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Russie - Chine - Etats-Unis - Armements
Le Pentagone a dévoilé en début d'année le document présentant ce que sera pour 2018 la nouvelle National Defense Strategy.  Stratégie offensive, principalement dirigée contre la Russie et la Chine.
Le Pentagone a dévoilé en début d'année le document présentant ce que sera pour 2018 la nouvelle National Defense Strategy(1). Offensive, cette stratégie est principalement axée contre la Russie et la Chine. En la présentant, le secrétaire à la défense James Mattis a précisé que la précédente "guerre contre la terreur" (le terrorisme) était devenue secondaire par rapport à la nécessité de se préparer à combattre les grandes puissances rivales des Etats-Unis : "La compétition entre les grandes puissances est devenue le principal objet de la sécurité nationale".

Le document note que la Russie et la Chine constituent désormais en tant que grands puissances rivales les principales menaces contre la domination américaine mondiale, affirmée comme indispensable à la paix du monde(2).

Affirmer la domination dans les deux Corées, la Mer de Chine méridionale, en Syrie et au Moyen Orient

Il ne faut pas voir cela seulement comme l'affirmation d'une politique générale, mais comme s'appliquant aux difficultés que rencontrent les Etats-Unis pour affirmer leur domination dans les deux Corées, la Mer de Chine méridionale et aujourd'hui plus que jamais en Syrie et au Moyen Orient.

Dans cette partie du monde, depuis quelques jours, le Pentagone a dû prendre acte de l'offensive de son alliée au sein de l'Otan la Turquie. Celle-ci s'en prend désormais militairement dans la région d'Afrin au parti d'Union Démocratique (PYD) et à ses milices, les Unités de Protection du Peuple Units (YPG). Celles-ci sont soutenues par les Etats-Unis qui ont envoyé 2.000 hommes dans une force de protection des frontière de 30.000 hommes commandée de fait par les militaires américains maintenus en Syrie et appuyée par l'US Air Force basée en Irak et dans les Etats du Golfe. Inévitablement l'offensive turque se heurtera à l'armée américaine, sur terre et dans les airs.

Or, même si la Russie, en appelant à la modération, n'a pas clairement approuvé l'offensive turque, Mattis et Tillerson considèrent à juste titre que la Russie mettra tous ses moyens, y compris militaires, disponibles dans la région, au service de son maintien en Syrie et de l'influence qu'elle a prise plus largement dans l'ensemble du Moyen-Orient, en partenariat avec l'Iran, la « bête noire » de Donald Trump. L'offensive turque ne peut donc que lui convenir.

Dans ces conditions, jusqu'où iront les Etats-Unis s'appuyant sur les directives de la National Defense Strategy, dans leur combat, au moins en Moyen Orient, contre la Russie, présentée par le document comme une grande puissance menaçant désormais la domination américaine ?

La National Defense Strategy, faut-il le rappeler, ne définit pas une stratégie diplomatique, mais une stratégie militaire. Or celle-ci ne peut être mise en oeuvre que par l'emploi des armes, y compris, comme le Pentagone vient de le rappeler, les armes nucléaires dites « usable », jusque-là généralement entendues comme nucléaires tactiques.
 
Jean-Paul Baquiast


 
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