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La COP 21 ignore le problème essentiel

13 décembre 2015
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

La COP 21 ignore le problème essentiel

Mécanisme possible pour CRISPR
Mécanisme possible pour CRISPR

Ne revenons pas ici sur les propositions finales de la COP21. Elles sont loin de montrer le consensus nécessaire pour limiter la hausse prévisible des températures au niveau présenté comme un minimum par les scientifiques. Elles n'abordent pas non plus les politiques corrélatives qui s'imposeraient pour cesser la destruction des espèces vivantes et des écosystèmes indispensables à la survie de l'humanité.

Tout se passe en fait pour donner raison une nouvelle fois à ceux qui pensent que l'évolution de la vie sur Terre, y compris de la vie humaine, obéit à des déterminismes profonds que la volonté humaine consciente, non seulement est incapable de contrôler, mais plus encore qu'elle est incapable de se représenter à un niveau de détail suffisant pour suggérer des actions efficaces.

Pendant des millions d'années, ces déterminismes ont été dans l'ensemble favorables à l'apparition et à l'expansion de la vie intelligente. Depuis quelques décennies, ils se sont inversés et favorisent sa disparition. Nous ne pouvons pas plus, aux plans individuels et collectifs, agir sur ces déterminismes que nous ne pouvons agir sur des mouvements géologiques profonds tels les éruptions volcaniques ou la dérive des continents.

En ce sens, les propositions de la COP21 ressemblent beaucoup à l'appel aux Dieux qu'aurait pu formuler Pline le Jeune pour protéger son oncle Pline l'Ancien des effets destructeurs de l'explosion du Vésuve, s'il avait pu assister à la scène.
Ces déterminismes, comme l'un d'entre nous avait essayé de le montrer - dans un essai « Le paradoxe du Sapiens », sont d'ordre bio-anthropo-techniques.

Ceci veut dire qu'ils sont le produit de causes se conjuguant et provenant de l'évolution superposée des systèmes biologiques, des systèmes sociaux et des systèmes technologiques. Aucune politique humaine volontariste n'est en mesure, sauf marginalement, d'en contrôler les conséquences.

Ceci ne veut signifie pas que la volonté humaine consciente doive s'abandonner passivement aux évolutions de nature bio-anthropo-technique comme le font celles de espèces vivantes qui en sont les premières victimes, cela veut seulement dire qu'elle ne peut espérer en modifier sensiblement le cours. Il est à craindre qu'il en soit ainsi du changement climatique et de la destruction des écosystèmes, faisant l'objet des propositions de la COP21 et d'organismes analogues à venir

Surpopulation destructrice

On peut trouver une justification de ce pessimisme dans le fait que la COP21 a réussi à éviter de mentionner un sujet considéré par ceux qui y réfléchissent un tant soit peu scientifiquement comme un facteur majeur de réchauffement climatique et de destruction des ressources de la planète. Il s'agit de la croissance ininterrompue et de plus en plus dangereuse de la population humaine, telle qu'elle se produira inévitablement dans les cinquante prochaines années. Nous y avons souvent ici fait allusion sur ce site, en nous appuyant sur les prévisions incontestables des services spécialisés des Nations Unies.

Pour reprendre le terme évoqué plus haut, il s'agit d'un déterminisme, ou plus précisément d'un crime bio-anthopo-technique parfait.

- Les espèces biologiques, homme compris, se multiplient inexorablement tant qu'elles disposent de ressources pour le faire, ceci jusqu'à épuisement de ces ressources et disparition de ces espèces.

- Les sociétés humaines pour leur part continuent à encourager le « croissez et multipliez-vous » imposé par toutes les religions depuis leurs origines. Y compris tout récemment par le Pape qui a oublié de citer le contrôle des naissances dans la liste des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement. Y compris également par les démographes occidentaux qui persistent à s'abriter derrière le phénomène très local dit de la transition démographique pour refuser de voir l'explosion démographique de populations pourtant confrontées à la raréfaction croissante des ressources, en Afrique, en Inde et même en Chine, entre autres.

- Les technologies enfin mettent au point des techniques pour lutter contre le vieillissement et la maladie, tout en multipliant parallèlement des innovations produisant directement ou indirectement la destruction des ressources naturelles, le tout sans pouvoir, malgré ce que prétendent encore les mythes de la vie synthétique et artificielle, produire en temps utiles des ressources de substitution.

Des voix clairvoyantes que nul ne veut entendre

Parmi ces voix, étouffées par le bruit médiatique produit par des bien-pensants de la lutte contre le réchauffement, nous pouvons citer celle d'Alain Desthexe. Alain Desthexe, aujourd'hui sénateur en Belgique, ce qui ne lui donne pas en tant que tel de titre à s'exprimer scientifiquement, est surtout un ex-Secrétaire Général de Médecins Sans Frontières et ex Président de l'International Crisis Group. Dans ces deux instances, avec lesquelles il reste en contact étroit, il a su ce que parler en termes scientifiques veut dire.

Il est inutile ici de prétendre faire une exégèse de ses propos. Bornons-nous à reprendre quelques unes des phrases d'un article qu'il vient de publier sur son blog.

« Nous sommes déjà trop nombreux sur terre. Ce facteur majeur du réchauffement climatique ne sera pourtant pas abordé lors de la COP21. …

...Il n'y a guère de doute sur le fait que la population de l'Afrique va doubler au cours des 30 prochaines années pour atteindre 2 milliards d'habitants en 2050 et probablement 4 milliards à la fin du siècle. Pour faire face à cet accroissement, l'Afrique devrait créer 20 millions d'emplois par an. Ce continent, qui était deux fois moins peuplé que l'Europe en 1960, le deviendrait cinq fois plus en 2100.

... La population de l'Asie - 4,4 milliards d'habitants - devrait quant à elle encore s'accroître d'un milliard d'ici 2050. Au niveau mondial, sur une courte période historique de 250 ans, nous aurons assisté à une multiplication par dix de la population.

...Malgré ces chiffres alarmants, aucune politique de limitation des naissances ne figure à l'agenda de la COP21. Il s'agit d'un sujet trop sensible pour les gouvernements quand les plus grandes religions du monde, l'islam et la chrétienté, encouragent toujours le natalisme.

... L'Inde, qui sera bientôt le pays le plus peuplé de la terre - 1,7 milliards d'habitants en 2050 - serait en bien meilleure posture, si elle comptait un demi-milliard d'habitants en moins. La forêt amazonienne, le poumon de la planète, serait quant à elle mieux protégée si le Brésil était moins peuplé.

...Or, pour la Banque mondiale ou l'ONU, l'augmentation de la population ne peut être qu'un «potentiel de croissance», une «opportunité à saisir» et même un «dividende démographique»! Le scénario d'une terre peuplée d'un peu moins de dix milliards d'habitants en 2050 ressemble pourtant davantage à celui d'une catastrophe annoncée, entre épuisement des ressources naturelles, déforestation et désertification croissantes, l'extinction de dizaines de milliers d'espèces, sans parler de la promiscuité de plus en plus intolérable dans les villes, les transports ou les sites touristiques.

...Nous devons aussi nous attendre à une augmentation des conflits qui entraîneront des migrations de plus en plus incontrôlables. Si l'on observe et analyse l'afflux actuel des migrants en Europe sous l'angle de la démographie des principaux pays d'origine (Syrie, Afghanistan, Erythrée, Somalie), on constate que ces derniers ont tous multiplié leurs populations par 4, 5 ou 6 depuis 50 ans. Malgré les conflits en cours, les taux de fécondité y sont tels - 7 enfants par femme en Somalie - que leur population pourrait encore doubler en 15 ou 20 ans. Quelles que soient leurs performances économiques, il est évident que des pays africains seront tentés d'évacuer le trop-plein démographique vers la vieille Europe et qu'il sera difficile de résister à cette pression »


Sans commentaires. Et que faire ? Rien d'efficace en profondeur, pensons-nous, sauf à attendre que des famines, guerres et épidémies massives ramènent les populations humaines à des niveaux écologiquement supportables.

Source:
Cop21: la surpopulation mondiale grande absente des débats


© Automates Intelligents 2015

 

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