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Nous
sommes de ceux qui nous désespérons, au sens propre,
de voir que l'actuel gouvernement français laisse passer
les mois sans envisager de promouvoir quelques unes des applications
scientifiques qui pourraient donner à notre pays, et à
l'Europe en parallèle, les gains de productivité et
d'emplois que l'on recherche désespérément.
Les têtes pensantes et militantes préfèrent
à la place discuter de l'avenir des gaz de schistes et autres
machines à détruire l'environnement au profit de quelques
multinationales.
Mais
de quelles applications scientifiques parlez-vous, demanderont nos
lecteurs ? Il suffit d'ouvrir n'importe quelle revue scientifique
pour en identifier un grand nombre. Certes, il faudra un peu d'argent
et de procédures intelligentes pour encourager de tels investissements,
mais les coûts en seraient minimes au regard des retombées.
Donnons deux exemples, tirés du dernier numéro de
la revue britannique NewScientist du 25 août 2012.
Ils sont très différents, c'est pourquoi nous les
mentionnons.
Le
premier concerne la fabrication de biocarburants à
partir du recyclage biologique des eaux usées. Le thème
a été souvent évoqué, mais aucun solution
à grande échelle n'a encore été mise
en oeuvre, essentiellement, dirions-nous par manque d'intérêt
politique, face aux lobbies de l'énergie traditionnelle.
Jonathan Trent, chercheur de l'Université d'océanographie
Scripps à San Diego, Californie, propose de généraliser
un processus faisant appel à des algues, dans un mélange
d'eaux usées et d'eaux marines ou fluviales, qu'il a nommé
OMEGA (Offshore Membrane Enclosures for Growing Algae). Les bénéfices,
pour des investissements modestes, pourraient être considérables.
La
Nasa s'y intéresse. Pourquoi pas la France ? Poser
la question est y répondre. Nous n'aurons pas la méchanceté
de commenter.
Un
autre domaine, que nous avons choisi très différent,
est celui des microsatellites ditsCubesats.
Il s'agit de concevoir des engins de quelques kilos susceptibles
de nombreuses applications spatiales, en orbite basse voire sur
des planètes telles que la Lune ou Mars. Ces satellites profitent
de capacités disponibles dans les grands lanceurs. Certes,
les réaliser et les mettre en oeuvre n'est pas à la
portée du premier venu, mais des universités où
même des lycées techniques ont déjà investi
dans ce secteur, y compris marginalement en France. Les retombées,
là encore, pourraient être multiples, et les coûts,
en proportion, infimes. Mais qui en a entendu parler, à l'heure
où le robot Curiosity monopolise l'attention ? Quel ministre
de la recherche ou du redressement industriel s'y intéresse
?
Que
l'on ne se trompe pas sur ces propos. Les deux exemples cités
ne pourraient à eux seuls répondre aux besoins. Mais
il en existe des dizaines d'autres. Les coûts accumulés
ne seraient pas négligeables, mais les retombées seraient
au rendez-vous.
Si
la France disparaît des radars de la société
scientifique, elle n'aura qu'à s'en prendre à elle-même.