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En guise d'introduction

18 avril 2000
Christophe Jacquemin

De l'ADN au service de robots microscopiques

Selon les travaux d'IBM (Zurich) et des chercheurs de l'université de Bâle publiés dans le magazine Science du 14 avril dernier (voir références en fin de texte), il est possible de faire exécuter par de l'ADN un travail habituellement attribuée à des mini-machines (pile, moteur). L'objectif  : créer une nouvelle génération de robots microscopiques pour l'appliquer aux diagnostics, aux traitements médicaux, à la lecture de gènes...
Cette nouvelle technique biomédicale, par exemple,  permettrait  l'injection de microcapsules équipées de nano-valves à l'ADN pour lutter contre une tumeur. L'ADN servirait de "levier" aux nano-valves (minuscules doigts en silicone d'une épaisseur cinquante fois moindre que celle d'un cheveu) pour libérer la juste dose de chimie à l'endroit désirée.

De quoi s'agit-il ?

Ensemble de "doigts" vue en microscopie électronique  © IBM
Les bras (ou "doigts") en silicone
(longueur 500 microns, largeur 100 microns)
 vus au microscope électronique à balayage
© IBM

Mesure de la déflection des bras
La déflection des "bras", mesurée par faisceau laser,
est de l'ordre de 10 à 20 nanomètres.

Grâce à un  procédé appelé "reconnaissance moléculaire" (sorte de blocage par clé), un ensemble de "doigts" en silicone d'une épaisseur d'un micron (milliardième de mètre) ont la faculté d'attirer du code ADN et des protéines spécifiques (chaque doigt étant préalablement recouvert sur une face de biomolécules spécifiques). En observant la façon dont les différents doigts se courbent lorsque l'ADN adhère à ces bras, les chercheurs peuvent détecter le plus petit défaut dans une séquence ADN. En d'autres termes, on transforme une reconnaissance biochimique en un minuscule mouvement nanométrique.

"La possibilité d'utiliser la biologie pour accomplir des tâches spécifiques à l'échelle nanométrique en utilisant du silicone ouvre une approche complètement nouvelle dans le  fonctionnement autonome de mécanismes, c'est-à-dire sans besoin d'un apport d'énergie ou de la nécessité d'un contrôle par ordinateur. Nous avons trouvé le moyen d'obtenir de l'ADN qu'il fasse cela pour nous. Plus besoin de piles ou de moteurs pour rendre des minimachines opérationnelles", explique James Gimzewski du laboratoire de recherche d'IBM, co-auteur de l'article

A terme, des robots microscopiques à l'intérieur de notre corps, au service de la bonne thérapie, à la bonne place et au bon moment, en minimisant effets secondaires et chirurgie invasive ?

Science du 14 avril 2000 (articles recherche), Volume 288, N° 5464 I, pages 316 à 318 : "Translating Biomolecular Recognition into Nanomechanics", par Jürgen Fritz, Marko Baller, Hans Peter Lang, Hugo Rothuizen, Peter Vettiger, Ernst Meyer et Hans-Joachim Güntherodt, Christoph Gerber et James K. Gimzewski

NB : L'accession à l'abstract de cet article n'est possible qu'après inscription à l'accès gratuit "Science online" (cliquer ensuite dans l'option "Register free").
 

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