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La guerre mondiale du cerveau. Riposte américaine
Human Brain Project, un grand projet européen sur le cerveau humain
Relancer la coopération scientifique entre la France et l'Afrique

9 novembre 2008
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Barak Obama
et la relance
de la science américaine




A l'intérieur du Tunnel du LHC © CERN

Si Barack Obama aura certainement du mal à satisfaire toutes ses promesses électorales(1), les Européens peuvent toutefois être certains d'une chose : il assurera l'engagement moral qu'il a pris à l'égard des scientifiques américains, en réponse à la Lettre ouverte au peuple américain que lui avaient adressé indirectement soixante-cinq Prix Nobel quelques semaines avant son élection (voir en bas de la page). Ceux-ci dénonçaient la perte du soutien du pouvoir fédéral à la recherche s'étant manifestée dans les dernières années de la présidence Bush.

Le candidat Barak Obama, exprimant en cela un point de vue très répandu chez les plus «libéraux» des Démocrates, ainsi que dans la plupart des entreprises investissant dans les sciences et les technologies, avait affirmé sa volonté de renforcer le leadership américain dans ces domaines. Pour cela, il avait promis d'en faire la priorité centrale de son administration. Dans une interview présentée par la revue Nature en septembre 2008, il déplorait le déficit de 53 mds de dollars de la balance commerciale des Etats-Unis dans les produits de haute technologie. Par ailleurs, en 30 ans, notait-il, l'Amérique était passée du 3e au 17e rang mondial pour le pourcentage d'étudiants obtenant un diplôme de chercheur.

Barak Obama avait en conséquence promis qu'il doublerait sur la prochaine décennie les crédits consacrés à la recherche fondamentale en physique, sciences de la vie, mathématiques et sciences de l'ingénieur. Par ailleurs, il s'est engagé à faire passer vers 2050 la part des énergies renouvelables à 80% des énergies consommées.

Même si ce dernier objectif est considéré comme quelque peu irréaliste – notamment compte tenu de l'opposition qu'il rencontre déjà auprès des lobbies représentant les énergies et les industries traditionnelles - il se traduira à brève échéance par des centaines de milliards de dollars versés en faveur des recherches sur les énergies nouvelles, les économies d'énergie et les moteurs propres. Les économistes défendent de tels objectifs avec plus de vigueur encore que les scientifiques, car ils y voient le principal moyen de relancer la puissance technologique américaine, en dehors des grands programmes plus traditionnels intéressant les télécommunications, l'espace, l'armement et les sciences émergentes, que Barak Obama s'est ouvertement ou implicitement engagé aussi à soutenir.

Pour donner à de tels programmes l'appui dont ils ont besoin dans l'opinion, Barak Obama s'est par ailleurs engagé à donner aux grands débats scientifiques un haut niveau de transparence et de participation des citoyens. Un poste de Chief Technology Officer sera créé afin de doter le gouvernement et toutes les agences gouvernementales de l'infrastructure et des services multimédia nécessaires à la communication dans les prochaines décennies. L'Internet à haut débit devrait être rendu disponible au profit de tous les citoyens, sans pour autant mettre en danger la protection de la vie privée. On sait par ailleurs qu'Obama dispose déjà de conseillers scientifiques de haut niveau et que l'équipe dont il annoncera la constitution dans quelques jours fera officiellement une large place à de tels conseils.

Sur le plan des rapports particulièrement difficiles aux Etats-Unis entre les sciences et les religions, Barak Obama qui n'a eu de cesse d'afficher sa foi ne se fera sans doute pas directement le champion d'une laïcité ou neutralité intransigeante de la science dans les questions controversées liées à l'évolution, aux recherches sur les cellules souches ou autres perspectives dans lesquelles les interventions intégristes des équipes politiques actuelles avaient indigné de nombreux scientifiques. Il n'est pas certain non plus qu'il allégera les contrôles de sécurité opposés à l'immigration de chercheurs étrangers qui avaient contribué à diminuer sérieusement les effectifs de nombreuses universités. Les scientifiques libéraux comptent néanmoins sur son réalisme, autant sinon plus que sur son esprit d'ouverture, pour que les restrictions idéologiques freinant le dynamisme traditionnel des laboratoires américains soient progressivement allégées.

Et l'Europe ?

La future relance de la science américaine devrait être prise très au sérieux par les responsables politiques européens, tout autant que par les scientifiques eux-mêmes. L'Europe, sauf dans certains étroits créneaux, a toujours souffert d'un retard de plusieurs mois à plusieurs années sur la science américaine. Depuis quelques mois, avec la politique véritablement rétrograde impulsée par les néo-conservateurs américains, avec le gaspillage croissant de crédits de recherche consacrés à des programmes militaires sans retombées véritables, avec le démarrage en Europe de grands programmes internationaux tels que ceux du grand collisionneur (Cern), de l'astronomie optique (Eso), de la fusion nucléaire (Iter), une impression un peu factice de sécurité avait commencé à se faire jour dans les esprits du public européen. Mais les chercheurs savent bien qu'en France, comme dans la plupart des pays européens, les budgets sont au nom de la crise toujours plus réduits, la fuite des cerveaux ou le désintérêt des étudiants pour la science se poursuivent, des enjeux majeurs de développement et de reconversion économique sont retardés.

La relance que Barak Obama et les forces politiques qui le soutiennent veulent impulser à la science et aux industries technologiques américaines n'est pas conçue pour rattraper un éventuel gap à l'égard de l'Europe, dont personne ne se soucie vraiment outre Atlantique. Elle est destinée à contrer la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de la Corée, sans oublier le Japon. Si les Européens se contentent d'observer la compétition entre superpouvoirs qui est en train d'être relancée avec la nouvelle arrivée de Barak Obama, ils auront de sérieux soucis à se faire quant à leur survie dans les prochaines années. Le même avertissement devrait d'ailleurs être adressé à la Russie. Celle-ci et l'Europe ont beaucoup de choses en commun à préserver dans ces domaines et devraient tout naturellement unir leurs ressources.

Mais qui le comprendra dans les sphères politiques européennes ? Contrairement à Barack Obama et aux élites américaines, les chefs d'Etat et de gouvernement européens, comme les chefs des grands partis politiques, continuent malheureusement le plus souvent à faire montre d'une ignorance sidérale face à la science et aux enjeux de recherche. Ils feraient bien pourtant de prendre exemple, au moins dans ce domaine, sur le futur président américain auquel apparemment chacun d'entre eux rêve de ressembler.

(1) Voir notre article politique: "Barak Obamania, la forme et le fond"
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=166&r_id=

 

Lettre ouverte au peuple américain
dans laquelle 65 prix Nobel appellent à voter pour Barak Obama

(tiré d'une traduction présentée par "Le Nouvel Observateur").

Sous l'administration de George W. Bush, des parties vitales de l'esprit d'entreprise scientifique ont été endommagées par un soutien fédéral stagnant ou déclinant. Le processus de conseil scientifique du gouvernement a été déformé par des considérations politiques. En résultat, notre ancienne position dominante dans le monde scientifique a été ébranlée et notre prospérité a été mise en danger. Nous avons perdu un temps crucial pour le développement de nouvelles voies pour fournir de l'énergie, traiter les maladies, renverser le changement climatique, renforcer notre sécurité, et améliorer notre économie.

Nous admirons l'approche du sénateur Barak Obama sur ces sujets. Nous avons particulièrement applaudi l'accent qu'il a mis, durant la campagne, sur le pouvoir de la science et de la technologie pour accroître la compétitivité de notre nation. En particulier, nous soutenons les mesures qu'il prévoit de prendre –au travers de nouvelles initiatives en matière d'éducation et de formation, d'un financement de la recherche en expansion, d'une procédure d'obtention de conseils scientifique impartiale, et d'un équilibre approprié entre recherches fondamentale et appliquée- pour répondre aux besoins les plus urgents de la nation et du monde.

Le sénateur Barak Obama comprend que le leadership présidentiel et les investissements fédéraux dans la science et les technologies sont des éléments cruciaux pour une gouvernance couronnée de succès du pays qui mène le monde. Nous espérons que vous vous joindrez à nous et que nous travaillerons ensemble pour assurer son élection en Novembre.

Signé :
Alexei Arikosov Physics 2003, Roger Guillemin Medicine 1977, Peter Agre Chemistry 2003, John L. Hall Physics 2005, Sidney Altman Chemistry 1989, Leland H. Hartwell Medicine 2001, Philip W. Anderson Physics 1977, Dudley Herschbach Chemistry 1986, Richard Axel Medicine 2004, Roald Hoffmann Chemistry 1981, David Baltimore Medicine 1975, H. Robert Horvitz Medicine 2002, Baruj Benacerraf Medicine 1980, Louis Ignarro Medicine 1998, Paul Berg Chemistry 1980, Eric R. Kandel Medicine 2000, J. Michael Bishop Medicine 1989, Walter Kohn Chemistry 1998, N. Bloembergen Physics 1981, Roger Kornberg Chemistry 2006, Michael S. Brown Medicine 1985, Leon M. Lederman Physics 1988, Linda B. Buck Medicine 2004, Craig C. Mello Medicine 2006, Mario R. Capecchi Medicine 2007, Yoichiro Nambu Physics 2008, Martin Chalfie Chemistry 2008, Marshall Nirenberg Medicine 1968, Stanley Cohen Medicine 1986, Douglas D. Osheroff Physics 1996, Leon Cooper Physics 1972, Stanley B. Prusiner Medicine 1997, James W. Cronin Physics 1980, Norman F. Ramsey Physics 1989, Robert F. Curl Chemistry 1996, Robert Richardson Physics 1996, Johann Diesenhofer Chemistry 1988, Burton Richter Physics 1976, John B. Fenn Chemistry 2002, Sherwood Rowland Chemistry 1995, Edmond H. Fischer Medicine 1992, Oliver Smithies Medicine 2007, Val Fitch Physics 1980, Richard R Schrock Chemistry 2005, Jerome I. Friedman Physics 1990, Joseph H. Taylor Jr. Physics 1993, Murray Gell-Man Physics 1969, E. Donnall Thomas Medicine 1990, Riccardo Giacconi Physics 2002, Charles H. Townes Physics 1964, Walter Gilbert Chemistry 1980, Roger Tsien Chemistry 2008, Alfred G. Gilman Medicine 1994, Daniel C.Tsui Physics 1998, Donald A. Glaser Physics 1960, Harold Varmus Medicine 1989, Sheldon L. Glashow Physics 1979, James D. Watson Medicine 1962, Joseph Goldstein Medicine 1985, Eric Wieschaus Medicine 1995, Paul Greengard Medicine 2000, Frank Wilczek Physics 2004, David Gross Physics 2004, Robert W. Wilson Physics 1978, Robert H. Grubbs Chemistry 2005,

 

En savoir plus :
Réponse de Barak Obama à 14 questions concernant la science en Amérique :
http://www.sciencedebate2008.com/www/index.php?id=42


© Automates Intelligents 2008

 

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