Plan du site Aide Abonnement Nous Contacter


Actualité
Editorial
Interviews
Démocratie
Visites virtuelles
Art. Imaginaire
Du côté des labos
Le feuilleton
Manifestations
Biblionet
CD Rom
Echanges
Liens Utiles

 

Accueil > Le feuilleton
Automates Intelligents utilise le logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue.
 
Archives

Feuilleton/
Nouvelles
:
- Rob et Tod
- Un automate conscient sur Mars

Suite...

Essai
- Le paradigme de l'Automate ou le dialogue d'Alain et Bernard

Mars 2001
J.P Baquiast

Eléments de définitions :
La conscience collective

logo Revue les automates intelligents - © image : Anne Bedel
 

Eléments de définition précédents  


conscience ; catégorisation ; information  ; darwinisme ; théorie computationnelle de l'esprit ; émergence ; intelligence ; intelligence artificielle
; cybionte ; automate ; paradigme de l'automate

Avertissement: ces définitions n'ont aucun caractère vraiment scientifique, ni même philosophique ou politique.
Elles visent seulement à illustrer les propos parfois sibyllins ou trop rapides de nos deux amis Alain et Bernard. Nous les modifierons éventuellement au fil des discussions.


Retour à la lecture du feuilleton
Eléments de définition précédents

logo Revue les automates intelligents - © image : Anne Bedel

Le terme de conscience collective est trop vague pour être utilisé sans précisions. Nous proposons de distinguer trois cas:

· L'étude de l'évolution des sociétés animales non humaines, comme celle des premières sociétés humaines, semble montrer que dès les origines, les individus et les sociétés qu'ils forment co-évoluent de concert. Les capacités individuelles ne prennent de sens qu'au service de la vie collective, mais en retour, des sociétés de plus en plus complexes forment des individus de plus en plus capables d'autonomie - laquelle autonomie, dans un cycle permanent d'échange, enrichit à son tour la construction sociale. Cette co-évolution s'exprime d'abord au plan génétique, puis ensuite, de plus en plus, au plan culturel de la société considérée.

Les sociétés animales, comme les premières sociétés humaines, ne pourraient que difficilement être considérées comme des organismes dotés de conscience et de libre-arbitre. Elles sont évidemment capables de comportements adaptatifs intelligents, mais ceux-ci résultent d'une sélection darwinienne a posteriori. L'adaptation de la collectivité, sa fitness, n'est pas guidée par une représentation d'elle-même dans son environnement qu'elle se donnerait, au sein d'une espèce de cortex associatif dont elle disposerait. De ce fait, le scientifique ne trouvera sans doute pas de traces, relationnelles entre individus, ou internes (neurologiques) aux individus, qui manifesterait l'existence et l'action d'une hypothétique conscience collective.

Par contre, l'étude de la société comme entité globale, et des relations qu'y entretiennent les individus en son sein, aura tout intérêt à utiliser les modèles de l'automate, sous ses diverses formes: automate centralisé, réparti, capable de mutation plus ou moins rapide, etc..

Quoiqu'il en soit, ici, nous ne parlerons pas de conscience collective, mais d'inconscience collective.

· Tout à l'opposé se pose la question des collectivités, principalement humaines, constituées d'individus capables de conscience individuelle et capables, par extension d'héberger des représentations conscientes de la collectivité à laquelle ils appartiennent. On pourra dans ce cas appeler conscience collective la conscience que les membres d'une collectivité, supposés eux-mêmes dotés de conscience individuelle, se font de l'existence de cette collectivité, et de leur appartenance à cette dernière. En ce cas, chacun d'entre eux se représentent la collectivité dans des termes propres (aucun esprit n'est exactement comparable à un autre) et dans des termes communs, résultants de la façon dont les membres de cette collectivité, agissant ensemble, décident de construire cette collectivité et de la faire vivre dans son environnement. On peut estimer que le travail collectif de représentation déborde largement les apports individuels (notamment quand il s'est inscrit dans une tradition structurée s'imposant aux individus) et qu'il se développe selon des logiques propres, ou le tout est plus que la somme des parties. Mais les individus n'auront pas spontanément tendance à parler de conscience collective. Tout au plus admettront-ils que les représentations de la collectivité qui leur sont proposées débordent très largement leurs apports propres. Ils y adhéreront ou lutteront contre elles, selon leurs intérêts du moment.

Pour le scientifique, il ne sera pas sans intérêt d'analyser les façons dont la collectivité, principalement à l'initiative des individus disposant du pouvoir en son sein, est traduite en images, règles de droit, prescriptions implicites. Mais on ne sortira pas du domaine traditionnel de l'analyse sociologique, juridique, économique, politique.

Comme les collectivités, fussent-elles humaines, sont loin d'être constituées d'individus pleinement conscients de leur place et rôle social, les sociétés humaines seront un mixte, d'ailleurs très intéressant à étudier au cas par cas, d'automatismes sociaux hérités d'un passé éventuellement lointain, et de comportements dits rationnels s'exprimant plus ou moins clairement à la conscience des individus les composant.

Mais, même en ce cas, il sera difficile de parler de conscience collective.

· Pour envisager l'existence d'une véritable conscience collective, il faut faire l'hypothèse que d'une part la société se comporte comme un individu global doté de diverses fonctions l'assimilant à un animal ou "animat" (capteurs, effecteurs, appareillage nerveux et cérébral) et que, d'autre part, elle peut manifester des comportements complexes échappant à l'automatisme linéaire et pouvant faire suspecter qu'elle dispose d'une conscience de soi dans son environnement. Il faudra ajouter que cette conscience pourra être, plus ou moins, indépendante de la conscience que les individus composant la société pourront avoir et d'eux-mêmes, et de la dite société. A la limite, il pourra s'agir d'une conscience totalement étrangère aux consciences individuelles, non suspectée par elles et agissant, le cas échéant en contradiction avec l'action des consciences individuelles. Le plus souvent, la conscience collective se manifestera à travers les consciences individuelles, en se superposant, par flashs, à cette dernière, ce qui pourra créer des conflits momentanés ou durables.

On conçoit que le scientifique trouvera un grand intérêt à étudier cette conscience collective spécifique. Encore faudra-t-il qu'il ait des indices permettant de supposer son existence. Or, que ce soit dans les sociétés animales ou dans les sociétés humaines, les organes ou mécanismes susceptibles d'héberger une telle conscience n'apparaissent pas de façon évidente, non plus d'ailleurs que ses manifestations éventuelles. Ceci, à la réflexion, n'a rien d'étonnant. Si les preuves de l'existence d'une conscience collective spécifique avaient été disponibles depuis longtemps, nous ne poserions pas la question de savoir s'il existe ou non une entité de cette nature justifiant une étude.

Nous voyions deux modes principaux permettant d'avancer dans la mise en évidence de formes de conscience collective.

La première, qui a depuis longtemps ses lettres de noblesse, consiste à étudier les comportements sociaux comportant une forme dose d'inconscient ou de non-manifeste. En fait, si ces comportements étaient véritablement inconscients, ils ne présenteraient pas d'intérêt pour l'étude d'une conscience collective. Ils n'ont d'intérêt que s'ils laissent soupçonner l'apparition d'une véritable conscience collective s'emparant de l'esprit des individus, afin d'exprimer des visons ou des finalités que ceux-ci, fonctionnant selon les modalités comportementales ou langagières habituelles, auraient été incapables de concevoir.

On pourra faire entrer dans ce type de recherche l'étude des phénomènes de conscience décalée, transe, danses rituelles, chamanisme, impulsés ou non par des neuromédiateurs traditionnels. Certains phénomènes de foule plus ordinaires pourront entrer dans l'étude, ainsi que la naissance et la circulation des mèmes (ou idées toutes faites) identifiés par l'école mémétique de Richard Dawkins. Ces phénomènes peuvent être analysées en termes de supports neurologiques ou communicationnels, comme en termes de contenus. Le fait qu'ils puissent être rattachés à l'émergence ou à la manifestation d'une conscience collective holiste ne signifie pas qu'ils faille pour autant les parer de toutes les vertus.

Une deuxième démarche, encore dans l'enfance, consistera à utiliser des modèles de conscience artificielle pour rechercher ou simuler leur équivalent au sein de processus collectifs cognitifs à l'œuvre dans les organismes sociaux. Le travail que nous présentons par ailleurs (Alain Cardon, conscience artificielle et systèmes adaptatifs; Eyrolles 1999) suggère l'idée qu'en utilisant des individus acceptant de participer à un tel projet, et non plus des agents logiciels intelligents, il pourrait être possible , soit de révéler l'existence de formes de conscience collective non encore identifiées, soit de générer des formes de conscience collective inédites.

Automates Intelligents © 2001

 

   Sur le site
Sur le web   





 

 

 

Qui sommes nous ? Partenaires Abonnement Nous Contacter

© Association Automates Intelligents