Deux
ingénieurs français, Joël Gilbert (université
du Mans) et Jean-François Petiot (université de Nantes)
ont réussi à fabriquer des lèvres en latex
(deux minces tubes latex remplis d'eau), dont la texture et la résistance
sont similaires à ceux d'une bouche humaine. Cette invention,
annoncé dans la Revue "New
Scientist" (à paraître samedi 9 octobre - rubrique
News) devrait aider les chercheurs à concevoir des instruments
de musique plus facile à jouer. Le fonctionnement en effet
des instruments en cuivre, notamment la relation entre le mouvement
des lèvres du musicien et la note émise, reste pour
l'instant très mal connu. Alors que dans les instruments
à vents en bois, une pièce placée près
de la bouche du musicien vibre et produit le son, dans les cuivres,
c'est la lèvre même de l'instrumentiste qui vibre et
crée la note. Les lèvre formées en entonnoir
conduisent l'air vibrant à travers le tube de résonance
en cuivre, dont la longueur varie pour créer la fréquence
voulue. Mais la relation entre les fréquences de la vibration
des lèvres et la note produite est extrêmement complexe.
Pour l'analyser, il faut maintenir la position des lèvres
au moins dix minutes, d'où la nécessité de lèvres
artificielles.
Avec le système des deux ingénieurs, de l'air est soufflé
à travers une membrane en plastique qui reproduit l'obstacle
des dents. Les deux français ont testé leurs lèvres
artificielles reconstruites sur des trombones et d'anciens instruments
celtes au laboratoire d'acoustique de l'université
d'Edimbourg. Ils comptent présenter les résultats
de leur recherche, avec leurs collègues britanniques, devant la
société d'acoustique américaine, à Columbus
(Ohio), en novembre prochain.