Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
20 octobre 2006
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin
Projet européen
ELCAT de conversion du CO2 en carburant
Aspects politiques
Nous
avons déjà signalé
la technologie
d’une entreprise américaine visant à convertir
les rejets de CO2 provenant des centrales thermiques en carburants
liquides, par l’utilisation de l’énergie de photosynthèse
de certaines algues. Le 6e programme cadre de l’Union Européenne
s’est orienté dans une autre direction. Le projet de
Recherche orientée spécifique (Specific Targeted Research
Project) baptisé ELCAT associe sous la direction de l’université
de Messine (Italie) l’Institut Pax Planck (Allemagne), l’université
Louis Pasteur (France) et l’université de Patras (Grèce).
L’objectif
est d’extraire le CO2 de l’atmosphère
et de le transformer en combustible. Ceci paraîtra
chimérique, mais pourrait devenir une réalité.
La difficulté est la grande stabilité chimique
du CO2, dont les liens sont difficiles à rompre.
Le projet se propose de développer des catalyseurs
spécifiques capables de produire des molécules
de carbone convertibles en carburants liquides.
Ce
n’est pas la première fois que l’on cherche
à utiliser des catalyseurs, sans succès notables
jusqu’à présent. Le projet européen
propose une démarche en deux phases. Dans une première
phase, la lumière solaire active un catalyseur à
base de titanium qui casse des molécules d’eau,
en libérant des ions hydrogène, des électrons
et de l’oxygène. Dans une deuxième phase,
les électrons produits servent à réduire
(oxyder) le CO2 et lier les atomes de carbone entre eux
en utilisant des catalyseurs à base de platinum et
de palladium inclus dans des nanotubes de carbone. On mesure
la complexité du processus.
Celui-ci
est suffisamment efficace aujourd’hui pour produire
des molécules d’hydrocarbone avec un rendement
de 1% à la température ordinaire. L’utilisation
massive d’énergie solaire pourrait améliorer
considérablement ce rendement.
La
solution pourrait être opérationnelle dans
une dizaine d‘années, selon le Pr Gabriele
Centi s’exprimant le 13 septembre devant l'American
Chemical Society à San Francisco.
De
telles annonces peuvent avoir des effets contradictoires.
Pour les lobbies des combustibles fossiles, elles justifieront
l’intensification de l’exploitation de ceux-ci,
puisque le CO2 pourra être récupéré.
Pour les défenseurs des sources d’énergie
renouvelables, elles montreront l’importance qu’il
y a à développer des technologies réellement
émergentes, « cutting edge » afin de
s’attaquer à la destruction du CO2 plutôt
qu’à sa séquestration, laquelle ne pourrait
offrir que des solutions temporaires.
On peut craindre que ce soit les premiers qui se fassent
entendre. Or, il suffit de comparer les milliards de tonnes
de CO2 qui seront produites dans la décennie si rien
n’est fait pour sortir de l’exploitation du
pétrole, du charbon et des schistes bitumineux, avec
les quelques milliers de litres de combustibles obtenus
dans le même temps par la destruction catalytique
de ce gaz – à supposer que la solution européenne
se révèle viable à grande échelle.
Autrement
dit, il faut certainement poursuivre et amplifier les programmes
de recherche en ce sens, mais il ne faut pas pour autant renoncer
à diviser par 4, au moins, la production de CO2
dans la décennie, comme le rappelle René Trégouët
dans l’article
que
nous lui avons emprunté et que nous publions dans ce numéro.