Le Starlab, une idée révolutionnaire en Europe
http://www.starlab.org/
Nous avions
déjà attiré l'attention de nos lecteurs sur le fameux Starlab, pépinière
de savants et de businessmen, implanté en Belgique, au coeur de
la vieille Europe, à Uccle, au sud de Bruxelles. Notre article avait
pour objectif principal la présentation des travaux du très controversé
et très prometteur Hugo de Garis, hébergé et financé par le Starlab
pour conduire à bien son artelect, ou CamBrain machine, le cerveau
du futur doté de plusieurs milliards de neurones (voir notre
article "Du côté des labos :http://www.automatesintelligents.com/labo/2000/sep/starlab.html).
Nous vous proposons ici de revenir plus en détail sur
le Starlab, qui nous apparaît de plus en plus comme "ce qu'il faut
absolument faire", ou comme l'une des choses essentielles qu'il
faudrait faire, dans chacun des pays européens, si l'on veut que
l'Europe décolle et tienne son rang parmi les grands ensembles mondiaux,
tant au plan des sciences que de l'économie et de l'organisation
sociale.
Comme vous pouvez le supposer, tout en étant très contents,
en tant qu'Européen, de voir que nous disposons là d'une réalisation
exemplaire, nous ne pouvons que regretter de ne pas trouver en France
l'équivalent de cette formule révolutionnaire. Barcelone est en
train de se doter d'un petit frère du Starlab. Pourquoi pas la France
?
Mieux vaudrait, direz-vous, travailler directement au sein des équipes
du Starlab, en multipliant les partenariats. Mais on en est loin.
Il est désolant de voir le peu d'intérêt de nos universités, entreprises
et administrations pour ce qui se fait à Uccle. Ceci étant, dans
ces domaines de l'innovation libérée des contraintes de l'immédiat,
il pourrait être bon de décliner notre propre culture heuristique
(si nous en avons une) parallèlement, et en dialogue, avec ce que
font nos voisins belges, et les chercheurs qui travaillent actuellement
chez eux. Un Starlab français ne serait pas nécessairement un concurrent,
mais plutôt un partenaire du Starlab belge.
La formule de celui-ci apparaîtra évidemment impensable
en France, aux yeux des nombreux bureaucrates de la recherche, trop
répandus chez nous aussi bien dans les entreprises que dans les
administrations. Il s'agit d'une fondation, basée sur l'apport initial
d'un particulier quelque peu visionnaire, Walter de Brouwer. Mais
cette fondation se présente comme destinée à gagner de l'argent.
Elle peut donc attirer des financements privés ou gouvernementaux
(du type de ceux des programmes-cadres de RD financés par l'Union
européenne). La façon de gagner qui est proposée ici consiste à
rassembler la matière grise de chercheurs de diverses disciplines
et origines géographiques, engagés pour réfléchir librement à des
sujets touchant la recherche fondamentale, le cas échéant aux limites
des programmes reconnus comme acceptables par les instances académiques.
Ces chercheurs ne se font pas imposer d'emblée des critères de retour
sur investissement. C'est à la structure d'ensemble, fonctionnant
comme un tout complexe et intelligent, de faire en sorte que de
la multiplicité des idées neuves puisse sortir des applications
rentables, intéressant les entreprises ou les organismes de recherche
"officiels".
Cela ne pourra pas marcher longtemps, c'est de l'utopie,
dira-t-on encore en France. L'expérience montre cependant qu'en
trois ans, le nombre des chercheurs du Starlab est passé d'une dizaine
à plus de cent, venant de 36 pays, des brevets sont déposés, des
spins-up se créent dorénavant pour exploiter certaines idées, tandis
que les entreprises en achètent d'autres, et continuent à financer
la croissance du laboratoire. De l'avis de ceux qui y travaillent,
l'ambiance est par ailleurs extrêmement stimulante, du fait notamment
de l'absence de frontières intellectuelles. Au contact des autres
collègues, disent certains chercheurs, on "s'entend penser intelligemment".
Le grand futur, "the deep future" semble à portée de mains.
Nous ne pouvons évidemment ici prétendre faire une évaluation
sérieuse du travail et des méthodes du Starlab, ni émettre des pronostics
sur son avenir. Il y a sans doute un peu d'emphase, sinon d'intox,
chez ceux qui décrivent le Starlab. Mais bornons-nous pour le moment
à regarder rapidement les thèmes de recherche et les partenariats.
De quoi faire rêver bien des laboratoires misérables de notre douce
France.
Les partenaires universitaires http://www.starlab.org/about/partners/academic/index.html:
pas un français, ce qui semble un comble,
Les partenaires
industriels http://www.starlab.org/about/partners/industry/index.html:
quelques français: France-télécom et Orange, Alcatel, l'INA, le
CENT,
Les soutiens institutionnels: le gouvernement de Flandres
par l'intermédiaire de l'IVT, Instituut voor de aanmoediging van
Innovatie door Wetenschap en Technologie in Vlaanderen http://www.iwt.be/, la Commission européenne,
divers organismes américains USAF, NSF, NASA.
Quelques chiffres: 41 research fields, 94 scientists, 21 business
professionals, 36 nationalities, 2 campuses, 23 top clients, 4 consortia,
17 awarded projects, 65 patents, 41 articles in the press, 1 patentable
idea per hour.
On trouvera par ailleurs sur le site une liste des thèmes
abordés, parmi lesquels brainbuilding ou neurobotics parmi ceux
intéressant les disciplines de l'AI et de la VA. On pourra également
se référer aux pages des organismes favorisant dans le monde la
recherche aux limites: We promise, Wealth, Serendipitiy, Noah’s
Ark, Sanctuary.
Bref, répétons-le, de quoi faire rêver...
Autres sources :
On pourra
consulter le dossier établi par Sciences et Avenir de mai 2001 http://quotidien.sciencesetavenir.com/
(article non encore en ligne à la date de rédaction du présent texte)
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