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10 mai 2014
par Jean-Paul Baquiast
[Sciences, technologies et politique]

La future Route de la soie
envisagée par la Chine



Future route de la soie

L'agence de presse chinoise semi-officielle Xinhua News Agency a récemment donné des précisions sur un grand projet envisagé par la Chine appelé "Nouvelle Route de la Soie" [en allusion à l'ancienne route de la soie qui reliait la Chine à l'Europe avant le XVe siècle]. Il s'agissait à l'époque d'un réseau de routes commerciales entre la ville de Chang'an, en Chine, à la ville d'Antioche en Syrie médiévale.

Par ce faisceau de pistes, à partir de -500 avant JC., transitèrent de nombreuses marchandises précieuses, soie et épices notamment, Marco Polo s'était rendu célèbre en l'explorant. A partir du XVe siècle, la Route fut abandonnée au profit de la voie maritime. La première route de la soie a fait incontestablement la fortune des négociants qui l'utilisaient, comme celle des villes traversées. Elle a enrichi aussi les nombreux brigands qui prospéraient sur ses bords.

A partir de 2011, la Chine fit connaître son intention de relancer, avec des moyens modernes, l'ancienne route de la soie, tant par la voie ferroviaire et routière que maritime. Il s'agira en premier lieu de développer des infrastructures terrestres et maritimes dont le coût sera considérable, compte tenu du nombre et de l'immensité des pays traversés. La carte publiée par l'Agence, reproduite ici en haut de cet article, en donne un aperçu.

A côté du transport de marchandises et de personnes, la Nouvelle route de la soie est présentée comme devant créer, sur le mode du libre-échange négocié, de nombreuses zones commerciales et industrielles susceptibles de servir la croissance des pays concernés. Compte tenu de l'importance des investissements qu'elle réalisera à cette occasion, la Chine pourra en retirer l'essentiel des bénéfices : exportation de produits de consommation ou d'équipement, comme de main d'oeuvre, prise de participation en capital dans les infrastructures et entreprises des pays traversés. On note sur la carte que la Route ira jusqu'aux grands centres commerciaux du Rhin, mais qu'elle contournera la France, dont la Chine peut sans doute craindre des réactions protectionnistes, sinon nationalistes.

Si le projet est lancé, il s'agira incontestablement de la première concrétisation d'un grand ensemble géopolitique en négociation actuellement, dit Euro BRICS. Concernant les pays européens, y compris la France, au lieu de s'enfermer dans une attitude défensive, la bonne réaction serait,de négocier avec la Chine et la Russie des participations sur un pied d'égalité dans les échanges économiques qui devraient être développés. Même si l'Europe n'a pas les ressources humaines et commerciales de la Chine, elle dispose de suffisamment de moyens en recherche fondamentale et en technologies diverses pour ne pas se "faire dévorer" par la Chine. Au contraire. La route pourrait aussi être l'occasion de mettre en circulation une nouvelle unité de change commune, associant l'euro, le rouble et le yuan.

Mais il faudra pour cela que l'Europe s'émancipe de l'influence américaine. Celle-ci fera tout ce qui sera en son pouvoir pour l'empêcher de servir de terminal et de partenaire à la nouvelle route de la soie. L'Amérique a déjà pratiquement décidé que la Chine devait désormais jouer dans le Pacifique le rôle d'ennemi indispensable, jusqu'ici et encore à ce jour dévolu à la Russie en ce qui concerne l'Eurasie. Elle peine cependant à réaliser son report sur le Pacifique, même avec les encouragements récents du Japon. Voir la Chine, surtout sans doute avec l'appui de la Russie et de la plupart des pays traversés par la route de la soie, contribuer à l'organisation de foyers de développement échappant à son influence, serait pour l'Amérique une défaite majeure.

Référence
a(en chinois)


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