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Chaos prévisible dans
la réception des signaux GPS
Les signaux envoyés par les satellites GPS servent dorénavant
à de multiples usages. Le rôle le plus connu est
la localisation. Tout porteur d'un récepteur GPS, avion,
navire, voiture, personne physique peut grâce à
eux se situer à quelques mètres près sur
des cartes ou écrans appropriées. Un autre usage
moins connu mais beaucoup plus employé encore est la
référence au temps universel. Les satellites donnent
l'heure avec une précision inégalée. Ceci
est particulièrement utile pour les opérateurs
de téléphonie mobile et les gestionnaires de réseaux
électriques (grid). Les signaux horaires servent à
coordonner avec précision les messages échangés.
Plus d'un milliard de récepteurs GPS sont dorénavant
en service dans le monde, la très grande majorité
utilisant le système américain NavStar.
Or
il se trouve que depuis quelques temps, un brouilleur de signaux
GPS (jammer) a été mis au point. Il est aujourd'hui
fabriqué en Asie et vendu sur Internet pour quelques
dizaines d'euros (chacun pouvant le constater en tapant "GPS
jammer" sur un moteur de recherche). L'appareil est principalement
utilisé par les camionneurs ou autres salariés
contrôlés par leurs employeurs grâce à
des mouchards GPS. Ils peuvent ainsi produire de faux emplois
du temps ou itinéraires. L'ennui est que le brouillage
des signaux peut se généraliser à tous
utilisateurs dans une aire de quelques kilomètres. Un
de ces appareils utilisé dans l'entourage d'un aéroport
peut provoquer des catastrophes. De nombreux incidents ont déjà
été enregistrés. La généralisation
des brouilleurs aux mains d'irresponsables ou de malveillants
pourra provoquer autant de dégâts et d'arrêts
d'exploitation que le ferait l'explosion d'une bombe à
radiation.
Il
n'existe pas aujourd'hui de règles internationales prohibant
la fabrication ou l'usage de ces dispositifs. De toutes façons,
elles seraient inapplicables. D'autres inventeurs, pour la mauvaise
cause, étudient actuellement des émetteurs dits
"spoofers" (usurpateurs), lesquels ne suppriment pas
le signal mais le faussent progressivement sans que l'utilisateur
s'en aperçoive jusqu'au moment où il se
retrouve en détresse.
Certains
responsables de la gestion des trafics envisagent de remettre
en service le vieux système de localisation dit Loran,
dans une version renforcée (enhancedLoran). Le Loran
(connu dans le nord de l'Europe sous le nom de Decca), que les
navigateurs utilisaient systématiquement avant le GPS,
fait appel à des émetteurs à terre envoyant
des signaux bien plus puissants que les satellites GPS. Mais
le coût en serait considérable, sans garantie d'une
efficacité assurée face à de nouveaux fraudeurs.
Nous
donnons ici la référence d'un article de la revue
NewScientist qui détaille le problème posé.
L'auteur ne fait pas de philosophie, mais on est en droit de
se demander ce qui pousse les humains à pervertir systématiquement
tous les systèmes censés rendre plus de services
utiles que d'entraîner de nuisances. On dira que le GPS
est un système essentiellement militaire devenu aussi
un très efficace outil de contrôle social. Alors
pourquoi ne pas lui faire quelques ennuis ? Ou alors est-ce
qu'un système ayant atteint un certain niveau de complexité
génère lui-même les virus qui finissent
par le détruire. La parabole pourrait alors s'appliquer
à l'ensemble des civilisations anthropotechniques modernes.
Que
faire dans l'immédiat ? Une population de bientôt
8 milliards d'humains ne pourrait pas en revenir, pour faire
le point astronomique et mesurer le temps, à l'observation
du soleil, de la lune et des étoiles, comme le faisaient
leurs lointains ancêtres.