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Recommandations de
scientifiques américains
au président Bush
John Brockman, qui est l'éditeur
de Edge, le site
bien connu consacré aux sciences et aux politiques scientifiques,
a demandé à un certain nombre de chercheurs et écrivains
scientifiques ce qu'ils recommanderaient en priorité au Président
Bush s'ils étaient nommés Conseiller scientifique
auprès de lui. L'exercice est intéressant et mériterait
d'être repris en Europe un jour. Certains de nos lecteurs
verront dans ce document l'expression quasi naïve du lobby
scientifique, plus que jamais en quête de crédits et
de crédibilité. Ce n'est pas notre point de vue. La
profondeur et la diversité des opinions et propositions est
assez stupéfiante. Nous avons là l'exemple vivant
d'une Amérique telle que l'aiment tous les démocrates
du monde, un peu messianique, un peu rapide aussi, mais confiante
en la science et en la démocratie.. Nous souhaiterons entendre
les scientifiques européens afficher publiquement de
telles ambitions.
Edge publie sur son site les propositions
des chercheurs consultés. Il serait indispensable de méditer
ce rapport, que l'on s'intéresse au développement
des sciences en général ou aux perspectives des politiques
scientifiques. On le trouve, en anglais, à l'adresse http://www.edge.org/q2003/question03_print.html?
Nous en donnons ici un résumé rapide en français,
destiné à un public non spécialiste. Ce résumé
néglige par la force des choses les subtilités de
la pensée des contributeurs. Dans certains cas, nous avons
ajouté un court commentaire aux propositions qui paraissaient
le justifier. On trouve sur le site de Edge ci-dessus, toutes les
références biographiques et bibliographiques des intervenants.
Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont beaucoup écrit
pour le grand public.
La question posée était
exactement : "What are the pressing scientific issues for the nation
and the world, and what is your advice on how I can begin to deal
with them?" JPB
Philip Brockman, physicien qui vient de
prendre sa retraite de la Nasa
Il déplore le manque d'horizon à long terme des recherches
scientifiques et l'obsession d'une rentabilité à deux
ans qu'imposent les entreprises. L'Etat fédéral ne
joue plus son rôle régalien au service de l'intérêt
général.
George Smoot, professeur de physique à
Berkeley
Il rappelle que les progrès de la science et ceux de la société
sont étroitement mêlés. Il ne faut en aucun
cas ralentir les recherches sous prétexte des risques de
détournement qu'elles peuvent entraîner. Il faut au
contraire les développer et les appliquer à remédier
aux diverses causes qui provoquent la violence et la guerre, notamment
dans le tiers-monde. Les dépenses militaires ne peuvent suffire.
John McWhorter, linguiste à Berkeley
Il déplore le manque d'intérêt général
du système universitaire et de la société pour
les langues étrangères. Concrètement cela se
traduit par le fait que les Américains sont incapables de
comprendre et parler l'arabe courant, moins encore de déchiffrer
des messages cryptés.
Sherry Turkle, directeur de recherche au
MIT
Elle regrette le manque de présence des femmes dans les métiers
scientifiques et technologiques émergents, dont découle
une insuffisance grave des effectifs d'étudiantes dans ces
domaines. La société ne privilégie pas les
sciences dans les carrières féminines.
Gregory Benford, professeur de physique
à l'Université de Californie, Irvine
Il recommande, plutôt que chercher à limiter directement
les émissions de gaz à effets de serre, d'étudier
des méthodes globales permettant de lutter contre le réchauffement.
Commentaire : c'est une idée défendue
aux Etats-Unis, qui ne convainc pas les Européens. Surtout
quand on lit qu'il faudrait peindre les routes en blanc et augmenter
artificiellement la nébulosité au dessus des tropiques,
pour accroître la réflexion solaire.
Vera John Steiner, professeur à l'Université
du Nouveau Mexique
Elle regrette l'absence d'études interdisciplinaires permettant
de comprendre et traiter les sources de la violence individuelle
et sociale, aussi bien d'ailleurs chez les Américains que
chez les terroristes. Aborder ces phénomènes dans
le cadre de cultures scientifiques étroitement bornées
ne peut que conduire à l'échec.
Paul MacCready, président de Aerovironment
Inc.
Il déplore la courte vue consistant à poursuivre l'exploitation
des ressources fossiles non-renouvables, au lieu d'investir massivement
dans les énergies renouvelables.
Margaret Wertheim, écrivain scientifique
Elle reproche à la communauté scientifique d'avoir
oublié de s'adresser au grand public afin de l'intéresser
aux enjeux de la science, ce qui a laissé s'installer la
peur ou le désintérêt que l'on constate aujourd'hui.
Ian Wilmut, professeur de génétique
Il rappelle que seule les recherches sur les cellules souches
et le clonage thérapeutique permettront de faire avancer
les connaissances dans des domaines essentiels à l'amélioration
de la médecine. Commentaire : ce
point de vue, qui critique les interdits mis à ces recherches
aux Etats-Unis, est bon à rappeler en France à un
moment où le Sénat vient de condamner (28/01/03) dans
le projet de loi sur la bio-éthique, les recherches dans
ces mêmes domaines - à l'indignation de la plupart
des chercheurs français.
Craig Venter, président du Center
for the Advancement of Genomics
Il dit exactement la même chose, en élargissant le
propos à toutes les études sur les génomes
et la vie en général. Commentaire
: ce point de vue n'a rien d'étonnant, de la part de son
auteur. Mais on aurait aimé voir poser la question de l'appropriation
capitaliste exclusive des résultats de telles recherches.
Steven Pinker, cogniticien et linguiste
au MIT
Il regrette que les études portant sur les fonctions du cerveau
mobilisées par l'apprentissage ne soient pas assez développées.
Plus généralement, écrit-il, on n'étudie
pas assez les techniques éducatives et la façon d'obtenir
des étudiants une approche rationaliste et constructiviste
du monde, plutôt qu'idéologique.
Ray Kurzweil, ingénieur et philosophe
des sciences
Il présente trois recommandations :
- ne pas gêner les recherches concernant les biotechnologies
par les nombreuses obligations légales qui leur sont imposées,
alors que les bio-terroristes ont toute faculté d'innover.
La défense doit aller plus vite que l'attaque.
- Augmenter les crédits relatifs à l'utilisation thérapeutique
des cellules-souches provenant de cellules-adultes, afin de dépasser
les controverses liées aux cellules-souches embryonnaires.
Commentaire : les cellules souches embryonnaires
obtenues par clonage thérapeutique permettent en principe
de comporter des facteurs génétiques implantés,
qui ne sont pas présents dans toutes les cellules adultes. - Accélérer les recherches concernant les
micro-piles à hydrogène, utilisant des MEMS (micro-electronic
mechanical systems), à partir de méthanol, qui trouveront
d'innombrables usages, notamment dans tous les matériels
ou micro-matériels portables.
Gion Segre, professeur de physique, université
de Pennsylvanie
On découvre de plus en plus la globalité et
l'interdisciplinarité des découvertes, qui permet
d'obtenir des vues profondément nouvelles sur l'univers et
son évolution. Il faut étendre les recherches sur
la biologie du développement, non seulement à l'ensemble
du vivant mais à l'étude des origines de l'univers
depuis le Big Bang. Beaucoup de "petites" choses échappent
encore, que ces études permettraient de faire apparaître.
Notre vision du monde en serait bouleversée. Commentaire
: ce point de vue rejoint celui de Lee Smolin, relatif à
l'univers évolutionnaire.
Stephen Schneider, professeur de biologie,
Stanford
Il faut élever considérablement les compétences
scientifiques du public, mais aussi des décideurs de toutes
sortes. Sinon, la démocratie, qui donne la parole à
la majorité, conduit celle-ci à des erreurs graves
de jugement. La compétence scientifique ne porte pas seulement
sur la connaissance des faits, mais sur la compréhension
du processus complexe selon laquelle la science se construit. La
volonté systématique des médias de donner la
parole de façon "équilibrée" aux adversaires
de la sciences face aux scientifiques, met ceux-ci en difficulté,
et la démocratie avec eux. Ainsi, les débats ou forums
sur les questions majeures, telle la préservation de l'environnement,
ne peuvent viser à donner d'égales temps de paroles
à toutes les thèses, y compris les plus extrêmes.
La "base de références" à partir de laquelle
les politiques prennent leurs décisions en serait polluée.
Il faudrait se limiter à l'approche scientifique consistant
à évaluer ce qui risque de se produire et les chances
pour que telle ou telle hypothèse se réalise. Commentaire
: ceci a été évident lors des débats
organisés par la télévision en France, concernant
le clonage reproductif, mettant à "égalité"
sur les plateaux des illuminés sectaires et des scientifiques
reconnus. Bernard Kouchner a été le seul à
s'indigner du procédé et à refuser de discuter.
Olivier Morton, écrivain scientifique
Les Etats-Unis devraient concentrer les recherches sur les objectifs
concrets visant à l'amélioration de la santé
publique dans les pays du Tiers-monde. Cela ne présente guère
d'intérêt stratégique visible, n'améliorera
pas les systèmes d'armes, mais fera progresser sur de nombreux
points l'état sanitaire de milliards de gens, sauvera de
la mort des centaines de millions d'autres. L'hypothétique
amélioration de leurs niveaux de vie ne suppléera
pas à des recherches bio-médicales en situation, attaquant
les maladies à la base. Pour cela, il faut de l'argent. Les
8 milliards de dollars de l'aide américaine au Tiers-monde
ne représentent qu'1% du budget américain de la santé.
Avant de se préoccuper du futur, il faut se préoccuper
du présent
[Avis tiré d'un rapport à la Commission on Macroeconomics
and Health de la World Health Organisation (OMS) : "Improving the
Health of the Global Poor", Prabhat Jha et al, Science 295 2036-2039,
March 15 2002].
Rodney Brooks, MIT.
Dans l'état général de phobie à l'égard
du monde musulman, il serait très important de renforcer
l'ouverture des laboratoires, en affectant 1 milliard de dollars
à des bourses permettant à des étudiants musulmans
de venir étudier les sciences aux Etats-Unis . Il faudra
dans le même temps cesser de traiter ces étudiants
comme des terroristes potentiels, comme c'est le cas souvent aujourd'hui.
Seth Lloyd, professeur de mécanique
quantique, MIT
Ce n'est pas l'excès d'ouverture mais l'excès de secret
qui a provoqué indirectement les attentats terroristes du
9/11. La science ne peut progresser que dans l'ouverture la plus
complète des recherches et des débats. Les mesures
décidées actuellement pour renforcer la confidentialité
des recherches (censure des publications) auront des conséquence
grave sur le développement démocratique des sciences.
Le Président Bush ne doit pas s'inscrire dans l'histoire
comme le "Texan qui a fermé les frontières de la connaissance".
Denis Dutton, éditeur, Nouvelle Zélande
Un conseiller scientifique auprès du Président doit
garder en mémoire les nombreuses prédictions erronées
faites par les scientifiques, ne fut-ce que dans les 50 dernières
année. Commentaire : on ne voit
pas bien l'intérêt d'un tel avis, sinon déconsidérer
un peu plus les scientifiques. Il faut se limiter à rappeler
qu'ils peuvent, eux-aussi, se tromper.
Freman Dyson, professeur de physique, ER,
Princeton
Il donne un premier conseil, pratique : recourir à l'avis
des pairs (peer-review) dans l'attribution des crédits condamne
tous les projets et équipements se situant à la frontière
de deux ou trois disciplines. Un exemple : le refus de financer
des détecteurs souterrains de particules encore non identifiées,
comme cela se fait en Europe et au Japon. Toutes les disciplines
souffrent de ce système de peer-review.
Un second conseil, d'ordre général : il faut lancer
pour les 50 prochaines années un projet de séquencement
de l'ensemble des génomes du vivant, sur le modèle
du Projet Génome Humain, avec des outils évolués
permettant de réaliser le décryptage de la biosphère
à des coûts analogues à ceux de ce dernier projet.
D'innombrables retombées pourront en découler, permettant
de mieux utiliser l'énergie solaire (chlorophylle par exemple)
stabiliser le climat et l'atmosphère, soigner aussi bien
les humains que la planète.
Philip Campbell, rédacteur en chef
du journal Nature
Le Président Bush a montré de l'intérêt
pour les travaux des National Institutes of Health et de la National
Science Foundation. C'est bien, mais il pourrait faire plus et apporter
sa marque à ces recherches en augmentant les moyens affectés
aux travaux sur la malaria, dont les conséquences humaines
sont considérables. La revue Nature a publié le génome
du parasite (Plasmodium Falciparum) mais la connaissance de celui-ci
ne suffit pas. Il faut maintenant réaliser de nombreux travaux
tirant partie de cette connaissance (post-génomics). L'allocation
d'au moins $300 millions aux NIH permettraient de progresser dans
cette voie.
Kevin Kelly, éditeur (Wired)
La science souffre d'avoir été mise en tutelle par
la mentalité du profit à court terme. L'Etat devrait
relancer 3 objectifs globaux :
- Privilégier les recherches à long terme : climat,
environnement, santé, biologie, sciences sociales
- Encourager une connaissance globale de la Terre, sous tous ses
aspects. On peut considérer qu'actuellement, c'est à
peine 5% de ce que l'on pourrait découvrir des secrets du
globe qui a été obtenu.
- Financer des Centres de recherche interdisciplinaires à
long terme (Blue sky research). Ils sont indispensables pour faire
émerger de nouvelles hypothèses.
Lawrence Brilliant, expert auprès
de l'OMS
Il est inutile, compte-tenu des risques, de vacciner préventivement
la population contre la variole, dès lors que l'on dispose
d'assez de vaccin disponible en cas d'épidémie déclarée.
Mihaly Csikszentmihalyi, professeur de gestion,
Claremont Graduate University
Les sciences ne doivent pas être tenues responsables des désastres
technologiques provoquées par de mauvais usages, mais les
scientifiques ne peuvent se limiter à leurs domaines de recherche
sans s'intéresser aux applications sociales de celles-ci.
Il conseille la création d'un Bureau national pour l'avancement
de la science auprès de la Présidence, composé
de personnalités d'origines diverses ayant montré
leur attachement à l'avenir de l'humanité. Ce Bureau
allouerait des fonds à des projets importants pour la survie
et le bien-être collectif. Aujourd'hui, l'argent va seulement
aux projets spéculatifs ou stratégiques. Laissée
à elle-même, l'évolution de la science est aveugle.
Elle doit être dirigée pour le bienfait de l'espèce
humaine. Commentaire : ce point de vue
est généreux mais un peu utopique. Comment imaginer
que des personnalités qualifiées puissent échapper
aux pressions intéressées dès qu'elles auraient
de l'argent à distribuer.
Paul Davies, physicien
Il faut reprendre l'entreprise grandiose abandonnée après
le débarquement sur la Lune. Il faut un grand projet à
l'humanité, plutôt que de nouvelles dépenses
militaires. Il faut que le Président Bush relance le projet
esquissé par son père en 1989, aller sur Mars, si
possible dans le cadre d'un programme international. Ce serait plus
important que renverser Saddam Hussein.
Robert Shapiro, professeur de chimie, Université
de New York
Il est urgent de protéger contre les destructions le savoir
scientifique de l'humanité, tout autant que protéger
les hommes. Aujourd'hui l'essentiel du savoir n'est plus dans des
livres, mais dans des mémoires magnétiques. D'innombrables
risques menacent ces dernières. Les mesures de sauvegarde
appliquées actuellement ne sont pas au niveau du besoin.
Il faut établir d'urgence des réseaux de "sanctuaires"
sécurisés où les informations seront stockées.
On pourrait dès maintenant, par ailleurs, envisager la construction
d'une base lunaire à cet effet.
Jaron Lanier, chercheur en sciences et technologies
de l'information
Il recommande au Président Bush de profiter du fait
qu'il est l'homme le plus puissant du monde pour lancer d'ambitieux
projets scientifiques et technologiques, seuls capables d'améliorer
durablement le sort de l'humanité. Pour cela, il faut de
massives initiatives publiques, conjuguant l'expérience acquise
dans le projet Manhattan, le programme Apollo et les grands travaux
publics de l'ère Rooseveltienne, tous des succès.
Quatre domaines sont particulièrement urgents :
- En médecine, réagir à la perte d'efficacité
des antibiotiques, dessaliniser l'eau de mer et purifier l'eau douce,
lutter contre le sida et, surtout, relancer la recherche sur les
cellules-souches et le clonage thérapeutique, malencontreusement
diabolisés par les préjugés religieux. Il faut
changer ces préjugés plutôt qu'y céder.
- En matière d'énergie, transport et climat, planifier
l'abandon rapide du pétrole. Les informaticiens, dont l'auteur
de la note, dit-il, ont rendu de mauvais services en aidant les
pétroliers à optimiser les recherches de pétrole,
plutôt que laisser la ressource diminuer progressivement,
les prix monter et l'économie s'adapter. Aujourd'hui, il
faut, non seulement multiplier les économies de pétrole,
mais lancer de nouvelles filières énergétiques,
dont la filière hydrogène alimentée par de
l'énergie bio-chimique. Il faut développer les automobiles
automatiques se regroupant en convois de type ferroviaire pour minimiser
cette catastrophe que sont les accidents de la route.
- En matière de lutte contre la dégradation des climats
et de la Terre, il faut, en vue d'interventions en profondeur, modéliser
la Terre comme le font les Japonais, afin d'étudier les mesures
de long terme ambitieuses capables d'assurer la restauration d'un
environnement équilibré et durable.
- En matière de lutte contre le terrorisme, si certaines
mesures de protection nécessitent une restriction des libertés
publiques, il faut qu'en contrepartie les administrations et les
entreprises montrent beaucoup plus de transparence, ce qui est de
moins en moins le cas, alors que se développe la corruption,
laquelle à son tour arme les terroristes. Une transparence
absolue dans les comptes publics et privés permettra à
chacun, plutôt qu'aux seuls agents fédéraux,
de détecter la criminalité financière et les
aides au terrorisme. Pourquoi enfin ne pas, en utilisant les technologies
satellites et Internet, donner aux populations du tiers-monde, notamment
aux arabophones , la possibilité d'apprendre l'anglais et
de s'informer directement aux sources de la démocratie américaine.
Doyne Farmer, mathématicien du Chaos,
Santa Fe Institute
L'urgence pour les Etats-Unis d'aujourd'hui n'est pas de faire plus
de science, mais de mieux utiliser politiquement le savoir scientifique
existant. Les mathématiques du chaos, par exemple, montrent
l'imprédictibilité des évolutions climatologiques
à venir. Par contre, elles peuvent affirmer que de grands
changements vont se produire inéluctablement. Il faut s'y
préparer par de nombreuses petites réformes, plutôt
qu'attendre l'effondrement massif. La science a toujours été
le fondement de la démocratie et de la puissance américaines,
depuis Thomas Jefferson et Benjamin Franklin. Il faut s'en souvenir.
Le peuple n'a pas besoin de baisses d'impôts pour être
heureux, mais de voir la société valoriser les savoirs
scientifiques dont elle dispose pour améliorer le sort des
hommes et diminuer les risques.