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16 août 2008
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
Science et politique
La menace de la bombe EMP
Les risques que présenterait pour les Etats-Unis une
bombe électromagnétique à énergie pulsée
d'origine iranienne (EMP) font actuellement l'objet d'une réévaluation
à la lumière de certains évènements
récents
Kenneth
R. Timmerman, né en 1953, est un éditorialiste et
auteur politique d'opinion conservatrice extrême. Il est responsable
de l'organisation activiste Foundation for Democracy in Iran
qui milite pour le renversement du pouvoir iranien actuel, mais
qui n'a que peu d'échos en Iran même. Il a beaucoup
écrit sur les armes de destructions massives au Moyen Orient
et le fait que l'Amérique ait entretenu leur dissémination.
Ce profil n'en fait pas un intermédiaire objectif pour réfléchir
aux dangers que peut faire courir l'Iran d'aujourd'hui aux Etats-Unis.
L'article qu'il publie dans la revue Newsmax soulève cependant
une question qui ne peut laisser indifférent les responsables
de la défense, y compris en Europe. Il s'agit des risques
découlant d'une explosion nucléaire en haute altitude,
produisant une onde électromagnétique détruisant
tous les systèmes électriques et électroniques
à l'échelle d'un continent entier. Le sujet avait
déjà été évoqué en France
par le Général Gallois, père de la force de
frappe française, sans éveiller semble-t-il beaucoup
d'échos.
La
menace représentée par la Bombe EMP, générant
un flux Electro-Magnétique Pulsé ou Electromagnetic
Pulse (EMP) a depuis longtemps été évoquée
par les scientifiques et les militaires, notamment aux Etats-Unis.
Une Commission a été créée pour étudier
ce sujet, sous la présidence du Dr William Graham, ancien
Conseiller scientifique à la Maison Blanche sous Ronald Reagan.
Il s'agit de la «Commission to Assess the Threat to the United
States from Electromagnetic Pulse (EMP) Attack». Les travaux
de cette Commission et d'autres analogues sont suivis attentivement
par l'intelligence israélienne.
Qu'est-ce
que la bombe EMP ou E-bombe ? il s'agit d'un engin destiné
à saturer l'environnement d'ondes électromagnétiques
de toutes longueurs d'ondes pour détruire de façon
définitive les composantsélectroniques de tout ordinateur
ou système électronique, supports de communications,
lignes électriques ou téléphoniques dans sa
zone d'action. Il existe deux types de bombes. La plus simple est
l'UWB à bande ultra large qui tire profit d'un explosif générant
un champ magnétique, généralement une bombe
H, la seconde est la HPM qui utilise un générateur
de micro-ondes de haute puissance.
Un
engin nucléaire de ce type explosant dans l'atmosphère
affecterait une superficie de plusieurs millions de kilomètres
carrés, empêchant notamment tous les transferts d'informations
véhiculés par des ondes électromagnétiques
(radio, télévision, systèmes informatiques,
avions, etc.) Une telle bombe donne un avantage stratégique
énorme en paralysant l'ennemi sur son propre terrain et du
fait d'un plus que probable black-out provoquant une panique au
sein de la population.
Cette
utilisation n'évite pas la contamination radioactive ou l'irradiation,
mais les rend secondaires au regard des effets sur les réseaux
de communication. Selon les analyses américaines récentes,
la destruction de ces réseaux ramènerait l'Amérique
à l'état de développement qui était
le sien au 18e siècle, avec une population qui progressivement,
en commençant par les plus faibles, n'atteindrait plus que
quelques trente millions d'habitants. Le système politico-économique
entier s'effondrerait, comme il le ferait dans l'hypothèse
d'une pandémie grippale de grande virulence affectant les
centres du pouvoir et de la vie sociale.
On
sait que l'ancien projet de Guerre des Etoiles avait été
en partie imaginé pour parer à un tel danger. Mais
devant son coût et les difficultés techniques rencontrées,
il avait été abandonné. Le programme actuel
dit BMD dont le volet européen devrait être déployé
dans les prochaines années en Europe sous la pression américaine
(voir notre article BMDE http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=111&r_id=
) en représente la version moderne, sur l'efficacité
de laquelle beaucoup d'experts s'interrogent. Il est présenté
comme pouvant faire face à des missiles, à tête
conventionnelle ou éventuellement nucléaire, provenant
des Etats dits voyous, notamment Iran ou Corée du Nord et
visant des objectifs terrestres. Les missiles russes ne sont pas
évoqués, on le sait. Mais la menace de ces Etats voyous
n'a jamais été analysée, au moins dans les
publications destinées au public, comme prenant la forme
de l'envoi d'une bombe EMP. Il semblait que ces Etats n'avaient
pas la technologie nécessaire pour une telle bombe non plus
que les lanceurs indispensables à son positionnement en haute
altitude.
C'est
plutôt le «lobby juif» américain et ses
correspondants en Israël qui suivent l'évolution de
la question. Ils font en effet valoir qu'une bombe EMP, mieux qu'une
bombe atomique conventionnelle, pourrait neutraliser entièrement
l'Etat hébreu. Les Israéliens insistent beaucoup,
par ailleurs, sur le danger que représentent les recherches
iraniennes en matière de production de matière fissile
et de lanceurs. Le tout nourrit une forte activité diplomatique
et militaire américano-israélienne autour de la nécessité
d'une frappe préventive sur l'Iran. Mais il semble que le
DOD et une partie des chefs militaires américains ne veuillent
pas, pour le moment du moins, envisager cette hypothèse.
Des
essais troublants
C'est
dans ce contexte qu'il faut examiner les propos de Kenneth R. Timmerman,
qui ne prétend pas s'exprimer pour son propre compte, mais
seulement rapporter les inquiétudes de la communauté
du renseignement américain, dits dans l'article US.Intel.
Community. Selon l'auteur, le Dr Graham aurait témoigné
devant le « Armed Services Committee » de la Maison
Blanche, en faisant valoir que l'US Intel avait fait plusieurs rapprochements
troublants. L'Iran a récemment réussi des essais de
lancement à partir d'une plateforme en Mer Caspienne, avec
des missiles Scud et même des missiles Shahab-3 (photo). Pourquoi
utiliser une plate forme en mer ? De plus, pourquoi avoir fait exploser
les têtes (war heads) au sommet de la trajectoire (apogée)
c'est-à-dire en haute altitude et non au dessus de ce qui
aurait pu être une cible terrestre ? Le lancement plus récent
d'une fusée Safir destinée à mettre en orbite
un petit satellite, ne peut que renforcer les craintes.
Les Iraniens se sont ainsi placés dans l'hypothèse
où une bombe atomique serait lancée à partir
d'un navire en mer par un missile à longue portée.
La bombe exploserait dans la haute atmosphère (40 à
400 km). Ce serait exactement ce qu'ils feraient s'ils voulaient
faire détonner anonymement une bombe EMP au dessus des Etats-Unis,
à partir d'un bâtiment de commerce (éventuellement
suicide) croisant au large de la côte Est américaine.
Les destructions en résultant seraient celles auxquelles
nous faisions allusion au début de cet article. Les premiers
tests de lancement d'un Scud à partir d'un cargo avaient
d'ailleurs été entrepris dès 1998 et se sont
poursuivis depuis. Il faut noter que si un missile lancé
près des côtes américaines n'était pas
détruit dans les minutes suivant son lancement par un anti-missile
– ce qui est difficile – sa destruction en altitude
provoquerait l'explosion de sa tète nucléaire et entraînerait
les effets redoutés.
Le
Claremont Institute, conservateur, réuni à Dearborn,
Mich. récemment, a repris et commenté les propos du
Dr Graham, en s'efforçant de montrer que le président
Mahmoud Ahmadinejad envisageait cette hypothèse quand il
expliquait que le monde pouvait très bien se passer des Etats-Unis.
Mais qu'en conclure ?
Ce
qui manque à l'Iran est la tête nucléaire. Les
Iraniens, selon l'US. Intel, pourrait en posséder une de
la puissance suffisante vers 2015. Pourraient-ils cependant monter
le système complexe que représenteraient le lanceur,
son vecteur maritime et la bombe sans alerter les services de renseignements
? Ceci parait douteux. Mais beaucoup aux Etats-Unis et en Israël
jugeront que rien ne justifie de courir ce risque et que donc des
frappes préventives sur Téhéran s'imposent.
Mais frapper quoi et avec quels armes ? Et comment faire face aux
suites politiques d'une telle intervention ?
La
difficulté consistant à empêcher l'Iran de se
doter de bombes nucléaires ou EMP conduit d'ailleurs le lobby
militaro-industriel américain à demander l'accélération
du programme BMD, tout en s'assurant qu'il serait efficace en cas
de besoin, ce qui n'est pas le cas actuellement. Au moins un trillion
de dollars serait nécessaire à cette fin. Mais les
Etats-Unis peuvent-ils s'offrir une telle dépense ?
Dans
tous les cas, la bienveillance de la Russie serait nécessaire.
Ceci expliquerait la modération actuellement manifestée
par Washington à l'égard de Moscou dans la crise des
Balkans. Mais ceci tout au contraire n'expliquerait pas la provocation
à l'égard des Russes que représente l'accord
USA-Pologne sur le BMDE. D'autant plus que la partie européenne
du BMD, comme indiqué ci-dessus, ne jouerait sans doute aucun
rôle dans la prévention d'une attaque lancée
par l'Iran à partir des côtes américaines nord
atlantique. Peut-on il est vrai espérer des cohérences
stratégiques de la part des Etats-Unis actuellement, sous
un G.W. Bush finissant ?
Au-delà
de ces questions immédiates, nous pensons qu'évoquer
de nouveau la possibilité d'une agression par bombe EMP sur
les réseaux mondiaux présente un intérêt
politique et philosophique plus général. De tels réseaux,
devenus indispensables à notre civilisation, ne devraient-ils
pas être mieux protégés? L'internet initial
défini par la Darpa avait pour but d'échapper par
sa redondance aux attaques locales. Qu'en est-il aujourd'hui?
Jacques
Rivier est informaticien. Il nous a adressé un commentaire
après la lecture de cet article
L'attention
sur le problème est louable car ce dernier est ignoré
du grand public, mais probablement pas uniquement. Par exemple,
il n'existe aucune opinion publique (pour autant que ce terme corresponde
à une réalité) pour s'émouvoir du encore
non-événement de l'attaque pourtant dûment préparée
par les États-Unis., Israël et al. – pays démocratiques
- ... contre l'Iran.
Je
me permets quelques précisions et commentaires sur le sujet,
j'en profite pour l'élargir à peine, commentant une
situation mondiale désespérément chaotique.
Les conséquences de l'explosion d'une bombe EMP(1) qui détruirait
tous systèmes électriques incluant l'électronique
seraient, à mon avis, un peu plus graves que nous le prétend
l'auteur : « le retour au "XVIIIème siècle
» c'est à dire avant l'ère du machinisme. Bien
que non spécialiste de cyndinique, je crois que cette présentation
est oublieuse de quelques scories de notre civilisation.
En effet, comment évolueraient les installations sensibles,
disons pour simplifier tout ce qui, dans l'UE, est placé
dans la catégorie «site Seveso» ? Ces installations
requièrent une surveillance minimum, un entretient voir une
maintenance continue; ce sont entrepôts de matières
dangereuses, usines chimiques produisant de nombreux toxiques ainsi
que de fragiles installations nucléaires.
Il
est très possible qu'après la destruction des systèmes
de régulation et de surveillance, des outils électroniques
et électromécaniques étant au moins endommagés,
se répande autour des installations toutes sortes de matières
toxiques, qui autant à court terme qu'à très
long terme rendraient la vie humaine, difficile voir impossible.
Pour la chimie, on peut imaginer des rejets de poisons, 'nous' en
fabriquons de toutes sortes par milliers de tonnes chaque année;
sans accident majeur ceux-ci se retrouvent partout dans le milieu
... Pour le nucléaire tel événement pourrait
devenir rapidement apocalyptique. Les centrales nucléaires
pourraient se mettre à exhaler des éléments
qui rendraient leur voisinage inhabitable pour des centaines de
milliers d'années.(2) La radioactivité totale d'une
centrale nucléaire est considérable; chaque centrale
(et tous les établissements du domaine) recèle des
stockages qui doivent être surveillés-maintenus en
permanence en attendant une certaine décroissance de l'intensité
des rayonnements.
De plus, je ne crois pas qu'un coeur de centrale chargé,
puisse supporter un arrêt total prolongé sans dommages.
En plus de ces matériaux en transit, juste avant ou juste
après usage, il faut prendre en compte les déchets
accumulés; des milliers de tonnes de toxiques déjà
produits, dont l'activité mortifère ne s'éteindra
pas pour certains, avant quelques centaines de milliers d'années
.. Si la plupart des machines ne fonctionnaient plus, si l'électricité
était absente ou rare, je ne vois pas de moyens autre que
la fuite pour ne pas se faire contaminer à mort. Car qui,
avec quels moyens et quelles compétences saurait intervenir
pour éviter des dispersions irréversibles ? Les matières
dangereuses seraient donc laissées à l'abandon et
se répandraient inexorablement dans le milieu. Loi d'entropie.
Dans ces conditions, de grandes zones des territoires touchés
deviendraient plus ou moins rapidement inhospitalières. Ce
ne serait pas le retour au 18ème siècle, mais à
quelques milliards d'années en arrière, quand la radio-activité
naturelle était trop élevée pour admettre la
survie de systèmes vivants complexes.
Je crois que nous avons commis la folie de fabriquer des machines
et des produits, qui en cas d'évènements graves, guerre,
épidémie, météorite, attentat, rendraient
nos territoires invivables pour très très longtemps
aux éventuels survivants. En fonctionnement 'normal', nous
avons réussi à polluer très gravement notre
milieu donc nos organismes; n'oublions jamais que la prévalence
des cancers, pour ne parler que de ces affections graves, des enfants
augmente de 1 à 1,5% par an – le niveau monte inexorablement(3)
.... La planète, notre unique et à jamais milieu de
vie, est polluée de manière irréversible aux
'échelles de temps humaines' !
La probabilité d'occurrence d'un accident majeur, bombe EMP,
guerre atomique, épidémie mondiale, grave crise économique
durable (famine), ... est très faible, mais non nulle, et
l'histoire nous a appris que malgré toutes les bonnes intentions
déclarées et les mises en garde, le pire peut toujours
advenir (4) .. Non seulement notre capacité à éviter
les catastrophes non advenues n'est pas (peu) prise en compte dans
l'élaboration des décisions, mais encore, les décideurs
ne sont pas ceux qui subissent les risques. Je construis une usine
qui potentiellement peut tuer les gens alentour(5), mais personnellement
je ne risque rien de cette usine. Ceci est vrai pour toute la chaîne
de décision(6) .
En reprenant maintenant les prémisses de cet article concernant
des risques de violence justifiant des attaques contre des États
dénoncés comme « ennemis », il faut regarder
la réalité en face. L'approche qui qualifie des "méchants
iraniens" (et autres) face aux "gentils étasuniens"
est le fruit empoisonné d'une histoire facile à rappeler.
En passant, on rapprochera avec jubilation et inquiétude,
ce discours véritablement identique à ceux de la hiérarchie
de l'église catholique aux siècles passés dénonçant
les hérétiques.
Historiquement(7) , et c'est incontestable, le comportement des
gouvernements des États-Unis (pas exclusivement bien-sûr,
mais ils sont beaucoup beaucoup plus puissants économiquement
et militairement que tous les autres pays du monde) est essentiellement
violent et agressif envers le reste du monde; il n'est donc pas
surprenant que de nombreux pays en retour, usassent de violences
à leur encontre. Si les étasuniens, disons les occidentaux,
ont la mémoire courte, emportés dans un progrès
oublieux, voir éradicateur du passé(8), il n'en est
pas ainsi de tous les peuples. La politique à la fois irresponsable
et inconséquente de ce pays et ses valets occasionnels, mènent
le Monde à des catastrophes. De nombreux signes nous montrent
que nous y allons.
Il
est temps de le voir afin de ne plus s'y soumettre.
Comme suggéré ci-dessus, 'nous' avons un comportement
irrationnel face aux risques. Nous ne savons pas évaluer
les conditions et les coûts d'une catastrophe évitée.
Il suffit d'une part de regarder au quotidien les risques que prennent
bien des gens dans leur comportement, et d'autre part, les statistiques
des accidents dus à ce comportement. Des faits. En se plaçant
dans une perspective non individuelle, mais de groupe, de pays,
on retrouve les mêmes comportements irresponsables, peut-être
pour la simple et bonne raison que se sont les mêmes personnes
qui décident.
Nous n'avons pas encore pris la mesure des risques pour les populations,
car nous n'avons pas encore laissé aux populations les moyens
de les choisir(9 .
En illustration du sujet, je peux prendre l'exemple récent
de l'invasion de l'Irak. La plupart des populations étaient
contre et l'ont fait savoir spontanément et massivement;
souvenons-nous, tous les dirigeants et décideurs ou presque
étaient pour (tant les gouvernements que les patrons de trans-nationales)
... Pourtant, ce sont d'abord les populations qui pâtissent
pour longtemps de ce désastre annoncé.
Idem le "néolibéralisme fou" qui est devenu
un féodalisme de quelques fortunes au mépris des populations
... Accepter l'instabilité (et croire que le marché
instantané pouvait réguler la vie économie
dont les bases de temps n'ont strictement rien à voir !)
au nom de la rentabilité est débile et irresponsable
car faux. En effet, tout ce qui est possible et rentable n'est pas
nécessairement l'optimum de la qualité de vie durable.
C'est pourtant ce qui se dit et se fait quotidiennement, malgré
de multiples mises en garde. Ce n'est donc pas un manque de connaissances,
une absence de recherches, mais bien un question de pouvoir.
L'équation dominant-dominé peut être reposée
à partir de ces deux questions simplistes : Qui décide
et qui prend les risques ? (i.e. Qui subit les effets des erreurs
commises ?).
Seule une société, habitée et animée
par des personnes éduquées, informées, consultées,
(...) et solidaires pourrait tempérer les folies de décideurs(10)..
Après quelques millénaires d'histoire humaine, nous
savons avec certitude qu'une société pérenne
et paisible est basée sur le respect de principes démocratiques(11)
: respect infini de chaque personne, séparation et équilibre
des pouvoirs, informations de chacun - publicité des connaissances,
etc ...
Or les tenants du 'néolibéralisme', en prônant
la concurrence de chacun contre tous les autres (de l'individu au
continent), laissant faire le capital (un produit tangible de l'activité
globale de toute la population), détruisant les solidarités,
ont réduit les institutions cohésives et démocratiques.
De fait les pouvoirs que procure l'accumulation de biens et qui
reflètent la richesse mondiale, fruits de l'effort de chacun
(passé et présent) ne sont plus régaliens.
Dans ces conditions, il est illusoire de croire à une possible
paix du monde(12).. J'ose le raccourci abrupt mais réaliste
dans la marche du monde : le pouvoir de l'argent privé submerge
les pouvoirs régaliens.
Espérons qu'en cette période chaotique et sans futur
discernable, nécessitant des réorganisations importantes
(révolution ?), la sagesse et les aspirations des populations
soient prises en compte. En particulier la répartition consentie
des pouvoirs est une condition nécessaire et peut-être
suffisante pour une qualité de vie acceptable pour chacun
et pour tous, maintenant et à jamais – Ô mieux
aimée!
«
Va, petit livre, et choisis ton monde,car, aux choses folles, qui
ne rit pas, bâille; qui ne se livre pas, résiste ;
qui raisonne se méprend ; et qui veut rester grave, en est
maître. (13)
Notes
(1) Electromagnetic Pulse (impulsion électromagnétique)
ou E-bombe
(2) Catastrophe ou non, ce 'cadeau' empoisonné devra être
convenablement géré par nos milliards de descendants
sous peine de mort. Sauf oubli mortel, notre génération
sera haïe aux siècles des siècles ...
(3) Je prétends que la prévention est indigente au
regard des effets.
(4) 'Loi de Murphy' : tout ce qui peut tomber en panne, tombe en
panne un jour ou l'autre.
(5) On se souviendra opportunément de la catastrophe épouvantable
et impunie de Bhopal (~300 000 personnes touchées -16-30
000 morts).
(6) Actuellement en France, des maires acceptent au nom de la population
hostile, des stockages millénaires de matières radioactives
sur le territoire qu'ils administrent durant quelques années.
Hiatus temporel problématique car irréversible.
(7) Déjà vers 1908, relire avec délices Anatole
France dans l'île des pingouins, livre IV, chapitre 3.
(8) D'où la frénésie de commémorations
et de recherche d'identités.
(9) Les louables tentatives depuis la SDN (bientôt 100 ans)
pour gérer la planète à travers les grandes
institutions sont fréquemment sabotées par des 'intérêts
supérieurs' égoïstes pour ne pas dire mercantiles.
(10) Situation délicate (mais indissociable de la charge)
des décideurs hésitant entre s'occuper des intérêts
de la population gérée (nation, .. , commune, ..,
entreprise) et ménager les pouvoirs de nuisances qui les
menacent ...
(11) Ces principes étant parfois contradictoires, cela demande
donc arbitrages, c'est le propre d'une société démocratique.
(12) A supposer qu'il en ait, quelque soit la bonne volonté
d'un gouvernement vis à vis de la population, s'il ne gère
qu'une trop faible part des richesses produites, il ne pourra jamais
établir une société apaisée... Encore
un problème de répartition des pouvoirs.
(13) Exergue de Rodolphe Töpffer.