La
technologie avance au galop. Les américains ont conçu
un nouveau genre de support qui tout en ressemblant au livre traditionnel
(taille d'un livre de poche), ne possède aucune page, juste
un écran. Cette nouveauté, le "e-book" est apparu
sur le cyberspace en 1998. Le principe consiste à y télécharger,
via connexion web, autant de livres que l'on désire.
Pour faire simple, disons qu'un e-book permet de stocker le contenu
d'une quarantaine de livres, incluant des images, voire même
du son. Les ouvrages peuvent être obtenus moyennant faible
forfait (abonnement mensuel) ou en les achetant au coup par coup.
Certains sites proposent même des téléchargements
gratuits (par exemple Book-online
: http://www.books-on-line.com).
Dès lors, plus besoin d'être rivé derrière
son gros PC (sauf au moment du téléchargement
car, à preuve du contraire, seuls le Sofbook et l'Everybook
sont dotés d'un modem et d'un mini logiciel de téléchargement
qui les rendent indépendant d'un ordinateur)
ou d'avoir recours à une imprimante pour se délecter de
ses romans, essais ou livres techniques favoris. Le lecteur invétéré
peut enfin partir en vacances sans surchage de bagages : le poids
moyen d'un e-book est de l'ordre de 500 grammes.
Le système a de quoi séduire : préservation
de la forêt ; suppression des frais d'impression et de distribution
donc prix du livre plus attractif pour le consommateur. Et puis
finie la non-disponibilité des ouvrages pour cause de non-réédition
ou d'épuisement...
Un marché prometteur estimé à plus de 15 millions
de francs (2,5 millions de dollars) pour 2002 par le patron de Librius.
Inc.
Le tableau suivant présente les caractéristiques
affichées sur les différents sites commercialisant
les e-book :
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Millenium reader
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Softbook
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Rocketbook
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Eveybook
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(Photo extraite
du site web cité ci-dessus)
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(Photo extraite
du site web cité ci-dessus)
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(Photo extraite
du site web cité ci-dessus)
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(Photo
extraite
du site web cité ci-dessus)
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Poids : 500 g
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Poids : 1360 g
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Poids : 616 g
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Poids : de 453 g à plus de 3 kg selon le modèle
proposé
(différents formats d'écrans, modèle
pouvant comporter page gauche et page droite).
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Capacité : 4000 pages de texte et images en dégradé
de gris
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Capacité : 1500 pages de texte et images en dégradé
de gris, extensible à 50000 pages avec une carte
mémoire additionnelle.
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Capacité : 4 000 pages de texte et image en dégradé
de gris.
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Capacité : jusqu'à 500000 pages en
couleur
(possibilité d'afficher jusqu'à
16 millions de couleurs)
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Résolution : non précisée
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Résolution : 72 dpi
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Résolution : 105 dpi
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Résolution : 450 dpi
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Autonomie : 18 heures
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Autonomie : 5 h, avec rechargement rapide des batteries
en 1 h.
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Autonomie : 20 heures
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Autonomie : non précisée
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Prix : 1275 F (299$)
(NB : ces données concernent le premier
modèle commercialisé l'année dernière
par Librius Inc, la photo ci-dessus étant celle
du tout dernier e-book bientôt disponible)
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Prix : 3900 F (600$)
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Prix : 3250 F (500 $)
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Prix : de 3250F (500$) à 13000F (2000$)
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Le livre électronique présente beaucoup d'avantages
mais ne reste cependant qu'un ordinateur de poche. Il ne procure
ni le plaisir de feuilleter, ni vraiment la rapidité
d'accès à la page souhaitée. Rassurons-nous
: de petits futés réfléchissent déjà
au problème...
Vers la génération du papier électronique
?
Pour donner au livre électronique un aspect identique à
celui des ouvrages imprimés, les chercheurs américains
du MicroMedia Laboratory (cellule du Media Laboratory du Massachusetts
Institut of Technology) poursuivent la mise au point du "papier
électronique" : une feuille qui ressemble en tout point
au papier ordinaire, mais recouverte à sa surface de millions
de microcapsules.
Chacune des ces sphères microscopiques (dont la taille
est de quatre centièmes de millimètre de diamètre)
renferme un liquide coloré dans lequel baignent des microbilles
blanches, ces dernières ayant la particularité d'être
sensibles aux champs électriques.
Une coupe transversale effectuée dans le papier révèle
que les microcapsule sont prises en sandwich entre deux films plastiques
couverts d'un réseau de fils électriques. Chaque microcapsule
est entourée d'un fil électrique horizontal et vertical
qui, lorsqu'on leur applique une tension, induisent un champ électrique
autour de la capsule. Suivant la polarité de ce champ, les
billes blanches montent ou non à la surface pour masquer
le liquide. On crée ainsi soit un point blanc, soit
un point noir sur la feuille. C'est l'ensemble de ces différents
pixels encapsulés qui reconstitue ainsi le texte et/ou l'image
visible sur la feuille.
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Vue au microscope
d'une
portion d'image "imprimée"
sur papier électronique.
On distingue bien les
microcapules, plus ou moins
noircies.
Photo : MIT
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Vue d'une microcapsule
Photo : MIT
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L'encre électronique
: une encre sympathique
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Photo
: MIT
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L'idée d'incorporer une "encre électronique"
au coeur du papier n'est pas nouvelle puisque Nicholas
Sheridon (chercheur américain du Palo Alto
Research Center de la firme Xerox) y songeait
déjà en 1977. Convaincu des développements
de l'informatique grand public, le chercheur imaginait
de remplacer l'encre par des millions de sphères
bicolores (noires et blanches) prises à
l'intérieur d'un sandwich de plastique couvert
d'un réseau d'électrodes en lignes
et en colonnes qui permet de contrôler le
comportement de ces sphères. Dans ce procédé,
appelé Gyricon, les billes bicolores, d'une
taille maximale de 100 microns, portent une charge
électrique différente à la
base et à leur sommet. Elles baignent dans
un liquide visqueux qui permet de faciliter leur
éventuelle rotation en fonction du champ
électrique auquel elles sont soumises, et
dans lequel elles s'orientent. Les lettres ou les
dessins sont ainsi formés par l'alternance
des points noirs ou blancs, suivant l'hémisphère
présentés au regard.
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Après 18 mois de recherche, les travaux
furent abandonnés : Xerox venait d'inventer
l'imprimante laser ... Mais aujourd'hui, la firme
reprend les recherches, mettant le cap sur la production
de papier électronique de grande dimension.
Elle se penche également sur le problème
de l'introduction de la couleur. Première
piste envisagée : l'utilisation de la rhodopsine,
protéine qui change de couleur sous l'effet
d'un champ électrique. Affaire à suivre...
Quant au Massachusetts Institut of Technology,
il s'est engagé dès les années
1990 sur les traces de Nicholas Sheridon et développe
désormais une nouvelle technique pour
l'encre électronique : l'utilisation de microbilles
blanches enfermées dans une capsule emplie
d'un colorant liquide noir. Les microbilles migrent
ou non à la surface en fonction du champ
électrique. Cette méthode simplifie
la fabrication des sphères et améliore
la résolution finale. La méthode devrait
également simplifier l'intégration
de la couleur par l'introduction de pigments colorés
dans les sphères.
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A la différence des E-book, qui s'appuient sur une source
lumineuse placée en arrière de l'affichage pour pouvoir
le texte à l'écran, le papier électronique
fonctionne par réflexion de la lumière ambiante, ce
qui rend sa consommation électrique négligeable. Fini
le problème de faible autonomie... Autre avantage : un livre
réalisé en papier électronique pourra être
lu dans un avion sans que l'hôtesse ou le steward vous jettent
un regard noir en vous demandant immédiatement de "l'éteindre"
à cause des interférences. On pourra également
lire le livre en papier électronique dans sa baignoire...
Enfin, contrairement aux autres procédés, le papier
électronique n'est pas fragile. Il ne craint ni les torsions
ni les chocs.
Une fois "imprimés", textes et images perdurent tant qu'on
ne décide de recharger la page. D'après E-Ink
(http://www.eink.com), société qui s'appuie sur
les travaux du MIT et qui devrait commercialiser d'ici la fin de
l'année des panneaux d'affichages à encre électronique
géants et ultralégers, le texte peut être rechargé
à volonté quelque 300 millions de fois.
Livres du futur : un CD-ROM sur papier ?
Dans un futur très proche, une autre filière d'utilisation
pourrait être celui de la presse quotidienne. Moyennant abonnement,
on peut très bien imaginer la connexion automatique de son
"journal électronique" à un serveur internet pendant
la nuit. Au réveil, l'abonné trouverait les dernières
nouvelles "imprimées" sur son journal.
L'encre électronique présente par ailleurs une vitesse
de réaction suffisamment grande pour afficher des images
animées : une ouverture extraordinaire pour la conception
de livres (notamment pour les enfants), guides, documents techniques
gagnant en efficacité et en originalité. Un
véritable CD-ROM sur papier. Se pose alors de nouveau le
problème de l'autonomie, mais rien n'empêche de placer
une pile dans le dos de couverture du futur livre électronique.
Autre application envisageable, mais à plus long terme :
le papier électronique affiché au mur comme écran
de télévision.
Livre en papier électronique : rêve ou réalité
? Selon Joseph Jacobson du MIT, le coût de production d'une
feuille de papier électronique devrait se situer entre 12
et 24 F. Le monde industriel s'intéresse d'ores et déjà
à cette technolologie, attirant un investissement de plusieurs
millions de dollars, notamment de la Hearts Corporation (qui
voudrait exploiter la filière des journaux réutilisables)
et de Motorola qui y voit une extension des technologies sans fil.
Beaucoup reste cependant à faire avant d'envisager l'apparition
des livres électroniques dans le commerce. L'épaisseur
du papier électronique demande encore à être
affinée (elle serait aujourd'hui d'un tiers de millimètres
par le procédé utilisé par Xerox), la résolution
générale obtenue également.
Le problème de l'incorporation de la couleur, quant à
lui, n'est toujours pas résolu. Rassurons-nous : les scientifiques
ont plus d'un tour dans leur sac.
Compléments écrit du 13/12/1999:
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le premier livre électronique français
vient de naître. Fruit des recherches de la société
parisienne Cytale (http://www.cytale.com),
il permet de télécharger jusqu'à 1500
pages, soit l'équivalent de 30 romans de 500 pages.
Il sera présenté officiellement en mars
prochain durant le Salon du Livre. SOn prix devrait être
de 4000F (dimensions : 16x22x2,3 cm, écran de 10,4
pouces à matrice active ; poids : 800 grammes, batteries
lithium-ion rechargeable).
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