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17 Mai 2001
Propos recueillis par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Frédéric Giamarchi, constructeur de robots, enseignant en électronique et informatique industrielle


Frédéric GiamarchiConstructeur de robots, Frédéric Giamarchi est enseignant en électronique et informatique industrielle à l'Institut Universitaire de Technologie de Nîmes (département Génie Electrique et informatique industrielle), ainsi qu'à l'Institut Universitaire Professionnalisé de cette même ville (Option : Métiers de l'Information et de la Communication).

Initiative des plus intéressantes, c'est en faisant réaliser de façon ludique de petits robots mobiles à ses étudiants que cet enseignant les initie aux fonctions de base de l'électronique. Une initiation qui débouche l'année suivante sur la programmation d'un robot, dans le cadre de Travaux de réalisation.

Auteur du best-seller "Petits robots mobiles - Etudes et Construction", ce scientifique collabore également à la toute nouvelle revue trimestrielle "Micros et Robots", dont le premier numéro vient de paraître ces jours-ci. Un cadre lui permettant, notamment, d'organiser une compétition de robots qui aura lieu en octobre 2001.

 
Contact :
http://www.geii.iut-nimes.fr/fg/
giamarchi@iut-nimes.fr

 
Couverture du livre "Petits robots mobiles - Etude et constructionC.J : Frédéric Giamarchi, vous êtes connu pour avoir écrit "Petits robots mobiles - Etude et Construction", best seller en la matière, que tout le monde s'arrache. Pourquoi avoir écrit un tel livre? Correspondait-il à un manque en France ?
Frédéric Giamarchi : Effectivement, ce livre correspondait selon moi à un besoin, notamment en langue française, où il n'y avait rien. C'est le premier ouvrage de vulgarisation dans notre langue, si l'on ne mentionne pas les traductions d'ouvrages américains.
Avec ce livre, j'espère faire découvrir l'aspect intéressant de l'électronique aux étudiants d'abord, au grand public ensuite, en présentant celle-ci sous une forme ludique. Ce qui m'intéresse aussi est de montrer l'aspect nouveau, innovant de la robotique, auquel je crois qu'il importe de travailler.


C.J : La robotique et l'Intelligence artificielle (IA) sont devenues un enjeu majeur aux USA et au Japon, domaines qui nous paraissent rester trop marginaux en France. Quel est votre avis ? Les promoteurs comme vous auraient-ils besoin d'être mieux connus, voire aidés ?
F.G : La robotique et l'intelligence artificielle sont absentes des programmes, comme me semble-t-il des discussions entre enseignants. On évoque un peu ce qui se fait dans certains laboratoires, mais c'est encore du chacun pour soi. En France, les laboratoires de robotique forment des chercheurs, mais leurs compétences servent surtout à l'étranger : citons, par exemple, le cas du Laboratoire de Robotique de Paris (LRP) qui a développé les programmes du robot-chien Aïbo de Sony.
En comparaison avec les Américains et les Japonais, il me semble que nous sommes à la traîne, comme d'habitude, qu'il s'agisse de structures ou de financements. En matière de structures, il faut savoir faire preuve d'imagination : pour ce qui nous concerne dans les IUT GEII (génie électrique informatique industrielle), nous allons participer à un colloque sur la robotique, avec l'organisation d'un petit concours interne. Après cela, j'espère que nous pourrons envisager la création d'une option robotique pour les départements intéressés. Dès que celle-ci sera en place, il sera possible de parler d'automates intelligents et d'IA, mais pas avant.


J-P.B : Est-ce au ministère de l'Education nationale de prendre des initiatives ?
F.G :
La réponse sera toujours la même : quand on veut développer quelque chose, il faut que cela parte de la base. Il y a quelques années, la question était posée à propos des Réseaux locaux industriels. A l'initiative de certains enseignants, des outils ont été développés dans les écoles, puis un enseignement mieux structuré. Ensuite, il a fallu un peu forcer la main -c'était au niveau des IUT- pour que la filière existe.
En robotique, je pense que ce sera pareil. Le ministère, les académies, ne feront rien spontanément. Ce seront d'abord les enseignants qui vont devoir payer de leur personne, dans tous les sens du terme, pour créer le mouvement. Nous le ferons par passion, mais il faudra un relais pour que ces premières réalisations, encore une fois, se structurent au plan national. Les enseignants demanderont des postes, des moyens. On ne leur donnera satisfaction que si la matière est jugée importante par l'opinion publique et les divers niveaux de décideurs.

J-P.B : Vous préconisez donc une action venant de la base. Mais entre précurseurs que vous êtes, vous connaissez-vous suffisamment ?
F.G :
Non, justement. Rien n'est structuré dans ce domaine...

J-P.B : Pourquoi ?
F.G :
Un des problèmes réside dans le fait du passage d'une robotique considérée essentiellement comme mécanique il y a vingt ans, à une robotique considérée depuis cinq à dix ans, sous l'influence américaine, comme essentiellement électronique. Or il ne faut pas séparer les deux aspects en oubliant la mécanique. Même en électronique et informatique, il y a des choses à faire. Je suis à la base un pur électronicien mais je connais et enseigne la programmation.

J-P.B : Comment voyez-vous l'avenir de la robotique ?
F.G :
Ce qui m'intéresse pour l'avenir des robots, c'est l'intelligence artificielle. Or je ne trouve pas de documentation utilisable, à part en langue anglaise. Il existe deux approches de l'intelligence artificielle : la première, qui consiste à raisonner sur un programme élaboré, très compliqué. La seconde, qui s'appuie sur la création de programmes simples, en grandes quantités, interagissant les uns avec les autres. Il me semble que c'est de cette dernière approche que sortiront les avancées les plus spectaculaires dans le domaine. Elle peut en effet concerner n'importe quel roboticien, et ceci avec peu de moyens, à partir du moment où l'imagination est présente. Et de l'imagination, nous en avons à revendre.

J-P.B/C.J : Pensez-vous qu'il serait intéressant de monter un groupe de travail, par exemple au sein de l'AFIA, sur l'idée de cerveau artificiel ?
F.G :
Je ne serais pas contre, loin de là. Mais tout dépend du temps qu'il serait nécessaire de consacrer à un tel projet. En ce qui me concerne, j'essayerais de privilégier la partie pratique de tels projets.

J-P.B : D'après vous, d'où pourraient venir les financements nécessaires au développement de votre domaine ? Dès que l'on sort du champ des petits démonstrateurs, il y a besoin d'un peu d'argent pour investir...
F.G :
J'ai tendance à penser que ce n'est pas des ministères que l'argent viendra. Les chercheurs sont habitués à trouver des contrats industriels. Il faut qu'il y ait des industriels ou des start-up qui s'y intéressent. J'ai moi-même quelques contacts... Malheureusement, peu d'industriels en France paraissent concernés.

C.J : Et les financements régionaux (Conseils de régions ) ?
F.G :
C'est simple, à ce niveau, les responsables ne voient que l'aspect vitrine, gadget. Il faut véritablement supplier pour avoir un petit crédit...

J-P.B/C.J : Vous connaissez le Starlab. Il est financé assez largement par le gouvernement de Flandres...
F.G :
Oui. Mais c'est le côté anglo-saxon des Belges, que nous ignorons malheureusement.

C.J : Revenons maintenant à l'aspect construction de petits robots mobiles. Quels conseils pourriez-vous donner à un débutant ?
F.G :
La réponse est simple : je lui conseillerais de construire une dizaine de petits robots, chacun avec un capteur différent, afin de découvrir un comportement à chaque fois nouveau. Et seulement ensuite de passer au robot programmable. Je lui conseillerais aussi de cultiver imagination et persévérance devant les échecs - parce qu'il y en a toujours -, qualités qui permettent toujours d'aller de l'avant.

C.J : Vous initiez vos élèves à l'électronique par le biais de la robotique...
F.G :
Pour moi, il s'agit là d'une approche pédagogique de la robotique qui débouche aussi sur une approche sociale de la vie : travail en équipe, implication au sein d'un projet... Grâce à cette méthode, je pense que mes étudiants atteignent beaucoup plus rapidement ce que j'appelle la "maturité technique".

C.J : Avez-vous des projets à court terme ?
F.G :
Oui, bien sûr. Par le biais de la nouvelle revue "Micros et Robots" avec laquelle je collabore, je souhaite lancer une compétition de robots lors du Salon Educatec qui se tiendra fin novembre 2001 à Paris (voir http://www.eprat.com/MROBOTS/Concours/concours.html). Il s'agira cette année d'un petit match de football, avec une limitation au niveau de la taille mémoire des robots pour que tous les participants aient leur chance. Il faut savoir que la plupart des concours sont restreints pour l'instant aux lycées, voire à l'enseignement supérieur : par exemple le Trophée E=M6 pour les lycéens, et la Coupe pour les post-bac. Ici, avec notre concours, n'importe qui peut participer, et sans limite d'âge...
Un autre projet qui me tient à coeur est la réalisation d'une société artificielle à base de petits robots totalement autonomes fonctionnant en partie à l'énergie solaire. L'idée serait de faire participer le maximum de personnes à ce projet, notamment par le biais d'Internet.

© Automates Intelligents 2001

 





 

 

 

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