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15 Janvier 2003
propos
recueillis par Jean-Paul Baquiast et
Christophe Jacquemin
Pascal Jouxtel
Président et co-fondateur de la Société
Francophone de Mémétique
Pascal
Jouxtel a reçu une formation d'ingénieur en aéronautique,
puis d'automatique. Il a étudié le théâtre
pendant 4 ans. Sa vie professionnelle l'a ensuite conduit vers
le marketing et la sociologie des organisations. Actuellement,
il est consultant dans un grand cabinet français dont
une des spécialités est le levier comportemental
de la performance durable des entreprises.
Il s'est depuis longtemps intéressé à la
mémétique. Il est co-fondateur de la Société
Française de Mémétique qui l'a élu
président.
Automates-Intelligents
(AI) : Pascal Jouxtel, vous êtes président et co-fondateur
de la Société Francophone de Mémétique.
Rappelez-nous ce qu'est la mémétique... Pascal Jouxtel (PJ) : Pour simplifier, c'est l'équivalent
culturel de la génétique. La mémétique
est née de réflexions, venues d'horizons scientifiques
divers, qui se combinent pour fournir une nouvelle grille de lecture
du monde. Elle part de l'idée que les lois de l'évolution
naturelle s'étendent, au-delà du biologique, à
l'ensemble du fait humain, qu'il soit pensé, fabriqué,
dit ou vécu en commun. C'est un peu une extension de la biologie,
que nous attribuons à titre symbolique au britannique Dawkins,
inventeur du mot "meme". Mais la biologie n'est pas seule contributrice.
Constater que la société évolue
dans ses manifestations n'a rien de nouveau. La citoyenneté
évolue, la technologie évolue, ainsi que la mode,
la religion ou l'institution du mariage. Chaque isolat culturel
a sa propre niche à l'intérieur de laquelle des modèles
se perpétuent et entrent en compétition avec d'autres
modèles. On peut dire que la mémétique réconcilie
les approches évolutionniste et diffusionniste de l'anthropologie,
tout comme elle s'enrichit du regard de l'historien.
Maintenant, si l'on regarde la société
au niveau interpersonnel, on peut observer les phénomènes
d'imitation, de transmission et de contagion mentale. Ça,
c'est l'apport de la psycho-sociologie et ça ne date pas
d'hier non plus. Depuis quelques années, on peut simuler
numériquement ces phénomènes d'apprentissage
ou de propagation. C'est le domaine de l'Intelligence Artificielle
et de la simulation multi-agents, que vous connaissez bien. On peut
enfin s'intéresser au mode de codage des schémas mentaux,
ce qui est du ressort des sciences cognitives, mais aussi de la
linguistique, et à la construction des catégories
de la pensée, ce qui est le propre de la philosophie.
AI : A première
vue, les disciplines existantes fournissent déjà assez
de vocabulaire, de modèles conceptuels et de méthodes
de travail pour décrire les phénomènes que
vous énumérez. Pourquoi vouloir faire de la mémétique
une science à part ? P.J.: Je vais vous faire une réponse de méméticien
: cela se produit un peu malgré nous ! La notion de mémétique
délimite - pour ceux qui ont fait le choix de s'y intéresser
- un champ de réflexion à l'intérieur duquel
on peut faire l'économie de s'expliquer mutuellement un certain
nombre de notions et d'hypothèses. C'est une barrière
à l'entrée, mais elle facilite beaucoup le dialogue
entre ceux qui sont à l'intérieur.
La mémétique est une sorte d'entreprise
aux multiples corps de métiers, fédérés
par quelques postulats, dont le premier est l'existence d'une forme
de codage qui sous-tendrait tout phénomène de réplication
d'un comportement, d'un usage ou d'un point de vue. C'est le concept
de "mème" ou schéma informationnel auto-répliquant,
qui est à la fois point de départ et point d'arrivée.
Faut-il définir exactement les mèmes avant de construire
la mémétique ou bien faut-il utiliser la mémétique
comme une sorte de partie de chasse intellectuelle dont la capture
de mèmes vivants sera l'aboutissement ? Rappelez-vous que
Darwin ne connaissait pas l'existence de l'ADN !
La nouveauté réelle de la mémétique,
en temps que science, est qu'elle nécessite un certain nombre
de changements dans la manière de penser le monde. Joël
de Rosnay, qui est l'un des pères de la systémique,
a observé dans son livre "le Macroscope" quelque chose
que je trouve extraordinaire : toute notre éducation scientifique
nous a appris à penser avec un microscope. Nous décomposons
sans arrêt le réel en ses plus petits composants. Cela
nous a conduit à endommager gravement les équilibres
globaux qui régissent la planète. Il est temps de
forger de nouveaux outils de la pensée, dont le premier pourrait
être un macroscope. C'est un peu à ce genre de changement
de focale que la mémétique nous invite.
Le plus important de ces changements, je crois, est
l'application au domaine culturel de ce que Dawkins appelle le concept
du "gène égoïste". En gros, est-ce l'animal qui
utilise les gènes pour transmettre son patrimoine en le codant
sous forme biochimique ou est-ce le code génétique
qui utilise cette grosse machinerie cellulaire simplement pour se
conserver en se protégeant des agressions de l'environnement
? Si l'on remonte assez loin dans l'histoire du vivant, on voit
que le mode de codage préexiste à la complexification
des organes et à la séparation des espèces.
Les procaryotes, ancêtres des eucaryotes, ou animaux unicellulaires,
eux-mêmes ancêtres de nos cellules, avaient déjà
de l'ADN. Il est donc plus raisonnable de penser que c'est l'avantage
de survie donné aux codes produisant de meilleures performances,
notamment par les enveloppes protectrices, les coopérations
et la spécialisation fonctionnelle, qui a eu pour résultat
de faire apparaître des machines de survie de plus en plus
complexes. C'est exactement ce qui se produit dans tous les aspects
de la vie humaine : l'habitat, les armes, l'alimentation, les transports,
l'agriculture, le commerce, la médecine, les lois, les arts,
tout est de plus en plus complexe, ce qui ne veut pas dire une seule
seconde que cela soit mieux !
Le concept le plus difficile à admettre, en
mémétique, est que les codes qui déterminent
le fonctionnement du monde des hommes se reproduisent naturellement,
pour leur propre compte, en dehors de toute volonté, fut-ce
du tyran le plus farouche ou de l'apôtre le plus sincère.
Ils ne meurent que s'ils n'arrivent plus à se transmettre,
comme une croyance révolue, un produit obsolète ou
une monnaie qui n'a plus cours. Qui pourrait supprimer le football,
par exemple ?
Le raisonnement que fait souvent le sociologue Aaron
Lynch (www.thoughtcontagions.com)
est typique de ce nouveau pli qu'il faut donner à notre esprit.
Il dit par exemple que si pour X raisons, dans un contexte donné,
une opinion a plus de chance d'être affirmée à
haute voix en société que les idées alternatives,
elle se propagera à coup sûr, indépendamment
du fait qu'elle sera vraie ou fausse, utile ou catastrophique. Ceci
explique comment des idéologies extrémistes et nocives
parviennent à devenir localement la seule norme admise, ou
du moins admise publiquement.
AI : vous citez volontairement
des exemples tirés de domaines très variés.
Ce coté " touche-à-tout " est-il une caractéristique
des méméticiens ? P.J.: Vous savez, il s'est passé une chose singulière
lors de l'émergence de la théorie du chaos. Des réseaux
informels se sont créés, et des gens aussi divers
que des informaticiens, des médecins, des économistes,
des biologistes (ainsi que des journalistes et des étudiants)
se sont aperçu qu'il y avait des équations communes
entre la probabilité des pannes sur une ligne informatique,
les cours du sucre et l'éparpillement des étoiles
dans le ciel ou entre les populations de poissons dans un lac et
les mouvements désordonnés de l'il d'un schizophrène
! Si cela semble incroyable, il faut lire l'excellent bouquin "La
théorie du chaos"(1)
du journaliste américain James Gleick intitulé. Aujourd'hui,
les équations des fractales qu'on reconnaît dans les
nuages et le chou romain servent aussi au CNET (Centre National
d'Études en Télécommunications) à compresser
les images numériques.
De même, la mémétique requiert
des postures mentales que l'on rencontre dans certaines disciplines,
mais qu'il faut appliquer aux objets d'une autre discipline. Exemple
: comment décririez-vous le code génétique
du jeu d'échecs ? Comment modélisez-vous l'adhésion
? Comment une bonne idée fait-elle des petits ? Cela demande
un mode de pensée qui est par essence déviant au niveau
individuel, et transdisciplinaire au niveau collectif. En fait,
il s'agit d'un énorme chantier, dans lequel tous les corps
de métiers sont les bienvenus, mais où chacun doit
accepter d'oublier qu'il a été biologiste ou sociologue
pour se livrer à une sorte de quête du Graal qui s'intitule
: "décrypter le code génétique de la civilisation"
!
Il faut avoir un état d'esprit particulier pour
voir par exemple le point commun entre une entreprise et un tourbillon
dans un ruisseau. Pourtant, tous deux sont des exemples de ce que
Prigogine(2) appelle des "structures dissipatives loin de l'équilibre".
AI : Il semble que
la mémétique attire particulièrement les personnes
au profil intellectuel métissé déçus
par l'excès de spécialisation dans lequel se sont
enfermées la plupart des sciences établies... P.J : Bien sûr ! Beaucoup de gens revendiquent le droit
de penser sans avoir de spécialité. Le problème
aujourd'hui, c'est que la science a atteint un tel niveau de complexité
qu'il faut parfois dix ou quinze ans simplement pour découvrir
tout ce que les autres ont pensé ou écrit sur un sujet
parfois extrêmement étroit. Signalons au passage que
le processus de transmission du savoir par les livres ou l'enseignement
oral est en lui-même un processus évolutionnaire, où
l'on retrouve des codes, des machines de réplication et des
contraintes, comme le temps, l'argent, la mémoire, la capacité
d'assimilation.
On nous traite souvent de parasites, mais cela ne nous
empêche pas d'avancer ! Je crois qu'un de nos traits communs
est d'avoir une expérience de l'entreprise et des réalités
du marché, ce qui n'est en général pas le cas
des chercheurs "officiels" qui souvent fuient ces réalités
depuis leur enfance. Dans des domaines comme la communication ou
le management, on voit à l'uvre des processus par lesquels
la propagation de messages ou de principes partagés modifie
les comportements, les structures et surtout l'allocation des moyens
qui servent à alimenter (au sens propre) la machine industrielle.
On le voit à la Bourse, on le voit dans les techniques de
management, dans la publicité et même dans les choix
technologiques structurants du système d'information. On
pourrait dire que la mémétique est en quelque sorte
l'un des soubassements théoriques qui manquent aujourd'hui
pour maîtriser consciemment et objectivement, avec un certain
recul, des processus sauvages qui sont aujourd'hui "lâchés"
sur les communautés humaines avec pour seul contrôle
la loi du marché, pour seuls freins les résistances
individuelles et pour seuls contrepoids des a priori idéologiques
eux-mêmes peu conscients et peu maîtrisés.
AI : Qu'entendez-vous par
" processus sauvage " ? P.J : Tenez, le succès populaire des émissions
de "RÉALE TV", par exemple, et toute la presse qui pousse
sur cet humus, en est un exemple. Mais il y en a de plus basiques
que cela : lorsqu'une entreprise fait vivre 100 ou 1000 foyers,
elle doit survivre coûte que coûte, comme un animal.
Ayant besoin de ressources, elle établit des liens de dépendance
avec des actionnaires ou des banques. Il lui faut promouvoir ses
produits, donc développer dans le public des comportements
d'achat, guidés par des codes tels que "donnez-vous un instant
de plaisir" ou "je n'aime pas perdre du temps". Je dis qu'il y a
un bouclage systémique entre la propagation de ces codes
dans le public, le revenu rapporté par la vente des produits
dont l'usage répond à ces codes, et le réinvestissement
de ces revenus en publicité d'une part, et en développement
de l'offre d'autre part.
AI : La mémétique
serait donc une théorie bio-systémique de la société
des hommes ? P.J : Cela, et plus encore. Tout tourne selon moi autour
de la notion d'usage, comme par exemple : souhaiter la bonne année
ou téléphoner dans les transports en commun. Imaginez
un monde dont les êtres sont des usages, des actes, des façons
de faire. Imaginez comment ils se reproduisent (dégoûtant,
n'est-ce pas ?). La spécificité de la mémétique,
c'est de dire :
1. les usages se reproduisent par transmission plus ou moins directe
de codes de cerveau à cerveau.
2. La reproduction des usages déterminés par ces codes
engendre des flux, qui à leur tour génèrent
des structures.
3. Parmi ces structures, celles qui se maintiennent dans le temps
sont celles qui pérennisent la reproduction des usages, donc
la propagation des codes.
AI : C'est là une
idée importante : "les flux génèrent des structures".
On retrouve Ilya Prigogine. Pouvez-vous préciser ? P.J : Oui. Exemple : une jolie petite plage. On se la recommande
entre vacanciers. Il commence à y avoir du monde. Le marchand
de glace arrive avec sa camionnette. La municipalité installe
une poubelle, etc. Les flux génèrent les structures.
Je vous cite cet exemple, qui a l'air bassement tiré du monde
marchand, parce que je le connais bien, mais d'autres méméticiens
ayant d'autres racines vous diraient, par exemple, que les agressions
génèrent les lois, que les récits de voyage
façonnent les routes, que les trocs génèrent
les villes et que les angoisses génèrent les temples.
D'ailleurs, à propos de racines, l'une des premières
choses que doit faire un méméticien honnête,
c'est se demander "d'où il vient", c'est-à-dire pourquoi
il pense comme il pense, et pourquoi il dit ce qu'il dit. Connaître
ses propres influences, c'est un minimum !
AI : Dans cet esprit, voulez-vous
que nous fassions un retour sur votre propre parcours ? P.J : J'ai été formé comme ingénieur
en aéronautique, puis j'ai étudié l'automatique
et le théâtre. Ensuite, par des expériences
professionnelles, j'ai abordé le marketing et la sociologie
des organisations. Pour finir, me voici consultant dans un grand
cabinet français dont une des spécialités est
le levier comportemental de la performance durable des entreprises.
Mon père s'intéressait au bouddhisme. Pour mes loisirs,
je crée des jeux de société. J'espère
qu'on les trouvera bientôt dans le commerce.
J'ai construit un site web personnel autour de l'idée
des contagions mentales (www.contagions.com).
Mon frère m'a alors recommandé de lire Aaron Lynch,
avec qui je suis entré en contact, ainsi qu'avec d'autres
auteurs anglo-saxons. En découvrant la mémétique
sur l'Internet, je me suis mis à lire Dawkins, Sue Blackmore,
et Howard Bloom. Ensuite, je n'ai pas pu m'arrêter, j'ai rencontré
d'autres personnes - notamment les responsables de votre revue -
avec qui nous avons créé la liste de discussion memes-fr,
qui a donné naissance à la Société Francophone
de Mémétique.
AI : La mémétique
était jusqu'alors essentiellement d'origine anglo-saxonne.
Nous supposons que vous voulez, en évoquant la francophonie,
l'introduire dans l'univers conceptuel des pays francophones... P.J : Les deux courants, celui de la mondialisation dominée
par l'anglophonie et celui des identités régionales,
sont actuellement également importants et peuvent coexister.
C'est une question de mémétique en soi, qui n'est
pas anecdotique. Nous sommes tous anglicistes au sein de l'association,
qui compte d'ailleurs une Irlandaise dans son conseil d'administration
(Angela Ryan, professeur de français à l'Université
de Cork), mais il y a des motifs très sérieux à
cette affirmation de notre francophonie.
Premièrement, notre sujet est l'évolution
culturelle : on y parle de lutte des modèles pour leur survie,
rien de moins. Nous sommes sensibles aux transformations parfois
mutilantes qu'occasionnent les modèles dominants : Disney,
Mc do, Microsoft, Arthur Andersen J'ai d'ailleurs remarqué
que notre attitude "à la française" est respectée
par nos camarades d'outre-atlantique, dont plusieurs répondent
aujourd'hui dans un français honorable aux messages que je
leur envoie dans la langue de Molière. Je suis d'ailleurs
fier de noter que Dawkins, en forgeant le mot "meme" en 1975, a
tenu compte de la parenté avec le mot français "même"
qui renforce l'idée de réplication.
Deuxièmement, nous constatons qu'il y a une
perte sèche pour la communauté scientifique quand
les chercheurs qui ne maîtrisent vraiment que leur langue
sont obligés de traduire pour pouvoir échanger et
publier. La traduction est une épreuve de sélection
en soi, comme le transport pour les produits régionaux. Nous
manipulons des subtilités de langage qui voyagent mal ! Nous
débattons parfois de la distinction entre "idée" et
"schéma mental". Il nous arrive de partir en excursion dans
un monde dual où les créatures sont des usages, où
les espèces sont des isolats culturels, un monde où
les lieux de vie sont des cerveaux, un peu comme les physiciens
qui basculent entre le temporel et le fréquentiel au moyen
de la transformée de Fourier. Comment pourrions-nous faire
cela dans une autre langue que la nôtre ? Obliger à
traduire un texte qui n'a pas encore subi l'épreuve de la
confrontation dans sa forme originale est un traitement inéquitable.
Troisièmement, il y a un vrai apport et une
vraie différence entre la pensée anglo-saxonne et
la pensée "continentale". Sans entrer dans les détails
ni trop simplifier, il y a autant à tirer sur l'évolution
des codes culturels chez Voltaire, Bachelard et Cioran, sans parler
de Le Bon, Morin, Prigogine et Teilhard, que dans Darwin, Dawkins
ou Dennett. On pourrait s'étonner du fait que la pensée
mémétique ne s'est pour le moment développée
que dans une "matrice intellectuelle" anglo-saxonne. Cependant,
dès qu'on creuse un peu, on s'aperçoit qu'il existe
entre nos deux mondes une querelle ancienne que l'on retrouve à
la racine du postulat mémétique, celui de l'autonomie
du "pensé" par rapport au "penseur". C'est en gros l'opposition
entre le pragmatisme et la vertu, entre "ce qui doit être
juste parce que ça fonctionne" et "ce qui doit fonctionner
parce que c'est juste". Il y par exemple des questions que les Européens
se posent immédiatement, et que les Américains ne
se posent pas spontanément, comme par exemple : que deviennent
le Moi, le libre-arbitre, la créativité, la foi ?
Beaucoup de méméticiens américains sont si
préoccupés par la preuve scientifique qu'ils occultent
certaines des implications les plus extrêmes par peur de tomber
dans le mysticisme, sans doute.
Quatrièmement, notre but est tout simplement
de populariser la mémétique dans les pays de langue
française, parce que c'est un thème de réflexion
que nous voulons partager avec nos amis et avec le plus de gens
possible. Nous remplissons un vide dont la nature à horreur,
si vous voyez ce que je veux dire. C'est plus fort que nous ! Par
ailleurs, nous sommes en contact avec des correspondants de langues
hispaniques, au Brésil et en Catalogne, notamment, qui font
la même chose de leur coté. Si les Hollandais, les
Allemands, les Scandinaves et les Russes préfèrent
parler anglais, c'est leur affaire.
AI : Alors, concrètement,
qu'allez-vous faire cette année ? Quels sont vos objectifs
à court terme ? P.J : Nous venons de mettre en ligne un site web sur www.memetique.org.
Il permet déjà à tous ceux que la curiosité
anime d'en savoir davantage. Nous avons aussi bien sur une liste
de discussion qui maintient le tissu (memes-fr@smartgroups.com).
Matériellement, nous sommes constitués
en association de la loi de 1901 afin d'obtenir éventuellement
des subventions de la part d'institutions diverses, comme le ministère
chargé de la Recherche ou la Cité des Sciences et
de l'Industrie.
Nous avons en effet le projet d'organiser un colloque
à Paris en juillet 2003. Nous hésitons entre plusieurs
thèmes et plusieurs types de public. Le thème de la
mémétique se propage tellement vite qu'on a du mal
à situer dans six mois quel sera le niveau ambiant des connaissances,
et si une approche "généraliste" ne sera pas déjà
dépassée. Vous en saurez plus bientôt.
Donc, si vos lecteurs connaissent des sponsors potentiellement
intéressés... ils sauront où s'adresser.
AI : De toutes façons,
notre revue souhaitant participer activement à la Société
Francophone de Mémétique, nous ne manquerons pas en
ce qui nous concerne de relayer vos activités et vos productions
scientifiques et intellectuelles. P.J : Merci, je savais pouvoir compter sur vous !