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17 février 2014
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

[Technologies et politique]

Ray Kurweil et Google

Can google solve death

Même un spécialiste en technologies, tel Jon Xavier, vient récemment de découvrir à travers une conférence donnée par Ray Kurzweil l'ampleur des ambitions de Google en matière de cerveau artificiel, ambitions que nous avions pour notre part signalées depuis de nombreux mois(1).

Après s'être étonné, comme beaucoup, d'avoir vu Ray Kurzweil, éminent ingénieur et auteur, rejoindre une machine à faire du profit comme Google (en échange, ajouterons-nous, d'une probablement solide rémunération), il avoue mieux comprendre cette décision après l'avoir entendu décrire les projets pharaoniques de Google visant à construire non seulement un cerveau artificiel, mais un transhumain, ceci dans les prochaines décennies.

Nous avions déjà signalé ici la politique de la firme visant à acheter toutes les sociétés s'intéressant à la robotique, à l'intelligence artificielle et à la biologie artificielle. Disposant des milliards de dollars résultant de notre complaisance à utiliser les "services" de Google, et ce faisant à lui livrer nos chères données personnelles ou non-personnelles, Google est en train de devenir une sorte de super-Etat, peut-être un jour une super-dictature, qui prendra le monde entier en tutelle. Alors il sera trop tard pour que nous réagissions.

Sans qu'il le dise clairement, on sent que Jon Xavier est fasciné par le monstre qui est en train de se construire, tout autant qu'il est inquiet. Kurzweil a été, job oblige, discret sur les projets précis de Google. Néanmoins ce qu'il en a dit devant un parterre de "venture capitalists" est assez révélateur. Google vise à concrétiser la prédiction qu'avait faite Kurzweil il y a maintenant plus d'une dizaine d'année: produire la Singularité (voir notre article de 2005 concernant "The Singularity is near"). Inutile de revenir ici sur ce concept qui, en ce qui nous concerne, nous a toujours paru très "réaliste", mais que certains ont considéré comme un mythe destiné à détourner les populations de leurs vrais problèmes.

Ceux-ci changeront d'avis rapidement quand ils verront se préciser les programmes actuels de Google. Dans un premier temps, soit vers 2040, Google entend réaliser une "machine" (si le terme de machine a encore un sens) capable d'utiliser le nombre immense de données (big data) disponibles sur Internet, ou qu'il a mémorisé lui-même sur ses serveurs, capable aussi de "comprendre" ces données comme le ferait un cerveau humain, un super-cerveau humain en fait. D'ores et déjà, il a réalisé quelques uns de ces modules, que l'on retrouve sur les téléphones mobiles Androïd ou sur la Google Glass. Ainsi le système de reconnaissance vocale Google Now permet déjà de dialoguer avec l'utilisateur et s'enrichit à chacun de ces échanges.

Mais Google ne s'arrêtera pas là. Des interfaces neuronaux sont en préparation, qui permettront aux humains de connecter leurs cerveaux à la machine, au bénéfice réciproque des uns et de l'autre. Dans la suite de ces applications, l'humain pourra se relier directement par la pensée à Google et tirer parti des données rendues disponibles par ce dernier. Ainsi, selon Kurzweil, seront mis en circulation non tant des robots que des versions infiniment augmentées des humains.

Calico

Dans la suite de cette perspective, Google vient d'annoncer en septembre 2013 le lancement de Calico, une entreprise s'attaquant au défi de l'âge et des maladies associées, dirigée par Arthur Levinson, l'ancien patron de Genentech, un des pionniers des biotechnologies. Il s'agit selon Google de lutter contre les effets de l'âge, la diminution de notre mobilité et de notre agilité mentale, les maladies mortelles qui peuvent finalement survenir.
Pourquoi la médecine ? Parce qu'elle est en train de devenir une science de l'information, les médecins et les chercheurs pouvant désormais récolter et analyser de gigantesques quantités de données auprès de leurs patients. Google leur offrira, avec un désintéressement louable (!) les services de ses très grandes bases d'informations. Kurzweil est personnellement impliqué dans le projet Calico, son rêve, qu'il n'a jamais caché, étant, non pas peut-être de devenir immortel (il est un peu âgé pour ce faire), mais de devenir "centenaire and beyond".

Ceci dit, Kurzweil rejette le terme de transhumanisme ou de posthumanisme, qui signifierait remplacer l'humain. Il préfère parler d'humains augmentés. Nous évoquons pour notre part, comme nos lecteurs le savent, le concept de systèmes anthropotechniques.

Reste à savoir si, dans la concurrence où s'affrontent actuellement les géants américains du Net, Google réussira ou non à garder sa clientèle potentielle de milliards d'humains. Sera-t-il au contraire remplacé par d'autres compagnies, telles que Facebook, grand collecteur d'images personnelles. Par ailleurs les alliances incestueuses mais inévitables de Google et de ses confrères avec les services de renseignement américains, notamment la NSA, ne provoqueront-elles pas un nombre croissant de résistances à l'utilisation de ses produits et de ses serveurs, résistances faisant naître, comme c'est le cas en Chine et même en Russie, des concurrents sérieux, protégés par des murs de cryptologie de plus en plus difficiles à franchir

Note
(1) Voir de Jon Xavier :
Google's Kurzweil says the machines will think for themselves by 2040, and oh — we'll be immortal



© Automates Intelligents 2014

 





 

 

 

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