Comment créer une science fondamentale à l'échelle
européenne qui soit aussi compétitive que celles des
autres grandes puissances ?
A
la date de ce jour, nous disposons pour éclairer ce thème,
souvent abordé ici, de deux nouvelles séries de propositions
qui méritent d'être rapprochées. Les premières
peuvent être déduites de l'intéressant Colloque
du Collège de France, Science et conscience européenne,
qui s'est clos aujourd'hui 27 novembre (voir
http://www.college-de-france.fr/media/inf_pre/UPL9055_info3.pdf.
Les secondes figurent parmi les propositions du Groupe dit Lamy,
qui ont été élaborées à la demande
du Parti Socialiste Européen afin de préciser les
voies d'une Europe plus volontariste, voies non incompatible avec
le Traité constitutionnel. Examinons rapidement ces deux
sources.
Le
Colloque du Collège de France
Nous
ne résumerons pas l'ensemble des interventions. Bornons-nous
à extraire les propositions les plus significatives faites
par les orateurs de la première demi-journée (25 novembre)
ainsi que par le professeur Baulieu en conclusion le 27 novembre
à 16h30.
D'une
façon générale, nous pouvons déduire
des interventions une idée-force qui est assez révolutionnaire
par rapport à l’opinion que l’on se fait généralement
de la science européenne. Il faut créer une authentique
recherche fondamentale européenne. Celle-ci,
sauf dans des domaines précis (physique, astronomie, espace),
n’existe pas en tant que telle. L'Europe,
sous l'impulsion de la Commission, mène de nombreuses actions
en matière de sciences appliquées à finalité
commerciale mais elle ne dispose d'aucun titre ni crédit
pour faire de la recherche fondamentale.
Or
la recherche fondamentale reste incontournable. On connaît
ses caractéristiques: être désintéressée
(sans souci immédiat de retombées commerciales), s'attachant
au long terme, couvrant l'ensemble des disciplines, etc. Malheureusement,
les Etats-membres sont seuls compétents en matière
de politique et de moyens concernant la recherche fondamentale.
Il en résulte que les recherches ainsi conduites au plan
national ont tendance à s'ignorer voire s'opposer. N'entrant
pas en synergie, elles ne peuvent pas atteindre la taille critique
nécessaire à la compétition internationale.
Que serait par exemple la science américaine si elle était
conduite de façon non cohérente au sein de chacun
des Etats de l'Union?
Remédier
à cette faiblesse fondamentale supposera une véritable
mutation culturelle de la part des scientifiques et des gouvernements
en Europe: se convaincre qu’ils devront cesser de s’ignorer
voire se combattre les uns les autres, mais au contraire s’unir
dans le cadre d’une véritable politique scientifique
européenne globale, commune à l’ensemble des
25 Etats-membres sans exclusive et portant à la fois sur
les recherches fondamentales et les applications technologiques.
Ceci supposera des changements très importants au niveau
notamment des institutions européennes. Résumons ces
changements, selon l'ordre de priorité tel qu’il ressort
selon nous des interventions :
Créer
dès le début 2005 un Conseil européen de la
recherche (European Research Council ou ERC). La configuration
et les moyens de celui-ci ont été précisés
par plusieurs études dont notamment le rapport Mayor établi
en 2003 sous la présidence danoise (voir http://www.ercexpertgroup.org/documents/ercexpertgroup_final_report.pdf).
Ce Conseil devrait être l’autorité suprême
en matière de définition des orientations de la recherche
fondamentale européenne. Il devrait être composé
uniquement de scientifiques reconnus et devrait disposer d’une
large autonomie à l'égard tant des gouvernements que
des institutions européennes (Commission, Parlement). Le
professeur Baulieu a demandé en conclusion du Colloque que
la décision de créer le Conseil soit prise immédiatement,
qu'un budget minimum de 2 milliards d'€ lui soit attribué
pour l'exercice 2005 et que l'équipe ainsi constituée
se mette au travail immédiatement. Le Conseil ne travaillerait
évidemment pas en ignorant les actions de recherche des Etats,
de la Commission et des entreprises. Au contraire, il leur fournirait
les bases de leur mise en synergie. Sans un tel organisme, il n’y
aura pas de recherche fondamentale européenne capable de
rivaliser avec celle des USA, du Japon et bientôt d’autres
grands pays asiatiques. Et sans recherche fondamentale, il n’y
aura pas de recherche- développement ni de puissance technologique.
Renforcer le rôle du Forum européen stratégique
des infrastructures scientifiques (ESFRI) qui doit définir
les grands équipements nécessaires à l’indépendance
de la science et de la technologie européenne. Une réflexion
menée dans ce cadre aurait par exemple pu éviter les
dissensions entre européens et les années perdues
au sujet de Galiléo et de Iter.
Doubler dès 2005 le budget communautaire de la recherche
et le porter à 10% environ du budget de l’Union en
2008. Parallèlement, porter le financement de la recherche
à au moins 4% des PIB dans chacun des Etats-membres à
l’horizon de 2010. Il faudra enfin mettre « hors des
critères du pacte de stabilité » les crédits
correspondants. Tous les orateurs ont signalé l'importance
du massage qui serait ainsi porté aux opinions publiques,
aux chercheurs et aux entreprises. La science cesserait d'être
considérée comme une dépense, mais comme un
investissement.
Mettre en place les projets et réseaux intégrés
qui permettront aux financements nationaux d’entrer en symbiose
plutôt que s’ignorer. Parmi ces projets et réseaux,
mettre en place avec les industriels européens des plates-formes
technologiques de développement sur le modèle de ce
qui a été fait pour l’aéronautique et
la microélectronique, couvrant l’essentiel des filières
émergentes.
Créer un grand pôle de publication scientifique européen.
Traiter efficacement la question de la mobilité intra-européenne
des chercheurs et des étudiants, ainsi que celle du brevet
européen.
organiser des programmes de sensibilisation des opinions publiques
et des lieux où discuter les divergences d'appréciation.
Les
propositions du groupe Lamy soumises au Parti socialiste Européen
Parmi
les propositions du groupe Lamy, celles concernant la science et
la technologie européenne sont très voisines des précédentes.
Elles évoquent cependant certaines finalités de recherche
et de développement qui ne sont pas incluses dans les schémas
précédents.
Accroître les investissements publics, d'ici à 2007,
de 0,3 % du produit intérieur brut européen.
Doubler le budget européen de la recherche, tripler le nombre
de bourses accordées aux chercheurs, faire passer d'ici à
2013 le nombre d'étudiants bénéficiant du programme
Erasmus de 120 000 à 390 000.
Présenter une communication sur le futur industriel de l'Europe
dans les secteurs stratégiques et y allouer 400 millions
d'euros sur la période 2007-2013.
Faire passer de 6 % à 12 % la part des énergies renouvelables
d'ici à 2010.
Lancer un programme de grandes infrastructures en identifiant dix
projets précis.
Nos
observations
Si le public
présent au Collège de France a reçu très
favorablement les propositions résumées ci-dessus,
les suites qui leur seront données dépendront dans
un premier temps de la façon dont les gouvernements nationaux
d'une part, la Commission et le Parlement européens d'autre
part les recevront et accepteront de les soutenir. Les interventions
des deux ministres français le premier jour, Mme Haigneré
et M. Fillon, n'ont rien laissé paraître de leurs intentions
précises sur ce plan.
Le souci manifesté
au Colloque de fonder véritablement une recherche fondamentale
européenne compétitive n'est en rien incompatible
avec les objectifs que nous défendons par ailleurs dans cette
revue: rechercher la souveraineté scientifique et technologique
de l'Europe. Maîtriser la recherche fondamentale est aussi
nécessaire à l'Europe que maîtriser les technologies
de souveraineté. Les unes ne sont d'ailleurs pas concevables
sans les autres. On notera précisément que les organisateurs
du Colloque au Collège de France ont annoncé la tenue
l'année prochaine à Madrid d'un Colloque sur le thème
"Industrie et Recherche".
Annexe
1
Compte-rendu sommaire des interventions faites dans la première
demi-journée du Colloque du Collège de France (jeudi
25 novembre 2004). Nous ne résumerons pas les exposés
des deux ministres français.
Jacques
Glowinski, administrateur du Collège de France
Il rappelle l’importance de la recherche scientifique pour
l’avenir de l’Europe. Il déplore le manque de
moyens qui la pénalise et regrette plus généralement
le manque d’intérêt de beaucoup d’européens
pour la science.
Philippe
Busquin, ancien Commissaire européen à la recherche.
Le
rapport Wim Kok a justement rappelé le rôle essentiel
de la recherche pour l’accès à la société
des connaissances. Or la recherche doit être une compétence
européenne partagée (le concept d’espace européen
de la recherche). Elle ne l’est actuellement qu’en ce
qui concerne la recherche précompétitive. Elle doit
donc être traitée comme une valeur commune européenne
et non un instrument de compétition entre Etats-membres.
Avec l’élargissement des frontières, le besoin
d’harmonisation sociale s’accroît et avec lui,
celui du partage de l’accès à la recherche.
Il faut donc augmenter les budgets de recherche. La Commission a
voulu doubler le budget européen (communautaire) de la recherche
pour 2005, mais cela n’a pas encore été décidé
par les Etats.
Or les comparaisons avec les autres parties du monde sont défavorables.
Non seulement avec les USA et le Japon, mais avec la Corée
du Sud, l’Inde, la Chine.
Plusieurs
voies conditionnent le redressement :
- Favoriser l’acceptation sociale du progrès scientifique
et technique. Il faut revaloriser le thème au plan culturel,
tout au moins dans les anciens Etats-membres. Les nouveaux entrants
sont beaucoup plus ouverts.
- Atteindre la masse critique, ce qui suppose de donner aux recherches
une dimension européenne. Ce qui est fait dans chaque Etat
est indispensable mais ne suffit pas.
- Concevoir la coopération avec l’industrie au plan
européen et non plus national. L’industrie européenne
n’est plus nationale mais européenne ou mondiale.
- Donner une visibilité européenne à l’excellence.
Reconnaître les compétences au seul niveau des Etats
n’a pas de portée. Il faut parler d’un «
scientifique européen » comme on parle d’un «
scientifique américain ».
Six
objectifs devraient être proposés pour demain :
- Faire de la recherche fondamentale (RF) à l’échelle
européenne (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui,
la RF étant encore de compétence nationale). Ceci
rejoint la question de la visibilité. A l’image de
la National Science Foundation qui donne de la visibilité
à la recherche américaine, il faut créer un
Conseil Européen de la Recherche (European
Research Council, ERC) qui financera la RF au plan européen
global. Cela supposera de vaincre le réflexe national, en
ce sens que les contributions nationales à l’ERC devront
encourager l’excellence au niveau européen, sans se
préoccuper de principes comme le « juste retour »
et le soutien aux laboratoires nationaux. Le prochain Programme
Cadre de Recherche (PCR) lancé en 2006 devra acter l’existence
de l’ERC. Il faut donc très rapidement jeter les bases
de celui-ci. Or il y a encore des résistances de la part
de certains Etats.
- Généraliser la mobilité des chercheurs. Les
institutions de recherche des Etats doivent être ouvertes
à tout chercheur européen, et non réservées
aux seuls nationaux.
- Mettre en place de nouvelles grandes infrastructures scientifiques,
sur le modèle de ce qui a été fait par le CERN
(physique), l’ESO (astronomie), l’ESA (espace). Un Forum
européen stratégique des infrastructures scientifiques
(ESFRI) a été créé afin de préciser
les perspectives et besoins.
- Multiplier les projets intégrés. Le concept de Réseau
d’excellence est encore trop limité géographiquement.
Il n’a pas, sauf exception, de portée européenne.
- Obtenir le support des grands secteurs industriels européens,
sous forme de plates-formes technologiques. Des exemples existent
: aéronautique, microélectronique. Il faut en faire
d’autres : hydrogène, environnement, etc. Mais certains
chercheurs et parfois les Etats contestent encore ce principe.
- Mieux coordonner le cadre réglementaire communautaire :
budget de la recherche, PCR, Charte européen du chercheur,
brevet européen.
Ceci rejoint le projet de constitution. Pour elle, ce qui marquera
en termes juridiques et politiques un progrès considérable,
la recherche et l’espace sont des compétences européennes
s’ajoutant aux compétences nationales.
Michael
Sohlman, directeur général de la fondation Nobel
L’Europe
doit prendre conscience de l’urgence. La part des PIB consacrée
à la recherche le démontre : 2% en Europe, 3% aux
USA et au Japon. De plus le PIB aux USA est supérieur de
40% à celui de l’Europe, ce qui impose à l’Europe
de doubler le montant des crédits affectés à
la recherche si elle veut atteindre le niveau des USA et du Japon
et réaliser les objectifs du processus de Lisbonne. Est-ce
possible ? Plusieurs questions sont posées.
- L’appel au privé. L’industrie devrait financer
entre 1 ;5 et 2% du total. Le fera-t-elle ? La Table-Ronde des industriels
européens (EITIRT) répond que les industriels investissent,
mais pas en Europe. Leur apport y diminue en valeur relative.
- La fuite des cerveaux. Elle continue vers les USA et n’est
pas compensée par des mouvements en sens inverse (sauf au
profit du CERN en physique, et pour de courtes durées).
- La part des dépenses de recherche affectée aux recherches
européennes. Aujourd’hui 95% des crédits sont
affectés à des projets nationaux. Plusieurs réformes
s’imposent : utiliser plus efficacement les procédures
européennes de financement ; augmenter la part de la recherche
dans le budget européen global (doubler) ; augmenter la part
consacrée à la recherche fondamentale. Les PCR ne
le font pas, ce qui pousse les grandes entreprises européennes
à émigrer vers les USA compte tenu de la richesse
de la culture en sciences fondamentales.
Le
Colloque s’inscrit dans plusieurs initiatives européennes.
Notamment le rapport du groupe Major relatif à l’ERC.
4 problèmes ont été signalés : mieux
valoriser l’excellence au plan européen, augmenter
les recrutement et améliorer les carrières, mettre
en place de nouvelles infrastructures de recherche communes, développer
celles des régions européennes faibles au plan de
la recherche (ce qui parait contrebalancer le concept du développement
de pôles d’excellence, mais peut se faire par la mise
en réseau).
L’ERC ne réussira qu’à plusieurs conditions
: l’autonomie en termes de choix scientifiques, un financement
suffisant des Etats-membres, une gestion par un conseil scientifique
indépendant et responsable.
D’autres initiatives ont soutenu ces objectifs : les déclarations
de diverses académies des sciences, celles du Commissaire
Busquin, le rapport Wim Kok, etc.
Mais il ne semble pas que les gouvernements aient encore pris conscience
de l’étendue du problème. Le terme de Conseil
Européen de la Recherche n’a pas été
repris par le conseil des ministres Recherche à Bruxelles,
qui a seulement parlé de «définir des mécanismes
opérationnels».
Edouard
Brézin, vice président de l’académie
française des sciences
La
crise de la recherche a été illustrée en France
par le mouvement des chercheurs, très largement soutenu par
ceux-ci mais aussi par la population. Le mouvement a abouti non
à un rapport mais à des propositions, actuellement
soumises au gouvernement.
Les propositions n’ont pas oublié la recherche en Europe.
On sait le rôle que l'Europe a joué dans le passé
pour la science fondamentale. Mais il faut poursuivre. D’où
le soutien apporté au projet de ERC. Encore faudra-t-il que
celui-ci échappe aux manœuvres nationales et mette en
place de véritables collaborations européennes, sous
forme de partenariats et non de projets nationaux concurrents.
Une urgence supplémentaire est à signaler : la nécessité
de mettre en place un pôle fort de publications en Europe,
rapprochant notamment les journaux nationaux quand ils existent,
comme cela a été fait en physique avec la création
en 1986 du Journal Européen de Physique (European Journal
of Physics).
Mariano
Gago, ancien ministre de la recherche du Portugal
L’Europe
doit se doter d’une identité stratégique en
matière de recherche, qui élargira sa base identitaire
actuelle limitée au politique et au social. La création
de l’ERC concrétisera le thème de la science
partagée, base de la nouvelle identité européenne.
Plusieurs lignes d’action sont à retenir à cette
fin :
- mettre en réseau les scientifiques et les non-scientifiques,
de façon notamment à évoquer et traiter les
controverses sociales portant par exemple sur les risques et sur
l’action des Etats.
- Agir pour que davantage de jeunes s’intéressent aux
sciences, en général d’abord mais en terme de
possibilité de carrière ensuite. Il faut intervenir
à l’école et en dehors.
- Développer les plates-formes de sensibilisation telles
Euroscience.
Mais
ceci doit se traduire en termes de décisions politiques,
notamment dans les deux conseils européens stratégiques
en matière scientifique, le Conseil Espace et le Conseil
Compétitivité, qui se réunissent aujourd’hui
et demain. Ils feront allusion à l’ERC, mais en termes
trop vagues. En fait l’année 2005 sera celle
des décisions capitales. Ou bien l’Europe
affirmera sa vocation scientifique, ou bien elle abandonnera définitivement
ses prétentions à être une puissance scientifique.
Les thèmes sont connus : renforcer les budgets, créer
l’IRC, lancer Iter…
Ceci suppose aussi la révision du pacte de stabilité
pour en extraire les dépenses de recherche. Mettre celles-ci
hors pacte sera un message très important pour les industries.
Mais la priorité ne porte pas seulement sur la recherche.
Il faut renforcer l’éducation scientifique en la finançant
davantage (3% du budget de recherche est consacré à
l’éducation scientifique en Corée du Sud). Cela
suppose le décloisonnement des systèmes nationaux
et le lancement d’actions de culture scientifique générale.
En ce qui concerne la politique scientifique, là aussi il
faut décloisonner. Beaucoup de pays européens n’ont
pas encore de conseils nationaux pour la recherche, ni de systèmes
d’évaluation valables. Plus généralement
la concurrence génératrice de confusion règne
entre les gouvernements, comme l’a montré l’exemple
à ne plus jamais revoir des premières négociations
relatives à Iter.
Il faut mettre en place des laboratoires distribués et des
projets en réseau (à ne pas confondre avec de simples
coopérations).
Il faut régler les problèmes communs, déjà
évoqués : le statut du chercheur européen,
le brevet européen, une politique commune de sécurité
des données.
Il faut réformer les directions générales de
la Commission s’intéressant à la science et
aux technologies. On doit combattre les excès de la bureaucratie
européenne
Notes
Rapport
Federico Mayor sur l'ERC http://www.ercexpertgroup.org/documents/ercexpertgroup_final_report.pdf
ESFRI http://www.cordis.lu/era/infrastructures_forum.htm
Rapport ESFRI 2004 ftp://ftp.cordis.lu/pub/era/docs/esfri_annualreport_2004_en.pdf
European Journal of Physics http://www.iop.org/EJ/journal/EJP
Etats Généraux de la recherche (France). Le site du
Comité d'Initiative et de Proposition. http://cip-etats-generaux.apinc.org/
Euroscience http://www.euroscience.org/
Annexe
2
Les
principales propositions du groupe Lamy (source Le Monde 27/11/04)
• Rebaptiser
le "processus de Lisbonne" pour l'appeler "Développer
l'Europe" et adopter un programme de travail sur cinq ans pour
sa mise en œuvre.
• Accroître les investissements publics, d'ici à
2007, de 0,3 % du produit intérieur brut européen.
• Proposer, d'ici à 2007, l'harmonisation de la base
fiscale de l'impôt sur les sociétés.
• Avoir d'ici à 2013 une représentation unique
de la zone euro dans les institutions internationales.
• Doubler le budget européen de la recherche, tripler
le nombre de bourses accordées aux chercheurs, faire passer
d'ici à 2013 le nombre d'étudiants bénéficiant
du programme Erasmus de 120 000 à 390 000.
• Présenter une communication sur le futur industriel
de l'Europe dans les secteurs stratégiques et y allouer 400
millions d'euros sur la période 2007-2013.
• Avoir un budget consacré à la politique de
solidarité avec les régions les plus pauvres équivalent
à 0,46 % du PIB européen.
• Réviser la directive sur le temps de travail et mettre
fin à la clause d'exemption dont bénéficient
les Britanniques.
• Adopter une directive sur les services publics incluant
les principes d'égalité d'accès, de qualité
et de financement des obligations de service public.
• Lier l'octroi des aides agricoles au respect des normes
environnementales.
• Faire passer de 6 % à 12 % la part des énergies
renouvelables d'ici à 2010.
• Prendre en compte les émissions dues aux transports
et aux bâtiments dans le protocole de Kyoto sur la limitation
des gaz à effet de serre dans la période 2013-2017.
• Lancer un programme de grandes infrastructures en identifiant
dix projets précis.
• Créer un corps de gardes-frontières européens.
• Faire adhérer l'Union à la convention européenne
des droits de l'homme.
• Mettre en œuvre une politique commune de quotas en
matière d'immigration légale.
• Protéger les données individuelles dans le
cadre de la lutte contre le terrorisme.
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