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NDLR: Nous avons proposé
aux auteurs d'ajouter nos signatures: Jean-Paul Baquiast et
Christophe Jacquemin
Dessine-moi un robot ...
Prenez quelques instants et essayez d'imaginer une
vie sans électricité : plus de télévision
ni de radio, plus d'éclairage ni d'appareils ménagers.
Pour beaucoup, plus de transports, de chauffage, de cuisson, de
revenus.
Dans quelques années, une existence sans machines
intelligentes sera probablement aussi difficile à imaginer
qu¹une vie sans électricité. Il ne s'agit plus
d'un rêve lointain, mais d'un horizon tout proche : la science
a bel et bien dépassé la fiction ! Déjà,
le plus grand champion d¹échecs a été
vaincu par un ordinateur. Déjà, des robots de compagnie
assistent les personnes âgées et isolées dans
leurs tâches quotidiennes. Déjà, les explorations
spatiales sont assurées par des automates capables de s'adapter
à des environnements imprévisibles. Grâce aux
progrès rapides des sciences cognitives et de l¹intelligence
artificielle, il est devenu possible de mettre au point des systèmes
(logiciels et matériels) capables de reproduire les plus
hautes capacités de la cognition humaine, du langage au raisonnement
abstrait. Pour aboutir à l'objectif ultime : la conscience.
Ce développement technologique n'a rien d'une
lubie de chercheurs enfermés dans leurs laboratoires. Il
est rendu inévitable par l'évolution de nos sociétés
désormais basées sur l'information. Dans les moments
simples de la vie quotidienne comme dans les programmes complexes
de la recherche scientifique, nous sommes confrontés à
une avalanche de données. L'offre comme la demande d¹informations
ne cessent ainsi de croître, mais il manque de plus en plus
souvent les intermédiaires : des systèmes capables
de les mémoriser, de les trier, de les associer, de les interpréter,
de les partager. En un mot, des " machines à penser ", comme
on parlait hier de " machines à calculer ".
Pour se convaincre de l'avenir du secteur, il suffit
de regarder ce que font nos voisins. Aux Etats-Unis et au Japon,
l'Etat, les universités et les entreprises investissent massivement
dans la recherche-développement en intelligence artificielle
et sciences cognitives. L'Europe, elle, reste à la traîne.
Pourtant, les talents ne manquent pas sur notre continent : nos
chercheurs sont au contraire à la pointe de nombreuses avancées
théoriques, qu'il s'agisse des automates cellulaires, des
réseaux autocatalytiques et neuromimétiques, des algorithmes
génétiques, des systèmes multi-agents adaptatifs,
etc. Mais ces travaux brillants sont trop souvent dispersés.
Surtout, ils ne sont pas fécondés par une volonté
politique et un soutien économique à hauteur de leurs
enjeux. Les idées existent, les projets attendent : il manque
les moyens, mais aussi l'audace et le souffle, qui permirent à
l¹homme de marcher sur la Lune ou de déchiffrer son
génome. Cette démarche d'intérêt général
ne peut être que publique, même si elle a vocation à
associer dans son élan et dans ses retombées le riche
tissu des entreprises privées.
Un moyen simple permet de fédérer les
efforts : le lancement par l'Union européenne, au sein des
programmes-cadres de recherche-développement (2003-2008),
d'une action-clé " Machines intelligentes ". Dotée
d'un budget transparent et d'un conseil d'orientation associant
chercheurs, politiques et membres de la société civile,
son but sera double : à la fois scientifique et pédagogique.
Pour les chercheurs associés, il s'agira de mettre au point
un système d'intelligence artificielle capable d'une interactivité
la plus proche possible de la conscience humaine. Pour la société
civile, il s'agira de découvrir les avancées de la
recherche en associant les Européens de manière originale,
participative et ludique : expositions itinérantes, championnats
robotiques et informatiques pour amateurs, concours d'imagination
pour les enfants, états-généraux de la cognition
de l¹information visant à dégager les grands
besoins sociaux.
Lancer le projet "machine à penser", c'est :
1 - permettre des avancées économiques,
technologiques et sociétales majeures ;
2 - placer notre continent en position de force
dans un domaine essentiel de la sécurité collective
;
3 - traiter d¹égal à égal
avec nos grands partenaires internationaux ;
4 - éveiller l'imaginaire et susciter les
vocations chez les plus jeunes ;
5 - oeuvrer au renforcement de la coopération
et de l'amitié entre les peuples européens.
La raison d'être de l'Union européenne
est de garantir la prospérité, la paix, la sécurité
et la souveraineté de ses citoyens. Nous pensons qu'elle
doit désormais transformer les discours en actes et les promesses
en initiatives. Et nous lui demandons de s'engager sur la voie de
l'avenir en lançant dès 2003 le programme " Machines
à penser ".
Nota : cette pétition
sera adressée aux responsables politiques français
et européens, ainsi qu'aux grands médias. Pour recevoir
des versions traduites de cette pétition, écrire àEdouard Corbin.
Les premiers signataires
:
Jean-Paul BAQUIAST
Rédacteur en chef de automatesintelligents.com - France.
Stéphane BARBIER
Professeur-Agrégé de philosophie - France.
Alain CARDON
Directeur du laboratoire informatique de l'Université du
Havre et membre du LIP6 (Paris VI - Auteur de "Conscience artificielle
et systèmes adaptatifs" ed. Eyrolles, Paris 1999.- France.
Sébastien CAQUARD
Doctorant en géographie - Université J. Monnet - Saint
Etienne - France.
Edouard CORBIN
Délégué général de la Société
internationale d'évolutique - France.
Dan CRISTEA
Maitre de Conférences, Ph.D., doyen de la Faculté
d'Informatique, Université "Al.I.Cuza" Iasi, Roumanie
André DUPUIS
Responsable Informatique - IUFM Bourgogne - France
Patrick ESQUIROL
Maître de conférences à l'INSA de Toulouse (enseignant
en Algorithmique&Programmation, Intelligence Artificielle, Programmation
logique) et Chercheur au LAAS-CNRS de Toulouse - France.
Christophe JACQUEMIN
Rédacteur en chef de Automatesintelligents.com - France.
Frédéric MALAVAL
Professeur-associé au Département des Sciences de
la terre et de l'Environnement de l'Université de Cergy-Pontoise
- France.
Youssef MACHROUH
Doctorant au LIMSI-CNRS - spécialité : vision par
machine et intelligence artificielle - France.
Charles MÜLLER
Journaliste scientifique - Dossier BioSciences - France.
Benoit MORISSET
Ingénieur doctorant au laboratoire d'analyse et d'architecture
des systèmes du CNRS (LAAS-CNRS TOULOUSE) au sein du groupe
Robotique et Intelligence Artificielle (RIA) - France.
Camille ROUX
Maître de conférences - Biologie moléculaire
vegétale,
Laboratoire BMAS - Université Paris12/ Val de Marne -Créteil
- France.
Guy THERAULAZ
Chargé de Recherches CNRS, Laboratoire d'Ethologie et Cognition
Animale
Universite Paul Sabatier de Toulouse - France.