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La guerre mondiale du cerveau. Riposte américaine
Human Brain Project, un grand projet européen sur le cerveau humain
Relancer la coopération scientifique entre la France et l'Afrique

9 avril 2004
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Réintroduire le développement scientifique au coeur du projet politique
Un nouveau rôle pour les régions

Le gouvernement vient de donner satisfaction aux demandes des collectifs de chercheurs. C'est une excellente chose. Il a eu le mérite de reconnaître qu'il ne s'agissait pas là de revendications corporatives, mais d'un enjeu majeur pour la France. Le nouveau ministre, François d'Aubert, s'est exprimé dans le 7/9 de France Inter du 8 avril en termes très forts, que nous aurions tous aimé entendre dans la bouche, non seulement de la ministre précédente, mais de bien d'autres ministres de la recherche antérieurs. Espérons que les actes suivront les intentions. Pour cela, il faut continuer à débattre. Notre revue souhaite faire écho à ces débats, le cas échéant y participer.

De récentes enquêtes l'ont montré : les  Français sont attachés à la place de notre pays parmi les grandes nations scientifiques. Il s'agit d'une tradition héritée de l'âge des Lumières.
Chez-nous la science est toujours apparue comme fondant la compréhension rationnelle de l’univers. Avec le développement des technologies, elle porte aussi l'espoir d'apporter des améliorations essentielles à la situation des populations défavorisées. C'est sûrement pour cette raison que l'on considère généralement en France que l’essentiel des recherches scientifiques doit être financé sur fonds publics et réalisé dans des laboratoires échappant à la pression trop immédiate du marché. Le capitalisme libéral ne refuse pas la science, mais il la réserve aux domaines qu’il estime rentables à court terme. De ce fait, il en limite considérablement la portée.

Mais il ne faut pas être trop optimiste. Si les pouvoirs publics, comme les scientifiques eux-mêmes, donnent de la science une image autoritaire, dont les objectifs et les moyens sont décidés par des technocrates, sans dialogue réel avec les citoyens, ils provoquent des rejets. Nul n'ignore qu'aujourd'hui, les sciences et technologies sont, à tort ou à raison, souvent contestées, aussi bien en France que dans d'autres pays européens. Dès lors, si l'on veut, comme nous le proposons ici, réintroduire le développement scientifique au coeur d'un projet politique européen, il est nécessaire de prendre toutes les précautions pour éviter les malentendus et procès d’intention. Il n’y a pas de bons objectifs s’ils ne recueillent pas l’accord des citoyens. Encore faut-il que ces derniers puissent participer aux débats. Encore faut-il pouvoir discuter, écouter et,t si besoin est, s’accorder sur des solutions intermédiaires susceptibles de susciter des consensus.

Mais comment faire pour instaurer de tels débats ? On sait que les collectifs de chercheurs vont dans le courant de l’année 2004, à leur initiative et peut-être aussi dans le cadre de groupes de travail mis en place par le ministère de tutelle, préciser la conception qu’ils se font de l’avenir de la recherche en France. Mais à notre avis, cela ne suffira pas. Le risque de l’enfermement dans des discussions de spécialistes sera grand. Le public ne se sentira pas immédiatement concerné. Il ne verra pas comment des politiques publiques scientifiques audacieuses pourraient changer son avenir

Dans le manifeste que nous avons mis en ligne il y a quelques semaines (www.europe-puissance-scientifique.org), ainsi que dans le cadre du colloque en préparation qui lui est lié(1), nous montrons que l’Europe est sur le déclin en termes de puissance politique et économique, précisément parce qu’elle n'a pas pris conscience de la nécessité des investissements scientifiques et technologiques qui fondent la puissance de ses rivaux, Etats-Unis, Japon et bientôt Chine. Ce qui nous paraît vrai pour l’Europe nous paraît l’être aussi pour la France. C’est de cela qu’il faut convaincre l’ensemble des Français, ceux notamment qui souffrent le plus de la mondialisation libérale et de la perte de potentiel de notre économie. Il faut leur montrer les nombreuses améliorations qu’apporteraient à leurs activités les retombées de recherches scientifiques dynamiques, notamment dans les sciences dites émergentes de l’informatique évoluée, des biotechnologies, des nanotechnologies et de la robotique intelligente.

La préparation de notre colloque nous a montré, grâce à quelques séminaires tenus en région, qu'il y avait là une grande attente, jusqu'à présent malheureusement non satisfaites, et que des débats nationaux ne réussiront pas à combler. C'est donc selon nous au niveau des départements et des régions que les scientifiques et les politiques qui s'intéressent à la science doivent désormais sans attendre provoquer des réunions de discussion et de concertation avec les citoyens, en parallèle à ce qu'ils pourront faire au plan national [NB: Les documents liés à notre colloque ainsi que certains des intervenants seront à disposition de ceux qui voudraient y faire appel pour alimenter les débats].

Nous ne pouvons ici entrer dans le détail des thèmes et des arguments qui devraient selon nous, dès après les élections européennes (il aurait mieux valu s'y prendre plus tôt, mais...) être mis en discussion à l’initiative de ceux qui, comme nous l'avons dit, veulent réintroduire le développement scientifique et technologique au coeur du débat politique français et européen. Bornons-nous à citer quelques rubriques :

L’Europe, de la puissance interdite à la puissance médiatrice et régulatrice

Aucun projet de redressement ne se concevra s’il ne s’insère pas dans un projet pour l’Europe. Il s’agira d’abord de l’Europe des 25, dont on peut espérer qu’elle sera dotée prochainement d’une constitution. Mais il s’agira aussi des relations qu’elle entretiendra avec ses voisins du sud et de l’est. Cette grande Europe n’aura de réalité que si elle se dote des moyens de la puissance économique, culturelle et politique. Or jusqu'à présent, les européens pénétrés de l’idéologie atlantique, s’estimaient interdits de puissance [ndlr : expression empruntée à J.C. Empereur]. Il leur suffisait de s'assurer, pensaient-ils, comme au temps du soviétisme, la protection américaine. C’est évidemment une vue de l’esprit. L’hyper-puissance américaine ne protège dorénavant plus qu’elle-même. L’Europe doit devenir - ou redevenir - souveraine. Pour cela, elle doit massivement faire appel aux sciences et technologies de souveraineté, en se rendant indépendante de ce que les Etats-Unis, la Chine et d’autres grands pays développeront pour leur compte. Ceci ne veut pas dire qu’une telle Europe devrait rivaliser en impérialisme avec ses concurrents. Au contraire, elle pourra viser à un rôle médiateur, d’abord entre les grands blocs du monde multipolaire, mais aussi entre le monde développé et le tiers-monde.

On dit souvent qu'il faudrait revenir à la régulation publique, dans un monde déréglementé par le néo-libéralisme. Peut-être, mais ce retour à la régulation ne peut s'envisager qu'au sein d'un ensemble géopolitique et économique suffisamment grand et puissant pour pouvoir, le cas échéant, se suffire à lui-même, vivre si nécessaire en autarcie. C'est le cas de l'Europe. Il n'y a que le Front National pour oser tromper l'électeur en proposant le retour au protectionnisme à l'intérieur des frontières de la France. Mais ce protectionnisme, sans être à rechercher systématiquement, serait tout à fait concevable à l'intérieur des frontières de la grande Europe. Dans beaucoup de cas, il s'imposera à titre temporaire pour protéger les développements des recherches qui seront engagées dans les secteurs estimés stratégiques où les compétiteurs de l'Europe se seront donnés des situations monopolistiques, par exemple en informatique. Les nouvelles réglementations mises en place par l'Europe seraient souvent bien accueillies et adaptées par d'autres Etats n'ayant pas l'assise suffisante pour réglementer leur espace économique et social par leurs propres forces. On le voit très clairement dans le cas du combat que mène l'Union européenne pour limiter les abus de position dominante dont se rend coupable Microsoft, combat suivi attentivement dans bien d'autres pays.

La science européenne. Comment lui redonner son ancien statut d’excellence ?

Comment redonner à la science européenne son statut d'excellence ? Par science européenne, on entendra aussi bien les recherches conduites dans chacun des Etats européens que celles pilotées par l’Union européenne, au sein des programmes-cadres (PCRD), ou par les grands agences scientifiques actuelles (ESA, CERN..) ou futures. Ce sera la conjugaison et le mise en réseau de tous ces travaux qui permettront de redonner à l’Europe un rôle équivalent à celui des Etats-Unis et, plus tard, à celui des puissances émergentes (Chine, Inde...).

Quelques suggestions :

  • Procéder tout d'abord, même sommairement, à des inventaires, montrant les forces et les faiblesses, pays par pays, ainsi que les perspectives d’évolution spontanées.

  • Discuter ensuite des perspectives souhaitables : réforme éventuelle de la technique des PCRD (axée actuellement sur la recherche coopérative à finalité applicative et commerciale), pourcentage du PIB devant être affecté à la recherche, effectifs et qualifications des chercheurs, amélioration des relations avec les industries et le secteur financier, grands projets et programmes fédérateurs (ITER, Mars, etc.).

  • Évoquer aussi la question essentielle du statut de la science au sein des institutions européennes : faut-il un ministre européen des sciences, une agence européenne de la recherche fondamentale... ? Concernant cette dernière, qui paraît effectivement indispensable, jouera-t-elle le rôle d'une Académie des sciences ou National Sciences Foundation, sur le modèle américain, ou sera-t-elle dotée de moyens de financements?

La science française

On retrouvera là l’essentiel des questions posées par les collectifs de chercheurs. Mais on s’efforcera de les éclairer à la lumière des débats précédents :

  • Qui fait quoi en France ? L’ignorance quasi générale des forces et des faiblesses du dispositif de la recherche publique (recherche universitaire incluse) ne permet aucun débat de fond sérieux.

  • Comment promouvoir la recherche avancée interdisciplinaire (fondamentale), en associant laboratoires et universités ? Faut-il affirmer que l'on fait en France trop de recherche publique à vocation industrielle ou assimilée (atome, espace, défense) et pas assez de recherche fondamentale non finalisée ? [Pour nous, la réponse est claire, il faut les deux. Les grands programmes servent à l'indépendance économique et politique, de plus ils obligent nécessairement à conduire des recherches en amont à très large spectre].

  • Comment améliorer les relations entre la recherche publique et le secteur privé. Celui-ci, on ne le dit pas assez, ne se comporte pas comme il le fait aux Etats-Unis et au Japon. Il investit peu. Le secteur bancaire et les assurances n’encouragent pas les entreprises innovantes...

  • Comment encourager les plates-formes régionales d’innovation et d’excellence associant public, privé et organismes de financement ?

  • Faut-il revoir les statuts et carrières des chercheurs du secteur public, entre le besoin de sécurité à long terme et celui de mobilité ?

  • Faut-il et comment redéfinir le rôle des grandes agences nationales de recherche (CNRS, Inserm, etc.) ?

  • Comment réformer l’enseignement et la pratique des sciences et des technologies dans le système éducatif, et ceci dès le primaire ?

  • Comment augmenter la culture scientifique citoyenne ?

  • Comment concevoir un grand ministère des sciences et des technologies, doté de quel type de budget?.

Sciences et technologies au service de l’innovation dans l’économie et pour la compétitivité internationale

Il s’agit là d’un très vaste domaine de réflexion. Nous sommes persuadés qu’il n’y a pas de secteurs productifs qui ne puissent conserver ou regagner de la compétitivité en faisant appel aux applications des sciences émergentes, notamment technologies de l’information, biotechnologies, nanotechnologies et robotique évoquées ci-dessus. Il faut se rendre compte aussi que si les divers secteurs productifs, notamment agricole et industriel, pouvaient faire plus qu’actuellement appel aux nouvelles sciences et technologies, l’économie globale en tirerait de nombreux avantages : développement des énergies renouvelables, baisse de la pollution et des gaspillages, meilleure répartition des activités sur le territoire, etc. Ceci vaut la peine d’y réfléchir et d’en discuter.

Mais faire appel à ces sciences rencontre de nombreuses difficultés, notamment en France. La première est l’ignorance, aussi bien des patrons que des salariés et des représentants politiques locaux concernés. Un énorme travail de sensibilisation, accompagnant des formations professionnelles adaptées, serait nécessaire. La seconde difficulté tient à diverses pesanteurs : refus du patron d’investir (il préfère délocaliser), inquiétudes des personnels face à de nouvelles méthodes... Mais la troisième et plus importante difficulté tient au manque, au moins apparent, de moyens d’investissement. C’est là que l’Etat et les collectivités locales pourraient jouer un rôle accru par rapport à ce qu’ils font. Mais il faudrait aussi que les grandes entreprises consentent elles-aussi à investir, notamment dans les secteurs à risques.

Chaque département, chaque région française présente des caractéristiques propres, en ce qui concerne l’état de son potentiel économique. Ceci justifie que les réflexions et travaux que nous évoquons soient d’abord menés au plan local. A ce jour, il semble que Raymond Forni, nouveau président du Conseil Régional de Franche-Comté, s'inspire de ce principe puisqu'il vient de décider de "rencontrer les chercheurs locaux pour éviter la fuite des intelligences" (Le Monde, 9 avril 2004, p. 12).

Sciences et technologies au service des grandes politiques publiques

Celles-ci resteront des voeux pieux si elles ne s'appuient pas sur les nouvelles sciences et technologies. Mais là comme précédemment, on rencontre l’ignorance, la peur du changement, le refus d’investir. Ce ne sont pas seulement les chefs d'administrations et les fonctionnaires qui sont concernés, mais aussi les hommes politiques qui décident de telles politiques, sans accepter les méthodes modernes permettant d’assurer leur succès.

Nous n’allons pas ici faire la liste des politiques publiques qui pourraient être véritablement révolutionnées si leurs promoteurs acceptaient de se donner des moyens technologiquement avancés. Bornons-nous à citer l’éducation et la formation professionnelle, l’insertion et le dialogue social, la création culturelle décentralisée, la coopération avec le tiers-monde... Mais aussi la défense de l’écosystème global, la transition énergétique, les transports publics, la lutte contre les risques majeurs...

Nous ferons cependant une mention particulière à la réforme de l'Etat et la modernisation administrative. Depuis quelques années, on a beaucoup évoqué le rôle des technologies de l'information dans ce domaine. Si quelques réalisations ont été faites, l'essentiel reste devant nous: l'instauration de véritables conditions permettant le travail coopératif efficace, l'atténuation des hiérarchies inutiles, l'encouragement à l'innovation. Par ailleurs, les TIC ne sont plus désormais seules en cause. D'innombrables technologies apparaissent maintenant qui permettront aux grandes missions publiques d'être conduites avec plus d'efficacité. Il faut les connaître et les expérimenter.

Les politiques de sécurité et de défense, intérieures et extérieures, constituent évidemment une part essentielle des responsabilités  régaliennes de l'Etat. Avec le développement prévisible (peut-être exponentiel) des actions terroristes et des guerres locales, il serait irresponsable de ne pas aborder ces sujets. Les nouvelles sciences présenteront à cet égard de nouvelles solutions et de nouveaux risques que les citoyens ne pourront plus ignorer. Il ne faut donc pas laisser le traitement de ces questions aux seuls militaires, ou à des services spécialisés. Il faudra intégrer, sur le modèle de feu la défense passive de la 2e guerre mondiale (pour ne pas mentionner les solutions de l'Etat d'Israël, qui furent longtemps des modèles du genre), les politiques de sécurité et de défense à la vie locale, en décentralisant sans doute, sous le contrôle du juge, certaines responsabilités.

La nécessaire réforme de l’approche des questions économiques et financières

Cette réforme ne peut plus être différée, compte tenu de la nécessité de consacrer de nouveaux et importants crédits publics aux sciences et aux technologies

Les collectivités publiques, étatiques, régionales ou européennes, ont deux possibilités leur permettant de financer les programmes scientifiques et technologiques: l'impôt et l'emprunt. On considère que les impôts ont atteint un niveau tel qu'ils ne peuvent plus être augmentés. Mais s'il s'agissait de dépenses véritablement vitales, on trouverait encore quelques marges. Or c'est le cas. Par ailleurs, de nombreuses dépenses, financées par l'impôt (national ou européen), correspondent à des priorités politiques à court terme, qu'il faudrait rediscuter. Prenons l'exemple de l'agriculture. Celle-ci ne serait-elle pas mieux protégée à terme par l'application de recherches visant à privilégier les productions génératrices d'énergies  et de biomatériaux verts plutôt que par des soutiens aux productions actuelles, qui coûtent des fortunes à la politique agricole commune ?

Il en est de même de l'emprunt. Certes, on ne saurait accepter que l'Etat emprunte (ou accepte un léger taux d'inflation) uniquement pour faire face à des déficits de trésorerie dus à une mauvaise gestion. Mais s'il emprunte, comme toute entreprise, pour se doter d'équipements ou de laboratoires productifs à terme, l'opération change entièrement de nature. Il faudrait donc alors  mettre en place, au plan national comme au plan européen, des dispositifs de financement à long terme adéquats.

Plus généralement, il faut bien se rendre compte que l'état de crise générale dans lequel s'engage le monde fait peser sur les sociétés occidentales une lourde responsabilité. Elles seront obligées d'accepter une véritable révolution dans leurs modes de comportements. Dans la meilleure des hypothèses, il faudra admettre une période d’austérité, en attendant que les investissements engagés, notamment dans les nouvelles sciences et technologies, aient pu produire leurs fruits. Mais il s’agira d’une austérité ne portant que sur les modes de consommation les plus gaspilleurs et les plus destructeurs, dont ne bénéficient finalement que des minorités. Elle sera compensé par un accès très élargi de tous au savoir et à la création.


Note
(1) Colloque "Indépendance de l'Europe et souveraineté technologique", 28 et 29 avril 2004, Centre de conférence Internationales, 19 avenue Kleber 75016 Paris. Programme et inscription (format pdf) ; programme (format html). Remonter d'où l'on vient

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