Une équipe américaine dirigée par Lloyd Smith de l'université
du Wisconsin s'est servie de brins d'ADN comme "ordinateur chimique", afin de
résoudre des calculs complexes, explique un article à paraître
demain dans la revue britannique Nature
(c.f référence en fin de texte). Ces travaux, sans portée
pratique dans l'immédiat, montrent un peu plus la
faisabilité d'une technologique qui n'en est qu'à ses
balbutiements.
Si les brins d'ADN contiennent des informations, ils peuvent aussi les traiter
: cette particularité a été exploité par les auteurs,
montrant ainsi qu'il devrait être possible de résoudre par ce moyen
des problèmes de calcul trop complexes pour des ordinateurs classiques.
En effet, les plus complexes des problèmes de calcul sont ceux où
le nombre de réponses possibles (et donc le temps de calcul) augmente
avec le nombre de variables: chaque solution doit donc faire l'objet de
nouveaux calculs pour vérifier une série de critères.
L'équipe de scientifiques a transposé les données du problème
sous forme de séquences génétiques, utilisant les caractéristiques
chimiques des brins d'ADN pour éliminer les mauvaises solutions. Pour
cela, ils ont encodé toutes les solutions possibles en les transposant
sous forme de séquences génétiques. Les brins portant ces
séquences ont été fixés à une surface en
or, puis exposés à des brins d'ADN comportant chacun des séquences
génétiques complémentaires, correspondant à l'un
des critères requis pour la bonne solution du problème. Dès
lors, les solutions fausses (celles ne remplissant pas l'un des critères)
correspondent aux brins qui n'attirent pas les brins complémentaires
: repérées de cette manière, elles peuvent être détruites
par un enzyme s'attaquant spécifiquement à ces brins. Les brins
restants sont ceux remplissant tous les critères demandés. Ces
derniers peuvent donc être décodés pour fournir les solutions
correctes du problème.