officiel
du 7 août 2004 promulguant la Loi n° 2004-800 du 6 août
2004 sur la bioéthique (et son rectificatif du 7 Novembre
2004) (4)
Genèse - Livre 1 - 26 "Puis Dieu dit : Faisons
l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il
domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur
le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui
rampent sur la terre." (5)Art. L. 611-19
- Les races animales ainsi que les procédés essentiellement
biologiques d'obtention de végétaux ou d'animaux ne
sont pas brevetables. (6)
Voir http://www.juridicas.unam.mx/publica/rev/boletin/cont/109/art/art4.htm (7)
Genèse 1-28 (8)Voir http://www.mayflower.org/ (9)Pitrou A.,
1994, "Les politiques familiales, Approches sociologiques",
Syros. (10)
"L'homme et la femme formant le couple doivent être
vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure
d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans"
(11)
"Libres ensemble - L'individualisme dans la vie commune",
François de Singly, Nathan, 2000 (12)
http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATTEF02316&tab_id=340 (13)
Source : Association française des Solos (14)
Genèse 1.28 - "Dieu créa l'homme à son
image, il le créa à l'image de Dieu, il créa
l'homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez
féconds, multipliez, remplissez la terre . Et l'homme dit:
Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair!
on l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de
l'homme".
Et 2.24 "C'est pourquoi l'homme quittera son père et
sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront
une seule chair." (15)
http://these.archambault.free.fr/Archambault_Problematique5pages.PDF (16)
Voir à ce propos, les travaux de la Haute école de
travail social et de la santé - http://www.eesp.ch/
et plus particulièrement ceux du Professeur Jean-Pierre Fragnière.
(17)
http://fcit.usf.edu/holocaust/timeline/nazifica.htm (18)
"La violence et le sacré", Grasset, 1972 - http://www.cottet.org/girard/ (19)
http://www.shoa.de/hitlerjugend.html
(20)"Le commandant
d'Auschwitz parle", La découverte 2005. (21)
http://www.remember.org/links/genocide.html
(22)
http://www.rfi.fr/actufr/articles/047/article_25298.asp (23)
"IBM and the Holocaust: The Strategic Alliance Between
Nazi Germany and America's Most Powerful Corporation", Three
Rivers Press, 2002 (24)
"La peur de l'autre en soi, du sexisme à l'homophobie",
Sous la direction de: Daniel Welzer-Lang, Pierre Dutey et Michel
Dpraos; vlb éditeur, 1994, Québec, 302 pp