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Design
de "Robokitty"
© Genobyt Inc.
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Cette subvention servira à financer un
projet de recherche portant sur la fabrication dun cerveau
artificiel comprenant près de 100 millions de cellules
cérébrales électroniques et utilisé pour
commander les mouvements d'un chat robotisé grandeur
nature dénommé "Robokitty". A cet effet, Starlab a déjà
acheté un équipement spécial, appelé
CAM-Brain Machine (CBM), dun montant dun demi-million
de dollars.
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Cette "machine à créer
des cerveaux", dont le concept est né au
Japon, doit être utilisée pour développer
et tester des connexions neurales artificielles se reproduisant
elles-mêmes et créant de nouvelles espèces
de circuits au moyen de techniques ultrarapides de matériel
évolutif de type darwinien, à la vitesse denviron
un circuit par seconde. 64000 de ces circuits évolués,
comportant environ 1000 neurones (cellules cérébrales)
chacun, seront ensuite téléchargés un
par un dans une gigantesque mémoire vive (RAM) et interconnectés
dans une architecture de cerveau artificiel, conformément
aux plans de l'équipe de scientifiques qui l'aura créé,
équipe bien humaine celle-ci.
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La
Cam-Brain Machine
©
Genobyt Inc.
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Le cerveau artificiel sera ensuite mis en service à
des vitesses électroniques par le CBM afin de générer
des signaux radio commandant les mouvements du chat robotisé.
De nombreuses applications potentielles
D'après la société bruxelloise, des négociations
commerciales sont aujourd'hui en cours avec plusieurs groupes européens
afin dexploiter des robots issus de la technologie des cerveaux
artificiels pour les surfaces agricoles des régions semi-désertiques.
Dautres applications potentielles sont envisagées
: robots ménagers de nettoyage, robots militaires, jouets
robotisés, animaux domestiques robotisés, robots de
compagnie...
Les cerveaux artificiels actuels contiennent environ 75 millions
de neurones artificiels, une capacité cent fois moindre que
celle du cerveau humain. Selon Starlab, et d'ici quatre années,
la prochaine génération de ces cerveaux devrait compter
un milliard de neurones et sera capable de commander des centaines
de mouvements différents à laide de plusieurs
milliers de circuits de reconnaissance des formes, de circuits dedécision,
etc., et de générer ainsi un répertoire de
fonctionnalités très étendu. A la lumière de
ces perspectives, Hugo de Garis sattend à ce que la
construction de cerveaux artificiels devienne rapidement un
secteur de recherche à part entière, conduisant
à une véritable industrie en la matière d'ici
3 à 5 ans. D'après le scientifique, celle-ci
devrait peser plus plus dun trillion de dollars d'ici 15 ans,
soit un peu plus que le marché des micro-ordinateurs pour
particuliers.
Des recherches sur les neurones, fondements de la pensée
Ce projet de réalisation de cerveaux artificiels fait partie
dun effort plus vaste de Starlab visant à comprendre
les fondements de la pensée. Chacun des 10 milliards de neurones
interconnectés du cerveau est une cellule, et la recherche
de Starlab sur les neurones a pour finalité détudier
la communication entre ces différentes cellules, ainsi que
les interactions qui surviennent au sein de chacune delles.
Dans ce cadre, Jack Tuszynski, biophysicien est à
la tête dune équipe pluridisciplinaire qui sefforce
de combiner la théorie du physicien selon laquelle léchange
de signaux entre neurones est de nature électrique, la connaissance
des molécules du chimiste et lintérêt
du biologiste pour les gènes et les protéines.A lintérieur
du cerveau, le nombre de gènes en activité est aussi
important que celui de tout le reste du corps humain, et chaque
gène contient les informations nécessaires à
la fabrication dune protéine.
Un des programmes futurs de Starlab pourrait porter sur la tubuline,
une protéine qui sassemble en agrégats afin
de former des filaments creux particuliers, appelés microtubules.
Les microtubules sont indispensables dans le développement
du cerveau de lembryon humain, car ils régulent le
trafic dans toutes les parties du neurone et génèrent
la force nécessaire à toute division cellulaire. Les
microtubules sont donc sources despoir pour le traitement
de maladies comme le cancer ou la maladie dAlzheimer. Elles
sont également aujourd'hui source d'un débat houleux
animant les sphères scientifiques : certains défendent
en effet lidée que, dans lunivers quantique,
les microtubules relieraient lesprit à la matière.
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Pour ne pas mourir idiot
:
Hugo de Garis, ou le créateur d'artilects
(artificial intellect)
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«Mon principal but dans la vie
est de réaliser un cerveau artificiel»,
aime à raconter Hugo de Garis. Après
avoir dirigé le Brain Builder Group du laboratoire
ATR de Kyoto au Japon, ce scientifique d'origine
australienne, la cinquantaine passée,
est aujourd'hui à la tête du groupe de
recherche sur les cerveaux artificiels de
la société Bruxelloise STARLAB.
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Pour rendre l'expérience des plus démonstratives, ce cerveau
servira tout d'abord à piloter un robot-chat.
"Mon objectif est qu'un adulte moyen puisse s'amuser
avec ce robot pendant une demi-heure sans s'ennuyer"
(...) Le chat est juste la représentation physique
de mécanismes très complexes, qui doit permettre à
tout le monde de comprendre qu'il y a un cerveau derrière»
: en quelque sorte, une espèce de test
de Turing* à la sauce de Garis
Aventure étonnante car il ne s'agit pas
ici de simulation informatique de réseaux de
neurones virtuels n'existant que mathématiquement
sur un écran d'ordinateur. Le réseau
neuronal existera ici réellement : seulement, il ne
sera pas d'essence biologique mais électronique, utilisant les
ressources de "l'électronique évolutive" (evolvable
hardware), propriété qu'ont les
microprocesseurs dessinés de manière
adéquate de modifier leurs circuits
selon la tâche à accomplir (ayant
déjà touvé des applications industrielles
avec les circuits FPGA (Field programmable gate arrays).
A la base de ce projet, démarré
en 1993, la réalisation d'une machine -la CAM
(Cellular Automata Machine) Brain Machine dont
le principe repose sur la notion d'automate cellulaire (électronique
évolutive), permettant littéralement
de «faire pousser» et évoluer des circuits
neuronaux, sortes de modules indépendants, le
tout à vitesse électronique : la CBM représente
une puissance de calcul équivalente à celle
de 10.000 ordinateurs munis de Pentium 400 MHz ! Elle peut
faire évoluer les cellules artificielles au rythme
de 150 milliards par seconde, un module complet pouvant
être mis à jour en une seconde. Des modules
qui vont donc jouer un rôle déterminant dans
l'architecture du cerveau artificiel, pour lesquels
il convient d'établir le rôle de chacun d'entre
eux et, par ce fait, les comportements qui sont
mis en oeuvre dans le cerveau. Ayant évolué
au sein de la CBM, ces modules seront téléchargés un par un
dans une gigantesque mémoire vive (RAM), donnant "vie"
au cerveau artificiel. 64000 modules, comportant chacun
plus de 1000 neurones, soit près de
75 millions de neurones articiels (un milliards
d'ici quatre années, selon Hugo de Garis).
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Les machines CAM-Brain dans le monde
Il existe actuellement quatre exemplaires au monde
de ces "machines à créer des cerveaux"
- la première se trouve chez ATR,
lancien laboratoire de recherche d'Hugo de
Garis basé à Kyoto (Japon), où
elle fut construite,
- deux autres sont en Belgique, numéro un
mondial dans ce domaine :
- lune chez Lernout
and Hauspie (L&H), la société
de traitement de la voix qui a notamment travaillé
sur le projet de speakerine virtuelle Ananova,
- l'autre chez Starlab,
- le quatrième exemplaire a été
installé chez Genobyte,
société de génie électronique
établie à Boulder, dans le Colorado,
où la CBM a été développée
et construite.
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Science et conscience
Si ces travaux n'en sont finalement qu'à leur début,
Hugo de Garis prédit l'avènement d'intelligences
artificielles bien supérieures à l'homme :
«On ne connaît pas encore assez bien le fonctionnement
du cerveau biologique. Mais ce n'est qu'une question de
temps, lié au développement de nouvelles technologies
comme par exemple la nanotechnologie". Le rythme de
changement d'états du cerveau humain peut être
estimé à 1015 par seconde. Sur
le modèle de la CBM, on pourrait obtenir un rythme
de 1055 changements de bits par seconde : "Nous
serons capables de produire ces puissances de calcul au
21ème siècle".
«La créativité n'est qu'un mécanisme
neurologique, un comportement que nous saurons un jour analyser
et donc modéliser» : drôle d'oiseau
que ce chercheur qui, d'un côté développe
les recherches en ce sens, et qui ne cesse par ailleurs
de nous alerter dans ses écrits et dans les
journaux sur les risques encourus à plus ou moins
long terme, justement à cause de tels travaux
: «Le milieu du 21ème siècle sera
marqué par l'apparition de véritables intelligences
artificielles, que j'appelle les Artilects, ce
qui pose purement et simplement le problème de
la survie de l'espèce humaine. De la même façon
que nous écrasons d'un geste un moustique, qui constitue
une mécanique très complexe par rapport au
monde animal, on peut imaginer que les Artilects, très
largement plus intelligents que les êtres humains,
pourront décider un jour de nous éliminer,
comme s'il s'agissait d'une espèce nuisible et sans
intérêt(...) Le risque est bel et bien la pérennité
de l'espèce humaine».
* Critère permettant de juger de
l'intelligence d'une machine : un ordinateur est intelligent
si, et seulement si, un humain non informé
peut le prendre pour un autre humain
(enfin, ici, plutôt pour un chat).
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