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10 septembre 2006
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin
Le projet UK Biobank
Le
projet britannique UK Biobank vient d’être approuvé
le 22 septembre par le Medical Research Council et le Wellcome
Trust qui le finance, à hauteur de 61 millions de livres.
L’objectif est de recruter 500.000 volontaires entre
40 et 69 ans qui accepteront de donner des échantillons
d’urine et de sang à fins d’identification
génétique. L’ADN extraite sera stockée
dans une « banque » basée à Manchester.
Parallèlement, les volontaires répondront à
un questionnaire extrêmement détaillé
concernant leur mode de vie, leur santé et leur environnement.
Le projet se déroulera sur plusieurs années
voire plusieurs décennies, afin de suivre les participants
jusqu’à leur mort. L’objectif est d’identifier
les facteurs de morbidité, en distinguant ceux qui
relèvent de l’héritage génétique
et ceux qui dépendent du style de vie. Si des gènes
liés à des maladies déjà connues
sont mis en évidence, les chercheurs rechercheront
les modifications du mode de vie ou les médicaments
susceptibles d’en prévenir les effets.
Les informations sensibles recueillies seront gardées
anonymes. Les identités individuelles ne seront communiquées
qu’à un « senior staff » de chercheurs
du projet Biobank, afin si nécessaire d’être
rapprochées du fichier des dossiers médicaux
concervé par le Service National de Santé
britannique. L’information ne sera pas communiquée
aux participants non plus qu’à leurs familles
ou à leurs médecins.
Ce projet rencontre de nombreux détracteurs. Selon
ceux-ci, d’une part, le rôle des gènes
dans l’apparition des maladies n’est jamais
assuré ; d’autre part, les questionnaires sur
les antécédents et les modes de vie ne seront
jamais assez détaillés pour être utiles.
On sait que des études de bien moindre ampleur sont
menées depuis quelques années à partir
des génomes de jumeaux vrais ayant accepté
de donner des informations sur leur état de santé
et leur mode de vie. Le Dr James Vaupel, qui dirige le Laboratoire
d’étude de la longévité au Max
Plank Institute pour la recherche démographique à
Rostock, Allemagne, considère que l’aptitude
à la longévité ne s’hérite
pas de la même façon que d’autres caractères
physiques tels que la taille. Il considère que seulement
3% des facteurs de longévité sont transmis
par les gènes.
Quelles
que soient les difficultés pour établir des
relations entre maladies, gènes et modes de vie,
nous pensons que des études de grande ampleur telles
que celles entreprises par le projet Biobank devraient être
généralisées. Nous sommes dans une
grande ignorance sur ce sujet important. Plus les données
seront nombreuses, même si elles ne permettent que
des interprétations statistiques, plus elles seront
utiles, tant aux autorités de santé qu’aux
particuliers. Accepter de continuer à ne rien savoir
serait la pire des politiques.
*
Le Wellcome Trust est une fondation privée créée
dans un but charitable en application du testament de Sir Henry
Wellcome (1853–1936). Son objectif est d'encourager les recherches
en matière de santé humaine et animale. Il consacre
un budget de £400 millions chaque année aux sciences
de la vie. Son directeur actuel est Mark Walport. http://www.wellcome.ac.uk/