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Avril
2001
J.P
Baquiast
Eléments de
définitions :
Intelligence Artificielle
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Eléments de définition
précédents
cybionte ; automate
; paradigme
de l'automate
Avertissement: ces
définitions n'ont aucun caractère vraiment
scientifique, ni même philosophique ou politique.
Elles visent seulement à illustrer les propos parfois
sibyllins ou trop rapides de nos deux amis Alain et Bernard.
Nous les modifierons éventuellement au fil des discussions.
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Pas si simple de définir l'intelligence artificielle
(ou "IA"). D'abord parce que parler d'"intelligence" revient à
manier un concept particulièrement flou (voir
cette définition). L'apposition des deux terme "intelligence"
et "artificielle" suggère qu'il existe une intelligence naturelle,
relative à l'homme et aux animaux supérieurs, et une
intelligence artificielle, relative à la machine. Le but
étant de copier l'intelligence naturelle, de manière
"artificielle", pour l'introduire dans des machines afin de les
doter d'un comportement "intelligent".
L'IA regroupe deux points de vues, complémentaires :
- une démarche cognitive, qui passe par l'étude des
mécanismes de l'intelligence, l'ordinateur étant considéré
comme un outil de simulation pour tester un modèle ou une
théorie,
- une démarche qu'on pourrait qualifier de "pragmatique"
(ceci ne voulant pas dire que la démarche cognitive ne l'est
pas), et qui consiste à vouloir doter l'ordinateur ou la
machine de capacités habituellement attribuées à
l'intelligence humaine (raisonnement, décision, perception,
expertise...).
En d'autres termes, le second courant sous-entend qu'une réalisation
informatique peut reproduire un comportement qualifié d'intelligent.
Ceci suggère donc, en sous-main, qu'il n'y aurait pas de
différence entre pensée et calcul, pas de différence
entre intelligence "naturelle" et "artificielle". D'autres, comme
Rodney Brooks, pensent qu'une véritable intelligence artificielle
ne se résume pas à un simple "cerveau électronique"
: on ne peut comprendre la cognition si on l'abstrait de l'organisme
inséré dans une situation particulière, avec
une configuration particulière, c'est à dire dans
des conditions écologiquement constituées.
D'autres affirment, plus modestement, qu'un programme d'informatique
artificielle simule une activité intelligente donnée
et que les les résultats obtenus sont identiques à
ce qu'aurait fait l'homme dans une situation analogue. Toutefois,
rien ne permet d'affirmer que ce qui se passe dans la machine soit
la reproduction du fonctionnement de l'esprit humain.
Quoi qu'il en soit, l'intelligence artificielle emprunte son
savoir à de très nombreuses disciplines :
- l'informatique (le hardware -développement de la "quincaillerie"-
et le software -langages de programmation-)
- les mathématiques et la logique (formalisation, modélisation)
- la physique de l'ingénieur (developpement des microprocesseurs
de plus en plus complexes (par exemple les puces FGPA, capables
de reconfigurer leurs circuits en fonction de la tâche à
effectuer); mise au point de nouvelles architectures, développement
de nouveaux capteurs, etc.)
- les neurosciences (compréhension du cerveau)
- la biologie et les sciences naturelles (observation du vivant)
- la psychologie (validation des théories sur le fonctionnement
de la mémoire, du langage, du comportement...)
- la linguistique (modèles de manipulation du langage)
- les sciences sociales (étude du comportement en société,
de l'adaptation à l'environnement)
- la philosophie (questions relative à la nature de la
pensée).
Trois grands modèles sont utilisés aujourd'hui par
les chercheurs et les ingénieurs en intelligence articielle
:
- Les modèles symboliques (IA symbolique)
Il s'agit de mettre en oeuvre des connaissances (de bon sens,
ou spécialisées) et de les exploiter dans des mécanismes
de raisonnement (système à base de connaissance).
Le fondement de cette approche de l'IA est ainsi de représenter
le savoir dans différents types de logique. On peut
citer, par exemple, les systèmes experts de production,
système d'aide au diagnostic médical, conduite de
procédés industriels...
Un autre aspect de l'intelligence à
base de connaissances est celui de l'intelligence collective qui
consiste à susciter l'émergence d'un comportement
intelligent par coopération ou concurrence entre un ensemble
d'entités (on parle d'agents) ayant leur propre autonomie
et faisant leur propre travail. Ces agents peuvent être
dotés d'une capacité cognitive, de connaissances,
de mécanismes de raisonnement (on parle alors de système
multi-agents). On retrouve par exemple ces systèmes multi-agents
dans le domaine de l'interprétation de l'image.
On distingue également des systèmes multi-agents
où, bien que chaque agent soit dénué d'intelligence (comportement
purement réactif), émerge un comportement intelligent
qui résulte de la pertinence des échanges entre
agents. Ces systèmes permettent, par exemple, de modéliser
la construction d'un nid de termite, la manière dont les
fourmis trouvent leur nourriture ou encore le comportement de
certaines araignées de Guyane qui tissent leur toile de
façon collective...
- Les modèles neuromimétiques
(IA connexioniste)
Les système développés dans cette catégorie
sont fondés sur un modèle élémentaire
du neurone et de ses connexions (via les dendrites), développé
électroniquement sous forme d'un automate qui s'inspire
du fonctionnement du neurone humain. Cette automate reçoit
un certains nombre de stimuli en entrée. Chaque entrée
de stimulus à une force, représenté par un
poids : le neurone fait la somme de ces stimuli, pondérés
par ces forces, et en fonction de cette somme, prendra la décision
de "s'exciter" ou non : la décision sera liée à
l'état des signaux reçus en entrée.
L'intérêt de ce système (réseau neuronal
comprenant plusieurs de ces neurones, interconnectés mathématiquement)
est qu'il est capable d'apprendre à partir des exemples
qui lui sont présentés. Une fois l'apprentissage
réalisé, le système a non seulement acquis
la capacité de bien se comporter devant les exemples déjà
rencontrés, mais aussi de généraliser et
d'inventer un comportement devant des exemples qu'il n'a pas encore
rencontré. Citons, parmi les domaines d'applications
des réseaux neuronaux, la reconnaissance de forme,
la classification de données, la prédiction, la
prévision, l'optimisation, l'approximation (de fonctions),
la conduite de procédés industriels...
- Les modèles statistiques (IA statistique)
Il s'agit ici de concevoir des systèmes capables d'avoir
des comportements intelligents dans des situations réelles,
dont l'essence-même est de présenter une très
grande variabilité. On recourt donc ici aux outils statistiques,
plus exactement aux outils stochastiques (statistique + évolution
au cours du temps). Comme dans le cas des réseaux neuronaux,
le système nécessite une phase préalable
d'apprentissage, apprentissage ici de lois de distribution de
probabilités. Les domaines d'applications concernent notamment
la reconnaissance de forme, la reconnaissance de la parole ou
l'interprétation de signaux...
Christophe Jacquemin
Automates Intelligents © 2001
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