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Henri Boulouet

1er août 2011
Propos recueillis par Jean-Paul Baquiast

Henri Boulouet

Co-fondateur de l'Association pour le développement de la Méthode de Conceptualisation Relativisée (adMCR)




Henri Boulouet est l’un des membres fondateurs de l’association adMCR (Association pour le Développement de la Méthode de Conceptualisation Relativisée) présidée par Mme Mioara Mugur-Schächter.

Il prépare une thèse sur l’application de MCR à la construction d’artefacts.

Il est actuellement ingénieur en modélisation au sein de la direction électricité électronique du groupe PSA (Peugeot Citroën Automobiles).

NB. Automates Intelligents publie sur son site, sous le régime Creative Commons, "L'infra-mécanique quantique" de Mioara Mugur-Schächter, ouvrage au format.pdf accessible en téléchargement gratuit.


Jean-Paul Baquiast (A.I.) : Henri Boulouet, vous êtes un des membres actifs de l'Association pour la promotion de la Méthode de conceptualisation relativisée (MCR) de Mme Mioara Mugur-Schächter. Nous avons mis en valeur dans notre revue cette approche vraiment originale de l'épistémologie scientifique. Pouvez-vous nous préciser comment avez- vous, de votre côté, découvert cette méthode et l'intérêt que vous y avez trouvé
?

Henri Boulouet (HB) : Une longue évolution personnelle a préparé cette rencontre. Impliqué dans l’ingénierie système depuis 1994, j’ai été d’emblée choqué par la prolifération de concepts aux acceptions multiples, formellement non définis : système, fonction, complexité, module... Les modes de pensée classiques, dans lesquels on ne peut parler concrètement qu’une fois la solution conçue, m’ont paru peu opératoires face au besoin de maîtriser l’innovation. L’innovation procède par tâtonnements, va-et-vient entre données concrètes et abstractions. Comment rendre compte de l’émergence de quelque chose de nouveau, produit de multiples regards, reflet de mises en situations psychologiques et techniques qui s’entremêlent ?

En fait, les réalisations m’ont toujours paru des sortes de miracles tant me paraissent rudimentaires et artisanaux les moyens mis en œuvre pour faire converger en une même réalité ces différents regards et niveaux de conceptualisation. Pourtant, le génie humain y supplée. Certes, cela se fait au prix de projets non maîtrisés en termes de coûts et de délais, mais l’homme est capable d’aller sur la Lune ! Vouloir, pour mieux maîtriser, imposer un processus méthodologique rigide, décontextualisé, m’est apparu comme une fiction rassurante.

En revanche, définir un infra-cadre structuré où puisse venir se loger cette richesse humaine, au fur et à mesure qu’elle se constitue, d’une façon telle que les buts que l’on se donne, les fondements que l’on prend pour référence, les éléments de conception techniques et les éléments de validation du réalisé puissent se construire de façon consistante m’a semblé d’une urgente nécessité. Si l’on veut se positionner pragmatiquement à un niveau tout à fait général, l’important est de mettre en évidence les dépendances, les interférences et les points à arbitrer. A partir de là, on peut toujours s’organiser en fonction d’un contexte spécifique.

J’ai alors cherché un domaine qui puisse se trouver dans un tel dénuement conceptuel face à une démarche fondamentalement constructive. Le cas de la physique quantique m’a interpellé : tout comme en ingénierie système, il m’a paru que l’on ne conçoit pas ce dont on parle. On baptise des constructions conceptuelles réalisées à partir de corrélations de faits élémentaires stables, telles qu’on les capture au travers d’appareils de mesure, qui fabriquent littéralement leur objet d’étude pour le qualifier à une échelle de temps et d’espace inimaginable. Même si deux mesures sont incompatibles, on pose qu’elles portent sur un même support qui n’existe que comme produit d’un processus opératoire canonique. A partir de là, on prévoit et cela marche ! Décrit-on un existant ou construit-on des artefacts dans le but d’élaborer des modèles prévisionnels efficaces ?

En ingénierie, on parle de "systèmes", sans être capable de donner à ce terme une définition formelle générale. Les frontières semblent mouvantes et rebelles à tout cantonnement tant s’y superposent des points de vue différents. Mais on pose et on fait des systèmes en fonction de différents enjeux. J'ai alors rencontré en 1998, à Bordeaux, un ouvrage de M. Bitbol "Mécanique Quantique, une introduction philosophique" qui portait l’empreinte des travaux réalisés dans le cadre du Cesef (Centre d’Etudes pour une Epistémologie Formelle), présidé par Mme Miora Mugur-Schächter.

Les premiers succès opérationnels obtenus dans le domaine de la gestion de connaissance, de la documentation technique électronique (concurrent engineering) sur le fondement d’une relativisation systématique des informations m’ont confirmé dans cette voie. Mais il a fallu deux miracles supplémentaires pour que je passe d’une approche par analogie à une approche formelle de l’ingénierie système. Le premier miracle est survenu quand M. J-Claude Ligeron, président directeur général de la société du même nom au sein de laquelle j’avais été employé, m’a mis dans les mains fin 2006, un an avant son décès, "Le Tissage des connaissances" de Miora Mugur-Schächter. Il l’avait lu la nuit et y voyait une piste féconde pour fédérer le chaos méthodologique qui règne en matière d’ingénierie système. En feuilletant l’ouvrage, j’ai su immédiatement que j’avais là les fondements que je recherchais. Le deuxième miracle a eu lieu fin 2007, quand j’ai pris la liberté d’écrire à Mme Schächter pour l’informer de la fécondité de sa méthode appliquée à la conception de systèmes mécatroniques. Et elle a répondu….

A.I.. Vous en avez fait un sujet de thèse ?

HB. Oui, en me focalisant sur le processus de construction d’artefact à partir de faits constatés ou voulus, dispersés dans le temps et dans l’espace. Une démarche donc applicable tant à la maîtrise d’une situation dite complexe qu’à l’anticipation, innovation ou prévision. J’ai baptisé ISR "Ingénierie Système Relativisée" ce développement de MCR.

Je n’avais pas initialement d’idée de me lancer dans une telle aventure. Mais appliquer MCR à la construction d’artefact est fortement déroutant de prime abord. Proposer de fonder effectivement une solution d’ingénierie système industrielle sur une épistémologie formelle issue de la mécanique quantique a de quoi déconcerter et faire peur. J’en ai fait l’expérience !  J’ai obtenu il y a trois ans un financement public pour prouver un des apports qualitatifs et financiers de la méthode : la génération automatique de vecteurs de tests, de différents points de vue, à partir de spécifications formelles. Le projet a été refusé par mon employeur actuel à ma très grande surprise…. Et je n’ai toujours pas d’explications.

Afin de dépasser les résistances psychologiques du management, il m’a dès alors paru incontournable d’exposer publiquement, et avec toutes les garanties scientifiques nécessaires, le cœur de la construction réalisée sur le fondement de MCR pour favoriser la diffusion de la méthode et démontrer à quel point elle constitue un infra-cadre pragmatique. Cette thèse est conduite sous la co-direction de Mme Mioara Mugur Schächter et de Mme Sylvie Leleu-Merviel.

L’exercice n’est pas aisé. MCR est une construction rigoureuse dont la maîtrise demande une forte implication. MCR interpelle au plus profond, bouleverse les pseudo-évidences que l’on croyait acquises, désigne la frontière au-delà de laquelle aucune connaissance n’est possible. Or la méthode reste à ce jour méconnue, même si elle suscite un intérêt croissant. Exposer les développements formels réalisés sur des fondements quasiment inconnus expose au risque de non communicabilité. Pourtant, pour permettre d’agir et non pas seulement de parler, il est nécessaire de développer formellement.

Pour contourner la difficulté, il me semble préférable d’aborder ISR sous l’angle de son insertion dans la systémique. En synthétisant l’apport de MCR et en montrant comment les concepts du modèle canonique sont revisités (système, complexité qui ici se calcule, …), on permet de s’aventurer plus avant, si on le souhaite, dans la construction formelle réalisée, sans faire de sa connaissance un préalable. Il est alors possible de mettre en avant le prototype d’atelier ISR développé qui démontre la faisabilité humaine et technique : cela rassure. Car appliquer une méthode ne requiert heureusement pas de maîtriser ses fondements scientifiques ! Ce qui importe, c’est l’adéquation du cadre proposé aux modes de pensée des métiers.

Une thèse ne permet pas d’exposer l’ensemble des travaux réalisés, par exemple en matière de dangers et d’étude de sûreté de fonctionnement. Cela est un peu frustrant. Mais ces développements théoriques et appliqués n’auraient pas été possibles sans une équipe de personnes convaincues qui se sont volontairement impliqués dans l’aventure et ont maintenant rejoint, pour la plupart, l’association adMCR (Association pour le Développement de la Méthode de Conceptualisation Relativisée) présidée par Mme Mioara-Mugur-Schächter.

Je souhaiterais citer M. Vincent Brindejonc, physicien théoricien, expert en sûreté de fonctionnement qui s’est joint à mon initiative dès 2002, puis M. Fabrice Fleuchey, ingénieur électronicien, passionné de neuroscience en 2005. En 2006 M Eric Campo, ingénieur en informatique industrielle et système électronique, M Guanrui Hou, ingénieur en informatique industrielle, qui se sont investis dans les développements informatiques, la même année M. Bruno Massy de la Chesneraye, ingénieur, interpellé par la définition du concept d’exigence, et, enfin, en 2008, Mme Nathalie Gollentz, ingénieur qui s’est beaucoup impliquée dans la construction de modèles d’usage, la formation et la mise en œuvre de l’atelier de développement. Toutes ses personnes se sont investies de façon désintéressée, par conviction, et au détriment se leur évolution professionnelle, car ISR n’est pas reconnu. Je tiens à leur exprimer toute ma gratitude et ma confiance en l’avenir.

A.I.. Vous pensez, comme nous d'ailleurs ici, que MCR peut être appliquée dans un nombre considérable de domaines scientifiques et technologies, autrement dit ne doit pas être limitée à la physique quantique. Pourriez-vous préciser certains de ces domaines ?

HB. C’est en effet une conviction très forte. De façon fondamentale, MCR fournit un cadre méthodologique rigoureux à la construction de toute connaissance intersubjective, et, ce faisant définit aussi la structure d’accueil de tout processus innovant d’où émerge une nouvelle réalité. Et ce cadre ne se substitue pas à des techniques existantes : MCR définit les règles de construction des structures d’accueil conceptuelles, adaptées à chaque projet, dans laquelle toute description ou tout but, fussent-ils embryonnaires, peuvent venir se loger. MCR élimine les faux problèmes, la superposition anarchique des points de vue et met en évidence les points de décision irréductibles à un mécanisme déductif.

Le domaine d’application de MCR est donc quasiment illimité. La physique quantique n’intervient que de façon historique, comme un élément générateur de la méthode, car elle met l’esprit humain dans des conditions extrêmes, aux limites de l’entendement. Mais les leçons générales qu’en tire MCR ne sont en rien propres à ce domaine et aucun élément n’en est cité dans l’épistémologie formalisée qui en découle.

MCR se situe à un niveau infra. Son application à la physique quantique constitue aussi une application particulière de la méthode, au même titre que son application à tout autre domaine, tel que l’innovation en matière industrielle, l’étude et la conception des organisations, les études de risques environnementaux, la définition et l’évaluation de cadres réglementaires, en matière économique par exemple, etc.

Pour chaque domaine, à partir du moment où l'on peut définir les faits élémentaires intersubjectifs sur le fondement desquels il est possible de conceptualiser, de décrire ou d’imaginer (concept de descriptions transférées ou de base), MCR est applicable.

A.I.. Prenons l'exemple d'une entreprise industrielle ? En quoi pourrait-elle tirer bénéfice de l'utilisation de MCR ?

HB. Pour rationaliser leur processus de développement, les industriels s’appuient sur des propositions méthodologiques qui agrègent anarchiquement des concepts mal ou non définis, tel typiquement le concept d’exigence, le concept de système, le concept de module,.... Les propositions discutables construites sur ces bases mouvantes proposent généralement un processus hiérarchisé qui va du plus abstrait -typiquement la "fonction" qui flotte dans l’espace- au plus concret. Ces propositions mélangent généralement le concept de besoin et d’usage (qui peuvent être très concret) et le concept d’abstraction (un besoin, un usage sont réputés "abstrait"). Elles assimilent le concret à ce qui peut être mesuré par un appareil de mesure sur un équipement.

Cette vision réductrice va de pair avec une approche ontologique qui aboutit à superposer anarchiquement sur les équipements les différents points de vue à l’origine de leur genèse. Il devient très difficile de les reconstituer à posteriori. Le mélange de concepts hétéroclites, la rigidité des processus proposés et leur déphasage avec la réalité du travail, l’absence de maîtrise des différents niveaux de conceptualisation, le mélange anarchique des points de vue se traduisent par des systèmes d’information coûteux à faible valeur ajoutée. Cette inconsistance rend très difficile la capitalisation des connaissances et leur exploitation dans le cadre de processus de développement dont la réalité n’est pas en phase avec la vision que l’on en donne, que soit en termes de structure de l’information ou de logique de déroulement.

Face à cela, au-delà d’une conviction, l’apport de MCR en ce domaine est déjà un constat. Les applications que notre petite équipe a pu faire, sur des sujets complexes, dans le domaine de l’ingénierie des systèmes mécatroniques automobiles, en allant des modèles d’usage pressentis jusqu’à l’étude de faisabilité de pilotage des bancs de test du réalisé, en passant par la gestion de configuration, ont montré tout l’apport de la méthode en terme de maîtrise des projets, de prise en compte des points de vue relatifs, de souplesse dans le déroulement, d’élimination des confusion et de mise en évidence des périmètres de responsabilité. Forcément, cela se traduit en termes de coûts, de délais, de souplesse d’adaptation et de réutilisation.

C’est, je le pense, dans le lien formel construit entre spécification, conception et tests que l’apport de MCR est sinon le plus important, du moins le plus facilement quantitativement démontrable dans l’industrie. Car autant prouver l’influence sur les coûts de développement, les économies réalisées en garantie, la satisfaction des utilisateurs, des clients, demande du temps, autant l’économie immédiate réalisée dans l’élaboration et la pertinence du processus d’intégration et la réalisation des procédures de tests est immédiatement constatable. Les apports qualitatifs n’ont traditionnellement pas la même puissance démonstratrice du point de vue d’un manager. On revient là au principe MCR de descriptions transférées : il faut se mettre d’accord sur les faits élémentaires intersubjectifs à partir desquels on raisonne.

C’est pour cette raison que j’avais proposé un projet de recherche en ce sens en allant jusqu’au test de faisabilité. Mais, comme je viens de l’évoquer, bien que ce projet ait été financé dans le cadre d’un projet FUI, il fut rejeté par mon employeur actuel. Car il ne faut pas se leurrer, l’adoption d’une méthode telle qu’MCR remet profondément en cause les organisations, les lieux de pouvoir, les modes de pensée jugés les plus pérennes et donc aussi les personnes. A posteriori, je ne suis pas étonné par les réticences rencontrées, surtout quand les résultats pressentis sont prometteurs. Que faire en effet en cas de succès officiellement démontré ? Si les utilisateurs de terrain sont très réceptifs, il faut une volonté politique forte au plus haut niveau. Cela ne se décrète pas ni ne se réduit aux buts officiellement affichés : ces buts ne reflètent qu’imparfaitement les ressorts des mécanismes décisionnels.

Parmi les perspectives ouvertes, je voudrais citer en particulier le concept de loi de probabilité factuelle, radicalement nouveau, qui est très prometteur. Chose nouvelle, une loi de probabilité se construit à partir d’un modèle et ceci doit permettre d’évaluer le degré de confiance que l’on peut accorder à un modèle relativisé d’une certaine réalité que l’on se donne face aux faits que l’on constate. Cette avancée majeure est potentiellement applicable bien au-delà du domaine du test industriel, qu’il s’agisse de valider une hypothèse ou de superviser l’évolution d’un certain champ de réalité selon différents points de vue.

En 2004, j’avais pensé appliquer ce principe à la supervision avec "apprentissage" d’installations distantes, qu’il s’agisse d’une centrale thermique automatisée, du groupe motopropulseur d’un pétrolier en mer ou d’un barrage hydroélectrique. Malheureusement ce projet soumis dans le cadre d’un appel d’offre européen, dans le cadre de la société Ligeron, en coopération avec la société Technilog, sur le fondement de leur outil Remote Data Sentinel  (RDS) n’a pas été retenu.

A.I.. Au-delà de l'industrie, l'approche MCR reste, pour diverses raisons, peu connue voire refusée par la communauté scientifique. Pouvez-vous préciser pourquoi selon vous ?


HB. Je suis très mal placé pour évoquer la communauté scientifique que je ne connais pas. Mais je ne vois pas à priori de raison, pour que les mêmes causes que j’ai pu constater dans le domaine industriel ne produisent pas les mêmes effets.

Tout d’abord, la maîtrise de MCR, pour ceux qui veulent en développer les applications - à distinguer de ceux qui utilisent ces applications - demande un très fort investissement personnel qui conduit aux limites de la métaphysique. Il faut être motivé, patient et obstiné !

Ensuite, MCR induit une remise en cause fondamentale de ce que l’on croyait acquis, restructure la façon de penser avec des conséquences organisationnelles et humaines. Certes les scientifiques sont normalement plus enclins à se remettre en cause que les industriels, mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à réévaluer des paradigmes éprouvés qui se sont révélés fructueux et autour desquels ils ont bâti leur carrière.

Il faut donc un véritable intérêt et une vraie motivation. Cela est sans doute plus facile à susciter dans des situations de blocage ou de stagnation avérées, typiquement dans les études interdisciplinaires, quand la conjonction de différents paradigmes aboutit à des constructions logiquement inconsistantes…. Mais les domaines scientifiques sont très spécialisés : j’en ai pris conscience lorsque nous avons recherché une discipline dans laquelle loger ma thèse….

A.I.: Nombre de nos lecteurs ne veulent pas faire l'effort d'entrer dans le vocabulaire très spécial de Mme Schächter. Que faire, selon vous, pour dépasser cet obstacle ?

HB. Tout dépend de la finalité poursuivie. Si on souhaite maîtriser pour appliquer, alors il n’est pas possible de faire abstraction de ce formalisme. Je n’ai pas trouvé moi-même d’échappatoire tout en étant parfaitement conscient des difficultés que cela suscite.
Ce formalisme est l’expression d’une construction formelle, quasiment mathématique bien qu’exprimée dans le cadre de la logique classique. Cet aspect est encore renforcé quand il s’agit de développer des applications outillées de MCR.

Bien sûr, pour favoriser une diffusion large, sensibiliser les décideurs, sans aucun doute est-il nécessaire de vulgariser pour susciter une première adhésion. La démonstration de l’apport effectif doit provoquer, dans un second temps, le passage à l’action. Cela est tout un art et reste à faire, quoique "l’infra mécanique quantique" permette d’aborder de façon moins abrupte ce qui est en cause.

Nous sommes à la fin d’une première phase de construction vraiment fondamentale qui va se conclure par le travail réalisé en matière de probabilité. Cette phase amorce le processus de développements scientifiques et pragmatiques fondés sur MCR. Notre préoccupation reste encore de rendre robuste, irréprochable cette construction, et d’éprouver ses applications pragmatiques face aux premiers buts que nous nous donnons, par exemple au travers d’ISR. Les personnes activement impliquées dans cette construction sont en très petit nombre même si les sympathisants actifs sont plus nombreux : toutes les actions nécessaires ne peuvent être conduites simultanément.

L’état d’avancement des travaux va prochainement rendre possible de libérer du temps pour organiser des séances de sensibilisation au sein de l’association adMCR et conduire un travail éditorial qui permette une meilleure diffusion en des termes moins déconcertants et mieux illustrés.

A.I.: Précisément, comment voyez vous le rôle de l'association mise en place pour mieux faire connaître MCR ?

HB. L’association adMCR est l’instrument de développement et de diffusion de la méthode. Elle est la structure de travail scientifique, même si les membres actifs en ce domaine sont peu nombreux. Elle est le lieu de rencontre des personnes de tous horizons qui pressentent ou sont déjà convaincus par l’intérêt de la méthode et désirent accéder à sa maîtrise. De là peuvent naître des projets, des collaborations interdisciplinaires. Elle est l’interlocuteur des personnes ou organismes qui souhaiteraient s’appuyer sur MCR pour développer des applications opérationnelles répondant à leurs besoins. Elle a vocation à être une structure d’initiation, de formation, de diffusion au travers notamment du travail éditorial mais aussi de la création d’un site dédié en préparation. Elle a vocation à s’adosser au monde académique, en organisant par exemple des formations dans les universités pour former de nouvelles compétences, à gérer cette interface porteuse d’avenir entre industrie et recherche.

Ce ne sont pas les projets qui manquent, mais tout cela repose exclusivement sur le bénévolat des personnes impliquées. Il faut donc laisser du temps au temps et faire en sorte de transformer les intérêts suscités en soutiens actifs, notamment sur le plan financier, de façon à dégager un minimum de ressources, ne serait-ce que pour traduire les ouvrages déjà publiés.



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