Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Des robots anesthésistes d'ici cinq ans dans
les blocs opératoires...
Un
robot anesthésiste est en phase de test au bloc opératoire.
En présence des anesthésistes et sous leur contrôle,
cette machine pilote et contrôle automatiquement la profondeur
de l'endormissement et le réveil du patient, ainsi que la
lutte contre la douleur pendant l'opération.
Déjà
testé sur plus de 200 patients en France et en Europe, ce
prototype a été développé par le professeur
Marc Fischler, chef du service d'anesthésie-réanimation
de l'hôpital Foch de Suresne, avec les docteurs Thierry Chazot
et Ngai Liu, grâce au financement de cet hôpital privé
à but non lucratif. "Il fallait enfin pouvoir mesurer
directement sur le cerveau la profondeur réelle d'une anesthésie,
et plus seulement avec les signes cliniques indirects classiques",
explique Marc Fischler. En effet, avec les méthodes classiques,
encore trop de patients sont capables - à la suite d'un dosage
insuffisant - de raconter toute l'opération et les dialogues
tenus pendant celle-ci(1). Mais plus grave, à l'inverse,
une anesthésie trop profonde - dose de produit trop importante
- s'associe statistiquement à une surmortalité à
un an. Et ce nouveau système vise à pallier ces handicaps.
Par ailleurs, "ce pilotage automatique libère d'une
tâche, et le professionnel peut alors mieux se consacrer à
la surveillance du malade qui est extrêmement importante",
complète le Dr Fischler
Outre
l'hôpital Foch, ce programme de recherche biomédicale
intéresse les hôpitaux Beaujon, Cochin, la Pitié-Salpêtrière,
les CHU d'Angers, Tours, Besançon, cliniques à Bordeaux
et Amiens, hôpitaux généraux à Argenteuil
et Dreux, ainsi que des centres anticancéreux (Marseille,
Saint-Cloud, Toulon) et d'autres centres (Nouméa, Berlin
et Bruxelles).
Si
pour l'instant, il ne s'agit que d'un prototype, nul doute pour
les spécialistes que, d'ici 5 ans, ce type de robot sera
monnaie courante dans tous les blocs opératoires.
(1)
Ce qui a pu par exemple donner des procès aux Etats-Unis.
Présentation du système
Si
le concept de robot anesthésiste a été
inventé aux Etats-Unis l'équipe du professeur
Fischler l'a développé par des travaux initiés
depuis 4 ans, en y apportant notamment des avancées
logicielles, travail menant alors à un
automate informatique qui endort et réveille le malade
sans intervention humaine. Le
protoype doit à ce jour toujours être vu comme
outil de recherche.
Avec les avancées enregistrées, l'équipe
française est la seule au monde à pratiquer
le début d'une anesthésie (l'induction) avec
ce système, en plus de son maintien au cours de l'opération.
Elle est aussi la seule à l'utiliser pour délivrer
automatiquement les morphiniques en plus des hypnotiques.
De plus, des malades de toutes gravités peuvent bénéficier
du système, même pour des opérations longues
pouvant durer jusqu'à 14 heures.
Le
système comprend un moniteur bispectral qui analyse
la profondeur de l'anesthésie à partir de l'enregistrement
de l'activité électrique du cerveau (électroencéphalogramme).
Une électrode placée sur
le front du malade capte les ondes complexes produites par
l'encéphale : ondes rapides de l'éveil, envahissement
d'ondes lentes du sommeil, suppression des pics du sommeil
profond... A partir des fréquences présentes,
et via un algorithme, l'appareil calculer alors un index bispectral,
nombre sans dimension appelé BIS, allant de 0 à
100. 100 correspond à l'éveil conscient ; zéro
témoigne de l'absence totale d'activité cérébrale.
Les données sont envoyées à un ordinateur
portable qui commande automatiquement des seringues électriques
contenant l'une du Propofol (un hypnotique d'action courte),
l'autre du Rémifentanil (un morphinique rapide), ceci
étant effectué sous contrôle permanent
des médecins anesthésistes. Parallèlement,
un capteur d'activité musculaire
spontanée (EMG) affiche une "descente" au
fur et à mesure que la seringue électrique injecte
le curare paralysant les muscles. Lorsque le malade est totalement
relaxé, l'anesthésiste peut introduire dans
les voies aériennes supérieures du malade un
tube. Il sera branché sur le ventilateur qui va assurer
la respiration artificielle pendant l'opération.
La séquence est lancée
par le médecin d'un clic de souris informatique. Le
tracé EEG rejoint sur l'écran la fourchette
désirée, la vitesse de débit et la dose
de médicaments s'affichent. Plus la dose d'anesthésique
utilisée est forte, plus le malade est endormi profondément,
et plus le BIS descend(1).
Selon
le professeur Fischler,
pour la chirurgie,"une
anesthésie générale bien conduite réclame
un BIS situé entre 40 et 60".
(1) Un
BIS bas témoigne d'une dose forte. Il peut servir d'alerte
et descendre encore si quelque chose ne va pas bien (accident
vasculaire par exemple). Ceci permet d'apprécier le
bien être cérébral ou au contraire de
signaler un mal être majeur.