Selon
les travaux d'IBM (Zurich) et des chercheurs de l'université de Bâle
publiés dans le magazine Science
du 14 avril dernier (voir références en fin de texte), il
est possible de faire exécuter par de l'ADN un travail
habituellement attribuée à des mini-machines (pile, moteur).
L'objectif : créer une nouvelle génération de robots
microscopiques pour l'appliquer aux diagnostics, aux traitements médicaux,
à la lecture de gènes...
Cette nouvelle technique biomédicale, par exemple, permettrait
l'injection de microcapsules équipées de nano-valves à
l'ADN pour lutter contre une tumeur. L'ADN servirait de "levier" aux nano-valves
(minuscules doigts en silicone d'une épaisseur cinquante fois moindre
que celle d'un cheveu) pour libérer la juste dose de chimie à
l'endroit désirée.
De quoi s'agit-il ?
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Les bras (ou "doigts") en silicone
(longueur 500 microns, largeur 100 microns)
vus au microscope électronique à balayage
© IBM

La déflection
des "bras", mesurée par faisceau laser,
est de l'ordre de 10 à 20 nanomètres.
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Grâce à un procédé appelé
"reconnaissance moléculaire" (sorte de blocage par
clé), un ensemble de "doigts" en silicone d'une épaisseur
d'un micron (milliardième de mètre) ont la faculté
d'attirer du code ADN et des protéines spécifiques
(chaque doigt étant préalablement recouvert
sur une face de biomolécules spécifiques). En
observant la façon dont les différents doigts
se courbent lorsque l'ADN adhère à ces bras,
les chercheurs peuvent détecter le plus petit défaut
dans une séquence ADN. En d'autres termes, on transforme
une reconnaissance biochimique en un minuscule mouvement nanométrique.
"La possibilité d'utiliser la biologie pour accomplir
des tâches spécifiques à l'échelle
nanométrique en utilisant du silicone ouvre une approche
complètement nouvelle dans le fonctionnement
autonome de mécanismes, c'est-à-dire sans besoin
d'un apport d'énergie ou de la nécessité
d'un contrôle par ordinateur. Nous avons trouvé
le moyen d'obtenir de l'ADN qu'il fasse cela pour nous.
Plus besoin de piles ou de moteurs pour rendre des minimachines
opérationnelles", explique James Gimzewski du
laboratoire de recherche d'IBM, co-auteur de l'article
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