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Sommes nous à la veille
d'une méta-transition vers une intelligence globale ?
Les promoteurs du projet Webmind (voir http://www.realai.net/SingularityPath.htm
) évoquent le concept de Metasystem transition, proposé
semble-t-il pour la première fois par Turchin en 1973 dans
son livre The phenomenon of man : a cybernetic approach to human
evolution. Ce concept, lancé avant l'apparition de l'Internet,
est repris et appliqué par Ben Goertzel et ses collègues
dans le domaine de l'évolution de l'Internet(1).
Le phénomène, qualifié de méta-transition ou
méta-mutation, résulte d'une série de mutations qui
se conjuguent dans un temps très court, et qui survivent compte-tenu
des avantages compétitifs qu'elles apportent aux systèmes
hôtes. C'est ainsi que certains neurologues expliquent l'apparition
très rapide du cortex associatif dans le cerveau humain comme une
conséquence de l'accroissement, non gérable autrement, de l'afflux
des données en entrées provoquées par le perfectionnement
et la conjugaison des organes sensoriels, et surtout par le développement
du langage comme facteur déterminant de la cohésion dans les
groupes sociaux. Marceau Felden a repris cette hypothèse dans son
livre, que nous analysons par ailleurs, pour expliquer l'expansion brutale
de l'homo
sapiens(2).
Les théoriciens de la méta-mutation s'intéressent
particulièrement à ce qui serait aujourd'hui susceptible de
se passer sur le réseau Internet. L'accroissement exponentiel des
utilisateurs connectés et des contenus échangés pourrait
donner naissance à un super-organisme virtuel, au profil inimaginable
aujourd'hui. La multiplication des moteurs d'indexation et de recherche dits
intelligents ou autonomes serait le phénomène déclencheur
de cette mutation. Nous nous trouverions en fait devant une transition
pilotée par des agents ressemblant à des systèmes
auto-adaptatifs (fonctionnant en partie comme des réseaux de neurones
récurrents).
On peut penser que certaines puissances politiques voudront s'approprier
le phénomène, en le mettant au service de leurs
intérêts de puissance. Les réseaux tels qu'Echelon permettant
de capter tous les flux échangés, ou presque, complétés
de systèmes évolués d'intelligence artificielle,
représenteraient la partie visible d'une entreprise sur laquelle,
on le comprend , les agences fédérales ne souhaitent pas
communiquer. Encore faudra-t-il, pour que l'entreprise réussisse,
que le phénomène de la méta-transition puisse être
maîtrisé. Or l'ennui ou l'avantage de tels réseaux
auto-adaptatifs est qu'ils s'adaptent comme le hasard et la sélection
en décident, sans que les résultats de leur évolution
puissent être anticipés. C'est là que l'idée de
mieux étudier ces êtres nouveaux de l'intelligence artificielle
évolutionnaire - idée que nous comptons défendre -
paraît s'imposer.
Une autre idée plus ambitieuse est que, si des minorités comme
celles émanant des "élites scientifiques" des pays européens
étaient capables de réaliser pour leur compte de tels réseaux
auto-adaptatifs et d'en ensemencer le web, celui-ci s'engagerait peut-être,
brutalement, dans des méta-transitions ou méta-mutations qui
ne seraient plus, cette fois-ci, conçues comme devant renforcer la
domination déjà grande qu'exercent nos amis américains.
Nous aurions peut-être des mutations plus ouvertes, donnant naissance
à une intelligence globale au service d'un méta-organisme nouveau
et original, s'étendant - on peut toujours rêver - à
l'humanité entière.