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La guerre mondiale du cerveau. Riposte américaine
Human Brain Project, un grand projet européen sur le cerveau humain
Relancer la coopération scientifique entre la France et l'Afrique

15 Décembre 2002
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Un besoin vital et urgent :
la modélisation des grandes évolutions climatiques et géophysiques

Imaginons un tel paysage dans la Beauce © photo : Antartica.orgLe lecteur trouvera ci-dessous, en guise d'éditorial, la conclusion d'un livre à paraître prochainement, que nous avons écrit avec Alain Cardon, sous le titre "Entre science et intuition, la conscience artificielle". Il s'agit d'un thème d'intérêt constant pour notre revue, sur lequel nous souhaitons encore insister, notamment à l'occasion de la remise de la médaille d'or du CNRS à Claude Lorius et Jean Jouzel, paléoclimatologues français http://www.cnrs.fr/cw/fr/pres/compress/medailleOr2002/, pour leurs travaux sur les archives glaciaires http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/medailleor/.

Nous avons présenté trois exemples de la façon dont l'utilisation de systèmes d'observation auto-adaptatifs, dits aussi conscience artificielle, pouvait aider les hommes à mieux maîtriser leur évolution. Nous avons pris trois exemples très différents: la lutte contre les risques majeurs industriels, le dialogue démocratique sur les choix de société, l'exploration (en association avec la robotique) des milieux dangereux ou inaccessibles.

De très nombreux autres domaines d'application, d'autant plus importants que les sociétés deviennent, dans le monde entier, de plus en plus complexes et incompréhensibles par l'intelligence ordinaire, pourraient être évoqués.

Mais beaucoup de nos concitoyens continueront à considérer que le recours aux vieilles méthodes d'aide à la décision, voire l'absence de toute méthode et l'appel à l'intuition sinon au Bon Dieu, suffiront pour résoudre, encore quelques temps, les difficultés qui s'annoncent.

Aussi nous ne terminerions pas ce livre avec l'intensité dramatique qui convient si nous n'évoquions pas le risque des risques, celui qui frappera l'humanité, dès ce siècle et peut-être dans quelques décennies.

Beaucoup de grands risques nous menacent. Les uns sont d'origine humaine, dont le plus grand est celui d'une confrontation aveugle entre super-puissances et populations de plus en plus tentées par l'apocalypse. D'autres, plus grands encore, sont naturels, mais de probabilité relativement lointaine : éruptions dévastatrices ou rencontre avec un astéroïde suffisamment puissant pour détruire la biosphère.

Il est un danger souvent évoqué, mais dont on ne mesure pas encore assez les effets catastrophiques, au moins dans l'hémisphère Nord. C'est celui d'un retour prochain à un âge glaciaire, analogue à ceux qu'a connu de façon répétitive la Terre depuis 2 millions d'années. En quelques décennies, l'Amérique du Nord et l'Europe pourraient disparaître sous des islandsis de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, contre lesquelles toutes les ressources des technologies modernes ne serviraient pas à grand chose. Les tropiques ne seraient pas mieux lotis, vu les effets en retour d'une telle glaciation.

Plusieurs causes peuvent survenir pour provoquer un tel changement. Certaines semblent hors des possibilités d'action de l'homme, pour le proche avenir du moins. Les scientifiques évoquent l'ovalisation de l'orbite de la Terre, l'oscillation de son axe de rotation, le basculement des pôles… Mais il est une cause qui est de mieux en mieux étudiée, à partir des travaux des paléoclimatologues et des simulations sur ordinateur prenant en compte la probable élévation de la température des mers. Ce serait la disparition du grand courant océanique global, nommé le Gulf Stream dans l'Atlantique Nord, qui résulte de la plongée des eaux froides arctiques, le long de la côte du Labrador, et de la remontée correspondante d'eaux chaudes tropicales, le long de la Floride puis vers l'Europe. L'arrivée massive d'eaux chaudes résultant de la fonte des glaces arctiques bloquerait probablement tout le mécanisme. Faute de Gulf Stream, de grands glaciers recouvriraient à nouveau les pays occidentaux. Il faudrait alors attendre plusieurs millénaires avant qu'ils ne fondent à nouveau.

Ainsi, paradoxalement, le risque le plus grand du réchauffement d'origine humaine ne serait pas la montée des eaux océaniques mais un retour à un âge glaciaire qui paralyserait, non plus cette fois les pays du Sud, mais ceux du Nord. Ceux-ci pourtant sont si fiers de leurs technologies qu'ils n'estiment pas nécessaire de prendre la moindre précaution quant à la maîtrise de leurs rejets de gaz à effets de serre.

On dira que les scientifiques ne sont pas d'accord sur la probabilité ou les délais de survenances de tels événements. Ceux qui ne veulent pas changer leurs habitudes de consommation-pollution plaident le caractère incertain ou contradictoire des modélisations, l'absence de lois "scientifiques" déterminantes. On fera valoir qu'il existe d'autres risques, peut-être aussi grands. Peut-être.

Il faut savoir que les données déjà disponibles pour comprendre les données climatiques et géophysiques, ou celles qu'il faudrait saisir par des capteurs multiples disséminés dans les milieux naturels, sont et seront de plus en plus nombreuses et variées. Aucun esprit humain normalement constitué, même assisté par des modèles informatiques traditionnels, n'est aujourd'hui capable d'en tirer les enseignements nécessaires. Le risque est alors jugé lointain par l'opinion. Les quelques chercheurs qui s'intéressent à ces questions et tirent la sonnette d'alarme restent désespérément isolés et sans moyens de recherche accrus. En conséquence, des phénomènes peut-être catastrophiques, qu'il serait encore temps de prévenir par des mesures drastiques, sont probablement en train de se produire en silence dans les profondeurs de l'océan et de l'atmosphère. Or nous avons cru pouvoir montrer, dans ce livre, qu'au contraire, des systèmes d'intelligence artificielle adaptative, du type de ceux que nous avons présentés, mais fonctionnant à de bien plus grandes échelles, pourraient très rapidement devenir les veilleurs globaux dont l'humanité aurait désespérément besoin.
Pour de tels systèmes, la multiplication quasi illimitée des capteurs, l'éclatement des unités de traitement des données en de très nombreux points distribués sur la planète, ne constitueraient pas des obstacles insurmontables… Au contraire. Plus le réseau serait dense et constamment évolutif, plus les diagnostics produits pourraient être pertinents. L'accroissement exponentiel des puissances de calcul, du débit des réseaux et de l'efficacité des senseurs et effecteurs affectés à de tels systèmes d'observation permettront alors la mise en place, au profit de l'humanité entière, d'une véritable conscience globale face aux méga-évolutions de la Terre et du Cosmos.

Nous en aurions de plus en plus besoin pour prendre les mesures préventives qui sont encore à notre portée. C'est bien là qu'il faudrait parler aujourd'hui de principe de précaution.

© Automates Intelligents 2003

 

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