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La guerre mondiale du cerveau. Riposte américaine
Human Brain Project, un grand projet européen sur le cerveau humain
Relancer la coopération scientifique entre la France et l'Afrique

31 Mai 2001
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

L'éternel problème de la relation entre recherche et industrie

Les journées Laval-Virtual 2001 nous ont permis de rencontrer un certain nombre de chercheurs français travaillant dans le secteur de la réalité virtuelle. La plupart d'entre eux disent qu'ils ont le plus grand mal à trouver des débouchés à leurs recherches, même quand celles-ci sembleraient devoir intéresser les entreprises. Au contraire de ce qui se fait spontanément dans d'autres pays, notamment au Québec (sans mentionner les Etats-Unis), il semble qu'en France une barrière s'établisse spontanément entre une innovation de laboratoire et sa réutilisation par un investisseur. On a longtemps incriminé chez nous le peu d'esprit "business" des universitaires, leur refus de prendre en considération les contraintes économiques. Mais ceux-ci, aujourd'hui, se plaindraient plutôt du peu d'audace des entreprises. Celles-ci leur paraissent encore attachées à des outils et produits d'une génération précédente, et ne pas percevoir ce qu'elles pourraient obtenir d'un renouvellement progressif des méthodes et approches.

Dans ces conditions, c'est moins l'argent pour initialiser une recherche qui manque au laboratoire, que les sommes beaucoup plus importantes, nécessaires pour développer le prototype et en faire un produit industriel. Seules les entreprises sont capables de prendre en charge les dépenses correspondantes. Mais elles ne le feront que si elles ont des stratégies d'attaque des marchés beaucoup plus novatrices et ambitieuses

Un certain nombre de projets sont financés par les programmes européens de Recherche-développement. Ceux-ci associent en général une dizaine de laboratoires et d'entreprises de divers pays européens, ou de pays voisins tels que la Confédération Helvétique. On pourrait penser qu'alors la retombée du prototype est assurée. Les entreprises ayant bénéficié du financement (en général aux alentour de 30 à 50% du coût total), assureront la valorisation du résultat. Or la plupart du temps, ce n'est pas le cas. Chacun des partenaires encaisse le financement européen, mais généralement le produit obtenu va finir son début d'existence sur une étagère - ou, par des voies détournées, chez un grand industriel d'outre-atlantique qui, lui, sait l'intégrer à son offre.

Ceci n'est pas nouveau. Le reproche a été formulé depuis les premiers financements européens de la recherche, via les programmes Esprit. Un remède a été souvent évoqué, mais il n'aura de chances de succès que si des volontés publiques fortes se manifestaient. La multitude de petits bénéficiaires du saupoudrage est trop attachée au système actuel pour que les choses changent.

Ce remède est simple. Il faut mettre en place des programmes lourds, faisant n'en déplaise aux esprits libéraux, fortement appel aux fonds publics. Ces programmes doivent viser des objectifs stratégiques supposant eux-mêmes une réelle mobilisation des moyens de recherche et de développement. C'est ce que font les Etats-Unis avec leurs programmes spatiaux, militaires et de sécurité. La relance d'un programme énergétique annoncée par le Président Bush procédera de même. Dans de tels programmes, les universités comme les entreprises trouvent amplement matière à travailler de concert. Mais elles doivent alors faire en sorte que leurs résultats soient utilisables et performants, sauf à se voir disqualifier pour de prochains tours. Et les normes d'accréditation sont très sévères. Le secteur privé, dans un second temps, récupère produits et savoir-faire pour approvisionner le reste du monde à des conditions tuant d'emblée la concurrence.

Tant que l'Europe ne se dotera pas de tels programmes, nos laboratoires et nos start-up risquent de devoir se borner à amuser la galerie.

© Automates Intelligents 2001

 

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