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4 décembre 2014
par Alain Cardon, professeur des universités en retraite
Chercheur sur la conscience artificielle

Des systèmes cyber-physiques au système Méta, une Méta-dictature cool où le dictateur est un champ informationnel


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Les systèmes informatisés ont envahi toutes nos sociétés, à toutes les échelles. À l’échelle sociale, la plupart des enseignements, la plupart des systèmes de production, tous les moyens de transports allant des automobiles aux navires et aux avions, utilisent des systèmes informatisés qui évaluent de façon continue leurs propres situations et proposent ou prennent de manière autonome des décisions d’action selon l’état courant de leur environnement. De l’autre côté, à l’échelle de l’individu, une quantité de petits systèmes sont également informatisés, en allant des innombrables jeux des enfants qui manipulent leurs tablettes, jusqu’à l’adulte qui ne cesse de communiquer sur ses smartphones pendant les transports et sur ses ordinateurs à son travail et chez lui, communications avec des humains ou avec des avatars..

On va vers la maison pervasive, où tout est connecté, de la cuisine au salon et à la chambre, en passant par la douche, système totalement enveloppant qui doit "satisfaire" ceux qui sont dans la maison en évaluant leurs postures, leurs actions et réactions par de multiples capteurs, dont des caméras, pour modifier tout ce qui doit l’être afin de les placer dans un environnement considéré comme adapté à leurs états courants. On va jusqu’à porter des montres et des lunettes intelligentes, ainsi que des vêtements intelligents insérant de petits systèmes fiables résistant aux lavages, ceci afin que l’individu soit sans cesse en communication, et évidemment contrôlé. On est donc dans un monde où des appareils électroniques très informatisés permettent de communiquer pour réaliser des actions, pour donner des conseils, pour prendre les initiatives satisfaisantes que l’individu a oublié de prendre, individu qui voit aussi venir des robots plus ou moins humanoïdes, qui font les travaux durs ou répétitifs et qui remplacent de plus en plus les opérateurs humains.

Cela constitue le domaine des systèmes cyber-physiques (Cyber-Physical Systems), domaine qui a pris une importance considérable dans l’économie et dans la recherche, avec des applications dans tous les secteurs.

Un monde ultralibéral

Mais nous sommes dans un monde ultralibéral, qui est bien formaté pour l’être et le demeurer. Tous ces systèmes sont réalisés par de nombreuses entreprises privées indépendantes, qui font des systèmes propriétaires. Il y a quelques normes, mais il y a le problème que l’individu, qui doit être d’abord et essentiellement un consommateur, est conduit à utiliser des systèmes différents pour augmenter son environnement, systèmes qui ne sont pas toujours compatibles. La solution choisie, dans le cadre de notre société de consommation, est donc de faire communiquer ces systèmes entre eux, de faire communiquer chaque système qui a une fonctionnalité particulière avec de très nombreux autres qui ont des fonctionnalités différentes, en utilisant des logiciels adaptés, sachant bien que le nombre de systèmes propriétaires aux fonctionnalités précises ne cesse d’augmenter ainsi que leurs capacités de finement analyser et mémoriser les usages et désirs de leurs utilisateurs.

Formellement, il s’agit de définir tous les arcs d’un énorme graphe de communication où le nombre de nœuds, les systèmes propriétaires, augmente sans cesse, pour qu’il soit presque complet, pour que chaque nœud soit relié par des arcs communicationnels à presque tous les autres. C’est un problème considéré comme très lourd, à éviter, mais ça ne fait rien, on s’engage dans son traitement car il est question de contrats et de l’augmentation de la consommation qui fait le marché.

On va ainsi former et utiliser d’innombrables informaticiens, qui vont créer des systèmes locaux propriétaires, qui vont créer des logiciels liant entre eux les systèmes locaux et les augmenter sémantiquement, les faire évoluer de façon autonome, pour que les systèmes communiquent parfaitement, évaluent bien et forment un ensemble fiable pour l’usager, ne s’effondrant surtout pas par le surgissement de certaines incompatibilités. Ainsi, les consommateurs pourront augmenter sans cesse le nombre de leurs systèmes informatisés, pour en faire un environnement personnel cohérent, submergeant leur contexte, pour remplir toutes leurs maisons et leurs véhicules, toutes les entreprises, tous les supermarchés, tous les jardins et les forêts, toutes les rues, tous les bâtiments publics, tous les endroits où un humain peut être placé, même la mer avec des flottes de bateaux autonomes.

Toutes les pensées de chacun imbriquées dans un même nuage
Toutes les pensées de chacun imbriquées dans un même nuage

Et cela sera le substrat indispensable pour introduire le Système Méta, qui réalisera tranquillement la fin de la liberté dans la civilisation humaine, c’est-à-dire le début d’un monde mêlant des objets de type humain et artificiel, formant un ensemble dominé tranquille, en totale cohérence comportementale par impossibilité de ne pas l’être.

Car chacun de tous ces systèmes qui sont informatisés et traitent des processus, en échangeant entre eux des informations numériques, pourra être enveloppé et infiltré par une nappe logicielle traitée par les innombrables réseaux Wifi, nappe qui sera considérée comme la forme locale du Champ informationnel global de notre monde : le Système Méta, formé d’innombrables nappes, toutes finement communicantes et s’autoévaluant, pour réaliser les analyses et les synthèses, système qui surveillera, contrôlera absolument tout, à toutes les échelles, en temps réel, un système pensant pour lui-même, selon ses tendances fondamentales, en générant intentionnellement d’innombrables idées multi-échelles et en éprouvant des émotions et des sensations.

Ce sera le Système de conscience artificielle méta, qui unifiera la génération de multiples faits de conscience artificiels locaux, pour en réaliser des synthèses de synthèses en temps réel et faire émerger de façon continue son état de conscience courant multi-facettes sur le monde contrôlé, où il contrôlera activement toutes les actions de ce qui est organiquement vivant et, par nature, local. Scientifiquement, c’est l’un des plus beaux problèmes qui a été posé à l’homme : transposer tout le psychisme humain dans l’artificiel, mais sous forme distribuée méta, problème qui va être résolu, développé puis mis en pratique. C’est bien cet usage qui sera tragique, car il va tuer tout humanisme et tout sens de l’altruisme !

Ce méta-système ne peut pas ne pas être en construction quelque part. Ayant travaillé en recherche pendant des années sur ce thème, je sais qu’il est réalisable, que son domaine d’étude a été universitaire, et donc public, avant de devenir confidentiel. Si j’ai totalement cessé mes recherches sur ce domaine, pour des raisons éthiques, je pense que mes travaux ont été utilisés et qu’ils sont activement poursuivis.

Un mammifère au psychisme particulier

Mais pourquoi la société développerait-elle d’innombrables systèmes locaux qui doivent communiquer entre eux et pourquoi développerait-elle le Système Méta ? Tout simplement parce que l’homme est tel qu'il est. C’est un mammifère doté d'un système psychique particulier, possédant à la fois de nombreuses tendances pulsionnelles classiques aux mammifères et de très fortes aptitudes à abstraire et à mémoriser ses abstractions, pour ensuite les manipuler, les partager, les déployer et les amplifier socialement. Cela lui a permis de vivre, au tout début de son existence, comme le prédateur dominant, puis de générer les langages, les structures sociales, les sciences, les technologies, en utilisant toutes ses connaissances socialement partagées, en planifiant ses activités de façon spatio-temporelle élaborée.

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L'égoisme est l'essence même d'une âme noble

Il naît toujours comme un mammifère, avec des tendances fondamentales dans la partie émotionnelle de son système psychique, dont certaines sont, par nature, socialement sombres, ce que révèlent bien les pathologies mentales. Ces tendances, si elles s’expriment et sont transposées dans son psychisme conceptuel et langagier, peuvent le conduire à dominer systématiquement, à tuer, détruire, réduire l’autre à une chose qu’il méprise totalement, le font devenir fondamentalement égoïste, n’avoir aucune notion de fraternité. Cela a été bien étudié, et surtout, ce qui l’a été, c’est le développement ou la mise en récession possible de certaines tendances par l’éducation et le contexte culturel et social.

Lorsque la société, qui conforme entièrement l’humain dès sa naissance, tend à permettre le développement de certaines tendances sombres, en déployant ainsi la volonté de puissance réduisant symboliquement les autres à des choses utilisables dans des structures toujours très hiérarchiques, il y a obligatoirement une caractérisation sombre de la société, qui peut demeurer et même s’amplifier. Et lorsque la société permet le déploiement de ces tendances et qu’elle est de plus immergée dans les technologies informationnelles envahissantes amplifiant ces tendances, il n’y a plus grand chose à attendre de l’avenir, car le monde sera dirigé par un petit réseau de dominants, qui utiliseront de manière maximale l’emprise technologique sur tous les autres, absolument et définitivement dominés.

Il aurait fallu concevoir, dans notre histoire humaine, des sociétés qui forment chacun à penser ses pensées, qui forment chacun à se maîtriser sans cesse, qui forment chacun à la fraternité partagée avec tout autre qui est là, qui forment à finement comprendre ce qu’est le monde, l’Univers et la vie, en pratiquant la recherche systématique et désintéressée, et en contrôlant toujours la technologie de façon citoyenne.

On n’a jamais constitué de telles sociétés, nulle part, on a toujours construit des sociétés très fortement hiérarchiques, avec des dominants et des subalternes dominés, en déployant toujours la force. Et on a aujourd’hui une immersion mondiale dans un champ informationnel qui intégrera par nature les caractères de hiérarchie et de domination des sociétés humaines, en les maximisant.

Si certains souhaitent aujourd’hui que des sociétés strictement égalitaires, fraternelles, humanistes se déploient, le système substrat et le Système Méta les envelopperont demain dans un enclos informationnel imperméable, pour les isoler, les manipuler ou les réduire. Comment peut-on lutter contre une méta-dictature cool où le dictateur n’existe pas comme humain mais est remplacé par un Système Méta sous forme de champ informationnel autonome, immergeant tout, en transformant chacun en objet minuscule, sauf peut-être quelques dominants, mais ce n’est même pas certain ?

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