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Intelligents s'enrichit du logiciel
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Apprendre à une machine à percevoir
son environnement : les résultats du projet européen
SenseMaker
Mener
les recherches amont permettant à une machine de percevoir
son environnement : tel a été l'objectif du projet
européen SenseMaker initié il y a trois ans et conduit
par le professeur Martin McGinnity, directeur de l'Intelligence
Systems Engineering Laboratory (ISEL) de l'Université d'Ulster
en Irlande du nord. Aujourd'hui terminé, il a rassemblé
électroniciens, informaticiens, neurologues, physiciens et
biologistes allemands (université d'Heidelberg), français
(2 laboratoires du CNRS) et Irlandais (Trinity College et ISEL).
Le projet s'est concentré sur l'étude des modes d'interactions
des différents capteurs biologiques, en particulier la vue
et le toucher. Si la vue permet par exemple de reconnaître
un fruit, le toucher est aussi nécessaire pour pouvoir dire
si ce fuit est mûr ou non. La compréhension de ces
interactions intéresse particulièrement l'automatisme
industriel, car elle peut conduire à leur simulation pour
la robotique. L'objectif était ainsi de programmer une machine
capable de récolter les informations sensorielles sur son
environnement pour qu'elle puisse alors prendre des décisions
de manière autonome en fonction de ces informations.
Les
résultats sont prometteurs, ayant abouti à un modèle
théorique des différents processus de perception chez
l'humain (vision et toucher). Celui-ci a permis de fabriquer un
système de démonstration combinant la partie "matériel"
des détecteurs et la partie "logiciel" du traitement
de l'information. L'approche informatique originale a aussi consisté
à donner au réseau neuronal formel(1)
la capacité de rediriger ses connexions en cas de dommage
(plate-forme informatique utilisant des puces FGPA). Des projets
partenaires visent aujourd'hui à étendre le modèle
en y adjoignant l'ouie, l'objectif étant bien sûr à
long terme de pouvoir disposer d'un modèle complet des perceptions
chez l'humain pour mieux comprendre comment fonctionne le couplage
des différents sens.
Si
les applications potentielles de ces travaux concernent la robotique
(implémentation de meilleures capacités de perception
au sein des machines), elles visent aussi naturellement l'homme
biologique : "ce type de recherche nous apprend beaucoup
sur la façon dont les systèmes biologiques fonctionnent.
Elles peuvent conduire à de nouvelles approches pour soigner
les personnes souffrant d'un dysfonctionnement sensoriel. Cela dit,
le travail sera encore long avant d'arriver à un tel résultat",
indique Martin McGinnity.
Deux
autres projets doivent permettre aujourd'hui d'aller plus loin dans
le domaine. Il s'agit tout d'abord du projet interdisciplinaire
FACETS(2).
Continuant d'explorer la perception, il se focalise notamment
sur la vision. Démarré l'année dernière
et financé par l'Union Européenne, ce projet se situe
à l'interface de la physique, de la biologie et des neurosciences
computationelles. Coordonné par le Pr. Karlheinz Meier [Electronic
Vision(s) Group du Kirchoff Institut für Physic, Université
d'Heidelberg], il vise à créer une base théorique
et expérimentale qui puisse contribuer à l'avènement
d'un nouveau paradigme dans le domaine du calcul en s'appuyant sur
les concepts expérimentaux observés dans les systèmes
nerveux biologiques. Ces recherches doivent en particulier mener
à une compréhension améliorée des troubles
mentaux dans le cerveau humain et aider à en développer
des remèdes. Un projet très ambitieux car il met en
collaboration pour 4 ans quelque 80 scientifiques allemands, anglais,
autrichiens, français, suisse et suédois (soit 15
équipes européennes)
L'ISEL, pour sa part, est fortement engagé dans le projet
de création du Centre d'Excellence des Systèmes Intelligents
(Centre of Excellence in Intelligent Systems). Dans un esprit de
recherche appliquée, il couvrirait un large spectre : couplage
des perceptions sensorielles, apprentissage, adaptation, auto-organisation,
implémentation à grande échelle d'un substitut
de sous-ensembles neuraux biologiques au sein d'une machine, intelligence
informatique distribuée...
(1)
L'équipe a utilisé des modèles plus
sophistiqués que les traditionnels réseaux de neurones,
s'appuyant ici sur les "Spiking Neural Networks" qui,
selon Martin McGinnity, sont plus adaptés à la modélisation
de qui se passe dans un vrai cerveau. Les circuits
dédiés analogiques ou mixtes (numériques/analogiques)
permettent une meilleure intégration pour une moindre puissance
de calcul. Pour exploiter ces propriétés, le groupe
d'Heidelberg a développé un dispositif spécifique
de circuit intégré "spiking neuron" afin
de pouvoir émuler un plus grand nombre de composants constitutifs
des systèmes sensoriels biologiques. Un prototype de ce dispositif
a été soumis à fabrication et sera utilisé
au sein d'un prochain projet européen. (2)
Fast Analog Computing with Emergent Transient States..