Publié dans le Nature du 31 août dernier (voir références
en fin de texte), ce résultat s'inscrit dans le cadre du projet
GOLEM (Genetically Organized Lifelike Electro Mechanics) menés par les
américains Hod Lipson et Jordan B. Pollack au DEMO (Dynamical and
Evolutionary Machine Organisation) Lab de l'université Brandeis, près
de Boston.
Selon Rodney Brooks, un des plus éminents spécialistes de l'intelligence
artificielle -qui commente également ces travaux dans Nature (voir
références en fin de texte)- "ceci constitue une étape
que l'on attendait depuis longtemps et nécessaire pour concrétiser
le rêve ultime de machines capables d'évoluer toutes seules"
Une réalisation étonnante puisqu'elle s'est effectuée
sans aucune aide humaine, que ce soit dans la conception ou la fabrication
du robot (à part, en fin de parcours, l'installation d'un moteurs
électrique et le branchement des fils).
Aucune forme a priori n'était préalablement définie pour
le robot. Seule piste donnée au départ à l'ordinateur démiurge
: le robot devra savoir se mouvoir sur une surface plane.
Le résultat final est étonnant. Plusieurs candidats,
d'abord obtenus virtuellement au long d'un long processus d'évolution,
ont ensuite été fabriqués automatiquement par prototypage
rapide.
Quelle est la recette d'une telle fabrication
?
a) Prenez un programme informatique : déclarez simplement que l'objectif
à atteindre est de créer de façon virtuelle un assemblage
capable de se déplacer seul le long d'un plan infini. L'assemblage
comportera des tiges rigides ou souples dotées de jonctions fixes ou
articulées, le tout contrôlé par un cerveau électronique
(neurones artificiels).
b) Installez-vous confortablement dans un fauteuil et laissez touner les calculs
à partir de ce logiciel très spécial (en l'occurence la
version 1.2 de GOLEM)*, logiciel d'évolution soumis à des lois
identiques à celles de la sélection naturelle formulées
par Darwin.
Doté d'une première population de 200 assemblages simples inventés
sans aucun a priori par la machine (et qui ne savent encore pas faire grand
chose), faites revenir le tout dans le logiciel : cet algorithme génétique
va croiser et faire évoluer génération après génération
chaque assemblage, enlevant ici certaines tiges, rajoutant là une jonction
articulée, modifiant ici le réseau de neurones par modification
du "poids" des synapses et donc du seuil d'activation d'un neurone, pour ne
conserver que les constructions ayant tiré un quelconque bénéfice
de cette longue quête de l'apprentissage de la marche. Suivant les population,
laisser mijoter pendant 300 à 600 générations et à
l'issue de cette sélection impitoyable vous obtiendrez les candidats
potentiels les plus doués.
c) Laissez ensuite les outils de prototypage rapide -en l'occurence
une imprimante 3D - fabriquer et assembler automatiquement les différents
éléments en plastique thermoformé du robot marcheur. Selon
le candidat, compter de 12 à 18 heures pour mener à bien le processus.
d) Le robot étant maintenant passé du monde virtuel
au monde réel, placer le moteur électrique dans le compartiment
prévu à cet effet et procédez aux branchements des différents
fils.
* Version utilisée à ce moment-là par les
chercheurs pour les travaux publiés dans Nature. Une version 2.43 est
aujourd'hui disponible
D'autres formes finales ont également émergé,
comprenant de l'ordre d'une vingtaine d'éléments: constructions plates
ou élevées..., structures possédant ou non une symétrie,
tout aussi capables de se déplacer. Des formes qui n'auraient certainement
jamais pu être imaginées par un esprit humain, trop souvent
limité par les a priori.
Il s'agissait ici de valider le concept. L'importance de ce
travail, une première en la matière, réside
d'une part dans le développement du robot dont la structure
et le "cerveau" ont évolué simultanément et, d'autre part,
dans le fait qu'il se soit ensuite fabriqué tout seul.
Certes, ce robot ne sait pour l'instant rien faire d'autre que de se déplacer
sur une surface : dénué de capteur, il est incapable de réagir
à son environnement; le thermoplastique présente par ailleurs
le désavantage d'être peu résistant. Mais ce premier pas
vient désormais poser ici les jalons de réalisations beaucoup
plus ambitieuses avec peut-être, à terme, l'avènement des
"autoreproduisants", robots sachant évoluer et se reconstruire en fonction
des tâches complexes qu'ils auront à effectuer.
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Le projet GOLEM :
Vous-aussi, participez à cette expérience excitante
!
Vous souhaitez voir se créer et évoluer
ce type de robot sur votre ordinateur : téléchargez
le logiciel Golem 2.43 disponible sur le site d'Hod Lipson
et Jordan B. Pollack (pour
Win95/98 ou NT (740Ko)
Vous participerez ainsi à une expérience
de calcul évolutionniste massivement distribuée
via internet, qui permettra de faire émerger sur
votre écran votre propre robot (dont le copyright
vous appartiendra).
Il est même prévu, si vous le désirez,
de faire procéder ensuite à sa fabrication
physique "en dur". Mais là, à moins que
vous ne possédiez une imprimante 3D, il vous en
coûtera tout de même1500 dollars.
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© Lipson
& Pollack
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Vous pouvez également télécharger
le logiciel LiveTruss 1.2, une version autonome
du programme d'évolution, qui vous permettra
de faire varier les paramètres durant le
processus (pour
Win95/98/NT (370Ko)
Nb: Compter ici une bonne nuit sur un ordinateur
puissant, et de un à deux jours sur un ordinateur
moins performant, avant que n'émerge quelque
chose d'intéressant. La minimisation de la
taille de la fenêtre augmentera la vitesse
d'exécution.
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En savoir plus : http://golem03.cs-i.brandeis.edu/download.html
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