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8 Janvier 2001
Par Florian de Vuyst
L'économie de l'intelligence : mieux appréhender
les systèmes complexes
grâce au potentiel de la simulation
Florian de Vuyst -qui nous a transmis cet
article et que nous remercions- est Maître de Conférence
en mathématiques à l'université de Cergy-Pontoise,
mis à disposition de la société Simflux (http://www.simflux.com),
entreprise qu'il a créée dans le cadre de la loi sur
l'innovation et la recherche du 12 juillet 1999.
Société innovante basée à l'Ecole normale
supérieure de Cachan, Simflux offre des prestations de conseil
en organisation d'entreprise, s'appuyant sur des procédés
de simulation innovants qui exploitent un ensemble d'équations
mathématiques mises au point par le chercheur. Nous ne pourrons
en dire beaucoup ici sur ces équations, Floryan de Vuyst
ayant souhaité en garder tout naturellement la confidentialité.
Pourquoi donner toute sa place à cet article sur notre site
: non seulement parce qu'il traite d'un problème important
en soi, mais parce qu'il apporte (pure coïncidence dans le
temps) une illustration concrète de ce que par ailleurs nous
expliquions, sur un plan plus abstrait, dans notre dernière
chronique
Peut-on rendre les collectivités publiques plus intelligentes?
3e partie Démonstration. Comment lutter contre l'effet de
serre?
Nous attendons la suite, c'est-à-dire quelques démonstrations
concrètes, dans des cas simples, de la lisibilité
pour le grand public du fonctionnement des simulations évoquées
ici. Christophe Jacquemin
- Article de Florian de Vuyst : "L'invasion programmée
de la simulation", La Recherche - décembre 2000 : http://www.larecherche.fr/data/337/03370741.html
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Résumé
Un maire décide d'ajouter un rond-point
dans sa commune, mais les habitants n'en comprennent pas
l'intérêt. Le nouvel exercice budgétaire
de l'Etat prévoit une augmentation des impôts
pour rééquilibrer la consommation, ce qui
engendre un mouvement de protestation majeur. Pour éviter
ce genre de risques d'incompréhension, les politiques
optent en général pour le choix d'un communiqué
(sous toutes ses formes possibles) dans lequel ils adoptent
un langage rassurant mais où les justifications ne
sont pas énoncées car jugées trop complexes
ou bien sont évoquées mais pas forcément
comprises de tous. Le citoyen se résigne en général
au mieux à faire confiance, sinon à se forger
sa propre opinion parfois (voire souvent) en désaccord
avec le décideur.
Le but de cet article est de sensibiliser le monde non scientifique
à l'existence de solutions issues de celui de la
Science et des technologies, notamment celles de la simulation.
Cette dernière peut apporter à celui qui appuie
son argumentaire sur celle-ci un pouvoir de prise de conscience,
de compréhension et de conviction.
Véritable outil de démonstration, d'aide à
la décision et d'aide à la gestion des risques
pour les décideurs d'une part, de sensibilisation,
de compréhension, de visibilité et de jugement
fondé pour les citoyens d'autre part, il s'insère
dans une intelligence d'économie du savoir, de la
sagesse et du bien-être pour tous, exempt a priori
de tout clivage politique ou social.
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Bien intégrée depuis longtemps dans les industries
de haute technologie en raison de la culture de ses ingénieurs
et du caractère indispensable pour l'innovation et la gestion
des risques (aéronautique, électronique, transport,
pharmacie, etc.), la simulation commence à émerger
dans des secteurs non industriels pour répondre à
des besoins de gestion des ressources, de prévision et
de planification, de gestion des risques (configurations dégradées,
phases d'évolution de l'existant), d'amélioration/optimisation
des processus, d'amélioration de la qualité de service,
de la rentabilité, voire du bien-être des salariés.
Elle est aujourd'hui diffusable à grande échelle
grâce à la puissance des ordinateurs de bureau (il
y a cinq ans il fallait une station de travail qui coûtait
150000F pour atteindre la puissance d'un PC de bureau à 800
MHz, station qui coûte aujourd'hui 10 000F !) et la maturité
des technologies informatiques de communication. De plus, la loi
de Moore nous promet encore un facteur 1000 de gain de puissance
sur quinze ans, sans compter les possibilités de répartition
des calculs en architecture partagée.
Cette évolution des habitudes est en phase avec la complexité
croissante de l'entreprise en termes d'organisation et d'infrastructure,
où un cerveau si bien fait soit-il n'est plus suffisant pour
appréhender le "système global entreprise" et faire
les bons choix de décisions. D'un point de vue comportemental,
cette "perte" de vision globale est limitatrice dans les prises
d'initiatives et de décisions critiques par les responsables
d'affaires, ayant peur d'être "remercié" pour une prise
de décision risquée qui a débouché sur
une perte nette.
Trois nouvelles tendances majeures qui conditionnent l'organisation
se dégagent aujourd'hui:
- tout d'abord la notion d'entreprise étendue où
la délimitation géographique est moins nette. Le
support de communication en réseaux permet aux entreprises
de se concentrer sur leur cur de métier qui est le
véritable différentiateur concurrentiel, et de déléguer
les "métiers" annexes nécessaires au fonctionnement
: conseil juridique, gestion des ressources humaines, hébergement
d'applications informatiques (Progiciels de Gestion Intégrée
ou PGI, etc
). Le succès actuel des sociétés
de service n'est pas si étonnant ! La simulation permet
d'appréhender notamment les flux d'échanges entre
les différentes entités.
- Ensuite, le niveau de concurrence catalysé par la mondialisation
et la globalisation encourage une organisation modulaire au cours
du temps. La réactivité devient ainsi facteur de
réussite et de survie. La vision de la dynamique de l'entreprise
semble ainsi être aujourd'hui indispensable. La simulation
accompagne les phénomènes de changement et peut
prédire leurs impacts.
- Enfin, la compréhension de chaque acteur ou agent au
sein de l'entreprise est générateur de motivation
personnelle.
Pour cela, l'acteur doit comprendre lui-même sa mission
au sein de son entreprise et sa participation "dynamique" dans
un ensemble qui évolue avec une mission et un objectif
d'ordre global. La simulation apporte une photographie de l'environnement
de l'acteur.
L'analogie avec le cerveau, sa cartographie fonctionnelle et l'intervention
de chaque neurone dans le fonctionnement global n'est pas si lointaine
!
Remarquons que la tendance à justifier son intégration
dans la mission globale de l'entreprise conditionnent aujourd'hui
les recrutements où le candidat s'informe préalablement
sur l'entreprise et se propose de remplir une mission (projet) au
sein de celle-ci.
Cette "intrusion" de la simulation, quoique difficile en Europe
et notamment en France, a pu être possible grâce à
l'effort de sociétés de conseil désirant intégrer
cette composante dans leur approche. Il existe aussi un effet moutonnier
issu de la tendance américaine à ne plus aborder le
moindre projet d'envergure sans l'aide d'un outil de décision
fondé sur des techniques avancées : réseaux
de neurones, systèmes experts, intelligence artificielle,
simulation. Parmi celles-ci, la simulation est certainement celle
qui par nature prend le mieux en compte le facteur temps ; c'est
certainement la raison pour laquelle elle est aujourd'hui à
la mode.
Hors du contexte des entreprises, il est clair qu'une nation doit
aussi remplir la mission du bien-être et de la protection
"au mieux" de tous, sous toutes ses formes. Son organisation étatique
et structurelle sous forme de découpage régional,
départemental et communal délègue en quelque
sorte la mission globale en sous-missions locales. L'intelligence
de l'attribution de l'enveloppe budgétaire pour l'exercice
à venir naît d'une vision globale à l'échelle
nationale où les "requêtes" locales doivent être
jugées pertinentes et le cas échéant prises
en compte. Ceci nécessite une cartographie comptable à
plusieurs échelles ainsi qu'une cartographie fonctionnelle
où l'on voit mairies, collectivités locales, organismes
d'urbanisation, etc.
En outre, la discipline de la Macroéconomie permet de plonger
le "système national" dans un environnement conjoncturel
mondial, d'en dégager des indicateurs macroéconomiques
et d'anticiper l'évolution de paramètres économiques
en vue d'un équilibre global : taux d'intérêt,
taux d'imposition, qui auront certes un impact sur les ménages,
mais dans un but de régulation.
Un problème majeur se pose alors : l'analyse de la dynamique
nationale ou régionale n'est certainement pas à la
portée de tous.
Les familles, les ménages, les électeurs veulent néanmoins
comprendre dans quel monde ils vivent et comment ils sont gouvernés.
De plus, au cours de leur vie, ils prendront aussi eux-mêmes
des décisions qui auront un impact sur le reste de leur existence
: choix des études, choix d'un métier, niveau de consommation,
niveau d'épargne, appel à des crédits, appel
à des aides, assurances, participation à des associations.
Des médias comme les journaux, la télévision,
la radio, les périodiques de communes sont aujourd'hui les
principaux vecteurs de diffusion de l'information. Reprenons le
cas d'un projet de réalisation d'un rond-point. Sa justification
est très certainement corrélée à l'existence
d'accidents à répétition au carrefour existant,
ou à l'apparition de files d'attente de véhicules
bruyants et polluants liées à une mauvaise gestion
des feux de régulation ou à des périodes de
pointe. Faut-il réaliser une page de statistiques et de courbes
tridimensionnelles dans le journal communal pour convaincre ? La
réponse est certainement négative tant pour les habitants
de la commune qui fermeront très vite le journal que pour
les pouvoirs d'attribution du budget qui ne feront pas toujours
l'effort d'analyser les courbes.
Toujours dans le même contexte, on peut de plus prévoir
une augmentation de la fréquentation du carrefour lié
à un plan d'expansion urbaine ou à la construction
prochaine d'une usine avec 4000 conducteurs potentiels supplémentaires.
On comprend ici que l'information n'est plus statique et que les
pouvoirs publics ont besoin de se projeter dans l'avenir, où
la connaissance (comportement) prend la place de l'information et
la simulation apporte un support de réflexion et un argument
de décision.
Peut-on alors imaginer l'utilisation de la simulation dans les
mairies, l'Administration centrale, les ministères, les collectivités
locales, les associations, et comment procéder pour vulgariser
et faire accepter l'utilisation de tels outils générateurs
d'intelligence globale, d'unité et de stabilité ?
La simulation en partage
Vous l'aurez compris, l'ojectif de mon propos est ici de savoir
si l'on peut vulgariser la simulation au point d'en faire un outil
compris de tous et utilisé par tous, tel un robot ménager
chez soi.
L'état de l'art à l'heure actuelle est le suivant
:
- Plusieurs sociétés de conseil en management et
gestion en France ont choisi l'outil de simulation comme support
de réponse à des études spécifiques.
A l'issue de la lecture de ces rapports, on entend parfois les
critiques que les modèles présentés ne sont
pas fondés ou trop approximatifs, qu'on peut faire dire
aux simulateurs ce que l'on veut, etc.
- A l'aube de l'ouverture et l'information et de la connaissance
mondiale grâce à Internet, rares sont les outils
de simulation qui profitent du Web pour proposer une utilisation
personnelle des simulateurs par le client ou l'utilisateur final.
Au vu de ces remarques et de l'observation faite précédemment,
il semble que la "faisabilité" de l'utilisation de la simulation
par les collectivités et les politiques dépende de
la capacité :
- De pouvoir faire communiquer des personnes de différentes
cultures, formations et disciplines.
- De rapprocher les universités et les grands centres
de recherche français auprès des organismes administratifs,
des ministères, des mairies, dans le même esprit
que le rapprochement entre universités et entreprises encouragé
par la Loi sur l'innovation du 12 juillet 1999.
- De fabriquer des éléments visuels "orientés
mission", c'est-à-dire qui parlent directement le langage
de l'utilisateur dans le contexte de sa mission : environnement,
urbanisation, comptabilité, etc.
- De rendre ces visuels dynamiques et de servir de support de
communication et de conviction au profit des décisionnels
et des dirigeants : imaginez l'impact médiatique qu'aurait
un candidat aux présidentielles présentant un démonstrateur
qui calcule l'évolution des taux, des courbes de chômages
et des taux d'imposition relatifs à son programme quinquennal,
et tout cela en temps réel sur l'écran de télévision
!
- De diffuser ces visuels par le Web afin de sensibiliser rapidement
les organismes de décision et de financement dans un souci
de réactivité.
De manière plus informative, il semble aussi intéressant
de réfléchir à de nouveau supports d'édition
"d'ouvrages" où les composants multimédias (son, vidéo,
images de synthèse) peuvent être attachés à
une publication électronique. Ces outils multimédias
peuvent servir en quelque sorte à des travaux pratiques ou
à une mise en situation virtuelle d'une problématique.
La simulation pourrait ainsi intervenir comme support de compréhension
et d'exploration de scénarios pour l'utilisateur final dans
le but de mieux comprendre les mécanismes de fonctionnement
d'une problématique complexe.
Rappelons que la complexité étant un facteur incontournable
de l'évolution de notre société, le besoin
d'outils de formation orientés multimédia semblent
bien appropriés.
L'initiative de la jeune société française
Science Active http://www.scienceactive.com/
est par exemple d'apporter des supports d'exercices et de travaux
pratiques interactifs pour l'éducation, mis à jour
de manière automatique.
Dans le cas de disciplines scientifiques et d'ouvrages technologiques,
l'évolution temporelle quasi-journalière des technologies
et des connaissances amène à concevoir des documents
dynamiques. C'est notamment l'initiative de Jean-Paul Baquiast et
de Christophe Jacquemin dans la rédaction de leur livre électronique
" Les automates intelligents. Le paradigme de l'automate ".
La transformation des connaissances en savoir et du savoir en
sagesse (notion d'usage régulé du savoir) est propre
à l'homme et ne peut se passer d'une collaboration humaine
et d'une réflexion sous forme de communautés (une
étude sociologique estime la taille idéale à
la vingtaine de personnes). La réalisation d'un modèle
mathématique pertinent pour un contexte administratif passe
forcément par un dialogue et une compréhension de
la mission et de l'environnement. Le consultant "senior" remplace
ainsi le "sage" de nos ancêtres. Il arbitre et propose un
modèle au chef de communauté qui l'applique dans l'intérêt
de ses membres. La jeune société Kanari www.kanari.com
fondée récemment propose un outil de facilitation
de mise en uvre d'un environnement communautaire qui optimise
les gestions documentaires et de communication en tirant parti des
infrastructures matérielles déjà existantes.
Pour conclure, nous dirons qu'il est pertinent d'imaginer une
utilisation de la simulation numérique à des fins
d'intérêt publique et social. Pour cela, les professionnels
de la modélisation et de la simulation devront faire preuve
de communication, avoir un rôle de coordinateur et de connecteur
entre gens de différents profils, culture et formation et
avoir une capacité de synthèse forte afin de proposer
des modèles pertinents et des visuels adaptés directement
compréhensibles.
Le défaut de nombreuses sociétés de conseil,
de formation et de culture informatique, qui utilisent la simulation
est justement de donner des réponses "informatiques" d'organisation
en réseau avec un langage typé informatique difficilement
compréhensible. A l'arrivée, les études ne
répondent pas au besoin premier exprimé par le client
ou l'utilisateur. Elles donnent au mieux une réponse en terme
d'infrastructure informatique et de capacité supportant l'organisation.
Le "bon" niveau de professionnalisme n'est de toute façon
pas commun en Europe ou en France. Dans notre vieille Europe, il
est difficile de trouver des formations conjointes de niveau élevé
(disons du niveau de la Recherche) et pluridisciplinaires. On peut
éventuellement évoquer l'interaction entre Macroéconomie
et Mathématiques (approche néoclassique, économie
du bien-être proposé par Arrow et Debreu) ou entre
Chimie et Mathématiques où la simulation de configurations
de molécules par le calcul complexe des fonctions d'onde
a permis la conception de nouveaux matériaux "réalisables"
et de médicaments.
Une des missions des Mathématiques est de concevoir de
nouveaux outils, de les appliquer et de les formater dans le cadre
d'applications spécifiques. La maturité nécessaire
à la bonne réalisation de cette mission est acquise
après de nombreuses années d'expérience. Elle
est du ressort d'enseignants-chercheurs universitaires. Ces derniers
doivent aussi faire preuve de curiosité, avoir une culture
générale, et ne pas avoir peur d'explorer de nouveaux
domaines où des problématiques apparaissent. Les Mathématiques
sont là pour formuler des problèmes complexes de façon
bien posée et de les résoudre analytiquement ou numériquement
sur ordinateur.
C'est dans ce souci, indispensable aujourd'hui, de transfert des
compétences scientifiques de haut niveau au profit des citoyens
que j'ai créé ma société. Cette décision
de création a été renforcée par une
innovation scientifique brevetable, directement applicable à
un besoin industriel ou d'entreprise d'aide à la prise de
décision. Il s'agit d'un ensemble d'équations mathématiques
que j'ai élaborées et qui s'avèrent bien utiles
et précises pour la modélisation d'affectations de
ressources de tout genre. On trouve certes sur le marché
d'autres modèles qui remplissent les mêmes fonctionnalités.
Mais la présente innovation apporte un gain en temps de calcul
incomparable, notamment dans le cas de traitement d'informations
ou de données volumineuses tout en restant précis,
ce qui garantit l'avance concurrentielle de Simflux : répondre
à des questions de prise de décision et explorer un
ensemble de scénarios en des temps records (l'ordre de grandeur
est la semaine !).
Pour prendre un exemple, la majorité des moteurs de simulation
conventionnels utilisent une approche événementielle
à file d'attente pour modéliser un serveur informatique,
idéalisé par un couple tampon de requêtes-processeur.
La complexité algorithmique du modèle est au mieux
proportionnelle au nombre de requêtes en attente. Les temps
de simulation deviennent alors très vite très longs
quand on traite des réseaux de serveurs avec une information
qui devient de plus en plus dense, voire qui se "fluidifie" par
rapport aux temps caractéristique de cycle d'horloge du processeur.
L'innovation que je propose peut se décliner dans le même
cadre (tampon-processeur), mais la complexité algorithmique
est désormais indépendante du nombre de requêtes
! Ceci assure une rapidité de calcul inégalée,
notamment quand l'information se fluidifie.
La nécessité de collaborations pluridisciplinaires
La mise en uvre informatique de telles équations pour
la simulation n'est pas évidente et nécessite un acquis
mathématique en analyse numérique et en calcul scientifique
de niveau Bac+8. L'invention a vu le jour notamment grâce
à des prestations de consultance permettant le relevé
de problématiques actuelles d'entreprise très concrètes,
mais aussi grâce à l'écoute et à la confrontation
de points de vue de différents acteurs issus de disciplines
a priori disjointes : Mathématiques, Informatique, Systèmes
d'informations, Mécanique, Théorie de l'organisation,
Management.
Mon cursus universitaire n'a pourtant rien d'exceptionnel, ce qui
montre bien que le potentiel d'innovation en France est élevé
et dépend avant tout d'un effort de communication entre scientifiques
et entrepreneurs ainsi que d'un moyen de confronter des disciplines
scientifiques variées (nécessité d'une réflexion
sur la mise en place de groupes de travail interdisciplinaires ?)
: DEA et attaché temporaire d'enseignement et de recherche
au laboratoire d'Analyse Numérique de Paris 6, Maître
de Conférences en Mathématiques à l'Université
de Cergy-Pontoise et membre du laboratoire "Centre de Mathématiques
et de leurs Applications" CMLA de l'Ecole Normale Supérieure
de Cachan.
En guise d'exemple, remarquons que ce besoin de collaborateurs
pluridisciplinaires se fait de plus en plus sentir en Macroéconomie
: Economie, Sociologie, Psychologie, Politique, Philosophie et Ethique
pour la modélisation du comportement des agents économiques,
Mathématiques pour la formulation et la simulation, Théorie
des jeux, etc.
A mon avis, seule la loi sur l'Innovation peut permettre de mettre
en place rapidement une structure de communication et de transfert
scientifique entre université et entreprise, indispensable
au progrès technique et technologique, et par suite à
la croissance à long terme.
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La force de la simulation
Une des applications parmi les plus connues
de la simulation est la prévision météorologique.
A partir de calculs très compliqués réalisés
sur des ordinateurs très puissants, Météo
France nous propose des "cartes" de prévisions à
cinq jours faciles à interpréter, fiables selon
un coefficient donné de "confiance" gradué de
un à cinq. Malgré l'approximation des modèles
et l'accès à un nombre de mesures réelles
limité, ces prévisions sont aujourd'hui indispensables
à la vie économique et sociale. Elles nous permettent
d'anticiper les risques d'inondations, de vents violents,
de sécheresse temporaire, de foudre ou de changement
de temps brusque en montagne. Pour notre bien-être quotidien,
elles nous suggèrent enfin de prendre ou non notre
parapluie le matin.
Ainsi, la simulation est un formidable outil
de gestion des risques à l'échelle d'entreprise
ou individuelle.
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Ecoulement turbulent autour d'un immeuble,
obtenu par simulation des grands échelles des
équations de Stokes en formulation
vitesse-tourbillon © CNRS/LIMSI, Guy Chastagner.
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Cette simulation d'écoulement turbulent
autour d'un immeuble peut prédire des phénomènes
de vents violents désagréables pour les
piétons. L'outil de simulation peut ainsi s'avérer
pertinent dans un processus de projet d'architecture
devant respecter des contraintes environnementales. |
On pourrait tout autant imaginer (et c'est
le cas) une "météo" des routes, du trafic téléphonique,
de la pollution, du marché du travail, toujours dans
un but de bien-être.
La simulation est ainsi, au moins pour la société,
un moyen d'anticipation et d'action face à des agents
agressifs ou au contraire bienfaisants.
Dans le cadre de la téléphonie
mobile, la simulation peut prévoir la qualité
de l'accès à certains services d'abonnement
dans un contexte de régime nominal ou de régime
de pointe exceptionnel (samedi soir à 20h30 ou fêtes
de fin d'année). Ceci est aussi très important
pour l'image de l'opérateur télécom qui
revendique commercialement une qualité de service irréprochable.
Poussons le raisonnement beaucoup plus loin
: si on admet que les lois qui régissent l'économie
sont déterministes, alors des "prévisions météos"
économiques pourront être obtenues en anticipant
certains facteurs tels que des sauts technologiques (appelés
chocs) et la politique budgétaire ou d'aide de l'Etat.
En proposant ces prévisions avec une certaine
échelle de confiance, l'individu ou le ménage
pourra ainsi se faire sa propre opinion de la conjoncture
future et définir sa propre politique de gestion de
patrimoine : gestion de l'épargne, du portefeuille
d'actifs financiers, de consommation de biens, de carrière,
politique immobilière, etc.
Alan Greenspan, président de la Fed,
réserve fédérale américaine, l'homme
qui fait "la pluie et le beau temps" sur les marchés
financiers, possède-t-il un tel outil de simulation
pour " jouer " avec les taux directeurs et garantir la croissance
américaine ?
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Références bibliographiques
- Florian de Vuyst, " L'invasion programmée de la simulation
", La Recherche, n° 337, décembre 2000, p. 74-75.
- Kenneth J. Arrow, " Théorie de l'Information et des organisations
", Théories économiques, Dunod, 2000.
- Bernard Guerrien, " La théorie néo-classique, bilan
et perspectives du modèle d'équilibre général
", 3è édition, Economica, 1989.
- Jean-François Claver, Jacqueline Gélinier, Dominique
Pitt, "La gestion de flux en entreprise - modélisation et
simulation", Hermès 1996, ISBN : 2866015754
Consultations Web
- Site de simflux : www.simflux.com
, où l'on se reportera notamment sur la rubrique "Démos"
pour y lire l'article "Un exemple d'application de simulation :
quelle politique tarifaire choisir pour l'hébergement de
sites Web ?
- Dispositif " osons entreprendre " de l'université de Cergy-Pontoise
: www.u-cergy.fr/entr/osons.html
- Centre de Mathématiques et de leurs Applications CMLA (ENS
de Cachan) : www.cmla.ens-cachan.fr
- Simulations en ingénierie, interactives via le navigateur
: http://webmodels.femlab.com
- Loi sur l'innovation et la recherche : http://www.recherche.gouv.fr/technologie/mesur/loi/inovloi.htm
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