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En guise d'introduction

22 mai 2000
Christophe Jacquemin

L'homme aurait moins de gènes que prévu...

Selon une étude parue dans le journal Nature Genetics du mois de juin, le génome humain ne comporterait qu'entre 28000 et 34000 gènes, soit trois à quatre fois moins de ce que l'on imaginait jusqu'à présent. Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe menée par Jean Weissenbach, directeur du Génoscope (le Centre national de séquençage situé à Evry dans l'Essonne), a recherché les similitudes existantes entre le génome de l'homme et celui  du Tetraodon nigroviridis, poisson originaire du Sud-est asiatique. Utilisant une procédure informatique issue d'une collaboration de la société française Gene-IT et de l'Institut national de la recherche en informatique et en automatique (INRIA), le Génoscope a réussi à repérer les deux tiers des gènes communs aux deux espèces. La comparaison des 170 000 séquences d'ADN connues du Tétraodon (30%) avec les 42% du génome humain décryptés (à l'époque des travaux) conduit le professeur Weissenbach à  déclarer que l'homme possède entre 28000 et 34000 gènes.
Cette estimation concorde par ailleurs avec celle avancée de 40 000 gènes, extrapolation obtenue à partir du décryptage complet des chromosomes 21 et 22 réalisé récemment. Elle est également voisine de celle avancée par Brent Ewing and Philip Green de l'université de Washington (entre 34700 et 33 630), estimation obtenue par une autre méthode, ces travaux étant également publié dans la revue Nature Genetics et s'appliquant à un ver.

Ce résultat, s'il est confirmé (d'autres études aboutissant à un nombre de gènes très supérieur), montre qu'il n'est pas nécessaire de disposer d'un grand nombre de gènes pour atteindre la complexité de fonctionnement d'un mammifère. Il montre également qu'il faudra trois à quatre fois moins de temps que prévu pour déterminer les fonctions de nos gènes ( phase appelée "post-génome") et les protéines qu'ils codent. Une nouvelle pas forcément intéressante pour les spéculateurs. Le secteur biotechnologie affichait une belle plongée ce matin au Nasdaq : moins de gènes = moins d'applications génétiques et donc de brevets les protégeant, donc moins d'argent à la clé...

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