Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
14 mars 2011
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin
Nucléaire
français : retrouver l'esprit de service public
Implantation
des centrales nucléaires sur le territoire
Le
parc nucléaire français, deuxième au monde
derrière les Etats-Unis, compte 58 réacteurs répartis
sur 19 sites, et fournit environ 75% de l'électricité
du pays.
Sans qu'il soit évidemment possible à ce jour (14/03)
de tirer d'enseignements sérieux concernant l'utilisation
de l'énergie nucléaire en France, au regard de ce
qui se passe au Japon, il nous paraît indispensable de rappeler
ce qui nous semble être des évidences :
Les ingénieurs français du nucléaire sont
reconnus dans le monde entier comme les meilleurs du domaine.
Cela n'empêche pas les erreurs mais diminue leurs probabilités
de survenance.
Ils ont été formés dès les origines
dans l'esprit du service public à la française
: viser le long terme et non le court terme, privilégier
l'intérêt général aux dépens
des intérêts particuliers, opérer dans le
cadre d'un financement public faisant passer les meilleures
solutions techniques avant le souci de réaliser des économies
d'exploitation, refuser au maximum de se laisser instrumentaliser
par des intérêts d'entreprises ou des idéologies
politiques.
Aujourd'hui, dans toute l'Europe mais aussi en France, sous
l'influence des milieux d'affaires et des gouvernements à
leur service, un vaste mouvement de libéralisation et
de privatisation s'est attaqué aux services publics à
la française, y compris dans le secteur sensible du nucléaire.
Il en résulte que les titulaires d'emplois stables qui
sont aussi les plus expérimentés sont progressivement
remplacés par des personnels vacataires, fournis par
des sociétés sans compétences particulières.
Les témoignages abondent selon lesquels les tâches
de maintenance sont progressivement négligées,
pour le bénéfice des actionnaires. De même,
à plus long terme, les normes de sécurité
pour la modernisation des équipements ou la conception
de nouveaux équipements sont systématiquement
abaissées.
L'argument fourni est qu'il faut bien que le pris du kw pour
l'utilisateur final ne s'élève pas. Mais il
cache un argument inavouable: maximiser les profits pour les
opérateurs privés ou en voie de privatisation.
Si le consommateur final était consulté, il
préférerait certainement payer l'électricité
un peu plus cher que courir le risque d'une catastrophe à
Fessenheim où ailleurs.
La
conclusion de ce qui précède est que si l'on jugeait
nécessaire de conserver un parc nucléaire - en France
ou dans les pays européens faisant ce choix -, il faudrait
le réintégrer dans un ensemble de services publics
sur l'ancien modèle français, duquel le Japon, même
si la situation est différente, pourrait regretter de ne
s'être pas assez inspiré. Mais pour cela, il faudrait
sûrement aussi changer de système politique, c'est-à-dire
abandonner le néolibéralisme et cesser de soutenir
les gouvernants qui le représentent.