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20 décembre 2007
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
Le Blue Brain Project annonce avoir atteint une étape importante
Nous
avions relaté en son temps(1) le lancement d'un projet
associant IBM et l'Ecole Polytechnique Fédérale de
Lausanne, en vue de développer un modèle du cortex
cérébral en utilisant le supercalculateur Blue Gene.
Le projet, inauguré en juillet 2005, aurait atteint aujourd'hui,
selon ses responsables, un premier stade décisif. Il se traduit
par la production d'un modèle de ce que l'on considère
comme l'unité fonctionnelle de base du cerveau, la colonne
néo-corticale. Le modèle pourrait reconstruire à
la demande un réseau de neurones et leurs 30 millions de
synapses représentés en 3 dimensions. Le modèle
a été construit en rassemblant des données
expérimentales de 15 années concernant la morphologie,
l'expression des gènes, les canaux ioniques la connectivité
synaptique et des enregistrements electrophysiologiques de cerveaux
de rats. Des outils logiciels ont été développés
pour utiliser ces données et reconstruire une représentation
précise de la partie du cortex concernée.
Le
responsable du projet, Henry Markram, codirecteur du Brain Mind
Institute de l' Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne
estime qu'à partir de cette étape importante, constituant
une véritable rétro-ingénierie du cerveau,
il devrait être possible de réaliser progressivement
un cerveau plus complet. Ce travail pourrait dans un premier temps
aider à comprendre voire soigner certaines pathologies cérébrales.
Il sera présenté à la conférence de
la Fédération européenne des neurosciences
à Genève en juillet 2008.
Une
telle approche analytique des fonctions du cerveau, on le sait,
est souvent contesté. Les tenants de l'approche globale ou
holiste estiment qu'elle ne permet pas de simuler le cerveau en
situation, au sein du corps d'abord et de l'environnement ensuite.
Par ailleurs, le modèle ne reprend que des observations nécessairement
limitées et même biaisées faites précédemment,
de façon souvent sommaire ou traduisant le point de vue a
priori de l'observateur.
Nous pensons pour notre part que différentes voies peuvent
utilement être poursuivies pour mieux comprendre le cerveau
et ses fonctions cérébrales, depuis celle décrite
ici - mais qui trouverait à notre avis avantage à
inclure dans sa formalisation le cadre théorique des interactions
fonctionnelles de Gilbert Chauvet(2), voire aussi des simulations
informatiques à partir de systèmes d'agents évolutionnaires
s'auto-organisant librement(3).