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2 mai 2014
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Nationaliser Alstom

 

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Toutes les bonnes raisons avancées pour laisser faire en ce qui concerne Alstom ne tiennent pas quand il s'agit de la survie d'un groupe absolument stratégique pour le pays. Les règles du capitalisme libéral ne doivent plus alors être évoquées.

On peut imaginer ce que ferait Barack Obama si une entreprise européenne voulait racheter 70% des activités de Lockheed Martin ou même de ... General Electric.

Or c'est le démembrement d'Alstom qui sera inévitable si le gouvernement ne fait rien. L'on a appris que, le 30 avril, le conseil d'administration d'Alstom avait soutenu à l'unanimité la solution de reprise de la branche énergie par le groupe américain General Electric (GE). Il s'était toutefois engagé à examiner toute autre proposition qui lui serait présentée. Siemens, le géant industriel allemand, qui s'était mis alors aussi sur les rangs, aurait fait parvenir une seconde lettre d'intention dans laquelle il présenterait une proposition plus "généreuse" que sa lettre d'intention précédente : en échange des actifs d'Alstom dans l'énergie, il ne proposerait plus seulement son activité en difficulté dans les trains à grande vitesse mais aussi dans les trams et les métros.

Dans les deux cas cependant, GE ou Siemens, il apparaît que quel que soit le repreneur, au stade actuel et compte tenu des solutions proposées, Alstom sera démantelée. Or si l'Etat laissait partir les équipements énergétiques du groupe dans des mains étrangères, que ce soit GE ou Siemens, il se couperait d'une donne stratégique. La "transition énergétique" annoncée précédemment par François Hollande, ne pourrait se concevoir. Les groupes responsables de ce programme considérable, EDF, GDF-Suez, Areva ne pourraient l'envisager sans des négociations avec un Alstom resté pleinement national. Si au contraire le capital technique d'Alstom passait dans des mains étrangères, ce serait toute la filière énergétique française, ayant exigé des années et des dizaines de milliards à mettre sur pied, qui se trouverait fragilisée.

Si l'offre de Siemens, à cet égard, pouvait être considérée comme moins dangereuse pour cette filière que celle de GE, il ne faut pas se faire d'illusion. Siemens restera avant tout Siemens, c'est-à-dire qu'il ne fera aucune concession politique à des projets encore fumeux avancés par la France sous le nom d'"Airbus de l'énergie". On le comprendrait d'ailleurs. Rappelons que la France, en la personne de Valéry Giscard d'Estaing et sous la pression des intérêts industriels qu'il représentait, avait sans hésiter sabordé au début des années 70 l'entreprise Unidata, regroupant Siemens, Philips et la C2I française, alors que cette entreprise était bien partie pour concurrencer IBM. Chez Siemens, tout le monde à l'époque avait décidé de ne plus jamais rien faire avec des "pas sérieux petits Français".

Les syndicats d'Alstom voient la chose bien plus clairement. L'Etat doit entrer au capital avec tout l'argent nécessaire pour satisfaire aux besoins de financement de l'entreprise. Il faut qu'il y entre avec des représentants qui recevraient mission de redresser l'entreprise plutôt qu'assister passifs aux discussions entre les autres actionnaires. Il faut aussi que l'Etat y entre pour y demeurer définitivement, et non pour revendre ensuite sa participation, comme il l'avait fait sous Nicolas Sarkozy.

En fait, il faudrait faire plus. C'est-à-dire nationaliser Alstom. Alors l'Etat aurait les mains libres pour négocier au plan européen les grandes politiques industrielles qui s'imposent aujourd'hui, notamment dans l'énergie et les transports ferroviaires.

Que l'on ne dise pas que les ressources budgétaires manquent. C'est faux. Ce qui manque est la volonté politique, celle consistant à remettre au pas le capital privé face aux exigences de la survie nationale.

 

Pour mourir un peu moins idiots ?

Quelques chiffres :

73 milliards de dollars : somme des acquisitions d'entreprises étrangères réalisées l'an dernier par des compagnies américaines
(selon le groupe financier américain Bloomberg)
.

En 2013, les mille plus gros groupes américains ont vu leur réserve de liquidités à l'étranger augmenter de 12%, et presque doubler depuis 2008, pour atteindre quelque 2119 milliards de dollars, soit - pour mieux fixer les idées - un montant proche du PIB annuel de la France.
En tête du classement : Général Electric (avec 110 milliards de dollars stockés hors des Etats-Unis), suivi de Microsoft (76 milliards), Pfizer (69 milliards), Merck (57 milliards), Apple (54 milliards) et IBM (52 milliards).

Pourquoi l'accumulation d'un tel trésor ?
Cette accumulation de liquidités à l'étranger sert surtout à échapper au fisc américain qui taxe tous les bénéfices de ses compagnies nationales, y compris ceux réalisés à l'étranger, à un taux pouvant aller jusqu'à 35%.
Il est cependant possible d'échapper à cet impôt tant que les bénéfices restent stockés à l'étranger. Ainsi, les entreprises américaines ont pris l'habitude de conserver une part croissante de leurs bénéfices hors du territoire américain (presque 9% de leurs avoirs en 2013, selon Audit Analytics). Dans quelle mesure l'offre de General Electric sur Alstom relève de cette raison fiscale ?

Et dans quelle mesure va-t-on assister prochainement en France ou en Europe à d'autres désirs de prédation de nos fleurons industriels par les compagnies américaines, celle-ci cherchant à agir avant un possible changement aux Etats-Unis de la législation sur les bénéfices
?

 

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