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L'ouragan
Sandy, qui a atteint la côte est des Etats-Unis le 30 octobre,
a produit un certain nombre de pertes humaines et de dommages matériels.
Il n'était pas au sommet de l'échelle mesurant la
force des cyclones. Sa force a décru au dessus des terres,
comme il est habituel. Néanmoins sa superficie était
anormalement étendue et sa vitesse de déplacement
au sol relativement lente, tous facteurs accroissant les risques.
Par ailleurs, d'autres circonstances ont accru le niveau des inondations,
notamment la conjonction avec de fortes marées. On peut considérer
qu'en moyenne, au plus fort du phénomène, la hauteur
de la mer le long des côtes a varié de 0,5 à
1m au dessus de la. normale.
Ces éléments devraient amener à réfléchir
sur les risques menaçant les zones littorales du monde, dans
les prochaines années et décennies, si comme il est
actuellement prévu, le niveau général des mers
s'élève d'un mètre ou davantage. Ce seront
les régions les plus peuplées et les plus industrielles
qui seront menacées, voire détruites. On ne voit guère
comment, sauf dans certaines zones favorisées, l'on pourrait
rehausser les digues à une hauteur suffisante pour protéger
les installations. Pour bien faire, il serait nécessaire
de d'élever aussi les implantations de plusieurs mètres,
ce qui signifierait souvent les déplacer vers l'intérieur
de centaines de mètres ou kilomètres, avec des coûts
que la plupart des économies ne pourront pas se permettre.
Par ailleurs, tout laisse penser que les phénomènes
tempétueux seront de plus en plus fréquents et virulents.
Concernant Sandy, certains experts se demandent si la différence
de température entre eaux chaudes et eaux froides générant
des dépressions n'a pas été accentuée,
au niveau du Deep Southerly Return Flow du Gulf Stream le long des
côtes américaines par une fonte anormale de la couverture
glaciaire du Groenland. Il est trop tôt pour confirmer cette
hypothèse, mais si des perturbations du Gulf Stream se confirmaient,
notamment au niveau de la branche transatlantique du grand courant,
dite du North Atantic Drift, qui alimente en eaux chaudes l'Europe
occidentale, il pourrait en résulter pour les pays concernés
le retour catastrophique d'un "petit âge glaciaire",
paradoxal en période de réchauffement climatique global.
Ces événements
rendent de plus en plus nécessaires les efforts pour réduire
ce réchauffement global. Mais tout montre aujourd'hui, avec
une course accélérée aux énergies fossiles
(charbon, pétrole et gaz), qu'il n'en sera rien. L'Amérique
du Nord, qui s'inscrit en tête dans cette course, en sera
donc aussi la première victime. De toutes façons,
on peut prévoir que, même avec une diminution drastique
de la production des gaz à effets de serre, l'hystérésis
du mouvement actuel de réchauffement se prolongera jusqu'à
la fin de ce siècle et au-delà. D'où la nécessité
d'envisager le pire, y compris au niveau des côtes européennes.
Celles-ci ne sont pas sujettes à des tempêtes tropicales,
mais les tempêtes dites du front polaire peuvent être
aussi fortes et dévastatrices. D'où la nécessité
de s'y préparer sans attendre.
Malheureusement
les autorités nationales et celles de l'Union sont muettes
sur ces sujets.
Ci-dessous notre hommage (en tant que marins) au trois-mats
Bounty, qui a coulé avec pertes humaines (notamment
le capitaine Robin Walbridge, 63 ans) au grand large du Cap
Hatteras, dès les premières atteintes du cyclone.
Voir
la vidéo
du sauvetage, de nuit, par l'US Coast Guard. Un
véritable exploit
We
received a distress call for Bounty at 1830 Sunday evening
October 28th that the Ship lost power and the pumps were unable
to keep up with the dewatering. At that time we immediately
contacted the USCG for assistance. A C130 was sent to there
position approximately 90 miles SE of Cape Hatteras. Sunday
morning approximately 0400, the Captain ordered all hands
to abandon ship. There were 16 Crew on board. The USCG dispatched
helicopters to rescue the brave crew. At this time, 14 of
the 16 crew members have been safely returned to land and
are in good health.
(source
)