1) Les fondations de ANKS (Chapitre
1, p. 1 à 7)
La science théorique repose sur l'idée que les systèmes
qu'elle étudie obéissent à des règles
bien définies. Mais jusqu'à présent, il était
admis que ces règles devaient être basées
sur les mathématiques traditionnelles. Aujourd'hui, il
n'y a pas de raison de penser que d'autres types de règles
ne puissent être utilisés.
Les ordinateurs recourent à des programmes
basés le plus souvent sur des règles complexes,
mathématiques ou non. Mais on peut penser qu'ils pourraient
utiliser des programmes basés sur des règles aussi
simples que possible. Un programme simple n'engendre pas nécessairement
un comportement simple. Des programmes aux règles simples
peuvent générer des complexités immenses.
C'est sans doute ce qui se passe dans la nature qui produit sans
effort des systèmes apparemment infiniment complexes, bien
plus complexes que ne le sont les artefacts produits par l'homme,
dans lesquels on recherche la simplicité à des fins
opérationnelles.
Depuis que les sciences existent, elles auraient
pu s'attaquer à résoudre la complexité de
la nature. Mais elles l'ont au contraire évitée,
parce que leurs mathématiques ne permettaient pas de la
modéliser. Pour progresser cependant, les systèmes
complexes, particulièrement en physique, ont été
décomposés en sous-systèmes plus simples
qui ont pu être analysés. Mais la recombinaison de
ces sous-systèmes dans les systèmes globaux initiaux
n'a pu être réalisée. Les comportements d'ensemble
des systèmes complexes sont restés mystérieux.
Aujourd'hui, ANKS propose d'analyser les systèmes
naturels complexes en recourant à des programmes simples
pour modéliser ces systèmes. Ces programmes se révèlent
polyvalents, c'est-à-dire qu'ils peuvent s'appliquer à
n'importe quel type de science, indépendamment des détails
propres de celles-ci. Ils reposent sur des principes universels
que l'on retrouve partout. Le livre montrera que cette nouvelle
approche concerne ou concernera toutes les sciences, quels que
soient leurs domaines.
On peut démontrer cette affirmation parce
que chaque programme, correspondant à une règle
donnée convenablement choisie, génère en
tournant sur ordinateur un comportement que l'on peut observer
de façon objective. Les règles sont extrêmement
simples, ce qui les rend universelles. Du fait qu'elles sont opérantes,
elles montrent que le phénomène de l'universalité
est lui-même général, aussi bien dans les
systèmes artificiels que dans la nature. Il s'agit d'une
première conclusion très importante.
ANKS a permis d'aboutir à une conclusion encore
plus importante, le Principe de l'Equivalence Computationnelle
(Principle of Computational Equivalence PCE). Selon ce principe,
toutes les procédures, qu'elles soient produites par l'homme
ou qu'elles existent dans la nature, peuvent être vues comme
des computations, dès lors qu'elles appliquent des règles
bien définies.
Observation : par computation,
on entend sans doute calcul sur ordinateur numérique ou
calcul de même nature réalisé par un système
physique ou biologique naturel.
Sous l'angle de la computation, il y a une équivalence
fondamentale dans toutes ces procédures. Une application
du principe est que toutes les procédures qui ne sont pas
évidemment simples correspondent à des computations
de sophistication équivalente. Il n'y a pas plusieurs niveaux
de sophistication, mais un seul selon le PCE, et celui-ci est
atteint par toutes les procédures qui ne semblent pas évidemment
simples. Il est donc possible de construire des ordinateurs universels
qui peuvent réaliser n'importe quelle computation avec
le plus haut niveau de sophistication computationnelle nécessaire.
Cette propriété se retrouve aussi bien dans les
systèmes humains que dans la nature.
Le PCE entraîne de nombreuses conséquences.
En premier lieu il explique pourquoi les programmes simples peuvent
paraître générer des comportements complexes.
C'est que nos procédures de perception et d'analyse sont
elles-mêmes des computations. Elles ne sont pas plus sophistiquées,
contrairement à ce que l'on suppose, que celles réalisées
par des programmes simples. Elles sont de même niveau. Cette
équivalence entre l'observateur que nous sommes et les
systèmes que nous observons explique pourquoi le comportement
de ces systèmes appliquant des programmes simples nous
apparaît complexe.
Les mathématiques permettent de prédire
le comportement d'un système sans obliger à le laisser
se dérouler dans le temps afin d'observer ce qu'il devient.
Mais ce n'est possible que pour des systèmes aux comportements
très simples. Les autres systèmes, selon le PCE,
réalisent des computations qui sont aussi sophistiquées
que celles que nous pouvons faire avec nos mathématiques
et nos ordinateurs. De tels systèmes sont donc computationnellement
non réductibles (indécidables). La seule façon
de faire apparaître leur comportement est de dérouler
leurs programmes pas à pas, en développant autant
d'effort de computation que le système lui-même.
Il y a donc des limites fondamentales à la
science théorique. Nous-mêmes en tant qu'humains
bien qu'appliquant des règles sous-jacentes bien définies,
sommes indécidables, ce qui explique le sentiment de libre-arbitre.
Mais nous ne sommes finalement pas plus sophistiqués en
terme de computation ou d'intelligence que des programmes informatiques
simples et toutes sortes de systèmes naturels.
En contre-partie, selon le PCE, de tout ceci émerge
une nouvelle espèce d'unité. Depuis les programmes
informatiques simples jusqu'à nos cerveaux et à
l'ensemble de l'univers, il apparaît une équivalence
fondamentale qui permet aux mêmes méthodes et idées
scientifiques d'être utilisées. Ce sont celles proposées
par ANKS. D'où sa très grande puissance.
Observation : certains aspects
du principe de l'Equivalence Computationnelle, exposé sans
doute à tort par l'auteur dès les premières
pages, sont loin d'être clairs. Je comprends bien que toutes
les procédures de la nature, y compris celles introduites
par l'homme, correspondent à des computations. Je comprends
bien que ces computations partent de règles simples, qu'il
faudra retrouver, pour faire apparaître le cas échéant
de la complexité et de l'indécidable. Mais que signifie
(à supposer que cette phrase, résumée et
traduite à partir du texte de l'auteur, ne trahisse pas
la pensée de ce dernier) "Toutes les procédures
qui ne sont pas évidemment simples correspondent à
des computations de sophistication équivalente. Il n'y
a pas plusieurs niveaux de sophistication, mais un seul selon
le PCE, et celui-ci est atteint par toutes les procédures
qui ne semblent pas évidemment simples"?
Il faudra attendre la lecture de la suite du livre pour mieux
comprendre ce point.
2. Les sciences concernées
(Chapitre 1, p. 7 à 17)
Toutes les disciplines scientifiques, selon l'auteur, devront
tenir compte des nouvelles perspectives apportées par ANKS.
Voici les principales d'entre elles:
Les mathématiques : de nombreux systèmes
abstraits basés sur des programmes simples n'ont jamais
été étudiés par les mathématiques.
On pourra alors les explorer. Cela fera notamment apparaître
plus clairement la question de la preuve abordée par le
théorème de Gödel, en l'élargissant
à d'autres domaines. De même, en considérant
que les mathématiques se font fondamentalement en termes
computationnels, on pourra réexaminer les bases des mathématiques
existantes.
La physique : on a toujours admis que la physique
exigeait des équations mathématiques. Mais en conséquence
de nombreux domaines physiques sont restés inexplorés
ou n'ont pas été éclaircis. Avec de simples
programmes, on peut espérer au contraire révéler
des mécanismes essentiels à de nombreux phénomènes
physiques encore mystérieux. Les modèles actuels
en physique font appel aux nombres continus ou à la probabilité.
Les modèles proposés par ANKS mettent en uvre
des éléments discrets et des règles définies.
La plus grande simplicité de ces structures sous-jacentes
pourra faire apparaître de nombreux comportements se traduisant
par des images explicites. Il n'est pas exclu qu'avec de telles
méthodes on puisse formuler une théorie globale
pour l'univers entier, ce que la physique traditionnelle n'a pas
encore réussi à faire malgré ses efforts.
La biologie : on a étudié de
nombreux détails des organismes biologiques, mais jusqu'à
ce jour aucune théorie générale n'a pu être
dégagée. La biologie tend à utiliser le principe
de la sélection naturelle comme expliquant la diversité,
ce qui conduit à privilégier l'observation de l'histoire
de l'évolution au lieu de chercher à élaborer
une théorie abstraite du vivant. Ceci tient aussi au fait
que les mathématiques traditionnelles se sont montrées
incapables d'appréhender la complexité telle qu'elle
apparaît en biologie. Mais ANKS montre que des programmes
simples peuvent reproduire de nombreux traits de la complexité
biologique, et faire apparaître en conséquence les
mécanismes essentiels de la vie. On pourra donc multiplier
les modèles d'organismes vivants, puis émuler ceux-ci,
par exemple à des fins médicales. Les principes
universels sous-jacents aux programmes simples pourront dans le
même temps permettre de construire de nouvelles théories
abstraites de la biologie.
Les sciences sociales : de l'économie
à la sociologie et à la psychologie, il est généralement
considéré que pratiquer les sciences sociales et
humaines de façon sérieuse suppose l'appel aux nombres,
aux équations et aux mathématiques traditionnelles.
Mais utiliser la modélisation permise par ANKS, à
partir de simples programmes, pourrait à nouveau éclaircir
de nombreux phénomènes sociaux jusqu'ici considérés
comme mystérieux. Ceci dit, les limites de la méthode
scientifique apparaîtront aussi, ainsi que l'impossibilité
d'appliquer les théories générales à
tous les cas spécifiques.
Observation : cette remarque
concerne, on peut le supposer, la question de l'indécidabilité
dans certains programmes, par exemple ceux intéressant
le comportement des "moi" ou "je", qu'ils soient d'ailleurs individuels
ou collectifs (groupes).
L'informatique : l'informatique et la science
des calculateurs se sont jusqu'ici focalisées sur la réalisation
de tâches spécifiques. Les systèmes traditionnels
sont de construction complexe bien qu'ils produisent des comportements
simples pour répondre à leurs finalités fonctionnelles.
Au contraire, ANKS montre que des systèmes simples peuvent
produire des comportements d'une complexité immense. Cela
donne du calcul informatique une toute autre vision. On s'aperçoit
que son champ peut être infiniment élargi aux questions
fondamentales de la nature et des mathématiques. Dans le
même temps, il sera nécessaire de réviser
l'estimation des ressources informatiques nécessaires pour
aborder ces tâches plus générales.
La philosophie : on a de tous temps pensé
que l'univers et la place de l'homme dans le monde étaient
compréhensibles par la philosophie. Ceci s'est révélé
faux. Le progrès des sciences a montré que ces dernières
pouvaient éclaircir de nombreux points jusque là
de la compétence exclusive de la philosophie. La modélisation
permise par ANKS permettra d'aller plus loin, en posant de façon
nouvelle les questions des limites ultimes de la connaissance,
du libre-arbitre, de la condition humaine (sommes-nous exceptionnels
sur la terre,) et aussi des mathématiques. Des voies différentes
de celles proposées par la philosophie traditionnelle seront
nécessairement ouvertes.
L'art : l'art a jusqu'ici principalement tenté
d'imiter la nature. Cependant l'art informatique ou computationnel
a tenté de proposer des alternatives. Celles-ci ont été
jusqu'ici trop simples pour fa ire naître de véritables
courant artistiques nouveaux. Avec les programmes simples découlant
de la généralisation de ANKS, on pourra par contre
espérer voir apparaître des complexités nouvelles
infiniment plus esthétiques, évoquant aussi bien
la nature que d'autres mondes jusqu'ici impensables.
Les technologies : malgré leurs progrès
rapides, les technologies se montrent encore incapables de reproduire
de nombreux caractères de la nature. Avec ANKS on peut
imaginer au contraire une nouvelle espèce de technologie
qui atteigne la même sophistication que la nature, sous
ses divers aspects. On avait jusqu'ici pensé que pour obtenir
des résultats complexes, il fallait construire des machines
complexes. Ce n'est plus le cas. Des règles extrêmement
simples - mais mises en uvre par exemple au niveau des atomes,
devraient suffire à produire des résultats complexes,
au service des finalités recherchées par l'homme.
Observation : ce point fait
allusion notamment aux nanotechnologies, dont on ne se lassera
pas de souligner les immenses possibilités, tant au niveau
des machines que du vivant. Mais il faudra effectivement trouver
les bonnes règles de mise en uvre, simples, analogues
à celles de la nature.
3. Initiatives antérieures
(chapitre 1, p. 12 à 16)
L'auteur admet que de nombreuses disciplines et voies
de recherche ont précédé la sienne, en lui
fournissant de nombreuses briques. Mais dans chacune de celles-ci,
il constate des blocages inhérents à l'absence de
la bonne méthode, celle qu'il propose. Il estime qu'avec
sa méthode, les progrès pourront reprendre, dans
la perspective de théories plus générales
et plus ambitieuses.
Intelligence artificielle : aux origines l'objectif
était de reproduire le fonctionnement du cerveau. Mais
ceci se révéla impossible, d'où un déclin.
Avec la compréhension du rôle des programmes simples
créateurs de complexité, appliqués aux composants
élémentaires du cerveau, on devrait pouvoir au contraire
reprendre l'objectif de simuler la pensée humaine.
Observation : l'auteur ne
semble pas tenir compte des progrès rendus possibles récemment
par les méthodes de l'IA évolutionnaire. Mais celle-ci
ne semble pas exclure l'idée de faire appel à des
programmes simples.
Vie artificielle : la même constatation
(comme la même observation de notre part) s'applique dans
le domaine de la vie artificielle, ou simulation des organismes
vivants.
Théorie des catastrophes : les modèles
mathématiques traditionnels sont continus. Cependant des
changements discrets peuvent apparaître. La théorie
des catastrophes voulait en tenir compte. Avec ANKS, qui ne postule
pas la continuité, elle ne sera plus suffisante pour rendre
compte des nombreux comportements discontinus qui seront mis en
évidence.
Théorie du Chaos : elle repose sur
l'observation du fait que certains systèmes évoluent
très différemment en fonction d'infimes différences
dans les données initiales. La plus petite incertitude
dans celles-ci rend la prévision impossible. Mais cela
ne signifie pas que le comportement du système soit lui-même
complexe. C'est la complexité dans les détails des
données initiales qui crée la complexité
de l'évolution du comportement. Si les données initiales
sont simples, le comportement peut l'être aussi. Cependant,
ce que montre ANKS est que, même avec des données
initiales simples, le comportement peut se révéler
hautement complexe. C'est ce phénomène qui serait
responsable de la plus grande partie de la complexité observée
dans la nature.
Théorie de la complexité : l'auteur
avait pensé dans les années 1980 pouvoir étudier
la complexité comme un phénomène fondamental
en soi. Mais le travail avait été poursuivi à
l'intérieur d'un certain nombre de sciences, ce qui l'a
empêché d'aboutir. Avec ANKS, on peut reprendre sur
de nouvelles bases l'étude de la complexité et de
son origine.
Théorie de la complexité computationnelle
: celle-ci est apparue dans les années 1970 pour analyser
la difficulté de mise en uvre de certaines applications
informatiques. Mais elle s'est restreinte à l'étude
de programmes très spécifiques de structure compliquée
bien que de comportement simple. ANKS permettra d'élargir
l'étude de la complexité à de nombreuses
autres classes de programmes.
Cybernétique : on a cru à partir
de 1940 pouvoir comprendre les réseaux biologiques en les
comparant à des machines électriques. Mais la cybernétique
n'a pu progresser car, s'en tenant aux modèles des mathématiques
traditionnelles, elle n'a pu analyser la complexité des
réseaux biologiques.
Théorie des systèmes dynamiques
: il s'agit d'une branche des mathématiques datant
du début du 19e siècle. Là encore, elle n'a
pu progresser, du fait qu'elle s'est limitée à l'emploi
des mathématiques et de la géométrie classiques
pour étudier le comportement de systèmes beaucoup
trop complexes pour pouvoir relever de tels outils d'analyse.
Théorie de l'évolution darwinienne
: on n'a jamais clairement montré comment cette théorie
très utilisée depuis une vingtaine d'années
pour expliquer la marche vers la complexité peut expliquer
le développement de celle-ci. Au contraire, l'évolution
semblerait entraîner une réduction de la complexité.
ANKS suggère un mécanisme tout à fait différent
pour expliquer la grande complexité que l'on constate en
biologie.
Observation : ce point est
très important, car il conduirait à remettre en
cause de nombreuses explications de l'évolution par la
sélection darwinienne, parfois devenues de véritables
dogmes. Il faudra cependant se poser la question de savoir ce
qui peut rester d'utilisable dans la théorie de l'évolution
darwinienne.
Mathématiques expérimentales
: il s'agit d'explorer les systèmes mathématiques
en les faisant tourner sur des ordinateurs. L'approche proposée
par ANKS est de réaliser les mêmes traitements, non
seulement au bénéfice des systèmes mathématiques,
mais de tous ceux jusque là considérés comme
non mathématisables.
Observation : ce point est
également très important, si l'objectif est réalisable.
Les ordinateurs modernes, avec leurs ressources constamment accrues,
deviendraient un banc d'essai incontournable pour le développement
des modèles et systèmes de toutes sortes.
Géométrie des fractals : celle-ci,
à partir des années 1970, avait suggéré
que les formes imbriquées ou en bouquets (nested) étaient
communes dans la nature. ANKS a confirmé cette hypothèse,
mais à l'inverse a montré que de nombreuses formes
complexes ne se développent pas pour autant comme des fractals.
Théorie générale des systèmes
: celle-ci, à la mode dans les années 1960,
étudiait de grands ensembles d'éléments en
réseaux, sur le modèle idéalisé des
organisations humaines. Mais faute de méthodes analogues
à celles proposées par ANKS, elle n'a rien produit
de décisif.
Nanotechnologies : se développant rapidement
depuis 1990, celles-ci visent à mettre en place des systèmes
technologiques à l'échelle atomique. Mais jusqu'à
présent, on s'est borné à miniaturiser des
dispositifs existants déjà. ANKS montre par contre
qu'il est possible de concevoir des systèmes beaucoup plus
simples, générateurs cependant de grandes complexités,
qui seront particulièrement adaptés à des
implantations à l'échelle atomique.
Observation : nous répéterons
que l'on peut sans prendre de grands risques prédire en
effet que les modèles et les systèmes mettant en
uvre des computations atome par atome constitueront l'outil
indispensable pour concrétiser les perspectives ouvertes
par ANKS, tant au plan des organisations physiques que biologiques.
Des ouvertures considérables devraient apparaître
dans cette direction. Il conviendrait d'ailleurs de les étudier
en priorité. On n'oubliera pas par ailleurs que la nature
quantique des atomes et particules obligera, à cette échelle,
à modifier beaucoup des points de vue utilisés pour
la compréhension des systèmes macroscopiques.
Dynamiques non linéaires : celles-ci
ont permis de résoudre des problèmes que ne pouvaient
traiter les équations linéaires, telles les solitons
où des propriétés analogues à la linéarité
ont pu être obtenus. Mais ANKS fera apparaître de
nombreux autres comportements complexes, qui risquent de ne pouvoir
être traités de la même façon
Calcul scientifique sur ordinateur : cette
technique implémente des modèles mathématiques
complexes en leur appliquant des schémas d'approximation
numérique. Mais il est difficile de démêler,
sauf dans des cas simples, les phénomènes étudiés
des effets induits par les approximations. Au contraire, ANKS
ne procédant à aucune approximation dans le traitement
sur ordinateur des modèles, des phénomènes
bien plus complexes peuvent être analysés.
Auto-organisation : on a constaté depuis
longtemps que des structures ordonnées pouvaient naître
du désordre. Le concept trop vague d'auto-organisation
a essayé de comprendre ce qui se produisait. Mais se limitant
à l'emploi de mathématiques classiques, il n'a pu
aboutir à des résultats significatifs. ANKS permettra
au contraire de comprendre l'émergence de structures organisées
à des échelles beaucoup plus grandes.
Mécaniques statistiques : apparue au
début du 20e siècle, ces disciplines ont essayé
de comprendre le comportement moyen ou statistique de grandes
populations d'agents, molécules de gaz ou autres composants.
Dans certains cas, ces systèmes se comportent de façon
complexe. Les mécaniques statistiques ont permis de réduire
les incertitudes. Cependant, pour faire le lien avec ce qui se
passait dans la réalité, il a fallu faire appel
au 2e principe de la thermodynamique ou à la loi de l'entropie
croissante, dont les bases restent obscures. ANKS devrait offrir
un cadre permettant de résoudre ces difficultés.
Bref, on constate que les
ambitions de la méthode de Stephen Wolfram sont immenses.
Nulle théorie n'en sortira inchangée. Reste à
savoir si A New Kind of Science tiendra ses promesses. Pour y
réfléchir, il faut sans attendre aborder les perspectives
des Automates cellulaires tels que revus par l'auteur.
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