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Jean-Claude
empereur est le
président délégué
de Paneurope France
Il y a quelques
mois, dans ces colonnes, nous évoquions la mise en oeuvre
de Galileo par l'Union Européenne comme symbolisant «l'aube
de la souveraineté européenne».
Dans le Figaro du 5 juin dernier, Christian Cabal et Henri
Revol, les auteurs du très remarquable rapport de l'Office
parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologique,
intitulé Politique spatiale: l'audace ou le déclin
tirent, à nouveau, la sonnette d'alarme au sujet de Galileo.
Ils
en appellent au réalisme et au pragmatisme de Jacques Barrot,
le vice président de la commission chargé des transports,
pour sortir de l'ornière un projet «fondamental pour
la souveraineté et la compétitivité européenne».
Si
les Européens, qu'il s'agisse des responsables politiques,
des médias ou de l'opinion, continuent à ne pas s'intéresser
à ce projet, pourtant défini par la Commission comme
l'exemple même d'un projet d'intérêt communautaire,
ils doivent se préparer à de dangereuses désillusions
et à de très mauvaises surprises dans l'avenir.
Ainsi
que nous l'avons rappelé lors du colloque organisé,
à Toulouse en novembre dernier sur le thème «Politique
spatiale et souveraineté européenne» par Paneurope
France (voir
article) et les articles de la revue de Défense
Nationale de février 2007), la mise en œuvre par les
grandes puissances continentales de systèmes de géolocalisation
comme Galileo correspond, à un impératif de souveraineté
en même temps qu' à un enjeu de société.
A
terme, ces systèmes, dont les applications militaires, de
sécurité et commerciales se développent de
manière accélérée, tendront à
organiser la «traçabilité» immédiate
et permanente de la plupart de nos activités.
Comment
imaginer, un seul instant, que nous puissions nous en remettre à
d'autres pour maîtriser un tel instrument de puissance, d'indépendance
et de développement économique alors que les Américains,
grâce au GPS, possèdent déjà huit ans
d'avance sur nous, que les Russes avec Glonass, les Chinois avec
Beidu et, bientôt, les Indiens se dotent de leurs propres
instruments de géolocalisation ?
Nous
partageons, bien entendu, le point de vue exprimé par les
deux parlementaires, auteurs de l'article précité,
selon lequel c'est à l'Union Européenne et, sans doute
aussi, aux Etats membres, de prendre en charge le financement des
infrastructures, satellites et stations au sol et de remobiliser
l'ESA, pour conduire l'opération.
Rappelons
enfin, que, d'un point de vue strictement économique, Galileo
est un projet «gagnant, gagnant». C'est en effet, dans
un premier temps, selon le CNES, la création de 150 000 emplois
nouveaux et, ensuite, le développement, quasi-illimité
d'applications commercialement très porteuses. C'est ainsi,
qu'aux Etats Unis, les recettes fiscales générées
par le GPS financent déjà une partie importante des
coûts d'investissement et de fonctionnement du système.
La
situation de Galileo est extrêmement préoccupante,
un redressement vigoureux s'impose à tous les niveaux. Il
en va de l'indépendance et de la souveraineté de l'Europe.
[Ndlr
: Réunis le 8 juin au Luxembourg, les ministres des transports
de l'Union européenne ont mis un terme aux négociations
engagées sans succès depuis deux ans avec le consortium
privé pressenti pour déployer et exploiter Galileo.
Faute pour l'instant de compromis entre les pays, les Etats membres
ont reporté à l'automne toute décision sur
la façon dont ils comptaient s'engager pour sortir le projet
de l'impasse. Un accord, devrait, au mieux, intervenir en octobre.]