Lors
d'une réunion tenue à Singapour le 20 juin l'Icann
[Internet Corporation for Approved Names and Numbers (http://www.icann.org/)]
vient d'approuver une réforme de la procédure
d'attribution des noms de domaines, d'où dépend
toute visibilité sur le web. L'objectif est d'élargir
le répertoire des noms de domaine utilisables (nommés
generic top-level domains ou gTLDs), qui viennent à
épuisement devant la prolifération des candidats
à l'enregistrement.
L'organisation chargée de coordonner l'internet vient
ainsi d'autoriser avec une large majorité les entreprises
à utiliser leurs noms d'entreprise ou de marque à
la place du .org ou .com pour leurs noms de domaine. Les collectivités
publiques, telles les régions ou les villes, pourront
aussi utiliser leur nom comme une "marque".
Les entreprises vont pouvoir soumettre leur demande à
partir du 12 janvier 2012, pendant un délai de 90 jours,
a indiqué Rod Beckstrom, directeur général
de l'Icann. Elles devront y joindre un chèque de 185.000
dollars. Ainsi, contre paiement, de grands groupes comme Apple,
Toyota et BMW pourront lancer des sites à leur nom se
terminant par ".apple", ".toyota" ou "bmw".
D'ores et déjà, quelque 120 entreprises ou collectivités
ont manifesté publiquement leur intérêt.
Les dossiers déposés par des particuliers ne seront
pas pris en considération.
Cette réforme accentuera le côté censitaire
déjà très marqué de la "démocratie"
sur Internet. De fait, elle entraînera une confusion accrue
entre les références commerciales et celles qui
ne le sont pas, au profit des premières.
Par ailleurs, la domination culturelle et politique des Etats-Unis
sur l'Icann et plus généralement sur le web ne
diminuera en rien, malgré l'entrée de nouveaux
acteurs, provenant notamment des pays émergents. L'Europe,
conformément à son habitude, a brillé par
son silence.
Note
* Selon un article
du NewScientist, cette innovation apportera peu d'avantages
à l'utilisateur ordinaire et pourrait accroître
les risques de fraude.