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La guerre mondiale du cerveau. Riposte américaine
Human Brain Project, un grand projet européen sur le cerveau humain
Relancer la coopération scientifique entre la France et l'Afrique

Février 2001
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Science et parole

L'excellente émission de La Cinquième, " Droits d'auteurs ", consacrée le 21 janvier dernier à la science, a posé plus ou moins directement au cours des discussions la question du comportement des scientifiques face aux media. Nous voudrions reprendre cette question sous un angle légèrement différent : science et parole.

Qui parle de la science dans les médias, qui parle de la science au grand public?
D'abord les scientifiques eux-mêmes, parmi lesquels -pour le meilleur (dirons certains) ou pour le pire (dirons d'autres), certains chercheurs en activité ou mandarins quelquefois retraités, qui semblent s'être fixé les consignes suivantes

  • ne jamais s'exposer si on ne connaît pas à fond la ou les disciplines dont il va être question,

  • ne jamais sortir de sa discipline, ni dans sa pratique, ni dans son discours.

  • se méfier de toute philosophie, de toute généralisation, de toute extrapolation (et donc des médias et du public, friands justement de ces questions, précisément).

Lorsqu'il s'agira cependant d'attirer sur sa recherche et sur sa personne l'intérêt des financiers, des politiques et des médias, la consigne sera de ne jamais laisser parler un autre à sa place.

Nous voyons bien les exigences très hautes de rigueur, doublées d'un rien d'égotisme, qui sont derrière ces consignes, et les respectons.

Mais il reste que la société en général, et la science en particulier, ne fonctionnent pas tout à fait selon ces règles. Laissons de côté ici les rapports de la science et de l'argent, pour nous limiter à ceux de la science et de la démocratie.

A côté de ces gardiens du temple -rassurons-nous, il existe aussi une catégorie de scientifiques vraiment "communiquants"- on trouve aussi des personnes plus ou moins compétentes qui, par intérêt professionnel ou intellectuel, s'intéressent à la science, et peuvent jouer le rôle de relais entre ceux qui savent vraiment et ceux qui ne savent rien, mais voudraient bien savoir, et ont le droit de s'informer: en d'autres termes, le public.

Nous pouvons placer dans cette catégorie les journalistes, mais aussi les enseignants, les philosophes, et plus généralement, ceux-ci ne recoupant pas nécessairement ceux-là, tous ceux qui se mettent aujourd'hui à discourir sur Internet à propos des sciences et des technologies. Un représentant de cette catégorie parlera de la science, ou plutôt des sciences, de la manière suivante :

  • il fera certainement un certain nombre d'erreurs. Mais ceci, tout en animant les débats, permettra aux sapiteurs d'intervenir et de corriger,

  • il mélangera peut-être les choses. Mais cela permettra d'établir des ponts intellectuels entre disciplines, comme entre la science et le reste de la société. Les scientifiques seront les premiers à tirer parti de certaines analogies, même hasardeuses. Nous sommes assez séduits, pour notre part, par l'anarchisme méthodologique prôné en son temps par Paul Feyerabend... qui est mort honni de tous, il faut bien l'avouer,

  • il aura tendance à faire "futuriste", en faisant naître des espoirs ne tenant pas compte des "réalités" de toutes sortes. Mais  il pourra contribuer à provoquer certains déblocages intellectuels non justifiés,

  • il abordera des sujets jugés sensibles par certains scientifiques (par exemple l'éthique, la place de l' "homme " ) en termes politiquement incorrect. Mais là encore, cela aidera à dégeler des morales pas toujours désintéressées,

  • il va surtout disputer le verbe aux mandarins, et ceci (même longtemps après 1968), sera jugé difficilement pardonnable par cette dernière catégorie.

Quelle conclusion provisoire proposer ?

Sûrement le fait qu'il y a place pour de nombreuses voix dans le royaume de la science et dans celui de l'imagination, laquelle est à la source de l'invention scientifique et technique. Que chacun suive donc son chemin comme il pense pouvoir le faire, avec le plus de rigueur possible. La compétition darwinienne entre les différents types de démarches sélectionnera bien certaines pratiques adaptées aux besoins du temps.

© Automates Intelligents 2001

 

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